Overblog Suivre ce blog
Administration Créer mon blog
25 février 2012 6 25 /02 /février /2012 23:23

Titre1-remakes2.jpg


Chaque jour depuis près deux ans, une nouvelle rumeur de remake arrive au bureau de l'agence KBP, le siège de la SARL du même nom, situé juste à côté du Kebab en face du Speedy des 6 routes, à La Courneuve. On est en février 2012 et, vacances scolaires obligent, on a envoyé les mômes et leurs mères à la montagne - la vallée du Terek dans le Grand Caucase paraît que c'est très sympa - histoire de mettre de l'ordre dans nos affaires. Ça a pris du temps, parce qu'en ce moment, on est obligé de se faire un free fight toutes les deux heures pour régler nos différents ou en créer de nouveaux. Choi Min-sik ou Song Kang-ho? Park Chan-wook ou Bong Joon-ho? Nous aussi on a nos débats politiques. Un poing sur les remakes donc.


 

Le premier a avoir soulevé sa jupe devant l'Oncle Sam : My Wife is A Gangster.

 

mywifeisagangster2 copy


On est en 2001 et l'odyssée du film de Cho Jin-gyu l'installe sur le trône du box-office national. Faut dire que l'histoire prouvera qu'un mec qui se fait maltraité par sa meuf, ça fait recette en Corée. Hé ouais, c'est pas le tout de jouer à la bagarre avec des haches et des pieds de biches, à la maison c'est bobonne qui porte la culotte et qui distribue les taloches. Résultat des courses, $31M de dollars dans les caisses pour une mise de départ située entre $1,5M et $2,5M, on salive de l'autre côté du Pacifique. S'en suit une petite bataille entre distributeurs cain-ri et comme souvent Miramax écrase la concurrence avec un lourd chèque de $1,000,000 de dollars, assorti d'un contrat de $150,000 pour la distribution du film sur le territoire américain. Dix ans et quelques rumeurs plus tard - plaçant notamment Queen Latifah dans le rôle de la bien nommée Mantis, le projet dort toujours dans un tiroir quelque part à New York. Ironie de l'Histoire, après deux suites en Corée, le film va être l'objet d'un remake en Chine. Rien ne sert de courir...


Malins comme des Weinstein, notre tout premier article sur le blog, c'était sur ce film, la plume avait encore ses dents de lait à l'époque.

 

 

La fausse belle histoire : My Sassy Girl.

 

myssasygirl2.jpg

 

Généralement, quand les amerloques se tournent vers l'ouest, c'est pour y chercher de la chorégraphie martiale, des enfants fantômes ou de chicots qui explosent ; paraît que c'est ce qu'il y a de plus universel et c'est pas nous qui allons les contredire. Seulement quand la vague  My Sassy Girl vient titiller leurs côtes, ils ont un peu du mal à y rester insensible. Dreamworks allonge $750000 pour en faire un remake avec aux manettes un Gurinder Chadha fraichement auréolé du succès de Joue la comme Beckham. Sur le papier l'idée est bonne, dans les faits ça tergiverse et Gold Circle propose de racheter les droits. L'offre est acceptée et Chadha écarté du projet au profit du français Yann Samuel. Bon le type vient de faire Jeux d'Enfants, c'est pas l'exact opposé de  My Sassy Girl non plus, donc à la base c'est pas si con. Mais au final la sauce ne prend pas et d'un film qui a pété les scores aux box-office en Asie, on arrive à un direct to video aux States. J'vous dit pô ce qui vô arriver à nos Chti's.


 

La grosse affaire : Oldboy

 

oldboypic2.jpg

 

Le dossier est un classique : le film cartonne, le manga aussi, c'est violent, c'est génial, ça reçoit même la bénédiction de Tarantino à Cannes, mais... mais... ça parle coréen et les acteurs sont tous jaunes. Putain, faut faire un remake, sinon les seuls qui comprendront le film Outre-Atlantique seront des types suffisamment cons pour penser que c'est un appel à massacrer ses camarades de classe (mais sans marteau, petite bite). Après Justin Lin, c'est l'ami Stevens Spielberg, décidément attentif à ce qu'il se passe en Corée, qui se penche sur l'affaire et pendant longtemps on parle d'un remake dans lequel il dirigerait Will Smith. Bon, c'est pas qu'on aime pas Stevens, mais quand même ça sent le traquenard, on voit mal le réalisateur de Tintin et Cheval de Guerre faire bouffer un poulpe vivant à Will et encore moins filmer une scène d'inceste. Park Chan-wook disait qu'avec Choi Min-sik il possédait le feu pour Oldboy, et qu'avec Song Kang-ho c'était la glace pour Mister Vengeance, et franchement l'association Spielberg-Smith donne plutôt l'impression qu'on va se retrouver avec une glace aux pop-corns. Ça peut être bon remarque, mais ça va fâcher les fans de la première heure. Quelques mois et pas mal de lignes assassines sur des Skybogs de fans échaudés plus tard, Will Smith dément : il travaille bien sur une adaptation de Oldboy avec Spielberg, mais du manga original, pas du film de PCW (exit le poulpe et l'inceste donc). Au final, beaucoup bruit pour rien, en 2009 c'est la démotivation, Stevie et Will lâchent le projet et offrent deux ans de repos aux fervents défenseurs du film original, qui objectivement se suffit en soi et n'a pas besoin d'un remake, américain ou autre. Quoi ?un remake indien non officiel nommé Zinda ? Putain là je dis pas, ils dansent avec des poulpes ? Ils ont refait la scène du couloir ? Popopop ! Voilà, deux ans de vacances et de déconnades arrêtés net par Mandate Picture qui annonce un remake du film avec Spike Lee en chef d'orchestre et Josh Brolin et Christian Bale (en fait non) Colin Firth (toujours pas) Clive Owen (voilà - enfin pour l'instant) en re-sta. On l'aime bien Spike Lee pourtant, putain Summer of Sam, la 25ième Heure, c'était de la balle. Paraît qu'il a gardé la scène du couloir et que ce sera l'occasion pour lui d'imposer sa special touch, c'est quitte ou double pour toi bro'.

 

 

 


 

 

 

 

L'inévitable : The Host

 

thehost-copy.jpg

 

Ils avaient mis plus de 40 ans pour Godzilla, on ne devrait pas attendre si longtemps pour The Host. Bong Joon-ho l'a confirmé, le remake du film qui a battu Titanic en Corée est dans les starting-blocks du pays aux 50 étoiles. Il paraît que ce sera produit par Gore Vebrinski (le réalisateur des Pirates des Caraïbes et du remake de The Ring), écrit par Mark Poirier (Smart Peoples, Goats) et réalisé par Fredrik Bond (… celui qui a fait ça ?). La fine équipe quoi. Rien de très officiel cependant, nos contacts à Hollywood nous disent que le film est toujours en développement et qu'à ce stade les projets sont assez fragiles. Et Bong Joon-ho il en dit quoi ?


« Je n'ai rien à voir là dedans, mais bon en tant que créateur de la version originale je suis heureux. Si c'est un très bon film je serais content, si c'est naze, je serais content quand même » (Entretion complet ici). Same attitude here dude.


 

Après la J-Horror sauce Ketchup, la K-horror sauce BBQ: Deux Sœurs, Into The Mirror


 

deuxsoeurs-copy.jpg

 

 

The Ring (2002), The Grudge (2004), Dark Water (2005), The Ring 2 (2005), Pulse (2006), One Missed Call (2008). Ils ont d'abord fouillé le Japon, puis ils sont passés à la Corée, méthodiquement : Mirrors (2008), The Uninvited (2009). Bientôt les films d'horreur thaïlandais. Si, si. Mirrors, c'est le remake de Into the Mirror de Kim Sung-ho, et c'est le second de la série de remakes dans laquelle semble s'être lancé Alexandre Aja (après La Colline à des Yeux et avant Pinanha 3D). Pour The Uninvited les frères Guard reprennent la trame du bien plus connu Deux Sœurs de Kim Jee-woon, c'est leur premier et leur dernier long métrage à ce jour, comme quoi on ne lance pas sa carrière en reprenant les films qui ont lancé celles des autres. Par contre on n'a trouvé un court métrage qu'ils ont fait, à l'ancienne.

 

 


 

 

 

Les romances exotiques : Il Mare, Addicted

 

ilmare2-copy.jpg

 

La Corée est connue pour avoir remis au goût du jour les polars noirs ultra violent avec de la vengeance en sauce ? Qu'à cela ne tienne, le premier film à avoir été repris aux Etats-Unis n'est autre qu' Il Mare, renommé six ans plus tard The Lake House, une bluette fantastique avec Keanu Reeves et Sandra Bullock réalisée par Alejandro Alestri qui signait là son unique film au pays du hot-dog. Sur l'original on a écrit tout un bel article et même un trailer bien sympa avec la playlist du film et tous ces trucs qu'on faisait à l'époque où le temps n'était pas de l'argent. Concernant le remake c'est un peu comme pour les actrices des films respectifs : on peut aimer Sandra Bullock, mais on ne peut pas la comparer à Jun Ji-hyun. Addicted c'est un cas un peu particulier et une question d'intégrité : on n'a vu ni l'original ni le remake. Du coup on s'en remet aux pitchs et aux castings. Côté coréen : deux frères inséparables dont l'ainé est marié à une jolie donzelle, troisième roue d'un vélo qui roule tout cool sur la voie du bonheur familial. Tout va bien, ils vivent à trois sous le même toit et s'apportent le petit déjeuner au lit (on en rajoute un peu). Mais un jour l'ainé décide de participer à une course automobile pour pimenter un peu sa vie rose bonbon. Ça ne loupe pas, il a un terrible accident et se retrouve plongé dans le coma. Sauf qu'au même moment, à l'autre bout de la Corée, son frère a lui aussi un accident de voiture, coma et patatra. Inséparables on vous dit, au point que quand le petit frère se réveille, il prétend être l'ainé et le pire c'est qu'il a des arguments qui commence à faire douter la douce. Au casting on a Lee Byung-hun (acteur fétiche de Kim Jee-won, au top dans Bittersweet Life), Lee Mi-yeon (Typhoon, Motel Cactus : Bong Joon-ho était assistant réalisateur là dessus, on en reparlera, peut-être) et Lee Eol (Samaria, Death Bell). Côté Obama maintenant : sans surprise, le pitch est proche, mais les différences sont appréciables. Le petit frère n'est plus le meilleur de pote de l'ainé, mais un vilain pas beau qui vit de magouilles et que la femme n'apprécie pas vraiment, en fait elle aurait même peur de lui, bref c'est un délinquant. Par contre ça ne l'empêche pas d'avoir un accident en même temps que son frère ni ce dernier de se réveiller dans le mauvais corps (mais là y a un truc : ils étaient dans la même voiture!). Beau bordel en perspective. L'ainé est un artiste interprété par Michael Landes (Final Destination 2, c'était donc écrit), le petit frère un repris de justice incarné par Lee Pace (Raisons d'Etat, A Single Man et bientôt dans Twilight 4 et The Hobbit) mais surtout le premier rôle féminin, celui d'une avocate carriériste UMP, a été confié à Sarah... Michelle.. Gellar ! Oh yeah.

 

 

Les dossiers en cours : Hello Ghost, Castaway on the Moon, The Chaser, The Murderer.

 

projets-copy.jpg

 

L'article touche à sa fin mais pas la vague des remakes coréens par les américains. Petit état des lieux des projets en cours. On a déjà parlé d'Oldboy et de My Wife is a Gangster, il faut y ajouter Hello Ghost (Kim Young Taek) dont Chris Columbus (Maman j'ai raté l'Avion, Harry Potter(s), Mrs Doubtfire) refera le portrait, aidé en cela par Karen Croner qui se charge du script. Preuve que le FFCF fait bien son boulot de sélection, au rang des petits nouveaux, sur l'initiative d'une compagnie coréenne cette fois (CJ Entertainment), il y a aussi Castaway on the Moon (Lee Hae-jun), cette fois repris par John Marc Waters (Marc a fait Freaky Friday et Lolita malgrès moi alors que John a une filmographie beaucoup plus intéressante : c'est le poto de Divine, une bombasse qu'il a fait tourner dans des chefs d'oeuvres comme Hairspray ou Female Trouble – paye ton google si tu connais pas, google images ça suffira). Enfin il y a les films de Na Hong-jin, l'enfant prodigue. Warner a lâché 1 million de dollars pour les droits de The Chaser, et pour Yellow Sea/The Murderer, la Fox s'est retrouvée premier gros studio américain à investir dans la production d'un film coréen, paragraphant au passage un contrat évoquant un éventuel remake américain que Na Hong-jin dirigerait lui-même. Comme quoi, avec un marteau, un fémur de bœuf et un club de golf, on peut braquer Hollywood.


 

Les vieilles rumeurs : Symapthy for Lady Vengeance, Mister Vengenace, Failan...

 

rumeurs-copy.jpg

 

Ça fait longtemps que ça traine et c'est jamais bon signe, mais dans un soucis d'exhaustivité, mentionnons quand même que Charlize Theron a du annoncer lors d'une soirée arrosée de 2008 qu'elle produirait le remake de Sympathy for Lady Vengeance et qu'elle jouerait même dedans, « si je suis cap' » aurait-elle dit avant de descendre une bouteille de champ' cul sec. Un an plus tôt, Vadim Perelman aurait confessé à sa maitresse avoir une envie de remake de Failan, il aurait même parler de situer l'action à New-York avec une immigrée russe. Warner Bros aurait continué sa moisson sud-co en s'appropriant les droits de Mister Vengeance, histoire qu'il n'y ait pas de jaloux dans la trilogie de PCW. Marc Foster (Quantum of Solace, Neverland) aurait signé sur une serviette du Hard Rock Café de LA un contrat l'obligeant à réalisé le remake « in english language » de Die Bad de Ryu Seung-wan pour Universal. Un remix de A Dirty Carnaval (Yoo Ha) serait aussi à l'étude chez CJ Entertainment et Sparkler Entertainment et, les yeux éclatés et la neige dans le pif, un journaliste aurait entendu dire que quelqu'un allait faire un remake de Thirst et que quelqu'un d'autre aller faire un remake de Mother. C'était à Cannes, en 2009, et ce qu'il y a de vrai c'est que Thirst est co-produit par Focus Feature qui doit bien avoir coché l'option « droit pour le remake » sur le contrat de coprod.


 

 

Quelques remakes coréens :

 

remakeKOR-copy.jpg

 

On finira en citant quelques projets de remakes coréens de films étrangers : City of Damnation de Kim Dong-won qui reprend Infernal Affairs sur le ton de la comédie, A Better Tomorrow de Song Hae-sung, un remake du film du même nom de John Woo, ce même John Woo qui produit lui même le remake coréen de The Killer qui sera réalisé par John H. Lee (Into The Fire, A Moment To Remember) avec en tête d'affiche Jung Woo-Sung (le bon de Le Bon, La Brute et le Cinglé), le tout en anglais bien sûr.

 

 

 

SUPER BONUS : 

 

Mais tout ça, tout cet article, ce n'est finalement que pour en arriver là, le moment de vous présenter la première co-production indo-pakistanaise, ladies and gentlemen, I give you : Awarapan, the remake of Kim Jee-woon's Bittersweetlife. Please jump directly to 1:52:30 if you don't believe me. It's wonderful.

 

 


 

 

 

 

Repost 0
Published by Joy Means Sick & Sans Congo - dans Articles transversaux
commenter cet article
23 janvier 2012 1 23 /01 /janvier /2012 10:21

Korean-cinematographers-Kim-Ji-Yong-b.jpg

 

An 2042. Joy Means Sick erre parmi les ruines de ce qui fût autrefois le siège de la maison d'édition KBP, cinquante-six étages de verre et d'acier désormais étalés dans le chaos d'une ville morte, le Grand Tremblement avait vraiment tout foutu en l'air. Vêtu d'un épais manteau et d'une écharpe qui lui protège le nez et la bouche, il progresse difficilement vers un point culminant tandis que le vent violent joue avec d'anciens numéros de Des Bons, des Brutes et des Cinglés, le magazine avec lequel tout avait commencé, celui qui était né du blog du même nom au début du siècle.

 

Cela fait bien longtemps qu'il n'a pas vu l'horizon. Même perché sur sa colline de fer, au delà de cinquante mètres ce ne sont plus que des ombres au milieu épais voile gris. Plus de dix mois déjà et la poussière n''estpas retombée. Plus de dix mois déjà et toujours pas de nouvelles de Sans Congo. Il l'avait quitté deux heures avant le Grand Tremblement, au petit matin d'une soirée qui a elle seule résumait entièrement la décadence dans laquelle le monde avait plongé. Joy Means Sick se souvint du regard perdu d'une strip-teaseuse unijambiste; il était si facile de donner aux catastrophes des origines divines. Ils étaient allés trop loin, ils étaient la maladie.

 

Il attrape au vol un magazine en piteux état. Un best-of collector intitulé « toucher et couler » reprenant quelques articles transversaux de l'époque du blog, le genre de produits qu'ils essayaient de refourguer en masse aux fans au moment où leur créativité commençait à décliner, irrémédiablement, à l'image de ce titre improbable. Ils avaient même pensé faire des questionnaires Proustien, un inexplicable sursaut d'orgueil les avait retenus. Pourtant, ils avaient fini par obtenir ce dont ils avaient toujours rêvé, un stagiaire malgache (« y a de tout dans le malgache ») ultra calé en 2.0, super balèze en cinoch sud-co, méga doué avec sa plume et qui pourtant n'avait ni ambitions ni exigences salariales. Mieux, le stagiaire en question avait une demi douzaine de frères et de sœurs du même acabit, et ils les avaient tous embauchés avec un contrat à faire pâlir le gérant d'un atelier clandestin en Thailande. L'espace d'un instant Joy Means Sick eut une pensée pour eux, il se demanda s'ils étaient dans la tour KBP lorsqu'elle s'était écroulée. Probablement, « ils avaient intérêt » se surprit-il même à penser. C'était un lundi matin, 9h32, et leur contrat stipulait qu'ils devaient déjà être devant leurs ordis depuis au moins trois heures, avec femmes et enfants. Il n'arrivait même pas à s'en émouvoir.

 

Il feuillette les pages du magazine best of, un vulgaire copié collé de leur blog, ils ne s'étaient vraiment pas foulés. Faut dire qu'avec la guerre entre le Sud et le Nord et les premiers bombardements atomiques, le monde entier s'était tourné vers la Corée et le pays connaissait une nouvelle nouvelle vague avec une génération de cinéastes aussi difformes que doués, qui annonçaient bien malgré eux la nouvelle donne de l'humanité. Une page annonce une exclu, une présentation synthétique et imagée des plus grands chefs opérateurs coréens. Kim Hyung-ku, Chung Ching-hoon, Lee Sung-je, Hong Kyong-pyo, il se souvenait de l'arnaque, ils avaient effacé les articles du site quelques mois avant la sortie du magazine, personne ne s'était plaint et les ventes de ce numéro lui avait payé un voyage en dirigeable au dessus de Paris, excentricité qu'il trainait depuis déjà bien longtemps. Si c'était à refaire, il n'hésiterait pas. Par contre il demanderait aux stagiaires de compléter la liste. Passer à côté d'un type comme Kim Ji-yong, c'était tout de même embarrassant.

 

Il quitte son poste d'observation, le magazine serré dans sa main gauche, et entame une périlleuse descente, essayant de savoir s'il serait déçu de s'empaler par mégarde sur les restes de la baie vitrée de son penthouse au 56ème. Une belle mort, symbolique mais douloureuse, et il n'aime pas souffrir. Alors il redouble d'attention.

 

Une pensée ne le quitte pas, Kim Ji-yong... putain quelle injustice. Du boulot inachevé, c'était pas pro. Il arrache des ruines un tas de magazine et commence à fouiller, méthodiquement. Il s'arrête devant un screenshot de A Bittersweet Life avec un sourire en coin et commence à le découper. Il n'est jamais trop tard pour bien faire, alors il sort son stylo.

 

KOREAN CINEMATOGRAPHERS - KIM JI-YONG

 

Difficile de savoir d'où il vient, mais on supposera que c'est de la pub. Parce que ce serait logique pour un type qui commence direct avec A Bittersweet Life et qui s'applique à pondre des images ultra-léchées, trop peut-être pour certains. La faute d'abord à A Bittersweet Life de son pote Kim Jee-Woon, costards sur mesure et hotêl de luxe s'accordent parfaitement avec les lumières de Kim Ji-yong (oui je sais c'est l'inverse), mais c'est aussi le cas des tapes dans la boue à coups de batons cloutés ou des guns fights méchamment sanglants. Et ça c'est fort. Kim Jee-woon c'est l'amour du trop, excès de générosité ou mauvais goût finalement on s'en fout, et Kim Ji-yong accorde son violon. Ensuite il y a Marine Boy ou bien Silenced, en passant par une série TV/internet à gros budget nommée The Influence. A chaque fois ce sont des images qui marquent, peu de subtilités, pas de neutralité, on désature à mort, on tartine de jaune ou de bleu, mais souvent en accord avec le film. Apparemment, prendre Kim Ji-yong en chef op' c'est choisir une image qui tape, à l'oeil, et qui incruste la rétine. Parce qu'il faut bien l'avouer, l'une des forces d'un classique comme A Bittersweet Life, c'est bien son image.  D'ailleurs, Kim Je-woon et de Kim Ji-yong vont de nouveau s'associer, pour The Last Stand, avec papi Shwarzie aux Etats-Unis.

 

A Bittersweet Life, Kim Jee-woon, 2005

 

JMS s'essoufle, un paragraphe seulement et déjà sont poignet rouillé le fait souffir. Splach, une crotte de pigeon aterrit sur l'enveloppe qui lui sert de manuscrit. Il regarde le volatile s'éloigner en riant, le grand ménage n'avait pas été fait selon ses règles. Dans ce moment de poésie pure, il a une pensée pour Sans Congo, pour la folle énergie qui les animait à leurs débuts, quand ils présentaient un extrait de film par semaine. Beaucoup de boulot et des pages finalement très peu lues, en plus on parlait de l'esthétique du film (depuis la vidéo est bloquée par StudioCanal qui n'a pas la même conception du droit de citation que nous). Ah, la belle époque, ce n'est pas que les années 1920 :

 

BL VS


"Nous ne vous ferons pas l'affront de présenter A Bittersweet Life (2005), sixième bastos du revolver de Kim Jee-won. Juste quelques mots tout au plus: c'est l'histoire d'un mec, Sun-woo (le lunatique et non moins solaire Lee Byung-hun), qui doit surveiller la femme de son boss, suspectée de prendre quelques libertés avec ce que la fidélité exige. Sun-woo tombe sous le charme de la bougresse et décide de la couvrir pour ses écarts. Et comme d'habitude, ça finit mal. 

 

Comme d'habitude parce que c'est du vu et revu. L'intérêt du film, nous semble-t-il, réside dans le traitement cosmético-plastique de l'image, de la mise en scène, de la narration enfin. C'est pour cette raison que nous avons choisi de vous extraire les premières minutes.

 

A L'image, c'est Maman-élégance et Papa-sobriété qui nous refilent un autre de leur rejeton. Le caractère placide de Lee Byung-hun s'insère dans un contexte plus-classe-tu-meurs qui donne parfois l'impression de se trouver dans une pub pour un produit de luxe. Costume sur mesure, design épuré, et quelques gros moches qui s'excuseraient presque de s'être perdus dans le champ. Avec en prime une bouteille de bière levée au pied qui s'éclate esthétiquement sur le crâne d'un gars qui n'a pas compris que dans ce film, on ne badine pas avec le style.

 

Bref, on s'inscrit dans la "CSP Premium ++" de la Pègre et on l'assume. Et sinon, juste comment ça, le gâteau au chocolat que Sun-woo mange, ne vous ferait-il pas penser à celui de Matrix Reloaded, dans le restaurant du Mérovingien (Lambert Wilson) ? Parce que cette trilogie aussi était racée..."


 

Un peu plus d'images quand même, puisque c'est le concept de l'article :

 

Portraits : attaques latérales généralement justifiées par une source de lumière dans le plan large, lumière toujours diffuse, et un contraste assez marqué. On notera aussi les efforts au niveau de l'arrière plan, une couleur pour chaque côté du visage, et un contre-pied à l'école classique, au lieu de faire ressortir encore plus le visage en mettant un arrière plan clair derrière la partie sombre et vis et versa, Kim met du clair sur le clair. Et ça marche plutôt pas mal.


 

vlcsnap-2012-01-23-10h54m30s20

vlcsnap-2012-01-23-10h55m14s207

vlcsnap-2012-01-23-10h50m05s187vlcsnap-2012-01-23-10h51m52s231

 

 

Les plongées totales, ou presque :  parce que les images sont classes.



vlcsnap-2012-01-23-10h51m08s47

vlcsnap-2012-01-23-10h51m28s246

vlcsnap-2012-01-23-10h53m57s212

 

 

Plans larges et/ou Courtes focales : pas mal de sources dans le champs (grands panneaux de lumière dans l'hôtel, une bonne centaines d'ampoules dans l'entrepot histoire de profiter de la contre plongée en courte focale) et toujours cette volonté de garder des contrastes assez prononcés dès que possible.


 

vlcsnap-2012-01-23-10h54m57s40

vlcsnap-2012-01-23-10h50m49s81

vlcsnap-2012-01-23-10h50m37s248

vlcsnap-2012-01-23-10h53m06s212

vlcsnap-2012-01-23-10h54m45s180

vlcsnap-2012-01-23-10h56m54s186


 

Forbidden Quest, Kim dae-woo, 2006

 

Du coq à l'âne, mais en restant dans cette vaste catégorie qu'est le "film de genre". L'histoire d'un écrivain qui se lance dans les nouvelles érotiques au 18ème siècle et qui tombe amoureux de la meuf du roi. Plot sympa, images semblables mais images banales. Ici on perd le contre point entre la violence et l'esthétisme et on baigne dans déjà dans de la romance mélancolique et douceureuse. Quoi j'ai pas vu le film? Et alors?


 

Forbidden Quest 1

Forbidden Quest 2

Forbidden Quest 4

Forbidden Quest 5

 

 

Hansel et Gretel, Yim Pil-sung, 2007

 

Alors là c'est encore plus simple, on a carrément un article et un trailer en stock, comme quoi la base de données commencent à s'étoffer. On vous invite donc à y jeter un coup d'oeil (par ici et par là), mais si seules les images vous intéressent, en voilà plein. L'esthétisme étant l'une des rares qualités du film, on est en mode too much et ça aurait pu passer comme un clip où Katy Perry vous asperge de crème chantilly du bout des seins, mais en fait non.

 

Les portraits, toujours bien léchés.

 

vlcsnap-195706

vlcsnap-206904

vlcsnap-207407

vlcsnap-224587

vlcsnap-36478

vlcsnap-35381

 

 

Avec des décors typés et chargés, le plan large c'est quand même plus facile à éclairer.

 

vlcsnap-195934

vlcsnap-206756

vlcsnap-34718

 

De la courte focale et des plongées aussi :

 

stylé mais pas très conte ce plan

vlcsnap-225411

 

 

Et puis en scred, un peu de Katy Perry, c'est un peu comme la K-pop, y a pas besoin du son :

 

 

 

Marine Boy, Yoon Jong-seok, 2008

Sauf erreur de notre part, le film n'est pas distribué en France, par contre il est sur youtube :



 

Après un rapide survol on retiendra, une teinte entre le bleu et le cyan bien prononcée tout au long du film et que Kim a bien du s'éclater durant ce tournage à la mer.


Marine Boy 2

Marine Boy 3

Marine Boy 4

Marine Boy 1

Marine Boy 5

Marine Boy 6

 

The Influence, Lee Jae-kyu, 2010

 

"Mystery online film "The Influence" revolves around promises kept even though time has passed. To keep their values, characters are at a critical juncture to act upon their promises.""

Si vous ne comprenez pas trop où ça veut en venir, faites comme nous, faites semblant. En tout cas au total ça dure une heure et ça s'étend de 1907 à 2010, le tout en ligne, tout un programme.

Sinon on retrouve les mêmes motifs, les mêmes façons de travailler. Et les tartines de bleu et de jaune dont on parlait en intro, et bien c'est là que ça se passe.

 

Capture d’écran 2012-01-23 à 01.15.02

Capture d’écran 2012-01-23 à 01.15.07

Capture d’écran 2012-01-23 à 01.16.25

Capture d’écran 2012-01-23 à 01.15.35

Capture d’écran 2012-01-23 à 01.16.30

Capture d’écran 2012-01-23 à 01.16.44

Capture d’écran 2012-01-23 à 01.16.49

 

Silenced, Hwang Dong-hyuk, 2011

 

Boum, le bon vieux drame catégorie dépressif avec une lueur d'espoir, parce que le monde est moche mais que l'individu peut parfois briller au milieu de la nuit. L'image colle à la peau du pitch, pas de couleurs, noir c'est noir... et ici c'est un peu gris-marron aussi.

Combo du film : Ho est un nouveau prof dans une école de sourds et muets. Sur le chemin, un accident de voiture, pas de mort, mais des frais en plus. Et Ho est pauvre. A l'école, il apprend qu'il doit donner une dessous table de 50 millions de wons pour taffer, il a pas les moyens et c'est maman qui s'en charge, hypothéquant sa maison au passage. Petit à petit, il se rend compte que les enfants sont étranges, ça sent la violence sur mineur si ce n'est plus. Voilà, de quoi passer un bon samedi devant sa télé, et en plus la femme de Ho est morte, sinon en rentrant chez lui il pourrait sourir. Alléchant.

MAJ : le film sera projeté au festival du film coréen à Paris les 3 et 5 novembre 2012

 

Silenced 2

Silenced 3

Silenced 4

Silenced 5

 

 

Doomsday Book, Kim-Jee Woon et Yim Pil-sung, 2012

 

Si certains préparent déjà leur soirée fin du monde du 21 décembre 2012, Kim Ji-Yong et ces deux copains Kim Jee-woon et Yim Pil-sung (avec lesquels il avait déjà travaillé sur A Bittersweetlife et Hansel et Gretel) eux n'ont pas su attendre. En fait ils préparaient même leur coup depuis 2005 mais faute à des problèmes de financement et de distribution, ils ont du attendre 6 ans de plus pour pouvoir compléter le projet. L'idée rappelle un peu The Neighbour Zombie du crew Kino Mangosteen, mais avec beaucoup plus de moyens et moins d'idées. Au final, trois variations sur le thème de la fin du monde et une image toujours aussi léchée en dénominateur commun. On note au passage que Kim Ji-yong n'est pas le seul crédité à la photographie, le nom de Ha Sung-min l'accopagne au générique (même si pour les besoin de l'article on ne parla par la suite que de Kim).

Le premier segment est signé Yim Pil-sung (que l'on trouve aussi sous le nom de Lim-Pil-sung) et s'intitule A Brave New World ou The New Generation selon les sites et les pays. C'est une histoire de zombies et de pomme pourrie, critique sociale ou catégorie zombies intimistes selon les points de vue, le seul à faire l'unanimité c'est Ryoo Seung-boom qui tient le rôle principal, celui de premier zombie de l'humanité.

 

Champ - Contre champs

Cersion classique et bonne santé ou version zombies, au choix. On note au passage que le orange devient la norme pour les ambiances noctures et urbaines, orange qui se marie bien avec le vert ou le bleu de l'arrière plan. Et toujours cette lumière très douce et latérale qui met en valeur les visages des comédiens. Sur la version Zombie par contre, la lumière vient légèrement du bas pour accentuer l'étrangeté de la chose.


vlcsnap-2012-10-24-15h30m54s12.jpg

vlcsnap-2012-10-24-15h31m12s194

vlcsnap-2012-10-24-15h35m20s120

vlcsnap-2012-10-24-15h35m27s191

 

Et puis en vrac un plan à travers le sol et une scène de boîte de nuit bien colorée :

 

vlcsnap-2012-10-24-15h30m07s47

vlcsnap-2012-10-24-15h30m24s203

vlcsnap-2012-10-24-15h32m43s75

vlcsnap-2012-10-24-15h33m34s82

vlcsnap-2012-10-24-15h33m26s7

 

Logique d'alternance oblige, le second segment est l'oeuvre de Kim Jee-woon. Il a pour titre Heaven's Creation ou Heavenly Creature et a pour personnage principal un robot que l'on prend pour Buddha réincarné. C'est l'occasion pour Kim Ji-yong de répéter ses gammes et de s'essayer au portrait de robot.

 

Toujous aussi solide sur les plans serrés.

 

vlcsnap-2012-10-24-16h01m22s114

vlcsnap-2012-10-24-16h02m13s111

 

Toujours aussi à l'aise dans les décors chargés et typés.


vlcsnap-2012-10-24-16h02m25s233

 

Toujours aussi fan des sources de lumière dans le champ (et on retrouve l'alternance et l'opposition entre le bleu et le jaune : le bleu pour les intérieurs froids et déshumanisés des appartements ultra-modernes, le jaune doré pour le temple buddhiste)

 

vlcsnap-2012-10-24-16h03m07s153

vlcsnap-2012-10-24-16h04m42s60

vlcsnap-2012-10-24-16h02m32s55

 

Enfin on retrouve Yim Pil-sung aux manettes de Happy Birthday, dernier segment de notre trilogie. Il s'agit cette fois d'un scénario catastrophe complétement absurde. Une boule de billard géante menance d'entrée en collision avec la terre (et cette fois-ci Bruce Willis est trop vieux pour s'en occuper). Le travail de l'image y porte sur l'opposition entre l'atmosphère étouffante de la cave dans laquelle la famille se réfugie et l'extérieur (surtout final) écrasé de lumière.

 

vlcsnap-2012-10-24-16h07m36s25

vlcsnap-2012-10-24-16h05m42s171

vlcsnap-2012-10-24-16h07m55s220

vlcsnap-2012-10-24-16h08m18s184

vlcsnap-2012-10-24-16h08m14s155

vlcsnap-2012-10-24-16h08m34s102


 


A suivre : The Last Stand, Kim Jee-woon, 2013

 

The Last Stanf

 

 

MAJ, quelques images du film :


The-Last-Stand-6.jpeg

The-Last-Stand-3.jpeg


 

 

 


 


 

Repost 0
Published by Joy Means Sick & Sans Congo - dans Articles transversaux
commenter cet article
3 décembre 2011 6 03 /12 /décembre /2011 12:14

TITRE-copie-1.jpg

 

Alors lui, ce n'est pas un petit poisson, 17 films au compteur sur Imdb, autant vous le dire tout de suite, on ne pas pas s'étaler à chaque fois, et ça ne va pas être évident parce que c'est sûrement le chef op' le plus présent sur le blog. Par contre, à l'exception de Kwak Kyung-taek il ne semble pas avoir tissé de liens particuliers avec tel ou tel réalisateur, ce qui donne une filmo assez éclectique et parfois inégale. 


Fly Low, Kim Sion, 1998

 

Un screenshot, un lien, le tri sélectif a parlé. Le film a l'air pas mal, c'est le premier et le dernier de Kim Sion, difficile d'en dire plus.

 

http://koreanfilm.org/kfilm99.html

 

fly low 1

 

 

Girls' Night Out, Im Sang-soo, 1999

 

Encore un premier film, mais pour le coup c'est assez loin d'être le dernier d'Im Sang-soo. C'est là que tout a commencé pour lui ; tout, sa carrière et sa passion pour la sexualité des coréens, et ce tout, toujours traités avec son fameux 1,5ème degré.

 

girls night out 1

girls night out 2


 

Il Mare, Lee Hyun-seung, 2000

 

Couleurs pastels, lumières douces et paysages marins pour une romance surnaturelle.

 

L'ARTICLE COMPLET ICI : 

http://kim-bong-park.over-blog.com/article-il-mare-55784119.html

 

Il Mare 1

Il Mare 2

Il Mare 3


 

The Foul King, Kim Jee-woon, 2000

 

Jusqu'ici tout va bien, rien n'arrête Hong Kyong-pyo qui gravit rapidement les échelons du cinéma coréen. Comme beaucoup on sent qu'il affectionne le grand angle même pour les plans en portrait. Il peut nous faire une lumière glauque de toilettes d'entreprise, des ralentis sur des scènes de catch, aligner 25 projecteurs au dessus du ring, créer une ambiance lourde et poussièreuse dans le gymnase... une panoplie complète.

 

L'ARTICLE COMPLET ICI : 

http://kim-bong-park.over-blog.com/article-the-foul-king-80073186.html

 

vlcsnap-00096

vlcsnap-00101

vlcsnap-00134

vlcsnap-00156

vlcsnap-00144


 

Guns & Talks, Jin Jang, 2001

 

Il y fait aussi une apparition comme acteur, le caméo du chef op', stylé comme figure de style. C'est aussi la première apparition de Won Bin au cinoch, dans une sorte de comédie de gangsters comme on n'en fait plus beaucoup.

 

Ca fait chier de le dire pour un article sur les chefs op', mais le film est sur youtube si vous tolérez les pixels et les images dégradées ou si voulez vous faire un avis et que vous en avez marre des images fixes (chef op' c'est aussi souvent cadreur): 

 

 

 


 

 

 

 

guns & talks 1

guns & talks 4

guns & talks 3

 

 

Champion, Kwak Kyung-taek, 2002

 

Une histoire vraie, un petit style rétro où le jaune-orangé joue le rôle du sépia. J'aime beaucoup la dernière image sur la plage, complètement dans le style des années 70. 

 

L'ARTICLE COMPLET ICI :

http://kim-bong-park.over-blog.com/article-champion-pantheon-underground-partie-2-59164279.html

 

vlcsnap-12456

vlcsnap-10778

vlcsnap-12057

vlcsnap-11403

vlcsnap-12882

vlcsnap-13946

 

 

 

tiens d'ailleurs le fameux combat final est sur youtube (le vrai, pas celui du film) :

 

 


 

 

 

      Save the Green Planet, Jang Joon-hwan, 2003

 

On va la jouer sobre, les images parlent pour elles-même et on avait un article avec plein de liens à l'époque, un bête de film qu'il fallait accrocher à son palmarès.

 

L'ARTICLE COMPLET ICI :     

http://kim-bong-park.over-blog.com/article-save-the-green-planet-bruxelles-etudie-la-concurrence-63427171.html

 

vlcsnap-57016

vlcsnap-58085

vlcsnap-62865

vlcsnap-63976

vlcsnap-57592

 

 

 

Natural City, Ming Byun-chun, 2003

 

Bon là, il s'est lâché. Tartine de bleu, couche de rose, machines à fumée au pluriel. Le too much, on aime où on aime pas, à l'époque on en débattait sous les cocotiers. En tout cas pour le coup il n'y a pas que le chef op' qui était drogué.

 

L'ARTICLE COMPLET ICI :

http://kim-bong-park.over-blog.com/article-natural-city-55045487.html

 

vlcsnap-399497

vlcsnap-400035

vlcsnap-400853

vlcsnap-573668

 

 

Frères de Sang, Kang Je-gyu, 2004

 

Pour sauver son soldat Ryan, Spielberg avait fait appel à son pote Janusz Kaminski, pour son équivalent coréen (au moins au niveau des ambitions) Kang Je-gyu a lui aussi sorti l'artillerie lourde avec Hong Kyeong-pyo. Esthétique militaire et poussière de guerre, le film pêche peut-être à pal mal de niveaux, mais pas à la photo. Contrat rempli.

 

ON EN PARLAIT ICI : 

http://kim-bong-park.over-blog.com/article-top-10-3-57136751.html


 

freres de sang 1

freres de sang 2

freres de sang 3

freres de sang 4

freres de sang 5

 

 

Typhoon, Kwak Kyung-taek, 2005

 

Un film de pirates qui se passe au 21ème siècle, c'est un peu le rêve de Joy Means Sick. Des forbans sans foi ni loi qui pillent les voiliers de milliardaires avant de se réfugier à Mogadiscio ou sur une île de la mer de Chine poursuivi par un hélico plein de ricains qui n'ose pas se poser de peur de se transformer en faucon noir... Il lit encore quelques phrases du synopsis puis s'interdit de continuer. Un film de pirates du 21ème siècle existe, c'est déjà ça. Pas la peine de savoir que le tout prend une ampleur politique, que le pirate en question est plutôt un terroriste et qu'il veut détruire les deux Corée et que l'on ne mettra jamais les pieds sur la côte somalienne ou dans le détroit de Malacca. Par contre, ça va être difficile de fermer les yeux sur cette esthétique aseptisée. Putain merde quoi, c'est des pirates quand même, y a pas grand chose de plus inspirant normalement.


Typhoon 5

Typhoon 9

Typhoon 2

Typhoon 7

Typhoon 8


 

M, Lee Myung-see, 2007

 

Hong Kyeong-pyo n'aurait beau avoir fait qu'un film dans sa carrière, si ce film avait été M, on lui aurait quand même consacré un article. Ca a l'air d'être le grand n'importe quoi, l'absence totale de retenue et de réflexion. La folie des grandeurs, ou l'excès de coke. On laisse la parole à Epikt qui, tout comme Pierre Ricadat, a gratifié le film du sévère 1/10 sur Senscritique :

 

« En théorie la photographie est sensée servir le film... bah là c'est l'inverse, le leitmotiv de M doit être "un plan = un effet visuel à la con", sans que cet effet ne serve jamais la moindre idée, le moindre propos ou la moindre démarche. Pourtant, pas forcément souvent mais de temps à autre, on se dit que tel effet pourrait donner quelque chose (et du coup mériterait d'être réutilisé) si seulement 1/ en bonne machinerie de cinoche expérimental pasteurisé chaque effet n'avait pas pour conséquence de totalement aseptiser l'image et 2/ le film n'avait pas été confié à un cinéaste à la botte de son chef opérateur mégalo, et surtout sans le moindre sens du cadre, du rythme, du son ou de la musique,... bref sans le moindre sens de la mise en scène et de l'image (ce qui est un comble).
Et encore, je suis en général plutôt client des films de pubeux qui font des ronds de jambes, mais là c'est trop, je décroche. D'autant plus que toute cette belle mécanique est au service d'un scénario ridicule, aux ficelles douteuses, aux poncifs incessants, à la grandiloquence agaçante et aux personnages en toc. »

 

Le film en compressé 4/3 pour que ça pique encore un peu plus les yeux :


 

 

 

Une sorte de clip sur des images du film, qui donne déjà une bonne idée de l'ampleur du truc :


 

 

m 1

M-2.jpg

M 3

M 5

M 6

 

 

 

Love Exposure, Lee Eon-hie (et non Shion Sono), 2007

 

"These days, women want it all: good job, hot romance, and incredible sex." Le mâle coréen est une putain de victime, ou porte un marteau dans le holster.

 

love exposure 1

love exposure 2

love exposure 6

love exposure 7

 

 


Eye for an Eye, Kwak Kyung-taek & Ahn Kwon-tae

 

Hong Kyeong-pyo retrouve Kwak Kyung-taek, cette fois-ci épaulé de Ah Kwon-tae, pour un film d'action urbain avec des inspecteurs en costards taillés sur mesure. Je me suis toujours demandé si les chefs opérateurs coréens utilisaient si souvent les teintes froides (bleu, vert) pour atténuer le jaune des peaux...

 

an eye for an eye 7

an eye for an eye 4

an eye for an eye 1

an eye for an eye 2

 


 

Mother, Bong Joon-ho, 2009

 

Sa filmo commençait à perdre en prestige et Bong Joon-ho manquait à son tableau de chasse. Une façon de remettre les points sur i.

 

mother 1

Mother 10

Mother 12

Mother 5

Mother 8

 

 

 

Haunters, Kim Min-suk (qui a co-écrit Le Bon, la Brute et le Cinglé), 2010

 

Le premier rôle de « bad guy » pour Kang Dong-won (qui partage l'affiche avec Song Kang-ho dans The Secret Reunion), le pitch est assez chelou : apparemment un affrontement entre un caissier et braqueur aux pouvoirs mentaux frustré que son talent ne marche pas sur le premier. En ce qui concerne l'image, des tons chauds pour un polar noir, c'est un truc qui reste à éprouver. En tout cas on a découvert ce site, qui non content de mettre des notes (sacrilège), applique la logique scolaire jusqu'au bout : pour Haunters, c'est B- ! http://thefilmstage.com/reviews/nyaff-review-haunters/

 

haunters 10

haunters 8

Haunters 4

Haunters 5

 

Always, Song Il-gon, 2011.

 

Présenté à Busan cette année, ça a tout l'air d'un mélo sentimental et on peut lire de ci de là que c'est plein de clichés. Song Il-gon, c'est le mec qui a réalisé entre autres Feather in the Wind et un court ou moyen métrage nommé The Magicians qui a fait du bruit à l'époque. Pour nous, honnêtement, c'est encore un territoire à explorer. Niveau lumière en tout cas, ça a l'air de correspondre à la demande et aux clichés du genre : douce et désaturée.

 

always 3

always 5

always 7

always 6

 

 

 

 

 

Repost 0
Published by Joy Means Sick & Sans Congo - dans Articles transversaux
commenter cet article
27 novembre 2011 7 27 /11 /novembre /2011 11:33

Lee Sung-je

 

lee-sung-je-titre.jpg


Cette fois-ci, en introduction, on ne parlera pas d'Hong Sang-so. D'ailleurs on va la faire courte, au programme de la semaine nous avons le chef opérateur attitré de Na Hong-jin : Lee Sung-je, et Hong Kying-po, plus ou moins indirectement qualifié de drogué pour son travail sur M de Lee Myung-se par Epikt dans une de ses listes sur SensCritique. Mais pour Hong Kying-po, c'est juste du teasing. Ici on va parler de Lee Sung-je.

 

On l'a dit, c'est le chef opérateur de Na Hong-jin, un type qui a donc beaucoup filmé Seoul, de nuit, avec généralement deux mecs qui courent à bal' l'un derrière l'autre, avec une furieuse envie de faire la peau. Un type qui a aussi vu défiler tout un arsenal improbable sous ses objectifs : chaise, marteau, club de golf, fémur de boeuf ou couteau à sushi... (pour aller plus loin c'est ICI) et qui doit avoir quelques litres d'hémoglobine sous les semelles. Et entre deux films de Na Hong-jin, il explore d'autres univers, avec généralement une lumière plus affirmée, moins glauque, on aurait même envie de dire moins stylée.

 

Last Present, Kim Young-jun, 2008

 

Last Present 1

Last Present 2

Last Present 3

 

Premier film recensé sur le profil Imdb de Young-jun, le fond semble correspondre à la lumière et vis et versa. L'histoire d'un type emprisonné qui obtient une permission de 10 jours histoire de filer un rein à la fille d'un pote et qui découvre à cette occasion que... (tous les synopsis sur internet spoilent méchamment). Mélodrame avec tout plein de sentiment dedans, on l'a pas vu, les gens on l'air d'aimer, perso rien qu'avec les screenshots je sens qu'on essaie de m'arracher une larmichette et c'est une sensation que j'ai toujours trouvée désagréable. Lumière diffuse, tons sépias désaturés, niveau lumière ça a l'air de marcher en tout cas. Mais ce serait surprenant que ce soit pour cela que Na Hong-jin a choisi de bosser avec lui.

 

The Chaser, Na Hong-jin, 2008

 

the chaser 1

the chaser 3

the casher 2

the chaser 4

 

The Chaser, c'est l'un de nos premiers articles, les plumes étaient encore un peu tendres à l'époque, tout l'inverse du film. Par contre c'est aussi nos premiers clashs pour ceux qui pousseraient jusqu'à lire les commentaires. Na Hong-jin a fait le choix de défoncer la grande porte du cinéma à coups de marteau pour son entrée dans le game, Lee Sing-je a donné un véritable cachet aux rues de cette colline de Séoul. Des intérieurs verdatres, néons (en fait fluos) et ampoules à nu, des nuits légèrement bleues avec éclairages publics et feux de bagnoles dans le fond et dans le flou, avec quelques scènes de jour un peu surexposées pour contraster et nous piquer les yeux. Un monde hostile en somme.

 

Secret, Yun Je-gu, 2009

 

secret-movie-review-0

secret-movie-review-4

secret-movie-review-3

 

Un thriller sud-co qui nous serait passer sous le nez? Et un bon si on en croit les quelques critiques lues de ci de là sur internet? Chiottes mec ! Bon en tout cas la lumière à l'air moins subtile que cette de The Chaser et on sait que dans le milieu du polar noir, la forme et l'emballage font quand même beaucoup pour le fond. Lee Sung-je devait en avoir marre des couleurs froides et désaturées, il a la joue fort contrastes et couleurs bien comme il faut. C'est joli, mais il faut souvent se méfier des belles images. Le pitch vite fait : un détective ne peut expliquer les circonstances de la mort de leur fils à sa femme, parce qu'il était en train de la tromper avec la coquine d'un collègue. Du coup madame se barre, et quand nombre d'indices la désignent comme suspecte dans un enquête de monsieur, une enquête de meurtre en plus, ça met le feu au poudre. Voilà il ne manque plus qu'un maitre chanteur et le refus de madame de donner la moindre explication à monsieur pour que le film et les ennuis commencent.

 

The Murderer, Na Hong-jin, 2011

 

vlcsnap-2011-11-27-14h19m07s144

vlcsnap-2011-11-27-14h19m45s249

the murderer 2

the murderer 1

vlcsnap-2011-11-27-14h20m26s149

 

Les distributeurs français ne s'y sont pas trompés, entre le premier et le second film de Na Hong-jin il y a une filiation évidente, une esthétique et des schémas communs, avec peut-être pour The Murderer une ambition plus grande, au moyen au niveau de l'action et des thèmes politiques, avec les moyens qui vont avec. Il a déjà déployer ses ailes, il s'agit maintenant de prendre de l'envergure. Pour revenir aux distributeurs, subtils comme pas deux, ils ont rebaptisé le film The Murderer, au lieu de The Yellow Sea, titre international d'usage, histoire que le passant dans le métro voit bien le lien entre ce nouvel opus et le précédent qui l'avait laissé tendu comme un arc deux ou trois auparavant. On retrouve les mêmes acteurs, des courses poursuites, plein d'armes qui n'en sont pas, mais aussi une photographie assez proche de The Chaser : tons froids, éclairages assez crus, des nuits un peu plus bleutées mais toujours le jeu sur les lumières en arrrière plan et même parfois un peu de fumée par ci par là pour structurer la profondeur de l'image, et à côté de ça des jours très aggressifs, puissants mais froids. Et quand même, pour le kiff, une scène d'amour plus ou moins rêvée pour laquelle il lâche la cavalerie : gros effets de diffusion, filtres à gogo (on imagine hein), noir et... "blanc rosé"... le tout monté en fondus enchainés assez lents; au moins on ne peut dire que ce ne soit pas assumé.

 

 

Repost 0
Published by Joy Means Sick & Sans Congo - dans Articles transversaux
commenter cet article
25 novembre 2011 5 25 /11 /novembre /2011 14:47

Chung Chung-hoon

titre-chung-chung-hoon.jpg

 

« You can call me dady », le type a le curriculum vitae d'un demi dieu : Oldboy, Lady Vengeance, Thirst, Cut, The Unjust, de quoi avoir honte de ne pas avoir encore vu toute sa filmographie. Ca a l'air le genre de type qui aime faire de belles images et qui sait s'en donner les moyens, un poids lourd qui a tout juste 41 ans et prépare le prochain film de Park Chan-wook. Respect.

 

the record

 
The Record (2000) un film d'horreur au pitch ultra-classique de Gi-hun Kim & Jong-seok Kim qui à l'air tout à fait sympatoche. Pas pu trouver mieux comme screenshot.

 

tearful-stroy-affiche.jpg


 Tearful Story (2001), qui à l'air de bien porter son nom et qui est l'ultime film de Kim Jeong-jin. Un truc triste qu'on va bien avoir du mal à trouver, mais dont l'affiche annonce une esthétique forte et assumée. De ces deux films on ne sait pas grand-chose, si ce n'est qu'avec Yuri (1996) qui les a précédés ce sont les trois premières marches qui l'ont mené vers...


oldboy-2.jpg

oldboy 3

oldboy 4

oldboy 7

oldboy 5

oldboy 8

 

... OldBoy (2003) de Park Chan-wook, notre maitre à tous. Le perfect à tous les niveaux qui doit donc sa plastique à l'ami Chung; tout de suite on change de braquet. Le type a réussi à nous faire associer une couleur, le vert, à un film et c'est pas l'affiche du Stratège avec Brad Pitt qui bousculera la hierarchie..


cut 3 

Cut

cut 2

 

Et on enchaine avec Cut (2004), segment de 3 Extremes signés par Park Chan-wook, toujours le même amour du grand angle, des couleurs et des contrastes. Pas d'images banales, pas de réalisme subtils, du pure cinoch. En tout cas, à partir de maintenant, il ne quittera plus PCW.


 antartic journal 3

antartic journal 4

antartic journal 7

antartic journal 5

antartic journal 6

antarctic journal haut

 


Antartic Journal (2005) de Yim Pil-sung, co-écrit par Bong Joon-ho, celui-là ça fait déjà bien longtemps qu'il est sur notre liste et qu'on se le garde sous le coude en cas de déprime. Un thriller dans des paysages polaires avec Song Kang-ho et le chef op' de Oldboy, que demander de plus?


 

lady-vengeance-2.jpg

914404vlcsnap-2010-04-27-17h16m22s254

lady vengeance-copie-1

Lady.Vengeance.2005.DVDRip.avi snapshot 00.39.07 [2010.10.2

lady vengeance 3

lady vengeance-copie-2

 

Lady VengeancePCW a trouvé son chef op' et peaufine son style. Outre la fin du film qui évolue lentement vers du noir et blanc durant la séance de torture dans la version director's cut, outre les nombreux effets de style que certains trouveront tape à l'oeil mais que nous qualifierons plus sobrement de tout simplement géniaux, c'est la classe des images des scènes se déroulant dans la neige (déjà la fin de Oldboy...) qui ont imprimé le plus durablement nos rétines. La légende veut qu'il aurait accepté de faire Antarctic Journalsimplement pour pouvoir s'entrainer à filmer des paysages enneigés avant le film de PCW.


 

dasepo 1

dasepo 2

dasepo 3

 
Dasepo Naughty Girls (2006) avec Kim Ok-bin qu'il a retrouvé en vampire sur Thirst. Apparemment une adaptation d'une série à succès sur internet. Lui aussi devait avoir besoin de se changer les idées après les deux derniers films de la trilogie de la vengeance. Un simple détour léger et coloré avant...


 

im a cyborg 1 

im-a-cyborg-but.jpg

im a cyborg 3

Im a cyborg 2

im a cyborg 4


... de retrouver PCW avec son film suivant, I'm a Cyborg but that's OK, aussi léger que malin. Pas les mêmes ambitions qu'un Oldboy mais toujours la même virtuosité visuelle. CCH est dans la place. Là encore, niveau couleur et cadrage, on pourrait penser qu'il s'est fait les dents sur le film précédent.


 

Thirst

thirst 2

thisrt 1

Thirst 9

Thirst 7


Ce qu'au moment d'aborder, Thirst, sa cinquième collaboration avec PCW, il n'a plus besoin de faire. Il signe l'une des photos les plus stylées de la décennie (jamais d'hyperbolisme de notre part quand il s'agit de PCW, juste une froide lucidité) en renouant avec le vert de Oldboy. Sauf que cette fois-ci c'est un vert cadavre, un vert marécage, qu'il utilise dans la majorité des scènes se déroulant dans la maison des Raquin coréens. Adapté Zola en ajoutant des vampires, si ça c'est pas la classe.


 

theunjust 2

theunjust 3

theunjust 5

theunjust 4

 

Depuis CCH s'occupe en attendant le prochain film de PCW, comme nous tous d'ailleurs. Alors il s'est engagé de The Unjust de Ryoo Seung-wan, film sur lequel les auteurs de ce blog sont partagés. Avec plein de mouvements de caméras, 150 lieux, des extérieurs nuits et des intérieurs de commissariats il a du bien s'amuser. Mais les choses sérieuses, c'estStoker, le prochain PCW, tourné aux Etats-Unis d'Amérique, avec Nicole Kidman.

Repost 0
Published by Joy Means Sick & Sans Congo - dans Articles transversaux
commenter cet article
18 novembre 2011 5 18 /11 /novembre /2011 14:40

Kim Hyung-ku

kim hyung ku titre

 

La constante puissance des images sud-co, le vert de Oldboy, le bleu de The Murderer, les contrastes, les grands angles, les mouvements de caméras; si y a un truc que la Corée a su nous offrir ces dernières années, c'est bien des putains de chef op', c'est d'ailleurs en passe de devenir un produit national au même titre que le soju, la Kpop, les dramas ou les thrillers sang pour sang vengeance. Dès qu'ils en ont les moyens, qu'ils s'agissent d'une comédie grand public ou d'un thriller racé, les gars s'appliquent et n'ont jamais peur d'en faire trop. L'exception qui confirme la règle c'est le fameux Hong Sang-soo qui nous pond film dégueu sur film dégueu, avec une esthétique minimaliste et fauchée et une sorte de réalisme moche. Pourtant, c'est bien par l'image qu'on peut relier un film comme Conte de Cinéma à Memories of Murder, les chefs op' sud-co, c'est le chainon manquant du cinéma de la péninsule. Et ouais. 

  

On commence ce tour d'horizon en image par les sommets, les boss de la cour de récré, ceux qui se sont imposé en même temps que la nouvelle génération de cinéastes coréens Kim, Bong et autres Park.

 

Débuts sur des films inconnus, puis paf dans ta face un Park Kwang-su, après hop hop hop on retrouve ce bon vieux copains de Kim Sung-su et éclaire la jolie Zhang Ziyi, et puis là c'est le strike : Chen Kaige et Bong Joon-ho. On se demande encore comment il a pu finir chef op' d'HSS. Putain passer de Memories of Murder à ça... En même temps Conte de Cinéma, c'est le meilleur HSS que j'ai pu goûter.

 

Filmo en photos :

the-uprising-1.jpg

 

Les Insurgés (Lee Jae-sueui nan), Park Kwang-su, 1999. Co-production franco-coréenne qui fût le premier film sud-co à être sélectionné à Cannes. Ça te place un bonhomme.

Ah bah tiens l'image récupérée sur google vient du site de l'insecte, ça permet d'aller plus loin et de lui piquer une super expression "tout faux toto".


 

musa 2

musa-the-warrior-copie-1.png

musa 4

musa 3

musa

 

La Princesse du Désert (Musa), Kim Sing-su, 2001. Zhang Ziyi, des images avec une esthétique prononcée et assumée (on aime ou on n'aime pas), de scènes de baston pas trop mal, un petit point de culture en plus. Par contre le scénario...


 

enfant au violon 1 

enfant au violon 2

lenfant-au-violon.jpg

 

L'Enfant au Violon, Chen Kaige (2002).

D'ici : du grand angle et des chinois.

Au fond : si le type qui a fait Adieu ma Concubine vous prend comme chef op'...


 

memories

memories 10

memories 5 

memories 9

memories 6

memories-of-murder.jpg

memories 7

 
Memories of Murder, Bong Joon-ho (2003).

On va pas s'étendre, c'est les hautes sphères du panthéon sud-co, c'est sombre même quand il fait beau, ça sent bon la boue et la pluie, une esthétique impec', la simple tête de Song Kang-ho donne envie de revoir le film.


 

conte 1

conte 2

conte-de-cinema-2.jpg


 

Conte de Cinéma (Geuk jang jeon), Hong Sang-soo (2005).

Peut-être bien le meilleur film d'Hong Sang-soo. On ne peut pas dire que l'image soit magnifique (c'est pas la priorité d'HSS et on l'a vu faire pire), ni que le film casse trois pattes à un canard, mais l'actrice porte une écharpe rouge alors forcément ça parlera à certains.


 

the host 10

the host 3

the host 6

the host 4

the host 7

the-host.jpg

 

The Host (Gwoemul), Bong Joon-ho, 2006.

Plus gros carton du cinéma coréen (derrière Intouchables, naaan je déconne). Perso niveau photo, c'est les scènes dans les égouts qui m'ont le plus marqué. A la fois profondément classes et super glauques. Et quand Bong Joon-ho vous reprend alors que lui-même joue les chefs op' à l'occasion...


 

woman 1

woman 2

woman_on_the_beach.jpg

 

Women on the Beach (Haebyeonui yeoin), Hong Sang-soo, 2006.

Argh... (pas vu, pas envie).

Fair-play, on a quand même pris une image autre qu'une scène de beuverie bavarde en plan large éclairée avec les moyens du bord.


 

 

the day he 1

the day he 2

the-day-he-arrives.jpg

The Day he Arrives (Book chon bang hyang), Hong Sang-soo, 2011.

On lui reconnaitra le pragmatisme d'avoir utilisé le noir et blanc comme cache misère. Tout le monde l'a déjà fait, ça donne du cachet même aux photos les plus pourries. Alors avec le chef op' de Bong Joon-ho derrière la caméra ça doit rendre pas trop mal.

 

Potins et Copains :


Apparemment Kim Hyung-ku aime bien travailler avec Jin Jo-Hur (le réalisateur d'April Snow) avec qui il a fait 2 films (Happiness/Haengbok et One Fine Spring Day/Bomnaleum ganda)


 Mais son grand copain c'est surtout le Kim Sung-su avec qu'il a travaillé sur 4 films : La Princesse du Désert, Please Teach me English, City of the Rising Sun et un court métrage, leur premier film à tous les deux selon Imdb. Une véritable histoire d'amour.

 

Repost 0
Published by Joy Means Sick & Sans Congo - dans Articles transversaux
commenter cet article
2 septembre 2011 5 02 /09 /septembre /2011 21:28

memories-of-murder-1-copy.jpg 

 

 

Des dissonances cognitives, des grands écarts et des affiches menteuses.

 

Oxmo Puccino, grand poète s’il en est, raisonnait avec profondeur lorsqu’il exprima son fameux « On est tous de la même planète, mais pas du même monde // Votre dimension n’est pas nette, la mienne est profonde » (Arrivé sur terre par erreur). Parce que si nous naissons tous libres et égaux en droits, dans les faits, les goûts et les couleurs sont discriminants. Surtout les couleurs. Pour la petite histoire, si la langue française connaît six couleurs de base (violet, bleu, vert, jaune, orange, rouge), le shena, une langue du Libéria, ne possède que quatre mots, tandis que le basea, un autre idiome du pays de Georges Weah, économe et concis, n’utilise que deux mots pour désigner l’ensemble du spectre des couleurs (hui et ziza). Encore plus déconcertant, les Grecs, pédérastes mais drôlement futés, se contentaient d’exprimer les couleurs par le biais du couple mat/brillant.

 

Bref, les races n’existent pas certes, mais nous ne voyons pas les mêmes choses. Et dans le champ cinématographique, il est un aspect qui ne trompe pas à ce sujet : l’affiche de film. On se souvient de la sempiternelle rengaine. Le cinéma sud-coréen, c’est un cinéma de mélange des genres. Un truc fruité et salé, de toutes les couleurs, un bibimbap généreux où il y en a pour tout le monde. La ratatouille est un peu rêche au début. On ne comprend pas trop pourquoi une bobine qu’on nous a vendue comme un pur film d’espionnage qui s’ouvre la trachée sur le fil du rasoir de la DMZ se transforme en cafétéria où Hélène et les abeilles le dispute au miel et aux garçons. Le cinéma sud-coréen est un peu à l’image d’une de ses égéries, Jun Ji-hyun, machine à torgnolles hyper sexy face à laquelle on ne sait jamais s’il faut filer droit ou zigzaguer. Loin de nous l’idée d’une étude systématique des tenants et aboutissants, points forts et faibles, vices et vertus d’une approche où entre deux décrochages de mâchoires, une vieille glisse sur une peau de banane. Ce texte a comme modeste visée de faire une rapide rétrospective de quelques articles écrits sur ce blog depuis le début en essayant de tirer quelques conclusions, forcément géniales, à propos de l’espace sémantique qui sépare l’affiche sud-coréenne du film et son affiche, disons globalement, « occidentale ».

 

Pour lire l'article consacré au film, cliquez sur le titre.

 

A Bloody Aria, de Won Shin-yeon.

 

bloody aria CS Bloody aria EU

 

Peut-être le flip-flap le plus renversant. Honnêtement, sur une échelle qui verrait le 0 désigner la comédie absolue et 10 le thriller absolu, A Bloody Aria franchit la moyenne sans recourir à la photo. L’affiche « occidentale » ne se moque pas de nous. Le mouvement est classique : celui d’un bras qui est sur le point de trucider sa victime. C’est un peu le signe de la croix dans le milieu. Mais alors l’affiche sud-coréenne, il faut vraiment disposer d’un système d’exploitation différent pour y adhérer. Les trois affreux jojos du film deviennent par l’effet d’un enchantement dont les subtilités nous échappent, une espèce de boys band qui pourrait figurer sans problème dans le « Meilleur du pire » des castings de la Nouvelle Star. Dans l’affiche « occidentale » on a un éclat de vitre qui évoque la misère profonde qui souillera la belle Mercedes blanche du chanteur d’opéra, tandis que l’affiche sud-coréenne affiche avec pompe un gros Word-art orange fluo et fier de lui qui rappelle les premiers devoirs d’écoliers tapés à l’ordinateur sur lesquels on se butait pour utiliser le meilleur effet sur la première page, en utilisant généralement la même couleur, i.e. l’argenté dégradé. Clé de lecture : l’utilisation de la police punchy-bariolée dans les affiches de cinéma et les bandes annonces sud-coréennes, à la fois bondissante et plastiquée, aux angles arrondis, légèrement italique, dynamique et pré-adolescente, est une grosse constante, quelque soit le genre du film – de toute manière le genre…

 

Failan, de Song Hye-sung.

 

failan SC failan EU

 

Alors là ça confine carrément au coup de pute. L’affiche sud-coréenne est tout simplement mensongère. L’image n’existe pas dans le film : Choi Min-sik ne rencontre jamais Cécilia Cheung. Et puis l’idée du film est à mille lieues de cette carte postale romantique. Choi Min-sik joue une petite frappe qui se marie avec une immigrée chinoise (Cécilia Cheung) pour qu’elle puisse obtenir un titre de séjour. Rien qui ne justifie ses étreintes passionnées. Le cinéma sud-coréen utilise souvent la technique consistant à rendre présente la personne manquante, que ce soit par des effets détournés, parfois très lourds, comme l’utilisation du vent par Kwak Jae-young dans Windstruck, ou l’usage de la boîte aux lettres dans Il Mare de Lee Hyun-Seung. Parfois, sans se préoccuper du réalisme, la personne physique revient sous une autre forme, par l’effet d’une réincarnation tout aussi arbitraire qu’incompréhensible, comme dans le très étrangement nommé Bungee Jumping of Their Own de Kim Dae-seung. Et pour l’affiche de Failan, le fantasme ne s’embarrasse point de la réalité. Comment comprendre ce parti pris ? Mystère et boule de gomme. En tout cas l’affiche française ne se soucie pas des détails puisqu’il n’y a que Cécilia Cheung à l’affiche, supposée plus connue que Choi Min-sik (un blasphème), histoire d’activer les neurones de l’occidental le plus rapidement possible, au terme d’un prompt calcul de rentabilité. A noter que si l’affiche sudco est fausse mais optimiste, l’affiche française suscite de la mélancolie et semble plus proche de la réalité, même si elle occulte de manière éhontée 96 % de l’intérêt du film, c’est-à-dire Choi Min-sik.

 

Heaven’s Soldier, de Min Joon-ki.

 

Heavens soldier CS heaven's soldier US

 

Ahh Heaven’s Soldier, un sacré souvenir. Dans ce film, des soldats sud-coréens et nord-coréens remontent dans le temps et se retrouvent nez à nez avec Yi Sun-sin, héros national, qui n’est pas encore Yi Sun-sin. Le type se révèle être pleutre et chochotte, les soldats en tombent des nues et décident de l’entraîner pour une bataille décisive contre les Japonais. Donc un film type Kickboxing. Sauf que : 1- un héros national ça ne s’entraîne pas ; 2- on enchaîne gag sur gag. Et d’une certaine manière, c’est à ce moment là qu’on se dit que « mélange des genres », ça signifie réellement quelque chose. Bibimbap on vous dit. C’est un peu comme si on imaginait le Romain Duris et la Cécile de France de l’Auberge espagnole remonter dans le temps pour se fourrer à Colombay-les-deux-Eglises, frapper à la porte du générale De Gaulle, et le convaincre de passer à Londres en juin 1940. Oui vous voyez, ce n’est pas possible de l’imaginer. Pauvres Français, une histoire si riche et une incapacité profonde à la traduire au cinéma. Les Américains et les Sud-coréens ont au moins cette aptitude à visiter et revisiter leur histoire en long, en large et en travers. Bref, du coup, à la lumière du pitch, l’affiche sud-coréenne est tout à fait honnête tandis que l’affiche occidentale laisse croire qu’il s’agit d’un film d’arts martiaux. L’air sérieux qu’arbore l’acteur qui joue Yi Sun-sin dans cette dernière affiche ne colle absolument pas avec son attitude dans le film. L’étourdi qui va au champignon sans assurer ses arrières risque d’être cueilli à froid lorsqu’il se rendra compte que ce film est un gros coaching mental de remise d’histoire à l’heure. Et puis l’affiche sud-coréenne est plus expressive pour des raisons tout aussi historiques : un triangle avec au centre Yi Sun-sin, et les soldats sudco et nordco de part et d’autre. Tout l’enjeu et le symbole du film.

 

Save The Green Planet, de Jeong Jun-hwan.

 

Save The Green Planet CS affiche Save the Green Planet EU

 

Un ovni particulièrement créatif en termes d’instruments de torture. Un couple frappé au cervelet croit que la Terre va être envahie par une horde d'extra-terrestres et décide de prendre les devants en kidnappant celui qu'il pense être le chef des aliens : le riche et gros bourgeois, patron d'une entreprise de produits chimiques. Excellentissime, mais impossible à prendre au sérieux, c’est définitivement l’affiche sud-coréenne qui décroche la palme du produit de rabat le plus proche de la cible. On rigole plus qu’on ne frétille, donc la grosse bouille de technicien du dimanche est fort à propos. En revanche, gros carton rouge pour l’affiche occidentale. La simple évocation du terme « extra-terrestre » suffit à activer toute la mise en scène inspirée d’Aliens. D’ailleurs l’affiche fait un peu penser à celle du film Abyss, si l’on remplace le vert par le bleu, ou Rencontre du 3e type, pour le halo de lumière. Bref ça sent l’impasse de communication et le travail de stagiaire. Les gars qui ont eu cette idée ont dû syncoper sec en s’avouant incapable de ranger le film dans aucune des cases occidentalo-centrée. L’affiche sud-coréenne joue à domicile, à l’aise. Save The Green Planet, c’est juste le délire d’un gros malade particulièrement bien équipé, et plutôt sympathique. Donc un gros plan, et des outils. L’extra-terrestre n’est qu’un prétexte dans le film. L’affiche française nous le vend comme sa raison d’être. C’est moche de tromper les gens d’une telle manière. CQFD.

 

The Housemaid, d’Im Sang-soo.

 

The housemaid CS the-housemaid FR

 

Un film que nous avions beaucoup aimé sur ce blog, mais qui a été loin de susciter une telle unanimité dans la petite société des blogueurs. Le film est un remake très personnel du film du même nom de Kim Ki-young  (1960). Il raconte les aventures d’un riche homme d’affaires avec sa servante, dans un environnement familial bourgeois malsain. Une espèce de jeu des caractères avec cette sorte de nonchalance qu’Im Sang-soo aime imposer à ses personnages. Le dispositif familial dans son ensemble revêt une importance capitale dans le film. L’affiche sud-coréenne respecte la mise en scène d’Im Sang-soo, avec des personnages qui ont l’air détachés. La profondeur de la photo est par ailleurs assez intéressante. De plus, la réunion sur l’affiche de plusieurs personnages s’inscrit dans l’esprit du film et de son système d’interaction. Dans l’affiche française, que dalle. Même principe que pour Failan : raisonnement pas mots-clés pour pincer directement le neurone qui commande à l’ouverture du porte-monnaie. Im Sang-soo = Une Femme Coréenne = sexe, ou Sexe sans s’encombrer de détail. L’image qui est utilisée pour l’affiche est anecdotique dans le film, la posture pré-fellation servira à accroître le préjugé selon lequel Im Sang-soo noie la faiblesse de sa mise en scène sous un tsunami de sexualité, et la bouteille de vin pour caresser Gilbert Feldspath and the likes dans le sens du poil. Ou pour citer Les Inconnus dans leur sketch Biouman : « toi tu t’appelles Nathalie ? Avec tes yeux bridés et ta face de citron ? »

 

Memories of Murder, de Bong Joon-ho.

 

memories of murder CS memories-of-murder FR

 

On ne présente pas le film. Mais juste une petite remarque au passage : constatez comme les acteurs ont l’air plus tendus dans l’affiche française que dans l’affiche sud-coréenne. Franchement, faire ça à Song Kang-ho ça ne tient pas la route. Pire, SKH est relégué au second plan et réduit à une moitié de face. L’affiche sudco a plus de caractère, avec du contraste et de la résolution. L’affiche française est toute pâle et fait de la peine à voir. Le regard un brin malicieux de SKH dans l’affiche sudco laisse de la place à quelques vannes alors qu’il a juste l’air débile dans l’affiche française. Non franchement, elle est péniblement naze l’affiche française. On dirait l’inspecteur Derrick.

 

The Host, de Bong Joon-ho.

 

the host CS the host EU

 

Cas particulier pour The Host où les affiches ont chacune à moitié raison. L’aspect sympa-rigolo, à côté du caractère monstrueux du film, est transcrit par chaque affiche de manière différente : les points d’exclamation dans l’affiche sud-coréenne, et la police Word-art dans l’affiche française. Le bleu de l’affiche sudco est beaucoup plus sympa que le jaune un peu dégueu de l’affiche française. L’affiche sudco est plus précise, par la mise en perspective du pont, qui permet aux Sudco de localiser plus facilement l’endroit et par là même, elle est plus pertinente dans la mesure où l’affiche française, avec la ville qui apparaît sur la ligne d’horizon, pourrait faire croire que le monstre est en pleine mer, et donc que c’est exclusivement un film où il s’agit de déglinguer le monstre, et donc, encore une fois, d’induire en erreur en faisant croire que c’est un pur film d’action, alors que, comme souvent, c’est un peu plus que ça, ou plutôt, ça n’y est pas totalement réductible.

 

Le Bon, la Brute et le Cinglé, de Kim Jee-woon.

 

the good the bad the weird CS the good the bad the weird EU

 

Juste pour finir avec une affiche occidentale qui mérite le passage en court-martiale. Le problème est le même que celui identifié pour Failan : le squeezage pur et simple du personnage le plus important du film. Song Kang-ho en l’occurrence. Il faut vraiment avoir été élevé parmi les sauvages pour faire ce genre de conneries. 

 

Cet article pourrait évidemment constituer un fil rouge et nous serions heureux de l'accroître de vous suggestions...

Repost 0
Published by Joy Means Sick & Sans Congo - dans Articles transversaux
commenter cet article
10 août 2011 3 10 /08 /août /2011 18:09

titre

 

On aura eu de cesse de le répéter sur ce blog, s'il y a bien un genre cinématographique où la Corée a su imposer son style, c'est bien le polar noir ultra violent et ses tapes de chien enragés. Kim, Bong, Park et consorts ont créé une nouvelle esthétique de la violence, réaliste et crade, où le sang se mêle à la fange et fini dans le caniveau. Par exemple, en ce moment, vous avez The Murderer au cinéma, c'est signé Na Hong-jin, l'auteur de The Chaser. Ils sont assez tatillons sur le port d'arme dans le pays de Choi Min-sik, du coup, pour s'amuser un peu à la bagarre, les gars doivent sans cesse redoubler d'ingéniosité. Et là, on n'est plus chez les gentlemens, finis les mousquetaires, ça chique à l'oreille, ça attaque la trachée au couteau suisse et ça pète des tibias à coups de barre à mine. Et pour les esthètes, il y a le marteau. Petit tour d'horizon de l'équipement du coréen bien vénère.

 

vlcsnap-00099

 

Commençons par le NIVEAU 1, celui que se doit de maitriser tout coréen de sexe masculin qui veut survivre en société, celui où l'on ne s'embarrasse pas d'accessoire et que l'on déclenche au moindre frémissements des babines : la kèche, une sorte de baffe du plat de la main, assénée avec violence du haut vers le bas, avec un impact au niveau de la tempe de l'adversaire. La kèche ne fait pas « clac », elle s'attarde sur la joue, bouscule autant qu'elle pique et surtout on l'encaisse en baissant les yeux. Petit extrait vidéo fait à l'occasion d'un de nos premiers articles, sur Crying Fist de Ryu Seung-wan, c'est son petit frère, Ryu Seung-beom qui régale.

 

 

 

Sinon, quand la distance avec la cible devient trop importante, on peut aussi utiliser sa semelle.

 

 

 

Et un bonus en forme de dédicace à Myke Tyson (les personnages de Crying Fist s'adonnent eux aussi au noble art), le croque oreille.

 

vlcsnap-437867.png

 

Le NIVEAU 2, c'est celui des armes que l'on déjà vu, généralement dans des séries B de guerres de gangs new-yorkais dans les années 80, remises au goût du jour par nos amis coréens. On y trouve donc la barre à mine, la batte de base-ball, l'inévitable couteau ou encore, tout droit venu de Palestine, le caillou.

 

Caillou, n.m., (pl. Cailloux), fragment de pierre de petite dimension. En Corée, projectile bas de gamme, signe que le film se déroule en extérieur, loin de la civilisation et que le personnage est à une distance de l'adversaire qui lui interdit de lui mordre directement l'oreille. Dans Welcome to Dongmakol, ça sert aussi à chasser le sanglier.

 

vlcsnap-81376


P.S. : Il existe une variante pour le combat au corps à corps : la brique.

 

vlcsnap-2011-08-07-23h55m30s227

Bad Guy

vlcsnap-2011-08-10-18h36m25s136.jpg

I Saw the Devil

 

Barre à mine, groupe nominal f., (pl. échafaudage) outil en fer servant principalement à creuser des trous dans la roche pour y placer des mines. Arme de base du lascar de bas étage qui dénote souvent un manque de personnalité et annonce une mort rapide du larbin en question. Se trouve aussi sous forme de tube de fer ou autre tuyau selon les saisons.

 

vlcsnap-00094

The Murderer

vlcsnap-00100

Oldboy

vlcsnap-47229

My Wife is a Gangster

vlcsnap-2011-08-10-18h44m53s90.jpg

I Saw the Devil

 

Batte de base-ball (et ses dérivés), g.n.f., (pl. Bataille de gangs), sorte de bâton servant à frapper la balle. Arme du sous-chef ou du lycéen, peut aisément passé pour un accessoire sportif en société, très présente au Japon en raison d'une liaison outre-pacifique, très présente en Corée pour des raisons pratiques.

Illustration avec un geste technique supplémentaire, le coup sauté en pleine course.

 

Sympathy for Mister Vengeance

 

vlcsnap-46974

Attack the Gas Station

vlcsnap-00098

The Murderer

 

Couteau, n.m., (lat. Cutellus), instrument tranchant composé d'un manche et d'une ou plusieurs lames. Bon là c'est du classique, c'est un truc assez apprécié des scénaristes paresseux ou des mecs qui n'ont pas le temps d'exploser une boite crânienne à coups de marteau ni de mettre 45 coups de barre de fer à un type avant qu'il ne daigne tomber dans les pommes. On notera une présence aussi massive qu'inhabituelle du couteau à suhsi parmi les voyous de The Murderer et un très sympathique combat aux couteaux dans The Man From Nowhere.

 

The Man From Nowhere

vlcsnap-00111

The Murderer

vlcsnap-2011-08-10-18h47m33s143

I Saw The Devil

vlcsnap-224587

Hansel & Gretel

 

Cocktail Molotov : projectile incendiaire à base d'essence. Molotov = ministre des affaires étrangères de Staline durant la seconde guerre mondiale. Utilisé uniquement en cas d'attaque de reptile géant.

 

Capture-d-ecran-2011-08-07-a-23.20.04.png

The Host

 

NIVEAU 3 : groupe d'objets déjà potentiellement violents mais que l'on avait plus vu utilisés de la sorte depuis les guerres du Moyen-Âge.

 

Hache, n.f., instrument formé d'un fer tranchant fixé à l'extrémité d'un manche et qui sert à fendre, à couper, du bois, des os ou de la chair, selon l'humeur et la nationalité de l'utilisateur.

 

vlcsnap-00103

The Murderer

vlcsnap-00117

Lady Vengeance

hache.jpg

Save the Green Planet

 

Faucille, n.f., Outil constitué d'une lame métallique courbée en demi-cercle, emmanchée dans une poignée de bois, qui sert à couper l'herbe, les céréales... puis dans Bedevilled, instrument de vengeance utilisé par Bok Nam pour « désherber » son île natale.

 


 

 Bedevilled (Blood Island)

vlcsnap-2011-08-10-18h34m40s108

I Saw the Devil

 

NIVEAU 4 : C'est là que le coréen fait véritablement la diff', là où le polar noir tire sa sève, là où un marteau devient une arme de guerre et de torture, qui sert aussi bien à casser des crânes (The Chaser), à jouer au dentiste (Oldboy) ou à écraser les orteils dans un fameux couloir (Oldboy évidemment).

 

Marteau, n.m., outil de percussion formé d'une tête en acier dur trempé et d'un manche. Sa tête se décompose en deux parties à chaque extrémité : la table, face plate avec laquelle on frappe et la panne, partie « arrière » qui sert à retirer les clous (ou les dents). C'est l'arme du héros en général et du héros par excellence (Oldboy!!!), à la fois sobre et élégant, il ramène l'adversaire à sa seule nature de squelette fragile. On s'est tous niqué un doigt en plantant un clou, on imagine d'autant mieux l'effet d'un coup porté sur le haut du crâne et on se rappellera longtemps les cheveux de Min-jin collés sur le marteau de Yong Min (The Chaser).

vlcsnap-00089

vlcsnap-00096

vlcsnap-00092

Oldboy

 

vlcsnap-2011-08-08-00h05m00s45vlcsnap-2011-08-08-00h03m59s197

The Chaser

vlcsnap-2011-08-10-18h26m12s130

I Saw the Devil

 

breathless 

Breathless - Bref, le gentilhomme ne sort pas sans son marteau

 

Tournevis, n.m.,outil emmanché en acier et dont l'extrémité est adaptée pour visser ou dévisser des vis. C'est là que les coréens deviennent vraiment flippants, parce que OK ça ressemble vite fait à un truc dangereux, y a moyen que, sous le coup de la colère, une fois comme ça dans un film, un tournevis finisse dans la tachée d'un casse couille. OK, mais là c'est carrément une arme traditionnelle, genre le truc que tu planques dans ta chaussette pour fumer discretos un type au corps à corps. Ca devient sale, putain les mécanos en Corée ça doit être des putains de caïds. Putain.

 

vlcsnap-00123

Sympathy for Mister Vengeance

vlcsnap-00117

The Murderer

vlcsnap-2011-08-10-18h43m13s112

vlcsnap-2011-08-10-18h48m58s236

I Saw the Devil


Sinon on peut aussi se contenter simplement d'une vis de taille raisonnable (modèle king size au minimum): 

 

vis-king-size2.jpg

vis-king-size3.jpg

Save the Green Planet

 

Ciseaux, pl., (du latin caedere :couper), instrument en acier à deux branches mobiles croisées sur un axe et tranchantes sur leur parties intérieures. Les enfants s'en servent pour faire des découpages, les coréens, plus taquins, aiment à se les planter dans le cou.

 

vlcsnap-00107

vlcsnap-00106

vlcsnap-00103

vlcsnap-00105

Oldboy

vlcsnap-00120

vlcsnap-00118

Lady Vengeance

 

Masse, n.f., outil formé d'une lourde tête métallique ou en bois fixée à un long manche et servant à frapper, à casser, à enfoncer, etc. Bah... ouais c'est à peu près comme ça qu'ils s'en servent en Corée aussi.

 

bedev14.jpg

 

Bedevilled (Blood Island)

 

Scalpel, n.m., instrument en forme de petit couteau qui sert à inciser et disséquer, en particulier au cours d'une autopsie. S'utilise aussi sur des corps vivants, pour leur piquer un rein avant de les relâcher cul nul le long de l'autoroute par exemple. Attention, risque qu'ils reviennent se venger à coups de batte de base-ball et de tournevis, et là le petit scalpel de mémé...

 

vlcsnap-00125 

Sympathy for Mister Vengeance (cf aussi la vidéo de la partie "batte de base ball")

vlcsnap-2011-08-10-18h38m59s129

vlcsnap-2011-08-10-18h40m15s123

I Saw The Devil (section du tendon d'Achille - oui c'est un pied à l'envers - classique)

 

Clé à crémaillère, n.m., outil servant à serrer ou à desserrer (mouais), à monter (peut-être) ou à démonter (voilà). Un petit nouveau dans le kit du parfait bad boy coréen, brillamment introduit par Na Hong-jin dans The Murderer.


vlcsnap-00119 

vlcsnap-00122

The Murderer


Verre / vitre, en tout cas un bout de la seconde fait avec le premier. Très pratique pour empaler discrètement en pleine rue.

 

vlcsnap-2011-08-07-23h55m55s217

Bad Guy

 

Pelle : Jusqu'ici une arme qui n'a pas fait ses preuves, trop évidente et pas assez maniable, il lui manque soit un côté un tranchant soit une extrémité contendante et lourde, de préférence en acier trempé. Peut éventuellement servir à creuser une tombe.

 

vlcsnap-00112.jpg

The Murderer

 

Extincteur, n.m., appareil qui sert à éteindre le feu. Mais aussi à aveugler (utiliser un extincteur à poudre de préférence) et à assommer (pour un combat les petits formats, plus maniables, sont recommandés).

 

vlcsnap-2011-08-07-23h49m50s50

vlcsnap-52849

My Wife is a Gangster

vlcsnap-2011-08-10-18h38m09s145

vlcsnap-2011-08-10-18h38m50s41

I Saw the Devil

 

 

HORS CATEGORIE :

 

Fémur de bœuf : ne jamais jeter les restes.

 

vlcsnap-00107.jpg

The Murderer

 

(ajoutPoisson : mode Ordralfabétix. (Merci à Pierre Ricadat du blog Ghostshots)

 

wildan

wildan1

Wild Animals

 

Fourchette : pour le spectacle.

 

vlcsnap-00090

vlcsnap-00089

vlcsnap-00092

The Foul King

 

Origami : niveau 10.

 

vlcsnap-2011-08-07-23h54m47s58.png

vlcsnap-2011-08-07-23h54m32s171

Bad Guy

 

Tableau du fiston : question d'éducation.

 

vlcsnap-52401 

Attack the Gas Station

 

Casseroles et autres ustensiles de cuisine : remarque : ne pas se limiter à la casserole ou au rouleau à pâtisserie.

 

vlcsnap-00104.jpg

The Murderer


Club de golf : difficile à trouver, chercher du côté des maisons de retraités aisés.

 

vlcsnap-2011-08-08-00h13m40s110.png

The Chaser

 

Tube en verre : un truc de scientifique.

 

tube-en-verre.jpg

tube-en-verre3.jpg

 

Table et chaises : servent généralement quand l'esprit est encore bon enfant et qu'on ne veut pas se faire trop bobo.

 

vlcsnap-2011-08-10-18h39m49s119

I Saw the Devil

vlcsnap-00091

The Murderer

vlcsnap-384514

The Chaser

 

Bombe aérosol : si le type en face à un briquet (ou s'il s'agit d'un alien venu d'Andromeda)

 

Cut (Three Extremes)

bombe-aerosol2.jpg

bombe-aerosol.jpg
Save the Green Planet

 Guillotine : pour le 14 juillet.

vlcsnap-2011-08-10-18h32m30s78

vlcsnap-2011-08-10-18h32m55s68

vlcsnap-2011-08-10-18h32m35s131

I Saw The Devil

 

Gégène : comme quoi la France a marqué l'histoire. Petite précision néanmoins, l'authentique gégène est une dynamo électrique, alors qu'ici on se branche directement sur le 220V.

 

gegene.jpg

gegene2.jpg

Save the Green Planet

 

Panneau de danger (et son poteau) : pour cuisiner un lézard un à la broche.

 

vlcsnap-2011-08-07-23h51m01s88

vlcsnap-2011-08-07-23h52m13s45.png

The Host

 

Fer à repasser : une signature.

 

fer-a-repasser.jpg

fer-a-repasser2.jpg

Save the Green Planet

 

Godemichet (et son embout pulvérisateur) : le meilleur pour la fin.

 

gode2.jpg

gode.jpg

Save the Green Planet

 

Et voilà pour cette fois, la rédaction est consciente de la non-exhaustivité de cette modeste liste, mais elle s'attachera à la compléter à l'avenir. Nous sommes d'ailleurs à l'écoute de toute proposition visant à enrichir notre base de données. Et si en plus vous nous envoyez le screenshot correspondant (kimbongpark@gmail.com), vous passez direct' en lecteur premium* du blog. Si si.  

 

 

To be continued...

 

* titre purement honorifique qui peut être échangé contre un bisou de Sans Congo 

 

*

PS: psst c'est pas fini. Tiens viens voir par là le collector que le tonton Epikt (Insecte nuisible) nous offre, au rayon marteau. Une image extraite du film Fin de siècle, "un plagiat par anticipation" (une catégorie extrêmement opérante). Comme dirait Joë Bousquet, soldat de la Première guerre mondiale et poète à ses heures: "ma blessure existait avant moi, je suis né pour l'incarner".  

 

fdstw.jpg

Il y a comme un petit air de famille non ? Mais bon, à côté de CMS, c'est sûr qu'il fait tâche

 

 

 

 

Repost 0
Published by Joy Means Sick & Sans Congo - dans Articles transversaux
commenter cet article
23 avril 2011 6 23 /04 /avril /2011 15:34

title copy

 

Joy Means Sick était inquiet. Cela faisait maintenant plus de deux mois qu’il était sans nouvelle de Sans Congo et soudain cette lettre énigmatique. Quelques phrases jetées sur un bout de papier froissé, le nom d’une ville, un sentiment d’urgence. Il avait pris le premier train pour Nantes et se demandait désormais comment retrouver son compère. Il avait entendu toutes sortes de rumeurs à son sujet, il n’en croyait aucune. Ils s’étaient quittés après un article sur un film de Kim Ki-Young, Burying Old Alive, pour ce qui devait être une période de repos bien mérité. Sans Congo avait vaguement parlé de grand air, de besoin de voir l’océan, de campagne. Tel que JMS le connaissait, il était évident que cela ne pouvait durer qu’un temps ; s’il n’avait pas eu de nouvelles depuis si longtemps c’était que son ami était sur une piste. L’arrivée en gare de Nantes le tira de ses pensées. Il avait hâte de retrouver son collègue et de se remettre au travail. Cette période d’accalmie lui avait permis d’avancer sur quelques pistes et il entendait bien s’entretenir avec Sans Congo de la plus sérieuse des manières. Mais sur la côte Atlantique, il n’y avait pas que la bruine qui l’attendait.

*

Antoine, french, arrives in Seoul to help his friend Jean, who runs a bar. But Jean has changed since their student years and lied about the real job Antoine is supposed to do. Jean plays the gangster, pushing his korean waitress to be "hostess". He's sure she won't refuse, she's kind and needs money to achieve her dream : going to France. Jean is also sure that Antoine would help him. But Jean is so wrong about everything.

 

2322435576 24a220d617


Ballade d’un type un peu gras, place du Cimetière de l’Ouest. Sans Congo est scrupuleusement appliqué à se gonfler de nonchalance. Nouvelle école, nouveau deal : il tente, comme ça, après le dépôt de bilan de la revue qu’il avait fondé sur le sport automobile, d’imposer le style bobo de province. Les lunettes en écailles bien sûr, le blouson cuir vintage d’un ouvrier allemand des usines Volkswagen, millésime 1977, et la chemisette d’un bûcheron canadien. Trop la classe. Sans Congo avance d’un pas leste en direction du Lord Byron, un troquet trop nice où les habitudes vestimentaires  sont conformes à sa nouvelle vision du monde. Un obscur éditeur local lui a donné rendez-vous dans ce lieu lorsque Sans Congo l’avait appelé pour lui proposer un énième manuscrit de son cru, mais un bon énième cette fois : Les putes coréennes sentent le fromage. Signe de son goût pour les nuances et autres finesses de l’esprit, ce récit, volontairement autobiographique, délibérément inspiré, raconte sa vie de bohème en Corée du Sud, vie qu’il n’a bien évidemment jamais vécu, mais à laquelle il croit avec force et constance. Outre sa mythomanie, il ne se sentait pas nécessairement lié par les conséquences légales du droit d’auteur dans la mesure où son manuscrit empruntait, à la pelleteuse ou au bulldozer, à l’œuvre d’un grand poète et voyageur de la région, M. Yann Kerloch, par ailleurs éminent érudit ès kimchieries et féminité – en Corée du Sud, il est également connu pour être le traducteur de Marc Levy et Samuel Benchetrit. Autant dire que le souvenir de son ancien associé en import-export de structures tubulaires, M. Joy Means Sick, était au moins aussi éloigné que l’étoile la plus lointaine qu’on puisse raisonnablement imaginer, lorsqu’il tomba sur lui à l’angle de la rue Savidan.     

*

“This short film sums up the strength of my relationship to Korea, almost a ten years relationship now, such as with an old friend. I could have made it because of this long time relationship, and the story is a very subjective way to see the relationships between France (where I come from) and Korea. More precisely, between French guys and Korean girls, because, it’s not surprising to say so, it’s also thanks to some girls, apart from movies, that I met Korea.”

Untitled-2 copy

 


Quel enfoiré ce Sans Congo ! Deux heures déjà que Joy Means Sick et son anorak beige tournaient en rond autour de la gare de Nantes et ses J.M. Weston étaient foutues. Putain de climat océanique, putain de province. Joy Means Sick était parisien depuis peu, il avait travaillé dur pour en arriver là et vivait ce retour à la campagne comme une déchéance sociale. Qu’est-ce que ce salopard de Sans Congo avait bien pu trouver d’intéressant dans ce bled de moins d’un million d’habitants ? Et ces copies de bobos qui hantent les rues en se cherchant une âme, quelle tristesse! Depuis qu’il avait parié à la baisse sur l’industrie électronique japonaise, JMS s’était un payé un appartement sur l’île Saint Louis et sentait avec bonheur jaillir en lui des idées de droite. Il avait réussi, son père aurait été fier de lui. Le menton haut, il s’appliquait déjà à mépriser fortement cette ville de dockers, premier pôle français de la traite négrière. Nantes, son one touch play, son 6ème plus grand stade de France, sa ligue 2. Mouhaha, JMS sortit son Blackberry prêt à se lancer une compil’ Youtube de Reynal Pedros quand « ein deutscher Arbeiter » en chemise canadienne le percuta de plein fouet et l’obligea à plier en deux son double mètre en beuglant des injures raciales envers les deux pays d’origines probables de l’énergumène.

 

 


 

 

“The true part, for me, is that Korean and French may be sometimes equally over sensitive or messy. And around all of us, nowadays, the search of money or irrepressible desires can destroy all relationships. In Korea, a French guy may feel he’s more wealthy, powerful, desired, free. But is he really that free anyway ? Or using some weaknesses of the locals ? How far does a person can go, forget some rules once respected ? How far does he/her thinks the situation is under control? It’s about limits. Where is the limit for a French guy, for a Korean girl ?”

 

dialogues copy


Grand con : le gène « peau blanche » est un allèle récessif. Quand Sans Congo plagiait Baudelaire, il avait eu cette sentence millénariste : « mes frères, prions pour notre peau qui part ». Pourtant, son bon sens naturel l’avait toujours poussé à considérer Joy Means Sick comme un allié particulièrement recommandable, malgré le mépris tout naturel qu’il éprouvait pour lui. Par la force des choses, il dut se contraindre à l’idée de se rendre à son rendez-vous artistique accompagné d’un nouveau riche plutôt vulgos qui le tançait sur ses lunettes de pédé. « Je ne vois pas où est le problème » répondit Sans Congo, très fébrile, « et ce n’est pas une raison pour être homophobe ». Joy Means Sick attrapa furtivement le manuscrit sous le coude de Sans Congo, et lut à haute voix le titre en lui demandant s’il s’agissait du script d’un film de cul, alors que les deux croisaient Liès Hebbadj et ses quatre femmes en niqab. Sans Congo ne parvint pas à se retenir de faire une vanne sur Batman, chose qu’il ne se serait certainement pas permis au Lord Byron, et il en profita pour lui expliquer Yann Kerloch et tout. Joy Means Sick googla son nom, tomba sur une photo de lui, et tout ce qu’il avait cru laisser derrière lui revint à son esprit, tout, absolument tout l’épisode de l’autodafé rue Christine lui explosa à la gueule (http://kim-bong-park.over-blog.com/article-bal-61012244.html). Il manqua de faire tomber son Blackberry chromé or dédicacé par Robin Van Persie dans le caniveau, avant de se signer de la croix, ce qu’il n’avait plus fait depuis la dernière soirée qu’il avait passé dans la résidence d’été de Silvio Berlusconi, il y a trois ans, pour déconner avec monseigneur l’évêque de Sardaigne. Reprenant son souffle, il demanda à Sans Congo ce qu’il lui prenait ; il s’enquit de l’état de son compte en banque, lui rappelant que l’amitié n’avait pas de prix et que s’il avait des problèmes d’argent, dans la mesure où lui n’en avait pas, il pouvait très bien lui faire crédit. Sans Congo lui expliqua qu’après avoir enfin vu Ballad of a Thin Man, de ce même M. Kerloch, qui raconte l’histoire d’un Français qui ouvre un bar à hôtesse à Séoul, et qui effleure le sujet des préjugés entre les Coréens et les Français, il avait eu l’intuition d’un bon filon : se donner l’importance d’une âme maudite ; proposer un récit type Au cœur des ténèbres avec un petit côté Empire colonial français ; tromper son monde à accéder au statut d’écrivain de province ce qui, selon ses calculs, paraissait confortablement rentable. Joy Means Sick avait l’impression que son ancien associé était en train de lui glisser une disquette et l’enjoigna fermement de préciser ses intentions, tout en lui rappelant qu’il n’était pas pédé. Sans Congo s’exécuta : proposer un manuscrit de merde, sur une histoire de merde et éculée, en pompant sur le film de Yann Kerloch ; espérer, par les endroits fréquentés, faire kiffer deux ou trois pigeons qui le porteront aux nues ; et idéalement, serrer une meuf, bien en chair, parce qu’il commence à avoir l’entrejambe qui le gratte.   

  

 

 

 

“I precisely didn’t want to give any definite answer because there is no such things as « the French» and « the Korean ». I’ve tried to change my natural point of view by looking at France with distance and at Korea with the most empathy. I hope I’ve given chance for the characters to speak for themselves, and proposed some narrative challenges to the spectator, such as the use of some long sequence shots, which gave the pace of the film, and its length.”

 

Untitled-3 copy


Cela faisait maintenant deux heures que Sans Congo essayait de refourguer sa merde à son éditeur breton et le pire c’est que ce gros abruti de fan Tri Yann semblait se laisser convaincre. On en était à parler contrat et rémunération, ça troquait des pourcentages contre des tickets restos et des carambars et Sans Congo se fendit d’une passe d’arme désespérée : il demanda qu’on lui rembourse les frais d’écriture et donc l’achat de son ordi portable chez carrefour pour 400 balles, ou au moins les paquets de feuilles A4. Ce dernier pas dans la honte tira JMS de ces recherches Google sur le dénommé Kerloc’h et en souvenir de leur longue amitié, il se concentra de toutes ses forces pour retenir un sourire de mépris, ce qui eut pour effet de déformer son visage de façon grotesque. L’éditeur, lui, ne se gêna pas et s’offrit un fou rire de plusieurs minutes. Sans Congo commença par l’observer intensément derrière ses lunettes croco, il prit une longue gorgée de bière sans quitter son interlocuteur des yeux puis lui sauta à la gorge et chercha de ses dents la jugulaire. JMS se contenta de sortir son Blackberry pour immortaliser sur vidéo la déchéance de son ami. Dix minutes plus tard, après avoir dédommagé le patron pour les dégâts, il rejoignit son ami devant la vitrine du café et lui tendit un cure dent et une serviette en tissu. Une ambulance avait déjà emmené l’éditeur quelques minutes plus tôt, un état jugé critique par l’infirmier stagiaire, et Sans Congo n’avait pas eu le temps de se débarbouiller. Il fallait qu’ils parlent. JMS commença pianissimo. « Tu sais ton Yann là, faut pas s’arrêter au film, si tu veux bien saisir le personnage, c’est sur l’œuvre complète qu’il faut se pencher ». Sans Congo parut intéressé, surpris même. Décidément, ils ne devaient pas encore avoir  internet si loin de Paris. « Oui bon, c’est vrai que Ballad of a Thin Man c’est un peu son Citizen Kane à lui, son Lolita, sa Tour Eiffel. Comme il le dit si bien il a mis beaucoup de lui dans ce film, un peu comme Francis Ford Coppola dans Apocalypse Now, c’est le genre d’expérience qui vous change une vie, c’est sûr ». Ca avait l’air de marcher. « Mais autour de ça, Yann c’est aussi d’autres films (cf bonus),  un blog http://timelessbottomless.wordpress.com/, une philosophie, avec une portée universelle. Quand il parle de ses relations avec les coréennes, ça touche des milliers de cadres dynamiques célibataires. Bon généralement les mecs vont en Thaïlande pour ça, c’est vrai que la plage et le soleil ça aide, mais la Corée c’est un créneau, on est quand même bien placés pour le savoir, on l’avait juste pas vu comme ça avant. Moi je dis ton truc, bien marketé, ça peut faire un tabac dans les aéroports. Y a pas de petits profits, tu sais moi quand j’ai commencé à jouer en bourse, j’étais modeste… ».

 

Untitled-6 copy

 

« bonjour

on partage peut être des gouts communs, mais peut être pas les méthodes. j'ai posté deux commentaires après avoir lu deux articles, je vais pas tout dézinguer parce que je m'en tape et ai autre chose à faire, mais votre site ne me parait pour l'instant d'aucun intérêt pour moi.

je crois que vous avez beaucoup à apprendre sur le sérieux si vous voulez vous lancer dans la critique cinéma ou le journalisme.

sur le cinéma coréen, tentez de voir au delà des trois quatres films/reals que tout le monde connait. »

*

Sans Congo trouvait que son ami avait raison. « Tu as raison » lui dit-il. JMS fut surpris ; il s’empressa de rappeler à l’ordre celui qui, par la force des choses, il se sentait obligé de considérer comme son seul ami : « c’est bon te ratatine pas comme une huitre morte espèce de baltringue ! Tu m’as habitué à plus vicieux ». Sans Congo eut honte de recevoir cette injonction ; d’un coup, ce fut comme si la très haute idée qu’il se faisait de lui-même venait lui fouetter la gueule. Très calmement, il invita son ami à le suivre et ils se rendirent au Décathlon le plus proche (en fait le seul de Nantes). Il acheta le dernier survêtement Kechua qu’il restait en rayon. JMS sentait que son ami revenait sur la bonne voie, même si ce survète lui faisait franchement de la peine à voir. A la sortie du magasin, Sans Congo se piqua d’une tirade : « à tout bien considérer, je ferais mieux d’abandonner cette vie de pouilleux. De toute façon, le film est beaucoup trop médiocre ; je commençais à ressentir des douleurs dans le bas du dos à force de me courber à la recherche du talent cinématographique de Yann Kerloc’h. Ballad of a Thin Man, c’est vraiment trop mauvais. Et je vais te faire une confidence, j’ai aussi vu ses premiers films, sa « période bleue » à lui. J’ai gerbé jusqu’à ne plus sentir ma gorge, je te raconte pas le Spasfon, je pourrais bouffer de l’asphalte au petit déjeuner sans sourciller grâce à Yann. J’ai rarement vu une prétention aussi démesurée au service d’un corps aussi faible. Il est vraiment bluffant. J’arrive toujours pas à comprendre comment il a réussi à enrhumer ses potes pour qu’ils se tapent l’affiche avec des répliques aussi faibles.». JMS hausse ses épaules norvégiennes : « bouarf, comme dirait l’autre, s’il y avait des bites par terre, y’en a qui marcherait sur le cul ; tiens, tu devrais t’essuyer la barbe avant que le sang ne sèche sur ta peau » dit-il en tendant un mouchoir floqué de l’écusson d’Arsenal.

 

Untitled-5 copy


« puisque vous aimez les pirates, cherchez plus loin (moi aussi j'en vois des paquets en pirates, pas ceux qui sont distribués). Les films dont vous parlez sont tous sortis en France. Il y a des gens qui en font leur travail, de distribuer des films.

il me semble par ailleurs que dans vos liens, la base de données www.Cinemasie.com me parait être incontournable. Des gens y écrivent sur le cinéma coréen depuis dix ans. j'en ai fait partie, je dis pas ça pour ça, plus pour les autres, vous auriez pas mis Sancho ou le site de Darcy Paquet c'était pareil.

Cordialement »

*

Sans Congo repris, après s’être essuyé, son long réveil : « en plus c’est mal filmé, c’est mal mis en scène, c’est mal joué. C’est un peu un Rohmer qui n’a pas eu son brevet des collèges. Une espèce d’apprenti cinéaste qui a raté son concours d’infirmier. Non je n’aurais jamais pu me sortir de ce merdier, j’aurais été obligé de tuer mes fans si mon escroquerie avait pris. Faut vraiment être couillu pour être un prophète, moi j’ai trop de respect pour le peu d’humanité qu’il reste à respecter sur terre. Kerloc’h n’a pas peur de la piétiner. Soit. C’est là où moi je dis chapeau monsieur, moi je m’arrête là, je n’irai pas plus loin ». JMS s’arrêta, serra vigoureusement la poigne de son ami, et le prit dans se bras, à la norvégienne : « Bravo M. Sans Congo ; nous vivons des périodes troubles. Le bon devient mauvais, le mauvais devient bon. Le futur ne me dit rien qui vaille ; une seule constante pourtant, devra guider nos pas jusqu’à notre dernier souffle : l’escroquerie sans panache, c’est une tombe sans épitaphe ». Puis cet athée notoire s’empressa de faire référence à l’être suprême, persuadé qu’il lui manquait deux hémistiches, dont l’absence rendait bancal le rythme de sa sentence : « que Dieu nous préserve de la kerlocherie ».     

*

« non seulement on est pas vraiment sur le même planete, mais je crois en plus que vous ferez pas des masses de lecteurs chez ceux qui aiment réellement le cinéma. ».

 

JMS & SC

 

Ballad of a thin Man - Da Movie !

 

 



 

 

BONUS

 

 

Yann Kerloc’h - L'Anthologie.

 

VIMEO et ses vidéos. L’incourtounable Ballad of a thin man et ses trois bonus,  le bien nommé La Disparition ou encore Grue ("c'est la première fois que Yann devenait "producteur" ou chef opérateur sur un projet") une sorte de coffret collector avec des scènes coupées et des œuvres de jeunesse ou de commande :

http://vimeo.com/apostrophe

 

Dans la même idée, Yann se répand sur Dailymotion 

http://www.dailymotion.com/l_apostrophe#videoId=xbvlub

 

… ou se cache sur Mouviz.com

http://www.mouviz.com/films/film.php?film=entredeux

 

YK-avis-video-copy.jpg

 

L’ITW, sa vision du monde et surtout de la péninsule coréenne ou surtout de la femme coréenne : http://coreevoyages.blogspot.com/2010/05/interview-de-yann-kerloch-jeune.html

 

Son blog sur sa corée et son cinéma   coréen.

  http://timelessbottomless.wordpress.com/

 

 

Ses avis et ses notes sur Cinemasie:

http://www.cinemasie.com/fr/fiche/redacteur/kerloch/critiques.html

 

Quelques morceaux choisis quand même :

 

"On a l'impression d'avoir été pris en traitre, comme un pervers qui amène l'innocent dans son antre." (Hero)

 

"Les cinéphiles français le détestent", "Armé de sa mise en scène surpuissante, couillu jusqu’au débile, peut être juste con, Oldboy devient une folle armada qui vide le corps et la tête" (Oldboy)

 

"Vous allez donc voir Les cendres du temps Redux la fleur au fusil. Et vous avez une bouse.", "Si un auteur n'a plus rien d'autre à dire qu'exploser les couleurs et saucer la musique de ses vieux films, on le considère mort." (Les Cendres du Temps Redux, où Yann vient de découvrir l'étalonnage)

 

 

Ses artilces pour feu le Cinématographe:

http://www.lecinematographe.com/reflexions/index.html

 

Ses articles pour Mcinema.com :

Ah ben? Y a plus !

 

Son très remarqué passage au FFCF 2010 :

http://kim-bong-park.over-blog.com/article-bal-61012244.html

http://www.ffcf-cinema.com/programme-2010/section/selection-2010/ballad-of-a-thin-man/

 

Et surtout : SES PASSAGES SUR KIM-BONG-PARK :

Cow-boy de l’ouest français, Yann découvre ce blog le 25 juillet 2010 et, l’œil fou et la bave aux lèvres, il saisit son colt des deux mains pour faire feu. Il fût l’un de premiers à réagir à nos articles, ouvrant le bal d’une volée de balles hasardeuses que l’on aurait pu prendre pour un tir dissuasif. Mais non. On saluera quand même un usage assez osé quoique récurent du « c’était pareil » : « Il aurait pas aimé The Chaser que c'était pareil d'ailleurs », « vous auriez pas mis Sancho ou le site de Darcy Paquet c'était pareil».

 

ROUND 1 :

http://kim-bong-park.over-blog.com/article-the-chaser-le-premier-qui-rira-aura-une-tapette-51789467-comments.html#comment65326481

 

YK commentaires the chaser copy

 

ROUND 2 :

http://kim-bong-park.over-blog.com/article-une-femme-coreenne-naturalisme-a-seoul-trailer-54366835-comments.html#comment65326967


YK commentaires ISS copy

 

ROUND 3 :

Pas rassasié, le bougre revient à la charge moins de 10 minutes plus tard sur facebook, pour troisième round. Poli, il ponctue par « cordialement » et prend le temps de nous informer qu’il n’a plus de temps à nous consacrer tout en essayant de nous refourguer un lien.

 

Yann Kerloch facebookROUND 4 :

Son film au FFCF10 : http://kim-bong-park.over-blog.com/article-bal-61012244.html

 

 

 

 

GONG !!!

 

 

 


Repost 0
Published by Kim Bong Park - dans Articles transversaux
commenter cet article
15 septembre 2010 3 15 /09 /septembre /2010 20:50

 

TOP10 

 

 

Suite et fin du TOP 10 avec le podium : un film de guerre, une fresque historique et un film de monstre. Varié.

 

CLASSEMENT 10 - 7 (partie 1)

 

CLASSEMENT 6 - 4 (partie 2)

 

 

N°3 : Frères de sang, Kang Je-gyu (2004)

 

freres-de-sang.jpg

 

Score : 11 746 135 entrées

 

Encore un film avec la crapule Jang Dong-gun (vous savez celui de 2009: Lost memories et Friend) pour la réalisation de Kang Je-gyu, lequel est le plus représenté du TOP 15 (deux films, le deuxième étant Shiri). Dans le genre guerre, Frères de sang fout les deux pieds dedans. Le sang gicle de partout, les conditions sont abominables, et la duplicité/complicité du peuple coréen est de mise.

 

Nous ne nous attardons pas sur le sujet car le film fera l'objet d'une étude plus approfondie. Si vous avez aimé La Ligne rouge et Le jour le plus long, vous pouvez y aller. Et non, nous ne mettons pas Apocalypse Now, parce que Frères de sang ce n'est pas non plus un voyage au fin fond des ténèbres humaines. Une des dernières batailles du film est vraiment sur-puissante. Et Choi Min-sik y fait ses apparitions. Rien que pour ça, nous sommes allés vous chercher le film sur youtube.

 

LE FILM : 

 

 

 


 

 

N°2 : The King and the Clown, Lee Jun-ik (2005)

 

Score : 12 302 831 entrées

 

Fiche technique périphérique :

 

Casting :

 

- Lee Joon-ki, pas le meilleur acteur du monde, mais l’un des androgynes les plus réussis.

 

- Kang Seong-yeon, inconnue (pour nous), jolie, et plutôt convaincante entre reine et maitresse, entre minauderies et fourberies. Mention spéciale pour son air contrarié de petite fille gâtée, tout à fait adapté.


- Jeon Jin-yeong, le roi, pour son air fasciné, pour son air fermé, pour quelques éclairs, pas pour sa performance globale.

 

Voilà c’est tout, les autres ont fait du boulot correct, les couleurs sont jolies mais la lumière trop aseptisée, les décors sympas, la réalisation correcte, la musique OK, le scenario (et non l’histoire) pas tip top. On est dans le moyen mais avec des moyens, parait que ça change beaucoup. Ca se sent d’ailleurs dès le générique, très travaillé. On laisse entendre qu’on a des sous sans trop les afficher non plus, ça donne des noms et des dessins sur du parchemin et une partition jouée par un orchestre au grand complet.

 

king-and-clown.jpg

 

On ne va pas se le cacher, Le Roi et le Clown trouve son intérêt principal non pas dans la forme mais dans le fond. Ce n’est pas le film en tant qu’œuvre d’art que l’on retiendra, mais en tant que média. On en parle jusque dans Tetu et forcément ils ont beaucoup aimé cette histoire qui tourne autour de la passion d’un roi pour un acteur androgyne.

 

On est au 16ème siècle en Corée et c’est la dynastie Chosun qui règne sur la péninsule. Deux comédiens décident de quitter leur troupe qui officie loin de la capitale et dont celui qu’on appelerait aujourd’hui le producteur à la facheuse tendance de vendre les fesses de Gong-gil en même temps que son spectacle. Ca fout Jang-seng en rogne, ça tourne chocolat et les deux se retrouvent sur la route. Prochain arrêt : Seoul. La capitale n’est alors qu’une étape, le train-film les mène tout droit dans l’antre du grand méchant roi qu’ils sont sommés de faire rire sous peine d’être exécutés (ça leur apprendra à se moquer de lui dans les faubourgs). On ne vous cassera pas le trop le suspens en vous disant qu’ils y parviennent. Ensuite c’est un exposé assez sage sur la fonction du théâtre qui utilise des masques pour mieux faire tomber ceux de la Cour du Roi. Ah oui, y aussi du mélo et du drame ne vous en faites pas.

 

Le problème des films qui mettent le spectacle en abîme, c’est qu’il est confronté à un double public : celui du film et celui de la salle de cinéma. C’est que nous avons nommé l’effet (ou le syndrome) La Valse des Pantins (Martin Scorcese). Faire rire le public du film c’est facile, mais c’est dangereux, parce que si celui de la salle de cinéma ne suit pas, c’est comme un mec qui rigole tout seul à sa propre blague en plein diner avec des amis. Il passe pour un con. Ici le problème est un peut-être un peu plus complexe car une autre question se pose : celle du contexte dans le (et non « du ») film. L’humour est évidemment lié à l’environnement, aux interdits, au contre-pied. Aujourd’hui on ne rit pas forcément devant les sketchs de la troupe de théâtre, mais était-ce drôle au 16ème siècle? Nouvelle question donc, celle des films d’époque. Empiriquement, à part le sacro saint Barry Lyndon, les films d’époques sont toujours marqués par l’époque dans laquelle ils ont été fabriqué, peut-être même plus que par l’époque qu’ils représentent. Du coup la question de l’humour est difficile : être fidèle à l’Histoire et délaisser le spectateur (où s’adresser à lui en tant que livre d’histoire) où délaisser l’Histoire pour faire rire la salle de cinéma ? L'Histoire ou l'histoire? Si les deux publics, le fictif et le réel, n’ont pas le même humour l’équation devient très compliquée. Si le film n'apporte pas vraiment une réponse convaincante, on se félicitera de ne pas avoir été caressés dans le sens du poil sur ce coup là.

 

Par contre c’est pareil, pire même, quand Gong-gil, ému à la mort, rejoue la scène ô combien larmoyante du « toute ma vie j’ai joué l’aveugle… » avec les marionnettes en pleurant face au roi. Au 16ème comme au 21ème siècle la question est beaucoup plus facile à régler : c’est gnan gnan.

 

Laissons quand même la parole aux acteurs, avec la phase la plus drôle du film. Il faut juste savoir que c’est dans un moment très sérieux, comme quoi dans ce genre de film les coréens ne le sont jamais vraiment. Rappelez-vous les containeurs de Haeundae.

 

“If it's about the King's "equipment"... he is the King after all. So we thought it ought to be King-size.”

 

vlcsnap-190476.png

 

 

LE FILM

 

 

 


 

 

 

BONUS :

 

Puisqu'on parle de l'effet "valse des pantins", on vous lâche Robert De Niro sans musolière. Son monologue final dans le film de Scorcese? Tout simplement génial.

 

 

 

 

  Un petit détour par un palais made in China : La Cité Interdite de Zhang Yimou c'est quand même un tout petit peu plus stylé.

 

 

 

 

"J'ai voulu éviter la pluie je l'ai affrontée en T-shirt", je mets un screenshot pour m'expliquer. C'est Soprano en mode dépressif, un beat de 4 notes, pas de refrain, ça passe tout seul.

 

 

vlcsnap-85453.png

 

 


 

 

 

 

N°1 : The Host, Bong Joon-ho (2006)

 

the_host.jpg

 

Score : 13 019 740 entrées

 

Malheureusement, notre religion nous interdit pour le moment de parler d'un film de Bong Joon-ho. Si nous ne respections pas cette prescription, le blog s'autodétruirait de lui-même. Alors autant vous dire que nous préférons rester du bon côté de la ligne à se faire les dents sur d'autres films. 

 

Tout au plus nous limiterons nous à dire que The Host a attiré un quart de la population sud-coréenne dans les salles, et que sont en prévision : un jeu vidéo, un remake américain et une suite. Bref, un phénomène de société.

 

LE FILM (qualité non certifiée) :

 

 


 

 

 

BONUS:

 

Bong Joon-ho qui parle de son film...

 

 

 


 

 

... et des Australiens dont l'âge et le style tranchent singulièrement avec la teinture des cheveux de Song Kang-ho dans le film.

 

 


 
Repost 0
Published by Kim Bong Park - dans Articles transversaux
commenter cet article