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28 août 2013 3 28 /08 /août /2013 22:07

Twenty Shin Jeong-Gyun, 2001

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LES CARNETS ROSES DE JOY MEANS SICK & SANS CONGO EPISODE 7

 

 

Chère Madame Dillinger,

 

Je vous écris aujourd’hui car j’ai intercepté hier un courrier de votre fils à destination du mien. Ce courrier, un colis de taille conséquente, contenait un certain nombre de cassettes VHS, certaines officielles, d’autres allègrement piratées et toutes plus ou moins érotiques, d’origine asiatique, coréenne pour être précis.   

 

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J’ignore quel genre de relation lie nos deux garnements, mais sachez, madame, que je me suis permis de jeter un œil à l’un de ses films et que son contenu m’incite à vous pousser à surveiller votre enfant d’un œil plus attentif. Loin d’être un simple film érotique niais et finalement inoffensif, le film en question profite d'une publicité mensongère qui clame haut et fort que les hommes sont des salauds, violents, complexés et dénués de sens moral, qu’il n’y a pas de bonheur possible et que le lucre et la luxure dirigent ce monde.

 

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« Seul le sexe peut révéler la vérité profonde de l’être humain ». Voilà la thèse du film telle que l’énonce l’une des protagonistes au milieu de propos fleuris : « seule la taille compte, quand on est pénétrée par une grosse bite, on a la sensation d’exploser » : oui ces mots vous devez les lire, car ce sont ceux qui derrière votre dos et votre immense popotin refont l’éducation de vos enfants.

 

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Et de quelle vérité croyez vous qu’il s’agisse madame ?! Et bien laissez moi vous conter la façon dont le film se propose de l’illustrer cette vérité que votre gosse envoie au mien par cartons entiers. 

 

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Pas encore.

 

Une jeune adolescente, Myung-ju, curieuse de découvrir les différentes fonctions d’un organe reproducteur qui la dégoûte (« après avoir vu mon propre vagin, je n’ai pas mangé pendant trois jours »), choisit de se faire déflorer par un pseudo motard imberbe le long de l’autoroute. Banalité d’un quotidien misérable me direz vous ? J’en conviens. Elle couche ensuite avec tout ce qui bouge jusqu’à tomber sur un jeune pubère plus doué que les autres. Ca lui fait tout chose entre les jambes, elle croit que c’est de l’amour. Naïve ! On quitte alors le banal pour s’enfoncer dans le misérable. Non seulement il ne l’aime pas, mais il rêve devenir réalisateur et ne trouve rien de mieux que la convaincre que de coucher avec un ex' sous l’œil excité de sa caméra. Plan à trois que découvre maman en rentrant chez elle : sa fille entre deux apollons premier prix, un gras à lunettes et une crevette peroxydée. Le genre d’image qui vous imprime la rétine au fer à souder.

 

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POV de la maman.

 

Très au courant des traditions historiques en la matière, maman décide de tondre la gamine. Elle fugue, elle revient, elle fugue, elle couche avec la moitié de Séoul, maman lui coupe les cheveux. Appuyez sur Replay. Stop. Fin de la première partie, mini drame de 15 minutes que le style légèrement arty (noir et blanc et monochromes) rend digérable.

 

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Retour de la couleur et de la poésie.

 

On retrouve Myung-ju quelques années plus tard et Myung-ju retrouve son amant réalisateur qui s’était prestement enfuit, le paquetage à l’air, devant sa maman. Il lui propose de devenir mannequin pour lingerie et quand on la présente au producteur, vous imaginez bien qu’elle n’obtient pas le rôle grâce à son bagou ou son CV. « Je n’ouvris pas les yeux avant qu’il n’ait fini » nous dit la voix off. La pauvre fille tombe enceinte, personne parmi les nombreux amants ne veut assumer la paternité et, à votre différence, elle choisit d’avorter. Pendant que le médecin s’affaire avec ses outils métalliques, on nous balance des images de fœtus crevés à vous glacer l’œsophage. 

 

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A ce titre, si jamais vous partagez les goûts douteux de votre fils, le musée Fragonard d’Alfortville propose un bel exemplaire de fœtus « sirène » du 18ème siècle bien conservé dans un bocal (ne clique surtout pas sur ce lien malheureux!)

 

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Jusque là rien que de bien classique mais croyez-moi le film n’est pas coréen pour rien et la troisième partie réserve son lot de petits excès : coucheries à répétitions, sang qui tâche les draps après l’amour (le point de départ de cette dernière partie), personnages complexés ou obsédés et un grand final impliquant une sextape, un coup de poing que seul le bruitage rend violent et des coups de pieds dans un ventre enceinte de quatre mois. « C’est ton fils ! ». 

 

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Là où le film sauve sa peau, c’est par son clin d’œil appuyé à Hong Sang-soo : avec Dong-woo, personnage principal de la dernière partie, écrivain peut-être maudit, sûrement mauvais, on retrouve un archétype des personnages du réalisateur chéri par nos concitoyens (pauvre France). Le croustillant, c’est que l’un des pivots de la dramaturgie de cette dernière partie (où Dong-woo rencontre Myung-ji), c’est que l’artiste maudit en a une toute petite. A partir de là, tout prend sens.

 

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Je joins à ce courrier la cassette en question afin que vous puissiez constater par vous même la véracité de mes propos. Le film en soit présente un intérêt limité, l’amateur initié se félicitera de l’ambition qui consiste mêler érotisme et drame sordide, des quelques trouvailles imaginées par le réalisateur pour échapper à la terrible étreinte des contraintes qui pesaient sur lui (budget et étiquette érotique) et il applaudira sans doute cette farouche volonté des réalisateurs coréens de l’époque de ne pas se contenter de films de commande et de tenter de faire de « l’art » entre les lignes et les courbes aguicheuses.

 

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Et un peu de satire sociale aussi.

 

Néanmoins, madame, je me dois de vous prévenir. Si vous espérer vous encanailler et tromper le temps d’un film la solitude que votre corps disgracieux vous impose, allez plutôt demandez une came différente à votre érudit bambin. Avec Twenty vous aurez votre lot de corps dénudés et de scènes de galipettes, qui indépendamment pourraient être qualifiées d’érotiques, mais qui, sans cesse entachées de la misère humaine, laissent un arrière goût bien pénible.

 

Bien cordialement,

 

George Means Sick, papa du petit Joy Means Sick.

 

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PS : vu la note qui accompagnait cette cassette en particulier, je vous conseille fortement d’emmener votre enfant chez un médecin qualifié car j’ai de grandes raisons de penser que la taille de son pénis pourrait lui être dommageable à l’avenir. Vous pourrez aussi informer votre rejeton que dans la famille nous sévèrement membrés depuis toujours et que déjà en 1354 la fameuse ballade d’un ménestrel de l’actuelle région Poitou-Charentes célébrait la virilité des mâles de notre lignée. Il lui faudra donc chercher réconfort et compassion ailleurs. Au pire vous pourrez toujours lui murmurer cette phrase que l’on entend dans le film « si la taille était aussi importante, on coucherait avec des chevaux ».

 

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PS2 : mon premier réflexe en interceptant le colis a été de mandater un détective de ma connaissance pour en identifier la source, ce qui explique les nombreux détails que j’ai pu récolter à propos de votre famille. Dans toute cette aventure le plus surprenant a sans doute été de découvrir que votre cher marmot revendait au collège les copies de photos érotiques que aviez faits pour lui payer ses jouets lorsqu’il était plus jeune.

 

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14 février 2013 4 14 /02 /février /2013 08:47

Motel Cactus, Park Ki-yong, 1997

affiche motel cactus

 

Tout comme cette Fouine qui n'avait pas les mots, n'avait pas les mots, n'avait pas les mots... Joy Means Sick se sentait foutrement incapable d'écrire quoique ce soit de construit, de raisonnable et d'argumenté sur le film qu'il venait de voir. Cela faisait déjà quelque temps qu'il avait compris que l'histoire au cinéma n'était qu'une affaire de court-terme, un échaffaudage qui permet au film de gesticuler sous ses yeux pendant une centaine de minutes pour maintenir son cortex concentré à coups d'électrochocs narraftifs; pour que le cinéma ne soit pas contemplation mais attention, spectacle plutôt qu'art. D'ailleurs JMS lui-même aimait bien les histoires. Il avait beau se méfier, il se retrouvait chaque fois fasciné par la tension entre la narration et l'art entre les lignes. Tous ses soucis de vraissemblance, de logiques internes au récit, de suspens, de cohérence des personnages, ses années passées à peaufiner un scénario, tout ça pour n'imprimer au fond du cerveau des spéctateurs que des impressions diffuses de l'ordre de l'image rêvée et du ressenti. De toutes les intrigues d'espionnages et politiques de La Taupe, il n'avait retenu qu'une odeur de vieux cigares, d'images en tweed aux couleurs peu saturées et l'impression de traverser le film comme on découvre Londres au rythme tranquille et serein de la Tamise. De The Shining, un coup de hâche, une salle de bains, le visage de Jack Nicholson, les déambulations d'un tricycle dans un couloir à la moquette aux motifs orange, quelques mots répétés inlassablement sur une machine à écrire et cette idée qu'une mise en scène trop parfaite dans sa rigueur peut dépasser le récit et l'écraser, sans savoir si c'était là une bonne chose ou non. Apocalypse Now? Des flèches, un tigre, des hélicoptères, les Walkyries, le surf, l'odeur du napalm le matin, un ventilateur, les bunnies, la moiteur de la plantation française, le cou du boeuf sacrifié, Marlon Brando, et une indélibile impression d'odyssée métaphysique digne des plus grandes folies américaines. Et Motel Cactus dans tout ça? Pas vraiment d'érotisme, un amour des courtes focales, un grand respect pour Christopher Doyle (chef op' sur le film), un intérêt intrigué pour Park Ki-yong (le réalisateur), une gamme de couleurs rose-cyan, des lumières qui changent en cours de plan et des plans d'une puissance graphique impressionnante.

 

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Niveau narration, le film s'articule autour de quatre histoires, se déroulant lors de quatres saisons différentes, dans une même chambre d'hôtel. La chambre 407, PSA quand tu nous tiens, tu nous lâches pas. Le coup des quatres saisons il faut d'ailleurs le prendre au second degré, si on ne pouvait le lire dans les quelques synopsis qui trainent sur internet on ne l'aurait pas remarqué. Il s'agit plus de quatre étapes classiques et symboliques des relations amoureuses calquées sur le modèle cyclique des saisons : la première fois, la question de l'engagement, la nostalgie, etc. Tout ça laisse une impression diffuse mais profonde, abtraite et colorée. Inutile donc de chercher à mettre trop de mots là dessus pour Joy Means Sick qui de son enfance au Kentucky avait bien retenu cette leçon : "pictures speak louder than words".

 

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Quelques mots et impressions pour chacune des séquences du film, beaucoup d'images et une impossibilité totale de spoiler : pour cela il aurait fallu que le film est une structure mécanique. Ici on est l'évocation poétique.

 

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Dès l'introduction, la mise en scène s'affiche et bouscule avec un plan peut-être moche mais percutant : une fille s'adresse à une autre qui restera hors-champ et muette, lui reprochant son attitude vis à vis des hommes : elle leur donne tout sans jamais rien demander en échange. Conséquence : des abandons à répétition. Ellipse, le plan suivant, c'est cette même demoiselle face à un miroir en train de se frotter les yeux alors qu'un homme lui embrasse le cou.

 

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Ensuite, pour rester fidèle au titre de l'article et au style du film, beaucoup d'images, et peu de mots.

 


Triptique d'un premier amour rose-cyan, petits espaces et courtes focales.

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De l'amour des reflets du surcadrage :

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Couper les corps :

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Assumer les courtes focales : 

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Et surtout filmer à travers de la matière :

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Voilà !


Et si vous voulez aller plus loin, quelques pistes :

 

- 5 ans plus tard, Park Ki-yong a réalisé un second film intitulé Camel(s) et chroniqué ici sur l'ancien site d'Insecte Nuisible : Glop ou pas glop ?

  

- Christopher Doyle, après avoir été marin pêcheur en Norvège et photographe d'un groupe de jazz composé de juges de la court suprême de Hong-Kong, a récemment ajouté "réalisateur de porno japonais musical" à sa collection de casquettes : un interview en anglais ici 

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28 novembre 2012 3 28 /11 /novembre /2012 14:01

Natali 3D, Joo Kyung-jung, 2010

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LES CARNETS ROSES DE JOY MEANS SICK & SANS CONGO EPISODE 6

 

 

Ouais gros, bien ?


Truc de ouf mec la semaine dernière j’ai reçu une lettre du rouquin dont tu me parlais, le gars il doit avoir besoin de potes parce qu’il a pas laissé trainer ton invitation. Sa lettre elle parlait d’un film trop chelou qui se passe en Corée du Nord avec des histoires de fesses, un truc introuvable, il l’a maté avec les sous-titres japonais et a du faire des recherches auprès ses autres potes geeks pour trouver plus d’infos sur le film. En tout cas c’était goleri et bien documenté, je vais lui répondre, j’ai trouvé un truc qui peut lui plaire, j’ai appelé ça le kamasutra impossible d’Illitch Dillinger parce que je trouve que c’est goleri d’être un puceau et d’avoir un nom de star du porno des années 80. Par contre y avait des bouts de chips à l’oignon dans la lettre c’était glauque et puis je me dis que je changerais peut-être le nom du truc par respect pour sa famille, on verra.

 

playboy bunnies


En tout gars de mon côté j’ai pécho un stock de DVDs sud-coquins chez Cash Converters en revendant ma casio avec le bonhomme qui court la semaine dernière, mais fallait que je trouve le temps d’être seul pour pouvoir mater ça tranquilou et ce moment à la casba c’est un peu le bunker avec les cainris du fisc qui bombardent autour donc c’est collés-serrés c’est pas évident. Bref j’ai eu une première fenêtre de tir mais bon embarras du choix et bug du cerveau, j’ai reluqué les pochettes, pesé le pour et le contre, fait des listes de oui-non avec votes de mes GI Joe comme pour les playboy bunnies d’Apocalypse Now tellement longtemps que ma sœur est rentrée du catéchisme et j’ai tout foiré. Du coup hier je me suis lancé à l’aveugle, hop j’ai pécho Natali 3D (en plus c’est le nom d’une meuf que je kiffe bien en ce moment) et j’ai mis play direct parce que j’avais vu cette émission sur l’inconscient qui dit que parfois la meilleure solution c’est de choisir dans l’instant et d’y repenser après, sinon t’as la conscience et le subconscient qui commencent à se fritter et finalement tu deviens incapable de choisir. Parce qu’il faut pas croire que t’es libre mec je t’assure y a des études qui prouvent que sept secondes avant de te le laisser savoir ton subconscient a déjà choisi que t’allais appuyer sur le bouton jaune. Enfin un truc comme ça. Enfin voilà ça repasse donc je te file un bout du programme TV pour que tu puisses le regarder à l’occasion. C’est goleri je t’assure t’apprends même à péta des montres et des portefeuilles à Las Vegas, l’avenir. 

 

 


 

 

Bon le film dont je vais te parler aujourd’hui c’est Natali 3D, je pense bien que c’est le premier film érotique coréen en 3D (ndlr : 1er film coréen à être sorti au ciné en 3D, premier film érotique asiatique en 3D) même si moi je l’ai vu en 2D sur un écran pourrave. Franchement le retrait d’une dimension ça fait mal au yeux et tu comprends vite que la profondeur dans l'image est le seul gimmick récurrent de la mise en scène de Joo Kyung-jung, ça donne une répétition de plans avec un mec devant et un autre dans la profondeur, avec une profondeur de champ de malade pour que tout soit net et que le spectateur n’ait pas mal aux yeux en baladant son regard dans l’image. Ca c’est un autre bug du cerveau qu’on m’a expliqué, si tu présentes de la 3D à ton cerveau, ben lui il veut pouvoir faire le point où il veut dans cette image (on dit accomoder), sinon bonjour la migraine. Enfin je dis ça, le flou en 3D c’est pas nécessairement interdit, mais faut s’appliquer. En fait je suis un peu injuste, l’autre carte dans les mains du metteur en scène, c’est la stylisation des scènes hot, lumière un peu plus léchée, musique enveloppante pas chère, plongées provocantes et jeu avec la frontière du porno.

 

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Réccurence de mise en scène pour exploiter la 3D

 

Par exemple le générique de début, ben mon gars c’est direct une scène de cul. Mais pas le plan large fixe avec l’éclairage au néon (parait qu’il faut dire fluo) de ta grand-mère. Non là t’as du ralenti à foison, une lumière bien chaudasse, des corps bien maquillés et bien entretenus et le tout se déroule sur un fond noir. Une sorte de sexe magnifié par des images déréalisées et une musique édifiante. Ouais j’ai fait une checklist de mots à placer pour faire intelligent dans une critique, j’espère que ça veut dire quelque chose, parce que plus tard j’aimerais bien faire ça comme taf, c’est pépouze, tu vas au cinoch, tu parles avec les collègues et tu fais une rédaction pour Télérama en rentrant l’écharpe autour du cou. Belle vie quoi.

 

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Spéciale dédicace à Olrik


Bon sinon je t’explique le délire du film. Déjà Natali c’est une sculpture, une œuvre d’art, la seule que le sculpteur en question ne veut pas vendre parce qu’il la kiffe bien au delà des convenance entre un homme et du minerai. Bon la sculpture c’est dommage parce qu’honnêtement elle pas ouf je suis pas sur que t’arrives à en tirer dix keuss dans une brocante. Donc voilà il a fini son expo, Madame Park, la meuf qui s’occupe de bicrave son matos lui dit que tout s’est bien passé, tout est vendu sauf Natali évidemment. Au passage cette meuf là, d’une nature bien plus humaine à bien des sens que Natali (notamment sa poitrine j’y reviendrais), c’est le plan cul du sculpteur et celle qui permet à la prod’ d’avoir son quota de scènes de sexe pendant la première partie du film.

 

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De l'usage de la profondeur et des dialogues pour l'érotisme en 3D

 

Très tôt après avoir lancé le dvd, j’ai eu une super idée de film mêlée avec le 4ème de couverture à moitié oublié : et si en fait il s’agissait d’un mec qui cherche Natali pendant tout le film parce que c’est une œuvre d’art et nous, l’ayant maté mise en valeur en plein ébat, on se retrouverait au même niveau que le héros, comme si on chassait un fantasme avec lui. Une putain de manipulation du spectateur, un Où est Charlie de malade où tu te retournes sur toutes les meufs du film comme un ouvrier bouffant son sandwich à l’omelette avenue Montaigne. Et puis le gars il deviendrait aveugle donc on serait ses yeux et lui il devrait toucher les meufs pour savoir si c’est bien elle. Ca donnerait des scènes de ouf parce que le sexe pour le sexe ça raconte pas grand chose finalement mais si y un autre enjeu que le plaisir entre les lignes alors ça peut devenir intéressant et tout. Mais bon je m’égare, j’ai soumis l’idée à mon grand reuf pour son blog de hipster geek pédé je crois qu’il a bien aimé. En tout cas c’est pas du tout ça qu’il se passe dans le film.

 

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Demande plutôt des cours à Choi Min-sik baltringue.

 

En fait, alors que le sculpteur traine tranquilou dans sa galerie désormais vidée de toute sa foule d’admirateurs venue se rincer l’œil (son crédo de sculpteur c’est bien sûr les meufs à poil), y a un de ses anciens étudiants qui vient se présenter en disant qu’il veut racheter Natali. Le scultpeur il aime bien être pénard avec sa maitresse de granit mais l’autre il insiste, il dit qu’il veut faire un article sur son travail, puis en fait un article sur Natali et en fait rapidement on comprend qu’il veut tout savoir sur Natali parce que lui aussi la connait. En gros le film c’est une longue discussion entre les deux avec des aller-retours où ils échangent et comparent leurs souvenirs, je te fais qu’un demi spoil : Natali c’est une aussi ancienne élève du sculpteur qu’il a serré à l’époque. Ils étaient tous croques l’un de l’autre et niquaient comme des lapins mais ça a finit par affecter son art alors elle est partie en disant qu’elle reviendrait dans 10 ans pour se comparer avec la sculpture qu’il a fait d’elle. Comme ça c’est pas hyper alléchant mais ça passe tranquille, surtout grâce à quelques punchlines marrantes dans les dialogues, je te fais un petit florilège.

 

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Par contre à part les scènes avec des filles nues, l’image c’est vraiment pas ça. C’est un peu filmé comme une sitcom avec des filtres de couleurs dégueu à l’occasion pour faire riche. Ca doit être un de ses problèmes de la 3D fauchée : quand t’as pas d’argent pour te payer un éclairage et des décors à la Citizen Kane pour jouer sur la profondeur de champ, la solution c’est de prendre une caméra numérique pourrie avec un petit capteur et d’éclairer les plans larges comme un porc. Perso ma théorie c’est que le chef op avait mis un stagiaire aux commandes pour les scènes de dialogues et qu’il venait uniquement se rincer l’œil quand il voyait un sous-tif tomber par terre.

 

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En tout cas un truc que j’ai remarqué, c’est que c’est ouf comme ton cerveau est en alerte sur les premières minutes d’un film. On sait que c’est codifié et pourtant c’est un objet nouveau alors c’est alerte rouge dans les synapses, rien qu’elles ouvrent leurs cuisses et qu’elles sont pas regardantes les coquines. Par contre c’est un temps qui ne dure pas (sauf quand c’est Terrence Malick qui caresse, là tu restes sur tes gardes) et très vite on absorbe le système et on attend que la suite s’y conforme avec une marge de manœuvre réduite par la cohérence d’un cerveau humain. Par exemple y a un plan pourri sur des mouettes au début, ben je m’en souviens nickel, et à la fin quand on recroise une mouette, j’étais sur que la boucle était bouclée.

 

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Mouettes au début...

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... mouette à la fin.

 

En conclusion, comme dirait ma sœur dans ses dissertations, pour un film érotique coréen c’est pas si mal, l’histoire tient la route et le spectateur en éveil, c’est pas mal joué, y a des dialogues pas dégueu et surtout un sacré quota de tétons. Tiens d’ailleurs j’avais dit que j’y reviendrai : tout comme la sculpture nommée Natali qui est pas ouf, la meuf qui joue Natali c’est pas non plus une nymphe de mythe grec. On aurait pu passer outre la tête un peu cadavérique-mimi de Park Hyun-jin si elle n’avait pas jugé bon de se faire refaire les seins (et même gonflés c’est pas Pamela). Parce que franchement pour une meuf qui est censée transcender la nature de l’art et l’art et la nature ça fait tâche. Ou bien c’est l’art qui s’incruste dans la nature et là autant aller au bout et nous livrer la barbie humaine. Enfin bon dans le délire l’histoire deux types qui bavent sur une statue c’est pas mal non plus, et en 3D ça doit même être mieux.

 

Allez ciao poto, je t'ai glissé quelques photos sympas dans l'enveloppe tu verras !

 

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Joy Means Sick du XV3

 

 

BONUS

 

Les photos sympas :

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Madame Park...

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Versus Miran (aka Natali)

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Plongée sur le lit...

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Plongée dans l'escalier...

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Encore une plongée sur lit...

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Rien que ça plonge, normal d'être fatigués.

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Le plan qui résume toute l'histoire.

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A moins que ce ne soit celui-là.

 


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17 novembre 2012 6 17 /11 /novembre /2012 10:36

North Korean Prostitutes de Park Jae-seok

 

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Bien ou bien ? 

 

Je sais qu’on se connait aps Joy Means Sick mais on s’en bat. J’ai cru comprendre que t’aimais les films de boule comme moi. Y a donc l’autre cochon de Sans Congo qui m’a filé ton adresse pour qu’on se file des plans. Il a pas voulu me filer ton 06, ni ton CaraMail, juste ta boîte postale. Il est chelou même s’il m’a bien fait golri l’autre jour. Je sais pas s’il t’a dit ce con mais je l’ai connu lors d’une projo’ au cinoche, c’était sur Panam. Y avait ce festoche coréen avec des p’tites pépés franchement pas mal t’as vu. Mais pas moyen de pécho sans déc’. Des putes ! Franchement, je pense qu’elles sont trop… comment on dit déjà… ? Trop prudes les coréennes, ouais c’est ça, c’est le mot. Même si elles disaient que j’étais trop jeune. J’étais pas parti pour assister à leur truc. Mais en passant devant la queue avec max de peop’ qui attendait, j’ai entendu trois gus dont un chauve et un mec en lunette habillé d’un sweat violet tout pourav’ qui disaient que ça allait être hardcore. Même que si les mecs d’Ideal J étaient là, ils en parleraient dans leur morceau. Le temps d’acheter un paquet de chips paprika, de voler un pass en deux-deux, que j’étais devant le film dans lequel un mec chiait sur un autre. Marrant. Sur un siège pas loin, j’entendais un mec se tordre dans tous les sens. C’était ce bâtard de Sans Congo. Je me suis bien foutu de sa gueule. Après on a parlé t’as vu. Je lui ai dit que mon reup planquait pleins de cassettes, des piles de VHS en haut d’une armoire. Seul problème, y a pas de jaquette style Télé K7. J’y vais au pif et y a souvent des trucs zarb avec des noich mais c’est cool. J’aime bien en général sauf lorsque les meufs ont des poils sous les bras, ça j’aime pas, ça me rappelle ma mère. Enfin voilà. 


 

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L’autre jour, je faisais ma merde chez oim. Je foutais rien. Il pleuvait dehors. Ça me saoulait de jouer à ISS Pro tout seul puis j’ai eu envie. Alors… t’as vu. Je suis allé pécho une cassette dans l’armoire de mon reup qui bossait. Je l’ai pris au hasard, au crayon à papier presqu’effacé y avait écrit : North Korean Prostitutes. Prostiputes ? Alléchant ! Je l’ai foutu dans le magnétoscope et roule ma poule. C’était tellement un truc de ouf au début que je me suis dit que j’allai prendre des photos de l’écran de télé avec mon polaroïd comme ça tu pourrais voir ce que j’avais vu. Que je te dise ! Ça commence comme ça. T’as une nana à oilpé qui est en train de le faire, accompagnée d’une musique en mode patriotique. Mais ce qui est stylé dans cette scène d’ouverture, c’est qu’il y a des fondus avec des images de gens. Au début, je les avais pas reconnus mais très vite, je me suis souvenu d’un reportage que j’avais feuilleter dans le magazine VSD de mon reup. Le journaliste, il s’était infiltré en Corée du Nord. Je me souviens, je bouffais mon paquet de chips salées lorsque j’ai vu une photo super hard. Un bébé mort et abandonné dans le caniveau. C’est la sère-mi là-bas ma couille. Franchement ils sont super vénère en Corée du Nord. J’ai reconnu leurs leaders charismatiques qui ont créé l’idéologie du « Juche ». Apparemment ils sont trop tards-bâ avec leur peuple. Mais les images qu’on voit dans le film ce sont des gens content comme s’ils voyaient Zizou marquer un but. Du coup, y avait cette nana qui baisait sur des images de Kim Il-sung, le reup et Kim Jong-il, le fiston. J’ai trouvé ça stylé, bien pensé et avec un côté subversif. Tu vois, un peu comme du rap conscient sauf que là, t’as les einz de la nana qui fouettent le visage des deux dictateurs, stylized. Les crédits du générique du début étaient en coréen, y avait ces traits arrondis si caractéristiques de leur écriture. J’ai quand même mis sur pause pour aller chercher dans les encyclopédies de mon reup à la lettre « C ». C’était bien ça. Un film coréen jusqu’à ce que je vois le titre du film et là, j’ai douté. Ça ressemblait à du japonais mais ça pouvait être aussi bien du chinois ou du coréen lorsqu’ils utilisaient encore les caractères chinois. La de-mer mec ! Les sous-titres c’étaient la même. J’ai rien pigé de ce qu’il se passait. Sûr qu’ils étaient jap’. 

 

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N’empêche, t’as vu. Je m’arrête pas là. Je suis un ouf moi. Je continue à mater le film. J’ai vu des tétons, j’espérais en voir encore. On comprend qu’on est dans les hautes strates du pouvoir en place. On y suit le quotidien de militaires nord-coréens de haut rang. Ils ont pleins de pin’s accrochés à leur veste alors ça peut qu’être des mecs importants. Autour d’eux, y a des nanas qui gravitent. Elles portent l’uniforme ou leur habit traditionnel. Elles sont chaudass en plus. L’intrigue, c’est un peu comme les Feux de l’Amour. Vas-y, j’ai jamais vu un épisode de cette série de merde mais j’ai déjà zappé dessus. Pouvoir, sexe et sans argent, c’est en gros l’adage du bousin avec des vieilles intrigues à deux balles. Wesh sinon, les nanas du film c’est un peu comme des pétasses qui tournent dans les caves. Genre, t’as un haut gradé qui kiffe sa subalterne. Il l’embrasse devant des gens comme ça. Il est heureux ce connard mais voilà, son supérieur, un enfoiré de chaud lapin qui baise tout ce qu’il a des nichons, bah il couche avec la subalterne parce qu’il a envie. L’autre qui aime la subalterne, il a les boules mais il peut rien dire parce que c’est son supérieur et que s’il l’ouvre, il est mort. Ils sont ouf ces nordco. Les cocos, c’est du genre à t’envoyer au goulag si t’as pas dit merci après avoir bouffé les excréments de Kim Jong-il. Du coup, lui aussi il a envie de kane et il te choppe comme ça des nanas, les paysannes du coin qui ont rien demandé à personne pour se vider les couilles. Franchement, c’est du viol, abusé. Les nanas, elles sont pas consentantes même si après on dirait qu’elles prennent plaisir à la fornication. Mais avant ça, y a le sens du sacrifice un peu forcé quand même, les pauvres nanas. Attention ! Elle sont pas toutes à plaindre, hein ? Y en a, c’est des malignes. Elles jouent de leur autorité, sont peu farouches, supers calculatrices et tout et tout. Mais la vraie histoire, c’est celle d’un soldat dont la nana tourne entre les hauts gradés. Ces mecs-là sans déc’, c’est pire que des chacals, des putains de dalleux. Le pauvre type, je crois que je supporterais mal la situaz à sa place. Arrive un moment où justement, il la supporte plus et v’là qu’il tarde pas à se retrouver en galère le keum avec torture, la totale. 

 

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La vérité, c’est que North Korean Prostitutes c’est pas vraiment un film sur les prostituées nord-coréennes. Ca raconte plus les nanas qui sont proches du pouvoir. Des nanas militaires et les putes de service qui n’en sont pas vraiment. Mais attends, je me perds là. Le keum dont la nana tourne, je reviens à lui. Le film, c’est un flash-back qui nous montre la situation à laquelle on assiste après le générique du début. Le mec, il est à genou, dans le froid, on lui balance de l’eau tout aussi froide. Il caille ses miches le con. Il va y passer, on le sait, c’est inévitable. Là, entre les scènes de baise – quota film M6 du dimanche soir en troisième partie de soirée qui sont respectées – et les scènes de parlote où les mecs doivent se branler sur le Juche, on découvre l’histoire de ce type qui pète un câble. C’est là qu’on prend connaissance des connards en uniformes et des salopes qui roulent du cul. Le keum au milieu, c’est une victime du pouvoir en place. Une victime du régime du Juche comme les nanas pas consentantes qui sont réduites à être de simple objet sexuel. Y a de la symbolique derrière. Même si c’est avant tout fait pour te faire craquer le caleçon. La bosse, tu l’as forcément. J’ai même arrêté de graille mes chips parce que j’avais les mains occupées. Les nanas sont bandantes, pas moches en plus. Sinon, c’est cool parce qu’elles ont pas de poils sous les bras. On voit des loches à gogo, des corps dénudés mais par contre, pas de fouf. Après y a pas vraiment d’intérêt. L’histoire, elle est vite torchée. Surtout que le réal’ pour le coup, il s’emmerde pas. Il nous refout en fin de film la grosse scène après générique du début. Comme il réutilise la baise du même générique du début un peu plus loin dans le film mais cette fois-ci, sans les fondus stylés sur les tronches de Kim Il-sung et Kim Jong-il. On peut dire qu’à part les scènes de cul, il a eu du mal à être inspiré pour nous raconter une histoire qui tienne la route. Sans ça, la mise en scène est pas si dégueu’. Ca passerait bien à la télé, tard le soir. Enfin voilà quoi, ça reste un film érotique à la con sauf qu’à la différence de ceux des chaines hertziennes, y a un contexte politique. Du coup, ça donne une autre envergure à l’ensemble. J’aime bien. 

 

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Tu vois lorsque la scène de fin se jouait, lorsque j’ai dessiné une carte de France dans mon caleçon, lorsque j’ai fait « stop » et « eject » la K7 du magnéto, j’ai réfléchi. Yep ! Un porno soft qui me fait réfléchir, truc de ouf mec. J’ai repensé au film. Il est typique de ces prod’ indé’ à petit budget qui sont distribuées directes en vidéo, limite sous le blouson. Impossible de connaitre le réalisateur comme de mettre un blaze sur les tronches des acteurs, surtout actrices si t’as pas des bases solides en coréen. Vu la gueule du film, je parierais sur une prod’ des années 90. J’ai du mal à croire que ça puisse être un produit des années 80. Sans ça, le petit budget tu le retrouves jusque dans les décors dépouillés et qui sont souvent réutilisés. Mais c’est cool parce que ça colle bien à l’image qu’on peut se faire de la Corée du Nord. T’imagines le Nord de la France ambiance grisâtre, froide et brique salie ? T’es en plein dedans. Les décors collent donc au propos. En gros, t’as compris que tu voulais pas y aller passer des vacances tellement c’est glauque. Petit budget toujours jusque dans les costumes souvent trop grand pour les acteurs. Tu vois que c’est de la récup’. Ça leur donne un côté grand-guignolesque. Finalement, on se marre un peu. Ça participe au fait qu’ils soient tournés en ridicule les keums. Il est clair qu’on est devant un film sudco qui fustige les nordco et la décadence de leur pouvoir dictatorial. Ça ne peut être autrement. Le genre de prod’ propagandiste anti nord-coréenne dans laquelle on livre du cul en masse, et ce, pour t’incruster dans la rétine et la psyché que les nord-coréens ce sont des pires crapules de merde à gerber jusqu’à la bile et ses entrailles. Ou comment s’amuser tout en s’éduquant sur son diabolique voisin, des pantins à la solde de gourous. On en profite pour se secouer le poireau tout en cultivant une haine des anciens frangins devenus ennemis. Les hauts gradés de leur armée, ce sont les pires putes qui soient. Ils couchent à tout va, vivent dans l’opulence et ils ont droit de vie et de mort sur le peuple. Les nanas c’est un peu la même. T’as celles qui ont du vice quelque chose de vénère et qui n’hésitent pas à écarter les jambes pour arriver à leurs fins. T’as les autres, bah elles subissent parce que sinon elles crèvent mais en même temps, elles aiment bien ça (façon de dire que les nanas nordco malgré tout ce sont des salopes, ils sont vaches les sudco). Autant te dire que le visage donné de la Corée du Nord et des mecs « in tha place » ce ne sont pas les cartes postales de vacances de nanas topless au ski. 

 

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Franchement, le titre anglais North Korean Prostitutes écrit au crayon sur la cassette m’a pas convaincu. Après visionnage, j’écoutais tranquille les sons enregistrés en radio sur mon wakos, allongé sur mon pieu tout en y repensant, t’as vu. Je me suis alors remémoré une scène où un militaire kane une nana qui ne voulait pas et qui crache carrément du sang. ‘Tain c’était dégueulasse mine de rien, tellement que c’était chelou. Si j’étais un psy, un spécialiste à la con ou truc du genre, je dirais que le pouvoir saigne le peuple. En attendant, je me suis quand même astiquer le manche. Et en m’essuyant avec mes kleenex, ça m’a fait tilt. J’ai décidé d’appeler un pote qu’on surnomme Panda. Je savais qu’il était asiatique parce qu’il est bridé et c’est le seul, avec un autre, à l’être au bahut. Il m’avait dit un jour que c’était un réfugié politique de tout là-bas où il mange avec des baguettes. Bref. Je lui ai parlé du film. Il a pris son BMX et rec-di, il était chez oim avant que mon reup ne rentre du taf. On s’est remis la VHS jusqu’à ce que je fasse un arrêt sur image des idéogrammes du titre du film. Je lui ai demandé s’il pigeait le bordel. Sur quoi, il a té-ma l’écran de près tout en déchiffrant les hiéroglyphes asiat’ et là, il m’a dit :

 

  • - Grosso modo (en faisant le signe des guillemets avec ses doigts). « En Corée du Nord - une jeune fille (vierge ??) de rang supérieur... »

 

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‘Tain ! V’là le titre de bâtard ! Mais oui ! Maintenant que j’y pense ! Un moment donné la subalterne, chaudass numéro 2 c’est comme ça que je l’ai surnommé, elle a tâché les draps après l’avoir fait avec le haut gradé, le grand tard-bâ tout moche. Elle était vierge ! Et en plus c’était une militaire d’un certain standing. La traduction est bonne. Là sur un coup de te-tê, zyva. Je monte sur Panam, direction le festoche coréen qui se terminait. Je débarque dans un boui-boui. Pas de trace de Sans Congo. Y avait un coréen en mode vénère qui engueulait l’une des bénévoles avec son sweat violet. Elle avait sorti un journal qui causait du festival coréen de Londres. Ça se fait aps parce qu’iciii c’est Pariiiis. Pendant que le coréen se grillait une garette-ci pour calmer ses nerfs. Je lui ai fait voir une photo. C’était la dernière image du film avec une inscription en rouge. Le mec, j’ai appris après que c’était le dirlo du fest’, carrément. Je rencontre des gens importants sans déc’. Il m’annonce la couleur avec une pointe d’accent :

 

  • - C'est un peu comme les mots « The End » qui conclut un film. A l’époque de l’exploitation des VHS, c'était un peu comme quelques choses de conventionnelle. A la fin on voyait souvent « Merci » comme sur cette photo. En gros, c’était pour remercier celui qui avait vu le film jusqu'à la fin. C’était aussi une façon de dire que le film était terminé. A l'époque, même les films qui étaient faits uniquement pour la distribution en VHS devaient subir ça. C'était les éditeurs de VHS qui avaient pris cette habitude. Par exemple, tu pouvais voir à la fin d’Indiana Jones, pendant le générique, « MERCI » écrit en rouge. Et puis le film s'arrêtait avant même la fin du générique.

 

C’est pas fini Joy Means Sick. T’as cru que j’allai m’arrêter là ? Lis moi as. En rentrant chez oim, je suis passé par la place où squattent les mecs d’en bas. Y a un type qu’on surnomme Oli san, un vrai reur-ti le type. Il a appris le jap’ en emballant de la touriste nippone du côté de Châtelet. Je lui montre des photos du film. Il me confirme que ce sont bien des sous-titres jap’. Je lui fais voir alors une photo d’un encadré fond noir, écriture blanche qui arrive en toute fin de peloche. Il m’affranchit que c’est distribué par une société japonaise. Il peut pas m’en apprendre plus. Fait ièch. Sur le coup, je me dis c’est die. J’allais lâcher l’affaire et là-dessus, y a cette enfoiré de Gillesc qui débarque dans son survêt’ Lotto. C’est un poto que j’avais totalement zappé. Il se rencarde auprès de moi et m’apprends qu’il est d’origine coréenne (‘tain, je pensais que c’était un viet’ ce con). Il a été adopté par une famille de çais-fran breton. Je le ramène dans ma baraque, je lance le film del-bor et là… il déballe : 

 

Producteur : LEE Gwang-myeong
Scénario : LEE Gwang-myeong
Directeur photo : PARK Yong-jin
Montage : Green Entertainment
Son : Dolko Studio
Réalisateur : PARK Jae-seok
Interprètes : LEE Hyeon-seok, HAN Song-yi, KIM Wan-gyu, SONG Ha-ji, KIM Dal-ho, LEE Gyeong-ho, KANG Ae-rin

 

Sérieux, j’ai pas fini de m’astiquer dessus ! Vas-y, j’arrête là. Y a la prof’ de maths-là qui commence à me prendre la tête. Elle a grillé que je faisais pas son interro de merde cette pute. A un de ces quatres, mec. 

 

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I.D.

 

 

 

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11 novembre 2012 7 11 /11 /novembre /2012 10:19

Yeong-ja's Heydays, de Kim Ho-seon

 

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Les Carnets roses de Joy Means Sick et Sans Congo, épisode 4

 

Le film a été présenté dans la section classique du FFCP 2012 cette année. Mais pour les retardataires, la KOFA vous le met gracieusement à disposition sur youtube :

 

 


 

 

 

 

Salut grand pédé,

 

mec t’es vraiment un ouf en fait, qu’est-ce tu mets des mots genre « inhérent » et tout dans ta lettre, t’as cru j’étais ta prof de français ou quoi, arrête de pépom mec tu vas avoir mal à la bouche.

 

Tu sais quoi, j’aime bien le délire des films que tu me racontes, moi j’étais plus jackie chan drunken master et tout, parfois je suis tout pété après deux verres de malibu coco et j’essaye de faire pareil mais la dernière fois j’ai déchiré mon survète lacoste bêtement en essayant de faire le grand écart alors maintenant je fais gaffe t’as vu.

 

Comme ça me vénère quand tu fais ton intéressant genre ouais j’ai vu un film et tout, j’ai décidé de voir des films coréens un peu olé olé moi aussi, là j’ai maté Yeong-ja’s Heydays de Kim Ho-seon, trop chaud le film. Ouais j’étais dégoûté y’a pas vraiment de cul dans le film mais vas-y mec l’histoire de la meuf, laisse béton, c’est trop chodard.

 

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La meuf là, Yeong-ja, c’est trop une miskina la pauvre, c’est une meuf ses darons ils vivent dans la zèremi alors elle est obligée d’aller faire le ménage chez des bourges, mais les bourges c’est trop des bâtards avec elle.  Genre leur fils il la taquine, il la kène alors qu’elle veut pas – c’est du viol moi je crois, même s’il met une capote – et genre la daronne du connard là tout le temps elle défend son fils. Franchement ça se fait ape, ça m’a trop vénère t’as vu, j’avais trop envie de lui mettre des baffes à ce bâtard.

 

Ah ouais c’est golri sinon, dans la cuisine des geois-bour y’a un poster de la tour eiffel. Déjà moi je dis, c’est chelou de mettre des posters dans sa cuisine, et après franchement, la tour eiffel c’est bizarre. Mais du coup, tu vois, comme il la kène juste après qu’on ait vu la tour eiffel, je me suis dit obligé c’est un symbole pour la teube ou un truc dans le genre, je sais pas moi, par exemple c’est le pouvoir et tout. Genre les geois-bour ils kiffent Paris et tout.

 

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Le fils là, je te disais c’est un tarba avec elle, mais Yeong-ja y’a un mec qui la kiffe et qui travaille comme ouvrier dans les chantiers du daron bourgeois. C’est un peu zarbi d’ailleurs, l’ouvrier là, Chang-su, il voit Yeong-ja une fois et ça y est il est complètement croc sur elle – même pas il fait zarma il la calcule pas ou il répond pas à ses textos – nan lui c’est un ouf direct il veut se marier avec elle ; ouah c’est pas sérieux mon gars.

 

Par exemple, à un moment, il est tellement en chien, qu’il court de son taf jusqu’à la maison des geois-bour pour la retrouver. Mon gars c’est trop bizarre, on dirait qu’il court parce qu’il se fait courser par les kissedés. J’ai une prof de latin – ouais je fais du latin, je suis obligé dans mon foyer, vas-y ta gueule – une fois elle nous a montré un film d’un gars, Pasolini. C’était Œdipe roi – lui aussi un malade, il bute son daron et il kène sa daronne, ouallah y’en a ils font des trucs de cheitan – bref dans Œdipe roi et tout, pareil, tu vois Œdipe rien qu’il court mon vieux, tout le temps, on dirait Matuidi mon gars. Il peut pas rôder tranquille, tu le vois courir dans les champs, en ligne droite, en criant, c’est bizarre comme délire. Enfin bref, moi je dis ça, si t’as une solution, je veux bien que tu me la donnes.

 

Bon vas-y, là je raconte trop ma ive pour rien. Donc je te disais, Yeong-ja elle se fait tèje de chez les geoisbours par la daronne, mais comme elle veut pas que sa famille vive dans la zèremi alors mon gars, tu vois, elle se laisse convaincre pour faire la te-pu. Putain trop hardcore la pauvre, franchement la meuf elle est trop sympa, trop jovial, trop intelligente, mais elle est obligée de se prostituer pour que ses ptits reufs puissent s’acheter des airmax. Laisse tomber ouallah, ça me fait mal au cœur.

 

Même il lui arrive un truc de ouf la pauvre. Un jour elle va taffer à son centre de te-pu mais le bus il était blindé mon gars, comme place de clichy des fois t’as vu. Et eux là-bas, trop golri, c’est comme au deublé, s’il y a pas de place dans le bus, le gens ils s’accrochent en pendant un peu à l’extérieur. Comme Yeong-ja elle voulait par arriver en retard, bah elle fait ça t’as vu, mais truc de ouf, à un moment y a un chauffard qui arrive dans l’autre sens et bam accident mon pote, elle a valsé, trop triste ; mais j’avoue j’ai golri un peu – c’est un film hein – parce que tu vois son bras en mode felix baumgartner à l’envers mon gars, rien qu’il s’envole son bras, franchement foutage de gueule du réalisateur trop lol il a craqué le type.

 

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Un jour mon gars, Yeong-ja elle se retrouve en gardav avec ses copines et là elle y retrouve son ancien keum, Chang-su tu sais qui lui aussi était au ste-po. D’ailleurs au passage, trop golri, le commissaire rien qu’il baffe Chang-su et ses potes, ouallah j’ai trop golri on dirait mon daron – j’aime bien ces films-là parce qu’ils se mettent plein de baffes, j’aime bien leur style de baffe. Donc Chang-su à un moment, forcément il voit Yeong-ja et là direct il revient en mode love. Ah ouais, pardon j’avais oublié de te dire, en fait Chang-su il était parti faire son service militaire c’est pour ça il l’avait un peu zappée – putain eux ils ont de la chance de faire le service militaire, vas-y c’est trop flingué la japd mon frère, nous on lit des programmes télé pour se préparer en mode guerre, c’est nawak putain, vas-y lâche moi la kalash que j’arrose tout le monde quoi. 

 

Bon je m’égare, en tout cas les retrouvailles elles sont pas oufs. Lui il veut la sortir de la zèremi mais elle, elle veut pas de la pitié du mec. De toute façon Yeong-ja elle veut la pitié de personne, c’est trop une ghetto soldier mon gars. Déjà Séoul, moi je connais pas, mais le réalisateur ce qu’il te montre, c’est trop la pression. On dirait que les murs sont contre elle, qu’ils veulent la fighter tu vois. Mais Yeong-ja, elle baisse pas les bras, c’est une vraie battante. Moi ouallah quand je la vois je me dis ouais respect pour les sœurs quand même, même si elle fait la prostituée, parce que c’est pas facile – franchement toi, imagine ta daronne elle tapine pour que tu manges des keugrés, t’aurais le seum ou pas ? Moi je sais pas, c’est pas facile, en tout cas j’espère Yeong-ja va devenir une fille hallal et que dieu la guidera dans la bonne voie, et peut-être on sait jamais elle portera le voile inchallah – mais là elle boit trop d’alcool j’avoue.

 

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Bref donc tu vois sa life, la pression, et comment elle fait pour s’en sortir. Je trouve que le réalisateur il raconte bien l’histoire, il fait bien les plans et tout, enfin je crois. Genre il fait des plans serrés, des plans larges et des plans américains, un peu comme si différentes personnes parlaient. T’as rien pigé ? ça métonne pas t’es trop con. J’avoue j’ai trouvé ça sur internet, sur un blog chelou sur le cinéma sud-coréen, vas-y je recopie dis moi ce que t’en penses : 

 

« L’écriture du film alterne entre les passages où les tourtereaux sont ensemble et ceux où ils sont séparés. Assez classique comme procédé, mais très efficace pour mettre en exergue les personnages. C’est plus facile de décrire un personnage dans un pensum solipsiste regroupant des sentences sur un fond immaculé, c’est plus difficile de dévoiler l’essence d’un personnage in situ, au travers des signes qu’il émet.

 

« Pour témoigner des différents niveaux de narration, la scène du viol est très intéressante, parce qu’elle figure un mode d’expression, une synecdoque visuelle, qui aujourd’hui apparaît comme le comble du chic : pour filmer une scène d’amour, on s’attardera, par l’emploi de moults gros plans et poignets dynamiques, sur la main de l’homme qui saisit la cuisse de la femme, la gorge de la femme embrassée par une barbe mal taillée, une main qui attrape violemment un drap. Dans The Constant Gardener c’est classe, dans Yeong-ja’s Heydays c’est pour se prémunir de la censure. 

 

« la narration de Kim Ho-seon est nickel : synecdoque pour l’élan à l’emploi d’une caméra portée, du plan subjectif pour ressentir le drame, un plan américain sur Yeong-ja qui pleure pour saisir le rythme d’une narration neutre et distante. C’est limite hégélien comme mouvement : thèse – l’action du viol –, antithèse – la femme qui refuse –, synthèse – la femme qui pleure, parce que c’est comme ça de toute façon –. Putain elle est triste la vérité que nous promet l’envol de la chouette à la nuit des temps. »

 

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Déjà le mec il s’est trompé je crois, il écrit pensum au lieu de pensée, et après je sais pas pourquoi il parle de corbeau le mec t’as vu. En tous cas bien le blog, il est un peu golri, c’est http://kim-bong-park.over-blog.com. En gros sinon, moi j’ai compris qu’à la fin des années 1970, y’a eu plein de films sur la prostitution en Corée du sud pour attirer les diksa facilement et pour les faire raquer – moi je trouve ça normal t’as vu – et surtout, comme les gens ils pouvaient pas dire ce qu’ils voulaient – ouais un peu comme quand y’avait Ben Ali – et ben les films ils parlaient de cul comme ça ils parlent pas de politique et les gens ils restent obsédés.

 

Bon sinon, juste un dernier truc. Tu vois dans le film, y’a un truc un peu chelou, c’est que souvent pour les dialogues c’est quelqu'un au premier plan qui parle à quelqu'un derrière lui. C’est bizarre quand même non ? Et bah tu vois, hier, je regardais Kaamelot – ouais j’ai pécho tous les divx trop frais – et bah à un moment tu vois le roi Arthur et deux de ses chevaliers sont à la file en train de guetter des ennemis, mais ils se parlent en même temps. Sauf qu’à chaque fois qu’Arthur dit une chose pour s’embrouiller à ses chevaliers, il se remet dans sa première position. Et en fait c’est très bien parce que ça donne un mouvement t’as vu, ça fait pencher l’image vers le plan suivant. C’est un peu l’idée de ces dialogues, le plan est penché vers le spectateur.

 

Ah tiens, c’est marrant d’ailleurs que je parle de Kaamelot, à la fin Yeong-ja elle se marrie avec un unijambiste – ouais lol bête de vanne j’avoue – et bah dans Kaamelot mec, le maître d’arme du roi Arthur, bah c’est un unijambiste aussi, tu te souviens pas ? Si mec, même le roi Arthur il le charrie à un moment et le maître d’armes au lieu de se vénère, il chiale comme une merde.

 

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Enfin bref, en tous cas, ptet que y’avait pas de einsses ou de teucha dans le film, mais bien le délire, j’ai bien aimé. Elle est fraîche Yeong-ja. Ouallah s’il y avait moins de crasseuses dans le reureu et plus de Yeong-ja, ouallah je pense que le monde il irait mieux.

 

Vas-y, a plus espèce de bolosse.

 

 

PS : tu te souviens je t’avais dit la dernière fois, quand j’avais vu le film dégueulasse là (Faceless things) et même je t’avais dit que y’avait un mec il était trop tranquille en train de manger des chips. Et bah je lui ai parlé le mec, lui aussi il est chaud sur les films de boules. Je lui ai dit qu’il pouvait t’écrire au cas où, ptet ça t’intéressera. 

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7 novembre 2012 3 07 /11 /novembre /2012 12:44

To You Form Me, Jang Sun-woo, 1994

to you from me

 

 

Article de la série : les carnets roses de Joy Means Sick et Sans Congo,

 

 

Yo poto,


On m’a dit que chez toi c’était le couvre-feu de la mort à cause d’une vache qui aurait foncedé toute la cantine de ton bahut en mode révolte de milka sur fond de contestation protestataire à cause de l’excès de choux-fleurs et gars y a des rumeurs et si c’est bien toi qui a fait rentrer l’animal ouallah t’es un bon.


Bon du coup j’imagine que tu fais profil bas et tout, moi j’ai vu un bête de film hier, un mec que je commence à connaître bien, Jang Sun-woo et comme je veux rendre un peu hommage à son film je vais essayer un peu de m’appliquer t’as vu faut pas te moquer. En plus je te promets y a de la seuf et des tchouchs à foison au milieu, c’est pour te divertir tout en faisant passer le message et t’éduquer un peu comme dans le film où franchement le gars il est à deux doigt de citer Deleuze en voix off pendant qu’ils font l’amour. En plus j’ai trouvé une copie pirate pour t’imprimer quelques screenshots je suis sûr y a moyen que tu refiles ça aux cassos de ta région pour te payer des pains au chocolats. Je te dis deux mots du réal quand même, le gars c’est un peu un rebelle de la life, genre artiste contestataire jusqu’au bout de l’ADN et il fait des films indépendants grave stylés, genre mouvements de caméra et cadrages de ouf avec des thèmes barjos et masses de références. J’ai trouvé des liens vers des articles chan-més qui parlent de A Petal (ICI) et Fantasmes (LÀ) notamment. Je crois pas que ça ait un rapport mais il fait des études d’anthropologie et il aime bien tout ce qui est expérimentations, comme mettre des passages en accéléré, en animation, sans son, jouer avec la voix-off, tester des montages chelouS et tout. Le film c’est adapté d’un roman du même nom.

 

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Alors au début y a une voix off et un texte à l’écran, c’est un effet qui va revenir souvent et généralement de manière abrupte pour faire des ellipses. Il aime bien chapitrer JSW, il faisait déjà ça dans Fantasmes avec des textes plus lapidaires pr contre (aka « 1er trou »). Là c’est une fille qui lit et elle raconte des histoires chelous de quand elle était petite avec son grand frère et un jour sa daronne lui dit que quand un homme veut ce qu’il y a entre ses jambes, faut toujours lui donner, c’est que comme ça qu’on peut avoir la paix dans le monde. Moi t’as vu je suis pas sûr, parce que si un mec il demande ça comme ça à ma sœur ou à ma meuf mon gars je déclenche la guerre du Vietnam 2.0 avec napalm et scalpel dans sa face. Bon mais en fait c’est un passage du roman sur lequel travaille le personnage principal (Moon Sung-keun), un écrivain qui boit du whisky et qui vit un peu reclus dans son coin. Là normalement, on s’était mis d’accord, c’est carton rouge, le parallèle avec la vie d’artiste et le huis clos du cinéma à un moment ça commence à bien faire. Mais c’était pas un divx que je pouvais foutre à la corbeille direct donc je suis resté dans la salle - ouais toujours au festival du film coréen là, franchement c’était trop bien cette année encore. En plus le gars, c’est le narrateur et je crois même pas qu’on s’embarrasse à lui donner un nom parce qu’on veut qu’on s’identifie à lui et même si c’est un peu un looser tout maigre ça va ça marche bien. Parce qu’en plus de commencer par se taper une meuf fraiche (là je me suis trop identifié mon gars) en fait c’est pas un looser, c’est juste que son équilibre il va être chamboulé à cause de Ba-ji (Jung Sun-kyung) une meuf qui débarque chez lui parce qu’elle a fait le même rêve que celui qu’il décrit dans son dernier livre, celui qui lui a fait gagné un prix national et tout. Lui direct il est tout croque de la fille, il trouve qu’elle a les plus belles fesses du monde (je te laisse juger en tout cas on prend soin de les cadrer au max) et elle fait genre elle le kiffe grave mais y a rien de personnel là dedans. Je te disais dans la lettre sur The Ae-ma Woman qu’on passe les premières minutes à étudier le morceau de viande qu’on nous sert, là y a pas de doute c’est du filet de bœuf morceau choisi AOC et tout. En fait si elle s’incruste, c’est parce qu’elle croit qu’il va devenir un super écrivain et elle sait très bien l’effet qu’elle fait sur les hommes et comment prendre le pouvoir en les rendant accro. Elle est pragmatique et donc elle donne son corps easy, comme un dealer qui t’offre le premier fixe avec le sourire. D’ailleurs une fois qu’elle a couchée avec lui en mode pas farouche pas de culotte, elle lui lâche : c’est mieux que le whisky nan ? T’as la confirmation directe parce que lui on le voit raconter à son pote que c’était un truc de fou que ça a duré une heure que « c’était serré comme un jean » (moi je suis plutôt survêt donc ça j’ai pas capté mais ça avait l’air positif). 

 

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La bande son du film elle est très sympa et elle alterne entre des trucs coréens dont j’ai aucune idée s’ils sont connus et des tubes occidentaux façon Bob Marley et The Doors avec un petit The End à la James Bond - Apocalypse Now. De ce que j’ai vu Jang Sun-woo c’est un type qui fait très attention à ça, ça fait partie de son amour pour le mélange des genres et des arts. Y a plein de passages avec des extraits de films aussi, dont une sorte de fascination pour Bonny and Clyde d’Arthur Penn et la fameuse scène finale de fusillade qui a un peu bouleversé les normes de le représentation de la violence au cinéma (normal qu’en tant que coréen il rende hommage) et dont il remixe un autre passage au son avec I Shot the Sherif. D’ailleurs c’est l’occasion de parler du personnage du poto de l’écrivain, un mec goleri celui-là, c’est notamment lui qui trip sur Bonny and Clyde au point de rejouer des scènes dans sa chambre et de se faire des délires où il prend la place des personnages du film. Le gars c’est un impuissant qui se fait sécher des peaux de bananes pour devenir viril comme un vodou africain et qui travaille dans une banque où il se fait traumatiser par une grosse madame bien relou. Il vit avec sa daronne qui lui lâche une phase goleri : « Je pensais que tu serais écrivain. T’as toujours menti et aimé les filles et les écrivains mentent et aiment les filles » (de mémoire). Franchement c’est un looser mais bien marrant et la vie elle tourne bien pour lui en fait, genre à un moment la fille au pantalon (c’est comme ça que le narrateur appelle celle qui a des fesses de fou) elle prend comme un défi personnel d’arriver à lui faire dresser la chose et s’applique un truc de malade.

 

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Sinon j’ai aussi remarqué quelques trucs dans les films érotiques au niveau des récurrences de mises en scène. Déjà y a un truc c’est le cryptage canal plus maison. Dans The Ae-ma Woman (depuis j’ai checké c’est bien « la femme qui aime les chevaux ») sur la scène finale le gars plaçait la caméra derrière les roseaux de la cabane pour faire genre voyeur mais avec de la frustration parce que vois tu c’est inhérent au truc. Ici c'est une fille toute jeune qui fait escort girl pour la première fois et qui doit se déhabiller et quand elle le fait ben la caméra elle se met derrière le rideau comme ça tu vois pas trop ce qui se passe.

 

 

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Cryptage canal plus maison, la fille tout à fait bord cadre, à droite.

 

C’est comme une fille habillée sexy qui est plus attirante qu’une naturiste en train de cramer au soleil sur sa terrasse privée de Ouarzazate tu piges ? Ca crée un mystère, une tension, une difficulté et après hop il met sa caméra à l’intérieur comme la fille qui fait tomber la robe. Mais même là c’est pas des films de cul donc c’est le second truc dont je voulais parler, les cadrages interdits. En gros pas de zob, pas de foufoune. Y a une règle bizarre par contre, t’as le droit de voir les poils pubiens de la fille mais pas du mecs, je sais pas ça doit être le sénateur Mac Poil de l’ONU qui a glissé ça vite dans le texte de loi en loucedé au dernier moment, sûrement un joyeux drille qu’aimait bien la picole et la toison des pépées. Du coup ça donne des chorégraphies mais surtout des cadrages bizarres et selon les réalisateurs c’est une contrainte qui stimule ou pas la créativité. Par exemple là y a une scène qui en plus de ça est bien symbolique du film. Je te raconte : la meuf elle fait un faux interview au mec pour le préparer à être célèbre, les questions types et tout le tralala mais nous grâce au pouvoir de l’ellipse on arrive qu’à la fin. Donc il répond à la dernière question et là direct il est trop chaud il se jette sur elle un peu comme un gosse en disant qu’il a bien travaillé et qu’il mérite une récompense, une sorte de trip couche-culotte où tu sens que les rapports de force ils ont vite basculé entre miches de serin et l’écrivain. Elle fait sa mijorée vite fait en disant qu’ils doivent encore écouter et débriefer mais finalement elle se contente de mettre lecture et de se laisser aller et nous a on peut écouter tout l’interview pendant la scène d’amour. Et là c’est franchement bien filmé, la caméra elle fait des allers-retours entre les vêtements sur le sol, les corps des deux acteurs et le magnétophone, c’est grave bien fait et à un moment c’est son coup du foulard à lui, il met le magnétoscope en gros plan bien net avec les deux zigotos derrière en plan suffisamment large pour que tu te dises que c’est chaud chaud sans pour autant bien voir parce que c’est flou. Voilà ça c’est pour l’artistique, les autres cadrages interdits c’est la frontière avec le porno mais là je sais que tu touches ta bille donc je laisse ça de côté.

 

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L’autre truc récurrent, c’est au niveau du scénario. C’est toujours du sexe tourmenté. T’avais Madame Ae-ma qui était trop fidèle et trop en chien, là ça part bien tu dis que l’autre elle a une sexualité épanouie voire un peu trop mais bas-léc’ c’est de la fiction érotique. En fait elle a des secrets d’enfances pas loin de ce que je te disais avec la voix off du début et quelques expériences hardos dans les pattes, notamment avec son mec d’avant et là faut que je raconte un peu parce que c’est une scène de fou. Mon gars je trouve pas les mots pour dire ça bien, je crois qu’en étant brut mais direct ça passera mieux. C’est pendant les mouvements de contestations étudiants quelques années avant, ils se réfugient chez eux à cause des gaz lacrymogènes et elle elle va dans la salle de bains  pour s’essuyer les yeux. Elle est penchée sur la baignoire et là ni une ni deux, le mec il tourne fou et lui soulève la jupe sauf qu’aujourd’hui il a décidé qu’il passerait par des voies inhabituelles. Donc il lui fait ça en criant comme un dingue « à mort les capitalistes ! » parce qu’en fait c’est un peu la figure de l’intellectuel baltringue qui ose pas aller dans la rue et qui mène son combat là où il faut pas et pour son délire perso. La suite de la scène elle est carrément hardcore c’est limite un viol mais en animation. Du coup ça Mac Poil de l’ONU il l’avait pas prévu et tu peux tout montrer, même un plan depuis l’intérieur de la bouche façon Gaspard Noé dans Enter The Void. Tu vois le délire de l’association entre le flingue d’un mec qui serait comme son sexe, ben là le gars c’est l’inverse, t’as un plan assez clair qui te fait dire que le gars ce sert de teub comme d’un flingue. Elle, après ça, elle devient anorexique, c’est vraiment un sale délire le sexe tourmenté. T’as l’écrivain qui avait jamais eu de meuf, l’autre impuissant, la fille limite nympho mais en fait traumatisée, le producteur qui aime bien les lycéennes, bref c’est pas ton truc sur M6 le dimanche soir avec deux collocs un peu lesbiennes et un étudiant en échange brésilien beau-gosse qui vient découvrir les douceurs de Paris. Après le ton est pas vraiment dramatique non plus, même si y a des scènes un peu choquantes, ça couperait trop l'envoûtement du spectateur et c’est un peu comme briser un contrat donc faut être solide sur tes appuis si tu fais ça. 

 

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D'ailleurs ça me fait penser à Killer Joe de William Friedkin ça.


En plus évidemment c’est pas un téléfilm, c’est bien filmé, bien éclairé et bien joué et globalement l’alternance passages érotiques passages narratifs passe bien et même d’autant mieux que comme je te disais JSW s’amuse à mettre de la voix off narratives sur les moments érotiques et à imbriquer nickel son quota de scènes chaudes dans son scénario. D’ailleurs y a un type qui m’a dit un truc du genre « les scènes de sexe elles apportent rien à l’histoire » et en fait je suis trop pas d’accord. Y a une idée d’identification au personnage principal qui est évidente et comme le type devient accro à cette fille en grande partie à cause de son corps et de leurs parties de jambes en l’air et ben il faut que t’en vives un peu avec lui par écran interposé. C’est même juste qu’une question de manipulation (consentie) du spectateur, c’est comme dans un film d’horreur, on va pas juste te dire « le personnage a peur » ou le suggérer en faisant un plan sur le Cri de Munch, on va essayer de te faire vivre ça avec lui au moins en partie. Pareil dans les films de vengeance généralement on va voir le truc qui a trop venere le héros.

 

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En tout cas là c’est pas comme Madame Ae-ma, je te raconte pas trop l’histoire parce que si jamais t’as l’occasion faut que tu le vois c’est très frais même si faut faire gaffe que tes darons ils trainent pas dans le coin à ce moment là. En plus le gars il cite du Faulkner (« la meilleure chose pour un écrivain c’est de posséder une maison de prostitution »), Les Souffrances du jeune Werner de Goethe, il rend hommage à Alexander Payne et il fait un plan de violence muette à la Répulsion de Polanski, il te met une bande de son de rebelles de qualité bref un gars bien avec qui tu pourrais prendre un coca en terrasse et discuter des élections américaines. Tout ça ça fait partie de son délire idéologique de s’opposer au sein même du capitalisme parce que toi même tu sais les révolutions ça marche jamais comme tu veux c’est trop bourrin. Du coup on retrouve la théorie de Lorenzaccio évoquée dans l’Ivresse de l’Argent mais aussi cette idée d’humiliation en tant que manifestation du pouvoir dans un rapport de force. C’est le producteur dans les toilettes avec la meuf au pantalon, puis c’est cette même meuf avec son écrivain quand elle menace de se barrer. Lui il est genoux tout chialant pour qu’elle reste et elle accepte à condition qu’il fasse tout ce qu’elle dit comme un toutou. Tu te souviens du mec de The Housemaid qui lâche « suce !» à Eun-i en mode mâle dominant ? Ben là elle lui fait « lèche !». Une sorte de métaphore des abus devenus structurés par la classe dirigeante de nos société qu’il dit.

Tiens bon poto, nous ici on lâche pas t’as vu.

 

to you from me


 

JMS du XV3


PS : j'ai oublié un moment stylé du film où le gars baisse le son des dialogues parce que les personnages s'éloignent et là c'est goleri parce que les gens commençaient un peu à se pencher en avant pour mieux entendre. Ca m'a fait penser à Rosemary Baby où t'as un plan sur Mia Farrow qui pleure sur son lit mais on filme depuis l'extérieur de la chambre. Polanski il explique qu'il veut qu'on place la porte de façon à ce qu'on la coupe à moitié et je crois qu'il s'engueule avec son chef op qui lui pense que c'est un moment important et qu'on doit bien voir le visage de la fille. Mais bon c'est Polanski le chef donc il fait ce qu'on lui dit, mais là où c'est intéressant c'est qu'à la projection, au moment où arrive ce plan là, le chef op il a remarqué que toute la salle penchait la tête sur le côté pour essayer de mieux voir le visage de l'actrice en train de pleurer. Et là il s'est dit ouallah j'suis un naze et Roman poto t'es un boss t'as tout capté.


 

 

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5 novembre 2012 1 05 /11 /novembre /2012 12:05

Introduction : la rédaction poursuit ici sa série "les carnets roses de Joy Means Sick et Sans Congo", échange épistolaire entre deux adolescents qui débuta au cours d'un article sur  Stateless Things (cliquez ici) de Kim Kyung-mook et qui s'est poursuivi par un autre sur les courts de métrages de ce même réalisateur (cliquez ici). Le film dont il est question aujourd'hui était présenté dimanche 4 novembre 2012 à l'occasion du Festival du Film Coréen à Paris (lien vers le site)

 

The Ae-ma Woman, Jeong In-yeob, 1982

Madame Aema


Wesh wesh sale trizo,

Bon mon gars je vais pas passer par v’là les chemins t’es trop un ouf mon gars je sais même pas si je peux répondre à ta lettre tellement je flippe ma mère que ça serve de pièce à conviction dans une affaire de viol sur personne en danger. Mon gars j’avais pas vomi depuis ma gastro à la rentrée de la sixième mais là c’est trop cheum ce que tu racontes, j’ai mal au bide et franchement t’as vu les bas fonds d’internet je connais mais là c’est un trip façon youporn featuring le gang des psychiatres de l’anus tu m’as trop fait bader. Franchement t’es trop un batard de me raconter ça, je t’ai dit que c’est pas moi qui ait ken ta cousine, ouallah la tournante j’y étais pas ou au pire j’ai juste regardé et c’est Julien qu’a mis la vidéo sur youtube. D’ailleurs t’es trop un mytho, ma reuss elle est en pèlerinage à Lourdes pour son œil chelou là et c’est toi qui a vu un miracle poto. Je sais que t’es trop en chien sur elle mais franchement bat les pattes c’est une meuf bien religieuse et tout. Non mec sérieux je vais appeler les potos on va monter une expédition pour te sortir de ta prison pour garnements ou je sais pas quoi parce que là y a trop de yecous autour de toi ça te fait partir dans des délires chelou genre si on te dit que t’es pas un bonhomme tu sors ta teub et tu fais l’hélicoptère. Téma comment je parle c’est ta faute ça tu m’as traumat par papier interposé salement. Bon vas y j’ose même pas essayer de te répondre sur le film mais juste les deux bonasses devant toi t’aurais du leur faire du love dans les toilettes ça t’aurais relaxé un peu et puis franchement les meufs comme ça je connais mon grand reuf il faisait une fête de batard ce weekend avec que de la miche d’école de commerce, trop des pouffiasses de merde mais bonnes t’as vu. Y en a une elle était avec son keum et elle a voulu aller se chauffer dans les couloirs de l’immeuble mais je leur ai mis un double chassé dans le dos en mode Song Kang-ho tellement ils savent pas se tenir ces gros geois-bourg trop en chien. Bah ouais c’est les parties communes mon pote, imagine Madame Joubert elle glisse sur une pote-ca le lendemain matin comment t’explique ça aux funérailles toi. Ah ouais trop goleri ta vanne sur le rouquin sinon !

 

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Bon mon gars je vais te raconter une histoire toute mignonne pour que tu puisses dormir ce soir sans penser au caca et wallah tu la lis pas avec tes potes en vous caressant les cheveux parce que ça c’est pas casher poto faut rester un bonhomme même si c’est dur dans ton ghetto des champs là. L’histoire c’est celle de Madame Ae-ma et en fait je les péta dans un film de 1980 que je viens de voir au festival, Madame Ae-ma là. Mon gars c’est trop des barres parce que le film il est présenté dans la team odeur de scandale mais mon gars je te dis même un clip de Laurie c’est plus chaud sa mère et dans la salle les mecs ils étaient obligés de goleri à chaque fois pour pas montrer qu’ils avaient trop le sum de rater leur bout de chneck hebdomadaire. En plus y avait masse de papis chelou il faisait pas bon être une meuf dans la salle. Moi t’as vu je voulais aller voir le docu d’avant sur les keufs qui vont une opération sexion d’assault sa mère dans un immeuble de rebelles (Two Doors qui a enthousiasmé Nicolas Gilli de Filmosphère) mais j’ai raté la séance parce qu’au do mac ils ont mis dix piges à faire mon mac chicken trop les boules. Y a mon cousin rasta marley qui était allé jeudi pour faire un article sur un site de hispters geeks fans de marteaux coréens chelous mais il avait pas pu à cause de l’interruption de la séance à mi parcours et là le gars il a fait pété la cagnotte au loto foot et je crois maintenant il veut plus écrire que pour Télérama ou quoi donc il est pas allé aujourd’hui. En tout il m’avait dit que ça avait l’air super frais comme film c’est dommage.

 

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Alors voilà l’histoire mais déjà je te dis le film on aurait dit un mix entre les feux de l’amour et un film de kung fu sauf qu’y a pas de kung fu mais ce que je veux dire c’est que c’est plein de chinois coréens stylés et que les gars ils ont redoublé les voix derrière pour pas se faire chier au tournage. Enfin je sais pas trop parce l’actrice principale y a un truc ambivalent dans son visage, on dirait une tiss-mé mais un mélange de je sais pas trop quoi. En tout cas fraiche ça va, c’est important ça quand tu vas voir un film catégorie série rose ou quoi. Nan honnêtement mon gars les premières minutes tu les passes à peser la viande parce que si c’est pas ta came c’est sûr que tu vas de te faire iéch un truc de ouf lol. C’est un peu comme quand t’accostes un zouz avant de lui payer un grec tu vois, t’évalues l’investissement et le retour quoi. En plus le gars les feintes façon « elles vont ptet se faire un bisou oulala alors que c’est des filles mais vous saurez pas parce que là je filme des chevaux tralalasamère » il fait que ça abusé tellement il se prend pour un Terrence Malick de la caméra. Vas y je te gâche pas tout mais je te raconte quand même parce que de toute manière jamais tu pourras voir le film et puis honnêtement si t’as envie d’un peu de chaleur mon grand reuf il a de la meilleure came sur son disque dur.

 

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Donc c’est l’histoire de Madame Ae-ma, une femme mariée mais délaissée genre le pitch de porno des années 80 mais bon pas grave. Son mari jamais il rentre jamais le soir tellement il nique à l’extérieur même si c’est pas vraiment Brad Pitt niveau faciès, le truc c’est surtout qu’elle ça commence à la gratter t’as vu. Ben ouais en plus elle est pas méga relou, genre moderne et c’est pas grave si son keum il fait ses affaires ailleurs parce que elle est trop croque de lui et elle veut juste qu’il la prenne dans ses bras et qu’il lui fasse des bisous et son devoir marital quoi. Lui c’est un batard, il s’en balance et ça l’amuse plus parce que c’est un chasseur et elle c’est son dû, sa propriété, la mère de son gosse quoi. A un moment au début t’as une feinte où tu crois qu’il s’occupe enfin d’elle et tout le monde était là à mater le bout de sein mais quedal et en plus c’est un fantasme le plan suivant c’est un plan large trop triste ou le mec il dort comme un porc et elle elle le regarde désabusée mais comme elle est méga chaude elle prend sa main et se touche un peu avec mais tranquille bon délire CSA.

 

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Là soit y a une ellipse soit j’ai pioncé mais elle le chope en flag avec une zoulette et elle part en courant elle se dit qu’elle va pas rentrer pour le punir et tout mais à un moment elle se rend compte que c’est trop pété comme plan ça se trouve il fait une orgie pendant son absence et elle elle est là à s’emmerder avec sa pine-co. Donc elle va quer-cra mais l’autre la retient et lui explique la vie et qu’un mari c’est pas ça qu’il faut pas être une victime et qu’elle peut être son SOS à elle si elle veut se lancer dans des confessions intimes. Bref la pine-co elle a trop raison parce que la mari il balnave vener, il fait le toutou à attendre devant la porte parce que certainement il sait pas se faire ses cordons bleus tout seul ou quoi. Après genre Ae-ma elle rentre méga tard elle explose tous les couvre-feu et lui il est trop vener tu sens qu’il aimerait bien avoir une batte de baseball ou quoi pour se défouler. Voilà ça part en couille et elle invoque le divorce mais je te passe les détails parce que ça va te rappeler tes darons et les psys ils m’ont dit que c’est ptet pour ça que t’as tourné fou la dernière fois. Mais lui c’est comme toi, trop le sum, il va picoler dans un bar et il s’embrouille avec des petits cons du coin sauf qu’au premier direct dans leur face le hipster pédé il se couche à jamais (y a un fondu au rouge super classe sur le mec qui gigote au sol ça fait gagner du temps en scène de procès) et il ramasse huit ans de tôle. Bim, déjà que madame Ae-ma c’était une smicarde du sexe là c’est l’ANPE directe, trop bad mais elle est têtue la bougresse et c’est dans l’adversité qu’on voit les vraies dures donc elle y va chaque semaine à la prison parler à son keum à travers une vitre et elle reste fidèle comme il faut bien.

 

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Sauf que lui, on sait pas trop pour quoi mais je crois c’est soit la culpabilité qui le ronge quand il voit sa tête de bonne élève de la morale et mariage ou bien un sursaut d’humanité mais en tout cas il lui de se casser et de pas venir le voir. Là il fait le kéké mais il sait ap que dans le bus qui l’amène elle commence a jeter des regards de chiennes de faïence à un jeune beau gosse en blazer pété qui s’appelle Dong-zob ou un truc du genre. Mon gars je te dis Dong-zob c’est cramé c’est un puceau qui se fait un gros trip MILF mais en Corée dans les années 80 ça ça veut dire qu’il arrive pas à lui parler et qui dessine son visage sur les pots en terre cuite qu’il fait pour se relaxer la bistouquette le soir. Mais Ae-ma franchement respect, c’est un modèle de vertu pas comme la Merteuil de La Rochefoucault ou je sais pas quoi. C’est une fille bien et même après un combo délaissée-trompée-abandonnée elle s’accroche encore à son mec comme une ouf. Après le que-tru c’est que ça lui monte au cerveau, y a sa pine-co qui lui fait du rentre dedans de gouines mais elle son gros délire c’est les chevaux. Je te jure mon gars, rien qu’elle kiffe chevaucher, à n’importe quelle heure, en robe, en pantalon, ça donne des montages de malades sur les scènes les plus chaudes du film où ça chevauche de tous les côtés.

 

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A droite là c'est Dong-zob quand il trouve Ae-ma qui s'était déguisée en fermière roumaine abusée.


Vas-y j’accélère parce que j’ai peur que tu mettes la main dans la caleçon en te rappelant que c’est un film érotique mais je te dis mon gars essaie même pas. Après le délire lesbiens au milieu des chevaux où tu vois même pas un bisou, elle va dans un bar boire un coup et derrière elle y a un couple qui fricotte à l’aise. Là vraiment ça tourne psycho pour elle mon pote elle se met à délirer sur un vieux pécheur puant du rade. C’est chaud sa mère, je crois qu’il lui met une main sur le sein (par dessus la robe) et là on voit qu’elle dort sur le bar. Le papy en scred il a du sentir le coup parce qu’il se rapproche mais Dong-zob il sort de l’ombre en mode super héros c’est ma meuf de quand je serai plus grand pas touche. Lol je goleri là parce que vraiment Dong-zob c’est un naze, il se fait recaler et celui qui finit par empocher le morceau c’est l’ex petit copain de Ae-ma qui s’est marié depuis et qui emménage au-dessus de chez elle. Lui c’est un vrai bonhomme pas un putain de stalker qui t’épies dans les bars. Comme elle fait sa mijorée il part en mode GI Joe, il se fabrique une échelle de fortune et il l’utilise pour atterrir sur son balcon à elle. Après il arrive dans sa chambre et elle fait bien encore genre mais lui ça le chauffe encore plus et on a la première scène olé olé du film. Une demi seconde de téton pour cinquante minutes d’attente, c’est des putains d’ascètes ces coréens des années 1980 tu les lâches sur l’internet du 21ème siècle c’est l’infarctus en deux minutes mdr.

 

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Après on est repartis pour du blabla sentimental d’hésitation féminine, elle va voir le potier dont elle avait pécho le number, le gars il habite dans une sorte de campement d’artistes gitans du soleil levant où il fait sa poterie relax. Il lui offre un pot avec son portrait c’est trop un naze parce qu’elle dort sur place et que lui il reste quand même puceau. Y a aussi des embrouilles avec sa belle sœur qui s’occupe de son fils et qui la blaire pas, une scène de ouf où elle bave sur la vitre de la prison tellement elle est en chien (et là le mari il est lucide il lui qu’elle a un problème et qu’il peut pas le résoudre) et un passage avec un écrivain trop ré-bou dans un bistrot qui dit qu'on fait tous de l'adultère dans nos tête comme toi qui mate ma soeur alors que tu sors avec Fatima, en gros une sorte de délire de mise en abîme parce que toi t'es là pour un film érotique et que t'as sûrement une meuf qui t'attend à la son-mai. La deuxième fois que l’ex revient par la fenêtre on voit que c’est un batard, il l’a frappe un peu parce qu’il likes it rough mais voilà cheum quand même. Bon là c’est la révélation, elle demande le divorce et l’autre batard de mari il peut faire le canard pleureur elle s’en carre, elle va vivre solo et travailler dans les champs. Dong-zob il finit par la retrouver mais elle elle est pas chaude donc il fait du boudin et il dit qu’il va rester là bas sous la cabane à l’attendre parce qu’il la kiffe grave. Il a vraiment de la chatte ce type cette fois parce que ce soir là il pleut bien vener et elle fait un cauchemar où y a un éclair qui fait cramer la cabane et hurler Dong-zob comme une truie. La meuf elle se réveille en panique et se met à courir dans les champs sous la pluie, y a les branches qui lui déchirent sa robe et ça part en miss tshirt mouillé qui court sous l’averse c’est le moment le plus hot du film, le gros kiff du spectateur de l’époque, genre transparent et tout et ouallah elle est bonne la meuf. Ensuite elle rentre dans la cabane et hop plan large et la lumière s’éteint. Sérieux y a un vieux il s’est levé à moitié sur sa canne et il s’est mis à gueuler tellement il croyait qu’on se foutait de sa gueule qu’il pouvait bien tenir tout le film mais la baise finale y avait pas moyen qu’on lui la coupe. Mais c’est un tour de passe passe à la Jay Jay Okocha, en fait on les voit quand même faire l’amour mais c’est un pas un truc de ouf non plus, c’est sombre et au début c’est filmé à travers les roseaux de la cabane c’est pire que le brouillage canal plus mon frère. Après t’as deux trois plans vite aif et ça se termine sur lui qui lui fait des bisous dans le cou et elle qui kiff ça façon Juliette dans les bras de Roméo. Mon gars j’espère que tu dors parce que la fin elle est trop oldschool cheum, elle a le choix entre son mari qui sort de prison et Dong-zob l’étudiant en art tout croque qui lui propose de venir vivre à Paris et elle choisit son vieux keum tolar. Genre ça se termine sur un plan où elle à nouveau chez elle en madame Ae-ma bien sage et lui il téléphone pour dire qu’il pourra pas rentrer ce soir, c’est le cycle infernal sans échappatoire mais moi je dis c’est un message politique de ouf vas y je t’explique.

 

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En fait le délire c’est qu’en Corée avant c’était des militaires qui dirigeaient tout, genre François Hollande featuring Laurence Parisot featuring Michel Drucker ils étaient partout quoi. En 1979 t’as leur chef qui clamse et pendant un moment on croit que c’est parti pour la démocratie, les partouzes et la décadence. En fait c’est un autre poto de la caserne qui prend le pouvoir sauf que le gars est malin c’est leur futur président de canal plus et il lance une politique avec comme blaze les 3 « s », genre le sexe, le sport et le screen (c’est un écran en anglais) pour tenir les gens éloignés de la politique (Y A UN LIEN ICI). Le gars il avait tout compris franchement 30 ans d’avance bsartek et le réal de Ae-ma woman même s’il aime trop les chevaux et qu’il est prude comme une nonne ben il avait capté l’écran de fumée et il voulait dire à ses potos coréens que le changement de régime c’était pas les clubs échangistes de Paris avec un étudiant en art mais un faux nouveaux départ avec la même équipe de branquignoles avec mensonges et coups de pute en tout genre. 

 

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Parce que tu vois mecton la vie c’est auch faut pas qu’on se laisse test’ sinon on va finir webmarketeur à prendre de la MDA en votant front de gauche pour s’échapper de la morosité de notre vie de fourmie hipster pourave et désabusée.


A plus gros et même si t’es un grand malade respect pour samedi,


JOY MEANS SICK XV3 REPRESENTS FOR MY PEOPLE

 

 

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PS : goleri ton poète de la crotte là, je connaissais pas mais il un bon flow je trouve.

PS2 : ta mère t’envoies du couscous tous les weekends mais comme elle a pas de réponse elle sait ap si tu les reçois et elle s’inquiète grave.

PS3 : mon gars le titre en coréen ça doit vouloir dire femme-centaure ou amazone de la life et parce que v'là les images que tu trouves quand tu le googles. Franchement ça expliquerait bien des choses même si ça reste grave chelou comme trip. Je t'ai imprimé quelques photos cadeau :

 

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애마부인 1

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Published by Joy Means Sick & Sans Congo - dans Erotique
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