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28 août 2013 3 28 /08 /août /2013 22:07

Twenty Shin Jeong-Gyun, 2001

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LES CARNETS ROSES DE JOY MEANS SICK & SANS CONGO EPISODE 7

 

 

Chère Madame Dillinger,

 

Je vous écris aujourd’hui car j’ai intercepté hier un courrier de votre fils à destination du mien. Ce courrier, un colis de taille conséquente, contenait un certain nombre de cassettes VHS, certaines officielles, d’autres allègrement piratées et toutes plus ou moins érotiques, d’origine asiatique, coréenne pour être précis.   

 

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J’ignore quel genre de relation lie nos deux garnements, mais sachez, madame, que je me suis permis de jeter un œil à l’un de ses films et que son contenu m’incite à vous pousser à surveiller votre enfant d’un œil plus attentif. Loin d’être un simple film érotique niais et finalement inoffensif, le film en question profite d'une publicité mensongère qui clame haut et fort que les hommes sont des salauds, violents, complexés et dénués de sens moral, qu’il n’y a pas de bonheur possible et que le lucre et la luxure dirigent ce monde.

 

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« Seul le sexe peut révéler la vérité profonde de l’être humain ». Voilà la thèse du film telle que l’énonce l’une des protagonistes au milieu de propos fleuris : « seule la taille compte, quand on est pénétrée par une grosse bite, on a la sensation d’exploser » : oui ces mots vous devez les lire, car ce sont ceux qui derrière votre dos et votre immense popotin refont l’éducation de vos enfants.

 

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Et de quelle vérité croyez vous qu’il s’agisse madame ?! Et bien laissez moi vous conter la façon dont le film se propose de l’illustrer cette vérité que votre gosse envoie au mien par cartons entiers. 

 

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Pas encore.

 

Une jeune adolescente, Myung-ju, curieuse de découvrir les différentes fonctions d’un organe reproducteur qui la dégoûte (« après avoir vu mon propre vagin, je n’ai pas mangé pendant trois jours »), choisit de se faire déflorer par un pseudo motard imberbe le long de l’autoroute. Banalité d’un quotidien misérable me direz vous ? J’en conviens. Elle couche ensuite avec tout ce qui bouge jusqu’à tomber sur un jeune pubère plus doué que les autres. Ca lui fait tout chose entre les jambes, elle croit que c’est de l’amour. Naïve ! On quitte alors le banal pour s’enfoncer dans le misérable. Non seulement il ne l’aime pas, mais il rêve devenir réalisateur et ne trouve rien de mieux que la convaincre que de coucher avec un ex' sous l’œil excité de sa caméra. Plan à trois que découvre maman en rentrant chez elle : sa fille entre deux apollons premier prix, un gras à lunettes et une crevette peroxydée. Le genre d’image qui vous imprime la rétine au fer à souder.

 

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POV de la maman.

 

Très au courant des traditions historiques en la matière, maman décide de tondre la gamine. Elle fugue, elle revient, elle fugue, elle couche avec la moitié de Séoul, maman lui coupe les cheveux. Appuyez sur Replay. Stop. Fin de la première partie, mini drame de 15 minutes que le style légèrement arty (noir et blanc et monochromes) rend digérable.

 

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Retour de la couleur et de la poésie.

 

On retrouve Myung-ju quelques années plus tard et Myung-ju retrouve son amant réalisateur qui s’était prestement enfuit, le paquetage à l’air, devant sa maman. Il lui propose de devenir mannequin pour lingerie et quand on la présente au producteur, vous imaginez bien qu’elle n’obtient pas le rôle grâce à son bagou ou son CV. « Je n’ouvris pas les yeux avant qu’il n’ait fini » nous dit la voix off. La pauvre fille tombe enceinte, personne parmi les nombreux amants ne veut assumer la paternité et, à votre différence, elle choisit d’avorter. Pendant que le médecin s’affaire avec ses outils métalliques, on nous balance des images de fœtus crevés à vous glacer l’œsophage. 

 

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A ce titre, si jamais vous partagez les goûts douteux de votre fils, le musée Fragonard d’Alfortville propose un bel exemplaire de fœtus « sirène » du 18ème siècle bien conservé dans un bocal (ne clique surtout pas sur ce lien malheureux!)

 

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Jusque là rien que de bien classique mais croyez-moi le film n’est pas coréen pour rien et la troisième partie réserve son lot de petits excès : coucheries à répétitions, sang qui tâche les draps après l’amour (le point de départ de cette dernière partie), personnages complexés ou obsédés et un grand final impliquant une sextape, un coup de poing que seul le bruitage rend violent et des coups de pieds dans un ventre enceinte de quatre mois. « C’est ton fils ! ». 

 

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Là où le film sauve sa peau, c’est par son clin d’œil appuyé à Hong Sang-soo : avec Dong-woo, personnage principal de la dernière partie, écrivain peut-être maudit, sûrement mauvais, on retrouve un archétype des personnages du réalisateur chéri par nos concitoyens (pauvre France). Le croustillant, c’est que l’un des pivots de la dramaturgie de cette dernière partie (où Dong-woo rencontre Myung-ji), c’est que l’artiste maudit en a une toute petite. A partir de là, tout prend sens.

 

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Je joins à ce courrier la cassette en question afin que vous puissiez constater par vous même la véracité de mes propos. Le film en soit présente un intérêt limité, l’amateur initié se félicitera de l’ambition qui consiste mêler érotisme et drame sordide, des quelques trouvailles imaginées par le réalisateur pour échapper à la terrible étreinte des contraintes qui pesaient sur lui (budget et étiquette érotique) et il applaudira sans doute cette farouche volonté des réalisateurs coréens de l’époque de ne pas se contenter de films de commande et de tenter de faire de « l’art » entre les lignes et les courbes aguicheuses.

 

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Et un peu de satire sociale aussi.

 

Néanmoins, madame, je me dois de vous prévenir. Si vous espérer vous encanailler et tromper le temps d’un film la solitude que votre corps disgracieux vous impose, allez plutôt demandez une came différente à votre érudit bambin. Avec Twenty vous aurez votre lot de corps dénudés et de scènes de galipettes, qui indépendamment pourraient être qualifiées d’érotiques, mais qui, sans cesse entachées de la misère humaine, laissent un arrière goût bien pénible.

 

Bien cordialement,

 

George Means Sick, papa du petit Joy Means Sick.

 

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PS : vu la note qui accompagnait cette cassette en particulier, je vous conseille fortement d’emmener votre enfant chez un médecin qualifié car j’ai de grandes raisons de penser que la taille de son pénis pourrait lui être dommageable à l’avenir. Vous pourrez aussi informer votre rejeton que dans la famille nous sévèrement membrés depuis toujours et que déjà en 1354 la fameuse ballade d’un ménestrel de l’actuelle région Poitou-Charentes célébrait la virilité des mâles de notre lignée. Il lui faudra donc chercher réconfort et compassion ailleurs. Au pire vous pourrez toujours lui murmurer cette phrase que l’on entend dans le film « si la taille était aussi importante, on coucherait avec des chevaux ».

 

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PS2 : mon premier réflexe en interceptant le colis a été de mandater un détective de ma connaissance pour en identifier la source, ce qui explique les nombreux détails que j’ai pu récolter à propos de votre famille. Dans toute cette aventure le plus surprenant a sans doute été de découvrir que votre cher marmot revendait au collège les copies de photos érotiques que aviez faits pour lui payer ses jouets lorsqu’il était plus jeune.

 

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Published by Joy Means Sick & Sans Congo - dans Erotique
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El 26/02/2016 16:18

Bonjour,

Je me présente, Elodie du site http://romcom.fr. Il s'agit d'un site qui répertorie et propose des critiques de films romantiques de différents pays (américains, européens et asiatiques).

Nous recherchons actuellement des partenariats pour développer notre site. Bien entendu, si vous acceptez, nous mettrons aussi un lien vers votre site.

En espérant que cette demande retiendra votre attention.

Bien cordialement.

serrurier paris 09/03/2015 01:48

J'apprécie votre blog, n'hésitez pas a visiter le mien.
Cordialement

plomberie paris 9 01/02/2015 08:58

J'apprécie votre blog , je me permet donc de poser un lien vers le mien .. n'hésitez pas à le visiter.
Cordialement

Georges Means Sick 30/08/2013 18:44

Chère Mademoiselle Morishita,

Laissez moi d'abord vous remercier pour vos commentaires ainsi que ceux de votre patron sur la qualité de l'article, j'en profite pour vous féliciter pour votre nouveau poste au sein de cette très
respectable boutique dans laquelle j'espère avoir la chance de vous croiser en personne.

Concernant les cassettes qui vous causent tant de soucis, je ne peux que confirmer la piste Dillinger. Parmi les VHS envoyé à mon fils, j'ai mis la main sur une copie d'assez piètre qualité des
premiers épisodes d'Angel Guts et il ne m'étonnerait guère que vous trouviez les originales sous le matelas du fils Dillinger.

Il m'est difficile de vous conseiller une quelconque conduite à adopter pour les récupérer, mais il ne serait pas surprenant que vous croisiez à nouveau ce sinistre personnage, mes informations
indiquant qu'il est un habitué de vos locaux.

Sachez en tout cas qu'avec cette espèce là, une violence sublimée d'un peu d'ingéniosité s'avère toujours efficace.

Dans l'attente de vous saluer en personne,

Bien à vous,

GMS

PS : mes salutations distinguées à Olrik San.

Mlle Ai Morishita 30/08/2013 14:53

Monsieur Means Sick,
Je me permets de vous contacter afin d'éviter que la police ne s'en mêle. En effet, il se trouve que je suis la responsable du secteur "cinéma érotique" de Bulles de Japon, entreprise qui, comme
son nom le laisse supposer, est entièrement consacré à ce qui touche à l'activité culturelle de ce pays. Or, il s'avère que le sieur Dillinger est un habitué de nos locaux. La semaine dernière,
alors qu'il m'importunait à me parler d'un film érotique coréen de troisième catégorie, je décidai de la planter là dans mon bureau pour aller boire un café avec monsieur Thorelle, notre
responsable du secteur cinéma. Mais en revenant, je constatai immédiatement que le petit colis qui m'avait été livré le matin même, qui se trouvait sur mon bureau et qui devait contenir les cinq
VHS originales de la série des Angel Guts n'y était plus ! Je sais que rien ne prouve qu'il s'agisse de monsieur Dillinger mais enfin, pourriez-vous vérifier si ces cinq films se trouvent dans le
colis que vous avez interceptés ?
Je vous avoue que je suis au supplice, mon chef, Olrik san, ne décolère pas de cette perte et menace de m'obliger à regarder des série Z coréennes pour me punir.
Cordialement,
Ai Morishita
PS : M. Olrik m'enjoint à vous dire que votre article est excellent (je trouve aussi ^^)