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6 novembre 2011 7 06 /11 /novembre /2011 16:14

The Neighbor Zombie, 2010, Kino Mangosteen.

 

Produit par Jang Youn-Jung (aussi productrice de Invasion of Alien Bikini)

 

Réalisé par Hong Young-Guen (l'acteur de IOAB), Jang Youn-Jung, Oh Young-Doo (mari de Jang Youn-Jung et réalisateur de IOAB), Ryoo Hoon (lui louait le matos sur IOAB)

 

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Joy Means Sick se sent seul. Sans Congo l'a abandonné voilà maintenant près de deux semaines - peut-être moins qui sait, le temps est désormais une notion toute relative - pour se consacrer à des choses plus sérieuses : son avenir. Il s'agirait d'un pied dans une porte poids lourd, genre portail du Chateau de Versailles, et il parait qu'il reviendra ensuite, plus beau, plus fort. Au fond Joy Means Sick n'a jamais vraiment aimé le cinéma coréen, mais il aimait bien travailler avec Sans Congo, même si celui-ci est parfois un peu grognon. Du coup depuis la fin du FFCF (ou plutôt feu le FFCF), il traine sa grande carcasse de bar en bar et enchaine les jus d'orange pressés cherchant dans la vitamine C l'énergie qu'il n'a plus. En vain.

 

Les derniers film qu'il ait vu, c'est Polisse et Tintin.

 

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Alors aujourd'hui, parce que le reflet qu'il a croisé dans la glace ce matin avait vraiment trop une sale gueule, il a décidé de remettre le pied à l'étrier. Une telle motivation au milieu d'un océan de vacuité, il s'agit de lui attraper le falesard et de ne plus l'a lâcher jusqu'à destination. Direction The Neighbor Zombie du crew Kino Mangosteen déjà croisé à l'occasion de Invasion of Alien Bikini. C'est le premier film du crew, celui qui les a fait connaitre, ça devrait bien valoir tous les jus d'orange du monde.

 

The Neighbor Zombie, c'est ce qu'on appelle un omnibus, la mise au monde de six avortons depuis le même réceptacle. Et le tour de force, c'est qu'il y de presqu'autant papas différents que de rejetons. En même temps, ça parle de zombies... et JMS de penser à ses premiers contacts avec cette espèce, lorsqu'il s'appliquait à leur exploser la tête au fusil à pompe par pack de 5 sur PS1. Il pense à Resident Evil 2 et à ceux qui l'ont suivi... 

 

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De toute manière l'intro du film fait bien trop penser à un jeux vidéo : images dessinées de villes devastées, voix off, retour sur l'évolution du virus, contexte politique, etc. C'est coloré et bien fait, c'est l'histoire d'un vaccin contre le SIDA qui a mal tournée, et maintenant la Corée est touchée. Le nombre d'infectés augmente de manière incontrôlable, couvre feu et loi martiale sont au coin de la rue et grosso merdo on est dans la période où les autorités ont décidés qu'on ne pourrait jamais guérir les zombies et qu'il s'agissait désormais de les éradiquer. Voilà donc le terrain sur lequel vont devoir évoluer les différents réalisateurs qui se sont lancés dans l'aventure, intimiste ou action-man, y aura de toute manière toujours un zombie dans l'affaire. 

 

Craquements, Oh Young-doo

 

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Player 1 : Un type aux lunettes chelous sculpte des figurines chez lui.

Objectif: Sortir de chez lui.

 

Ennemi(s) : La maison et tous ses accessoires.

 

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Scénario du player 1 : Un bruit le fait sursauter alors qu'il sculpte une figurine de super-héros-guerrier et il se plante son outil dans la main. Premier sang. L'outil roule sous le lit, lorsqu'il tente d'aller le chercher (plan toujours efficace du type qui met la main sans voir ce qu'il y a), les ennuis commencent. Il se fait bouffer par son environnement et se retrouve incapable de sortir (une sorte de champ de force l'en empêche).

 

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Sympa et surtout bercée par une musique prenante et chiadée (des violons et du sang, Oldboy évidemment), une bonne allocation du budget : décor minimum, image qui ne fait pas trop cheap, effets limités et/ou répétés... en gros ils ont tout lâché dans le pied à la fin et ça paye. Le seul hic du film : une fois qu'on a compris qu'il n'allait pas pouvoir sortir (y a pas de raison que le champ magnétique s'évapore pendant qu'il va pisser) le seul enjeu c'est de savoir ce qu'il va devenir à l'intérieur. Un zombie donc. Pour le coup c'est un pur délire gratuit et assumé, pas de discours sur l'humanité, pas vraiment de suspens non plus, mais on s'en tape. 

 

La Fuite, Oh Young-doo    

 

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Player 1 : Elle (Ha Eun-ji l'Alien en bikini de invasion of...)

Objectif : Rester à tout prix avec son copain qui est un 4/5ème de zombie.

 

Player 2 : Son lui à elle, le 4/5ème de zombie, il peut parler mais il a des petites crises et l'air de souffrir en permanence.

Objectif n°1 : Faire survivre le player 1.

Objectif n°2 : Survivre.

 

Ennemis : Le monde extérieur et principalement les représentants de l'autorité (police et militaires) qui ont décidé qu'ils allaient désormais abattre tout ce qui ressemble à un zombie sans s’embarrasser de nuances type "on peut encore s'embrasser sans qu'il me mange la langue".

 

Scénario du Player 1 & 2 : Suite à l'annonce de la volonté des autorités d'éradiquer tous les infectés, ils doivent se barrer. Lui veut qu'il se sépare pour qu'elle puisse survivre, elle veut rester avec lui à tout prix.

 

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Comme tout bon jeu vidéo, ça commence par une intro qui donne le la sans pour autant expliquer la suite. C'est une histoire de ton, de note, histoire que tout le monde s'accorde. Ca commence dehors, ça pose le contexte et ça servira à définir un intérieur qui s'y oppose. Une meuf qui vient de faire les courses se fait sauter dessus par un zombard qui écrase ensuite une orange et regarde la ville en la dominant (on est en hauteur, une colline sûrement, ou le début d'une montagne, je ne sais pas). Mélange des genres volontaire ou non : ça partait presque comme un film romantico chiant avec tendance intello (sans doute les teintes brunes de l'image), bref un truc du mauvais côté de la frontière française ou pour être plus clair : du périphérique. Du coup voir cette sale gueule de zombie mal maquillé façon Romero débarquer, ça rend la chose bien plus fréquentable, et puis ça donne des idées pour un lifting de notre cinéma national. Imaginez Louis Garrel pourchassé par une horde de zombies qui finiraient par lui déchiqueter les tendons avec leurs petites quenottes... Histoire de tartiner un peu plus sur cette intro, on y trouve là encore une belle pirouette de film cheap mais pas con : on n'a pas les moyens de vous faire un Londres déserté façon 28 jours plus tard ? Ballec' (bas les c') mec, on va la jouer au son : sirènes et annonces de police, ça passe.

 

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Alors ensuite c'est donc un huis clos entre la belle et le moche, ils se font des poutous, c'est mignon dégueu, ils s'aiment et ça vire un peu guimauve. Bref un pote de 4/5ème de face se fait buter juste en bas de chez lui et on apprend que tous les infectés, qu'ils roulent des pelles aux humaines ou non, seront abattus à vue. Panique à bord, madame veut qu'ils se barrent (ils parlent d'un El Dorado lointain dans la campagne au sud de la Corée où on pourrait les soigner) mais évidemment on sait très bien qu'un road trip dans une Corée dévastée, vu le budget, c'est dead. Lui tente quand même de la convaincre de le laisser et d'aller vivre sa vie tant qu'elle n'est pas obligé de bouffer de la viande crue au petit déj, mais madame est têtue, et un peu conne : elle lui prend un croc de son avant bras pour devenir comme lui et l'obliger à la garder. On n'est pas tous de grands orateurs, parfois la persuasion c'est aussi des plans B. A partir de là, soit ils vont se bouffer, soit ils vont se faire tuer hors champ dès qu'ils mettront les pieds dehors. On va pas non plus vous spammer le film jusqu'au bout. 

 

Je t'aime maman, Hong Young-guen 

 

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Player 1 : La fille.

Objectif : Faire survivre sa mère.

 

Player 2 : Le flic

Objectif : Trouver et tuer des zombies.

 

Ennemi / Personnage à débloquer : la mère, enfin c'est comme ça que le voit le player 1. Parce que pour le reste de l'humanité c'est un tas de chair sanguinolent et rugissant emballé dans du film plastique.

 

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Mélange des genres, une fille seule chez elle avec une musique triste, elle regarde par la fenêtre et se prépare une infusion. Point de mélancolie amoureuse ici, par la fenêtre ce qu'elle voit c'est une chasse au zombie et la special touch qu'elle ajoute à son infusion n'est autre que son auriculaire. Elle se le coupe au couteau à beurre en serrant les dents, et nous aussi. « Je t'aime maman », maman est un zombie sanguinolent et l'amour filial est vraiment aveugle. C'est donc l'histoire du meuf qui a choisi de se découper en morceau pour nourrir sa mère attachée dans la pièce d'à côté. Comme souvent, le rapport intérieur/extérieur est fondamental : à l'intérieur la folie des sentiments, à l'extérieur un monde devenu fou et qui se débat sous la cape de la raison. Incompréhension et rencontre inévitable entre deux mondes devenus incompatible : un flic vient faire une tournée d'inspection, il repère maman et se fait assommer par sa fille.

 

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Trois personnages, un huis clos, pas mal de sang et pas la prétention de refaire le monde, le film fonctionne vraiment pas mal. En fait, jusqu'ici la frustration vient toujours à la fin, on débute toujours sur une situation forcément extraordinaire et on finit souvent de façon ordinaire (ATTENTION SPAM) :

  • Craquements : il devient un zombie

  • La Fuite : ils se font tuer en sortant

  • Je t'aime Maman : sa daronne finit par lui sauter dessus mais l'épargne (ce fameux zest d'humanité que sa fille était seule à voir et qui finalement, sans être révolutionnaire, n'est pas une fin si ordinaire)

C'est aussi tout le problème d'un court métrage avec déjà beaucoup de contraintes, quand se rajoute cette de l'histoire que l'on a mise en route, ça ne laisse plus tant d'espace pour se faufiler.

 

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L'Ere du Vaccin, Ryoo Hoon    

 

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Player 1 : Le vieux briscard. Chef de file de l'équipe de recherche de la CDC, il jouit d'une certaine autorité et peut se permettre d'affronter un zombie à mains nues. Coup spécial: briser la nuque de l'adversaire puis lui tirer une balle dans le crâne.

 

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Objectif : Survivre, mais ça c'est du classique, survivre au moins 1h en tout cas, ensuite un hélicoptère viendra les chercher. Accessoirement: tuer quelques zombies, trouver des survivants et récupérer les vaccins.

 

 

Player 2 : La jeune fille idéaliste, bonne élève, mais moins à l'aise dans le feu de l'action. Elle fait partie de l'équipe CDC.

 

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Objectif : Les mêmes que le player 1 avec dans un coin de sa tête le fait que sa mère est infectée.

 

 

Player 3 : Le type au bandana, dernier membre du trio CDC. Un peu moins discipliné mais un peu plus orienté action que le player 2.

 

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Objectif : Survivre 1 heure, récupérer les vaccins, mais pour sa gueule et sa petite fille infectée.

 

Player 4: Le scientifique qui nous fait l'intro en voix off. Il a quitté un laboratoire pharmaceutique (Brindell) qui sa faisait de la thune sur le dos des infectés avec des vaccins inefficaces et en bicravant une drogue nommée « zombie high ». Brindell aka Umbrella. Les recherches qu'il a fait dans son coin, il les a testées sur bibi, du coup il se retrouve à moitié Zombie avec une haleine de chacal qui l'oblige à porter un masque à gaz (ses poumons contiennent un gaz toxique). Mais il a trouvé le vaccin et a convoqué une équipe de médecin pour terminer ses recherches (enfin je crois). Talent particulier : étant lui même une déclinaison de zombie, il ne se fait pas attaquer par ses congénères.

 

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Objectif : Développer son vaccin, le rendre accessible à tous, sauver l'humanité, et se venger du labo pharmaceutique.

 

 

Ennemis : des zombies, plein de zombies, et une sorte de faux scientifique à lunettes qui une fois en mode « zombie high » se transforme en Hulk Hogan un peu palot.

 

Scénario : Une équipe de recherche de la CDC se rend dans un bâtiment de la zone infectée ou se tient la réunion des médecins convoqués par le player 4. Ils tombent sur un tas de zombie et un gros méchant.

 

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Début façon intro de jeux vidéo très stylée. Là encore un seul lieu : une sorte d'usine désaffectée en plein milieu de la zone contaminée.

 

Le film est sympa, toujours la même ambition de divertir, on reprend des codes connus et on s'éclate avec. Perso, j'ai retrouvé mes sensations d'ados devant Resident Evil ou de moins ado devant Left 4 Dead, avec une pointe de Dragon Ball Z pour le scénario du combat face au grand méchant. C'est le premier de la série qui nous place du point de vue des militaires, c'est aussi le premier qui s'oriente clairement action, le premier où les protagonistes ne sont pas écrasés par la situation, le premier dont une grande partie se passe en extérieur (le toit d'un immeuble). La photo et le maquillage m'ont étrangement fait penser à Natural City (les teintes bleues et les gueules farinées), les scènes d'action à The Code of a Duel et le scenario aux Resident Evil (je ne parle pas des films hein). Finalement un bon cocktail.

 

Je suis tellement désolé, Jang Yun-jung

(je savais bien que c'était un film de meuf)

 

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Player 1 : ancien employé de Brindell (leur Umbrella à eux), ancien infecté (leur zombie à eux), il vit maintenant en marge de la société. Pas de taf, pas de meuf, pas d'argent, mais des cauchemar à revendre (il revit sa période zombie) et, on l'a compris dès le titre, pas mal de regrets.

Objectif : se faire pardonner, se pardonner, un truc très psychologique et très catho.

 

Ennemi n°1 : une jeune fille qui vient lui planter un couteau dans le bras ou dans la jambe à intervalles réguliers. Très jolie symbole de sa culpabilité.

 

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Ennemi n°2 : un braqueur déguisé en cow-boy, accessoirement ancien zombie et qui préfère la revanche à la culpabilité.

 

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Contexte : On est désormais dans la période qui suit l'épidémie. Le remède a bien été trouvé, ce qui donne un goût différent à tous les headshots de zombies qu'on a pu voir dans les épisodes précédents.

 

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Le point fort du film, c'est son contexte post-post apocalyptique, qui dans la catégorie fantastique ne me semble pas avoir été déjà évoqué sous mes yeux au cinéma. Dans les rubriques connexes on a bien sûr tous les films traitant de l'après guerre, quelle qu'elle soit, mais ici la nuances c'est que l'on juge des humains sur ce qu'ils ont fait pendant une période où ils n'étaient plus considérés comme tels. Le film se concentre sur la question d'un point de vue personnel - comment le personnage essaie de se (faire) pardonner, comment la jeune fille ne lui pardonne pas – et laisse quelques indices sur la façon dont la société a décidé de gérer le retour à la normale : apparemment les ex-infectés sont régulièrement contrôlés, n'arrivent pas à trouver de travail, etc, mais il n'y a pas de procès. On fait table rase, mais quand même attention.

 

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Ce que l'on nous donne d'abord, c'est ce personnage dont je n'ai pas retenu le nom mais qui pourrait faire dire que le film est éponyme tant il incarne « je suis tellement désolé ». Alors forcément c'est pas très funky, c'est intéressant de voir ce que le scénariste propose comme solution adoptée par le gouvernement pour gérer les anciens infectés, mais voir machin se répéter des prières dans son lit après chaque cauchemar, voilà quoi. C'est d'ailleurs pour ça que le film ne s'en contente pas et fait intervenir deux autres personnages qui vont livrer le débat qui ne se fait pas à l'intérieur de cet homme qui vit le dos courbé. La belle vengeresse et le brigand amer. Elle, on l'a déjà dit, elle lui plante deux fois un couteau dans le corps sans qu'il ne bronche : on l'a compris, pour lui, qui que soit cette meuf, il mérite des coups de couteaux. Ce qui ne l'empêchera pas de demander grâce quand mademoiselle reviendra avec des intentions plus définitives. C'est d'ailleurs à ce moment là qu'intervient, par une pirouette de scenario assez faible il faut bien l'avouer, le troisième personnage, braqueur ex-zombie, qui lui a un point de vue un peu différent : ce sont les gens normaux qui tuaient les zombies. Et comme il se souvient de ce qu'il a du faire pour survivre à ce moment là, ça lui reste en travers de la gorge. Alors pour lui la beauté symbolique de la meuf qui veut venger ses parents que notre player 1 a mordu et contaminé durant sa période sombre (les parents se sont fait battre à mort par d'autres gens ensuite), il appelle ça une belle salope. Le final voit donc s'opposer la thèse et l'antithèse et notre ami pleurnichard se voit contraint de choisir son camp.

 

 

Delivrance (Pain Killer en anglais), Hong Young-guen

 

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Player 1 : un écrivain/scénariste

Objectif : terminer son travail dans les temps

 

Armes : un ordinateur, plusieurs écrans, un clavier, un tuyau pour pisser sans bouger, etc.

 

Ennemis: le temps

 

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Ce n'est pas parce que c'est le petit dernier de nos voisins les zombies qu'on va faire court, c'est plutôt parce qu'il n'y pas grand chose à dire. Le film tourne autour de ce type qui lutte contre le temps (très symboliquement symbolisé par un chrono en bas à gauche de l'écran) et écrit à toute vitesse (et le texte s'affiche sur ses écrans comme sur le notre). Ça aurait pu faire un film névrosé façon Barton Fink, mais non, la musique fait penser au menu d'un DVD et la répétition d'une même action accentue encore cet effet. En plus quand on ne comprend pas le coréen on se demande si ce n'est pas un générique avant l'heure au moment où ressurgissent des images des courts métrages précédents. Et puis là encore la fin est assez classique, pas une cerise sur le gâteau donc, mais au moins, même avec un tel pitch, ils arrivent à nous placer un zombie et un M16.

 

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En tout cas, Kino Mangosteen, c'est un nom qu'on retiendra.

D'ailleurs on va tâcher de vous présenter l'équipe.

 

Le noyau dur :

 


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Jang Youn-jung

Spécialité dans l'industrie du cinéma : maquillage et costumes

Poste récurrent chez Kino Mangosteen : Production

Segment réalisé : Je suis tellement désolé

Rôle dans le film : "interscene 1 - Girl", euh... 

Lien avec l'équipe : en ménage avec Oh Young-Doo

 

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Oh Young-doo

Spécialité dans l'industrie du cinéma : Réalisation et direction artistique

Poste récurrent chez Kino Mangosteen : Réalisateur, monteur

Segments réalisés : Craquements, La Fuite

Rôle dans le film : Le soldat du segment "Delivrance"

Lien avec l'équipe : en ménage avec Jang Youn-jung

 

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Hong Young-Guen

Spécialité dans l'industrie du cinéma : Acteur

Poste récurrents chez Kino Mangosteen : Acteur

Segments réalisés : Je t'aime maman

Rôle(s) dans le film :  Seg. 1- Zombie / Seg.2 - voix du tueur de zombie n°2 / Seg.3 - "Shovel handle" en anglais / Seg.4 - Zombie3 / Seg.5 - Collègue n°2 / Interscene 1 - Zombie 

Lien avec l'équipe : ?

 

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Ryoo Hoon

Spécialité dans l'industrie du cinéma : Production - Régie

Poste récurrents chez Kino Mangosteen : Louer le matos

Segments réalisés : L'Ere du Vaccin

Rôle(s) dans le film : Seg.1 - Le livreur / Seg.3 - l'homme qui fuit / Seg.5 - collègue 1 / Seg.6 l'écrivain

Lien avec l'équipe : ?

 

 

Les copains/copines :

 

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Ha Eun-jeong

Dans l'industrie du cinéma : actrice

Chez Kino Mangosteen : Actrice (rôle principal féminin de Invasion of Alien Bikini)

Rôle dans le film : la fille du segment "La Fuite"

 

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Kim Yeo-jin

Dans l'industrie du cinéma : actrice

Chez Kino Mangosteen : actrice, ingénieur du son

Rôle dans le film : La maman zombie du segment "Je t'aime maman" (elle est né en 1986, chapeau le maquillage)

 

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Bae Yong-geun

Dans l'industrie du cinéma :acteur (et ça marche pas mal pour lui)

Chez Kino Mangosteen : acteur

Rôles dans le film : l'homme du segment "La fuite", il apparait aussi dans les segments 4 et 5

 

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Lim Jeong-seon

Dans l'industrie du cinéma : actrice (pas un gros CV apparemment)

Chez Kino Mangosteen : actrice

Dans le film : la fille du segment "Je t'aime maman", elle est né en 1979 et est plus âgée que l'actrice qui joue sa mère.

 

 

Y en a sûrement d'autres (on ne va pas dérouler tout le casting du film), l'avenir et les éventuels commentaires nous dirons s'il y a un oubli majeur.

 

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Published by Joy Means Sick & Sans Congo - dans Courts Métrages
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12 décembre 2010 7 12 /12 /décembre /2010 17:42

Incoherence, 1994, de Bong Joon-ho.

 

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Il vaut mieux voir le film avant de lire, d'ailleurs il est sur youtube avec des sous-titres anglais :

 

 

Incoherence a été invité aux festivals de San Diego et de Hong Kong – et peut-être ailleurs. Il s’agissait pour Bong Joon-ho de recevoir une première reconnaissance à l’étranger pour son éphèbe travail. Peu de poils au menton et plutôt jeune donc. Bong Joon-ho avait 25 ans en 1994. Il n’avait pas encore fini ses études à la KAFA. Oui, toi qui lis ce texte, et qui as plus de 25 ans, tu peux te morfondre au fond de ton siège, rejoignant dans ta misère une voie ouverte il y a plus de 2 000 ans par Jules César himself qui se plaignait à 30 ans de n’avoir rien accompli de son existence alors qu’Alexandre à pareil âge avait déjà conquis la moitié de monde connu. Sauf qu’en plus, tu ne seras certainement pas un César. Tristes Tropiques, encore une fois, mais enfin, le propos s’égare.

 

incoherence bong joon ho f

 

Quand même, s’il est permis d’adresser un message solennel, pour ne pas dire une chaude exhortation, à tous les jeunes de l’univers, et aux jeunes français en premier - qui feront du 7ième art leur métier-, ce serait sincèrement d’en prendre de la graine. Un court-métrage, c’est un propos dont la teneur se résume en une phrase. Surtout, un court-métrage, c’est simple et c’est clair. Il faut avoir à l’esprit l’image des billets qui firent et défirent les réputations, et fomentèrent les manigances parisiennes les plus génialement synthétisés en quelques lignes, dont les romans des XVIIIe et XIXe siècles retracent l’existence. De manière plus prosaïque, penser au texto. Le principe est toujours le même : un espace contraint, et une contrainte de style. Inutile de dire que l’Histoire retiendra le message le plus épuré, le plus distingué. De l’appel du 18 juin au coup de boule de Zizou, la visée est la même, forcément ambitieuse : l’aphorisme total. Bong Joon-ho est différent, évidemment, parce que son travail a de la gueule. Son œuvre est personnelle – oui, oui cela veut bien dire qu’a contrario certains réalisateurs ont des démarches empruntées -, en même temps qu’elle est frappée du coin de l’universel ; i.e. la marque des plus grands. Si nous étions stupidement chauvins, faisant peu de cas du principe de différence, nous n’hésiterions pas à affirmer que d’une certaine manière Bong Joon-ho est cartésien, ergo il est Français. Tout ça pour dire que le style est la summa divisio du court-métrage. Et pour parachever cet oukase de manière franchement autoritaire, rien de mieux qu’une citation de Marcel Proust, dont nous n’avons bien évidemment lu aucun livre, mais qui renferme tendrement ce que nous entendons par le style, et ce qui fait de Bong Joon-ho un patriarche du cinéma : « […] les yeux de l'esprit sont tournés au dedans, il faut s'efforcer de rendre avec la plus grande fidélité possible le modèle intérieur. Un seul trait ajouté (pour briller, ou pour ne pas trop briller, pour obéir à un vain désir d'étonner, ou à l'enfantine volonté de rester « classique ») suffit à compromettre le succès de l'expérience et la découverte d'une loi. On n'a pas trop de toutes ses forces de soumission au réel, pour arriver à faire passer l'impression la plus simple en apparence, du monde de l'invisible dans celui si différent du concret où l'ineffable se résout en claires formules »

 

Rocca, les jeunes de l’univers :

 

 

Du style donc. Le court-métrage (en fait long court-métrage ou court moyen-métrage) est coupé en 4 parties : trois parties dédiées chacune à une micro saynète autour d’un personnage et un épilogue impeccablement plié qui tombe comme l’addition d’un repas frugal mais sophistiqué. (ATTENTION, CA VA SPOILER SEC). La première partie doit certainement être un hommage pubère à son Carnet B (allez clique sur ton point culture ! http://fr.wikipedia.org/wiki/Carnet_B). Elle montre un professeur, qu’on imagine de sociologie parce qu’il parle d’Adorno, qui se fait des films sur une de ses élèves, tout ce qu’il y a de plus mignonne. Ce petit cochon a un petit pêché mignon qui consiste à se palucher tranquillement, un mug de café à portée de main, sur la lecture d’une revue de charme. Le personnage est trop commun pour qu’on ne remercie pas assez Bong Joon-ho d’avoir mis un visage sur ce fort sentiment d’oppression que chacun a pu ressentir face à une partie du corps professoral, frustrée et nocive, qui tôt ou tard finit par pourrir l’innocent parcours scolaire du jeune quidam. La deuxième partie est peut-être plus loufoque et détachée. Un homme d’un âge raisonnablement avancé fait son jogging dans un petit quartier irrégulièrement maillé de ruelles et de passages discrets. Il porte un survêtement blanc type « lacoste » - sans toutefois être attifé du tee-shirt NYPD et des Ray-bans Aviator auxquels la Ve République nous avait dernièrement habitués-, et gruge un vendeur de journaux en le faisant passer pour un voleur de briques de laits. La dernière partie est carrément scato : un type bourré passe une sale soirée à essayer, d’une manière ou d’une autre, à purger son corps de l’alcool qui ronge ses parois intestinales. En quête d’un nid douillet pour mener son digne office, il se fait prendre en flag par un gardien alors qu’il était en train de rendre à la nature son dû sur une pelouse discrète. Sous les remontrances du gardien, il décide de se venger – ou peut-être la dignité impose-t-elle d’affirmer que l’alcool décide à sa place – sur un mode très Salo ou les 120 jours de Sodome. Bref, le point commun entre ces trois scènes c’est que chacun des protagonistes est un « entrepreneur moral » ; ils se retrouvent dans l’épilogue sur un plateau de télévision à parler de la « crise morale » qui traverse la société. Le premier est comme nous l’avons vu professeur de philosophie-sociologie. Le deuxième, qui s’acoquinait avec le vice en coste-la blanc – la casquette et la banane eurent été du goût le plus raffiné-, est rédacteur en chef d’un journal conservateur. Et le dernier, le meilleur peut-être, qui est en fait un procureur et qui regrette le gouvernement militaire. 1994, ce n’est jamais que sept ans seulement après le début de la transition démocratique ; la marque du général Chun Doo-hwan semble vive. En bon faillot qu’il est, ce sycophante postmoderne appelle de ses vœux à un pronunciamiento alors que les différents protagonistes-miroirs, ou alter ego « quelconques » (respectivement l’étudiante, le vendeur de journal, le gardien), persistent dans leur quotidien.

 

incoherence bong joon ho e

 

Le message est donc cristallin, et bébé BJH lance son premier prêche, une manière de concile, son Rerum Novarum chirurgical, en investissant l’espace encore lisse de son œuvre à l’aide de la composante « petites gens ». Inutile de le répéter, mais on va le faire quand même : Memories of Murder, The Host, Mother, il s’agit toujours de faibles qu’on spolie de manière injuste. On serait presque tenté de dire, sans être péjoratif, que c’est une dissertation, très intelligente, d’un étudiant en sociologie (ah mais ça tombe bien c’est effectivement ce qu’il était ! Hé hé…). 1994, il ne faut pas oublier qu’on est dans une forme de prolongement de la première « nouvelle vague coréenne », celle qui a porté aux nues des noms fameux comme Park Kwang-su, Lee Myung-se (Duelist). D’ailleurs voici une anecdote -  forcément intéressante - qui permet de situer l’enjeu et d’ajouter quelques points en plus sur le compteur de Bong Joon-ho. En 1993, le Centre Georges Pompidou publie, à la suite de son exposition sur le sujet, un livre nommé Le cinéma coréen, sous la direction d’Adriano Aprà. Un article en particulier mérite notre attention, c’est celui Kang Han-sup, ancien directeur de la KOFIC, à propos de « la nouvelle vague coréenne ». Ce dernier dresse un portrait plutôt flatteur de la nouvelle génération de cinéastes, tout en marquant un certain nombre d’insuffisance dans leur démarche (page 81). Ce propos vaut ce qu’il vaut, mais ce qui sonne comme un oracle trébuchant se déroule quelques lignes plus loin lorsque Kang Han-sup écrit : « […] pour cette raison, à notre avis la vraie génération de l’image n’est pas encore apparue. Et malgré ses graves défauts, la nouvelle génération coréenne possède une immense potentialité, qui est sur le point de se réaliser ». Que celui ou celle qui ne voit pas gravé en lettres d’or sur le non-dit de cette phrase le nom de notre blog, KIM-BONG-PARK, passe son chemin, ou nous nous ferons un plaisir de lui jeter la première pierre.

 

incoherence bong joon ho d

 

Bref, cette vaste digression pour dire qu’Incoherence porte déjà la marque future de Bong Joon-ho. L’exercice est forcément délicat pour nous dans la mesure où nous n’avons pas le droit, conformément à notre Pacte des Loups, de traiter, évoquer, effleurer, ou concevoir mentalement les prolégomènes à d’éventuels commentaires de l’œuvre de Bong Joon-ho. Mais en ces temps de crises, de malheurs, où le fils frappe le père et l’animal mange à la table de l’homme, nous considérons que l’éthique et la morale sont comme momentanément suspendus. C’est ainsi qu’il nous sera loisible d’avancer quelques éléments sur ce court-métrage. Il est tout d’abord intéressant de constater que l’environnement dans lequel se déroulent les intrigues correspond à des zones de petit urbanisme – à l’exception, partielle, du troisième fragment. Le bitume n’y est jamais grand empereur de droit divin. Il y a toujours de la verdure qui contrecarre la froide étendue du béton. C’est assez compliqué à caractériser, mais il y a une manière de fifty-fifty, une sorte de statut quo environnemental. L’écologie, ou le paysage – et non la nature-, ou la jardinerie dans l’œuvre de Bong Joon-ho, ce serait un bon sujet de mémoire tiens. Le premier plan, qui ouvre le première partie, celle d’un escalier filmé en contre-plongée, qui s’ouvre sur un étroite zone atmosphérique, et dont la perspective se trouve comme engluée, ou mise sous tutelle, par une déferlante broussailleuse et verdâtre, forcément vitale, ça c’est franchement une profession de foi, un paradigme. Peut-être oserions-nous dire, si nous étions journalistes à Positif, sur un auguste nuage et des éclairs à la main, que ce plan constitue la clé de voûte de son œuvre. Mais point trop n’en faut, il faut raison garder.

 

incoherence bong joon ho c

 

Il y a un autre motif, qui pour le coup est obsessionnel : la course. Il y a toujours des personnages qui courent dans les films de Bong Joon-ho. Il y a toujours une urgence, ou un retard. Et qui dit course, dit dynamique. Bong Joon-ho expérimente les différentes manières de saisir le mouvement, que ce soit par caméra embarquée en pleine subjectivité, ou par caméra fixe, objective, pour ne pas dire arbitrale. Voilà un autre sujet de mémoire qui tomberait comme un bingo. Inutile encore une fois de rappeler que la course est une rengaine immodérément répétée dans l’œuvre de BJH. Cela demanderait une analyse approfondie, mais une des idées que l’on peut retenir est que cette course implique une idée de retard. C’est comme si le sujet ne cesse jamais d’échapper aux protagonistes. Cette manière de concevoir un film comme un objet tendu est évidemment un subterfuge significatif, et pleinement effectif, à condition d’exploiter cette posture de manière adéquate avec le propos que l’on souhaite diffuser ; il y a bien quelque chose qui s’échappe dans ce court-métrage, c’est l’idée que la corruption et le vrai crime se situent dans les hautes sphères. Donc d’une certaine manière, la course est presque une conséquence nécessaire des thématiques de BJH. Voilà donc, sans aller plus loin, pourquoi la course est un élément clé dans l’œuvre de BJH. Un grand lecteur de Dostoïevski ce bougre. Dostoïevski, c’est le maître du personnage toujours en retard : il y a toujours quelque chose qui reste à faire dans ses romans, toujours un retard. La décadence russe avait du bon.

 

incoherence bong joon ho b

 

Et pour finir, la musique. C’est la jointure du film, qui est d’autant plus réussie qu’on ne la « voit » pas. Là, il suffit de voir le film, il parle pour soi. Toujours simple, pas plus de deux instruments - cordes, cuivres ou piano-, qui ne servent pas l’intrigue, mais soutiennent le cadre. Encore une idée sympa. Il ne s’agit pas d’utiliser la musique selon un mouvement « action > effet sonore » à la manière des Pilgrim fathers du cinéma, voguant sur un Mayflower bancal en direction de l’expressionisme incertain. Structurelle, la musique est ici une prolongation schématique, voire institutionnalisée, du cadre naturel de l’intrigue. Exemple : le deuxième fragment, qui se déroule au petit matin, lorsque le marchand de journaux effectue sa distribution. La musique « fait » l’aube. Elle est une sorte d’extension construite du chant matinal des oisillons. On retrouvera le même procédé dans les autres parties. L’idée est donc encore une fois d’une imbrication totale des différents aspects, ou éléments, de la narration. Bong Joon-ho laisse sa trace partout dans son film. Son empreinte est immanente. Il y a de la maîtrise, au sens noble du terme. C’est un chef d’orchestre qui connaît les partitions de chaque instrument, mais qui ne brusques aucun musicien pour ne pas briser la dynamique naturelle de l’œuvre. Bref, ça fait kiffer. CQFD.

 

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12 novembre 2010 5 12 /11 /novembre /2010 23:18

Joy Means Sick à Sans Congo : « Cher collègue, il y a quelques jours, nous présentions la sélection de la section spéciale du festival du film coréen sous le titre « les courts des grands ». Ce soir, conformément à notre feuille de route, je suis allé voir le premier de ces programmes, la « spéciale 1 ». Deux courts de Bong Joon-ho, deux de Na Hong-jin, une conclusion : les mecs ne nous ont pas attendus pour être doués. Ca m’a secoué, bousculé dans toutes mes ambitions… faut qu’on parle ».

 


SPECIALE 1 

 

Mercredi 10 novembre - 18h - Action Christine Salle 2

Vendredi 12 novembre - 16h30 - Action Christine Salle 2

 

A Perfect Red Snapper Dish, Na Hong-jin, 2005, 9 min.

 

a perfect red snapper dish 

 

Notre a priori : « Na Hong-jin (deux ans avant d'attaquer The Chaser) filme un cuisinier dénué de talent qui s'échine sur une recette de cuisine avec pour slogan "practice makes perfect". Tout ce qui s'attaque au "divino artista" bénéficie d'un a priori positif pour moi ("l'œuvre d'art est une somme de procédés" Viktor Chklovski, l'un des chefs de file du formalisme russe des années 1920), alors si en plus il s'agit de Na Hong-jin... »

 

PS : Red Snapper = Vivaneau Rouge, du poisson donc.

 

Et depuis… « Je relis mes modestes notes sur le film et cuve mon vin. Sans Congo, j’ai craqué. J’ai failli, physiquement et moralement. Physiquement, avec cinq heures de sommeil dans les pattes et une journée bien remplie, je n’ai pas pu assister à la séance suivante Die Bad, que je mourrais d’envie de voir il y a quelques jours. Moralement, j’ai été roué de coups par quatre courts métrages qui possèdent peut-être quelques défauts mais tellement de qualités… J’ai vacillé comme un apprenti footballeur qui regarderait les premières roulettes de Zidane à son époque cannoise (la double, tu t’en souviens hein ?). Ce n'est pas encore France Portugal de l'euro 2000 mais tout est là. Red Snapper Dish est d’ailleurs le dernier de la séance, un uppercut en plein menton que j’ai encaissé le sourire aux lèvres : on ne se refait pas.

 

Dans une cuisine aux allures de laboratoires pour savant fou, Na Hong-jin met en scène un cuisinier qui tente l’impossible et de satisfaire sa commande : réussir un plat parfait. Pas besoin d’aller chercher bien loin la référence au cinéma, à l’art ou à la vie en général, pas besoin non plus de révéler la chute, c’est le traitement qui est ahurissant de maitrise et de talent. « Petit un », la musique. Alors on peut s’amuser sur de la K-pop, mais en matière de courts métrage les coréens peuvent se montrer d’un sérieux redoutable. A vrai dire je me souviens que c’est rythmé, que ça colle aux images sans les dénaturer et que j’ai noté trois fois en gros sur mon petit cahier (à côté des petits cœurs rouges dédiés à Na Hong-jin) qu’elle était trop stylée. A part ça, rien à redire, entre les Danaïdes et Sisyphe, le scenario est habile et ponctué d’un humour cruellement efficace. Les images sont nickelles, la mise en scène impressionnante, le montage ultra stylé… 9 minutes de bonheur, un rail de coke puis une descente douloureuse pour tout apprenti cinéaste. »

 

Liens :

- Viktor Chkloski sur Wikipedia

- Une autre façon de cuisiné ce poisson, filmée de mnaière plus utilitaire.

- Article sur The Chaser

 

 

 

Sweat, Na Hong-jin, 2007,  12 min.

 

sweat

 

 

"Une destinée faite de moments de vie, sombres ou lumineux, qu’à travers la métaphore de l’eau et ses variations (sueur, vapeur, sang)." (site du FFCF). Difficile d'obtenir plus de renseignement sur ce second court métrage de Na Hong-jin, mais c'est suffisant pour mettre l'eau à la bouche.

 

« Comme on dit chez moi, OULALA. Il est fort possible que ce soit mon film préféré de la soirée et pourtant… difficile de dire quoi ça parle. Surement parce que ça ne parle pas d’ailleurs et qu’il y a une raison si Na Hong-jin a préféré aux mots les images, les sons et le mouvement pour s’exprimer. J’ai noté « abstraction sur une sécrétion pleine de sens : la sueur ». C’est tourné en noir et blanc avec beaucoup de gros plans et de ralentis, on pourrait appeler ça de la poésie mais c’est bien plus que cela. Le film est composé de plusieurs tableaux, on parlait d’une destinée sur le site du FFCF, perso je n’ai même pas reconnu le personnage d’une scène à l’autre. Masseur, mécano, armé d’un fer à repassé dans un pressing, ouvrier sur un chantier, cuistot dans un boui-boui, boxeur, amant (c’est peut-être une feinte d’ailleurs, mais tellement réussie que j’accepte d’y plonger trois heures après), il y a peut-être l’idée qu’il dégouline sur ceux pour qui il travaille, les marquants ainsi du labeur dont ils détournent les yeux, et il y sûrement beaucoup plus. Et si jamais quelqu’un met la main sur le compositeur de ce film (d’étudiant ? ce serait flippant), notez son nom, son adresse, son numéro de téléphone : j’ai une déclaration d’amour à lui faire. »

 

Remarque : Na Hong-jin n'a pas de page wikipedia en anglais, quel scandale !

 

Cadeau, la bande annonce du prochain de film de Na Hong-jin, Yellow Sea. Ce serait une idée pour le film d’ouverture du FFCF 2011 ça non ?

 

 


 

 


-

Incoherence, Bong joon-ho, 31 min.

 

incohérence

 

Du film de fin d'études de Bong Joon-ho à la KAFA (Korean Academy of Film Art) on peut lire ici ou là qu'il "dénonce" le comportement des puissants ou "critique" la société coréenne. Un film qui dénonce ou critique, ça me semble toujours problématique, parce que ce n'est pas forcément dans la nature d'un film d'agir. Enfin bon, le FFCF a mieux choisi ses mots en disant qu'il "dévoile" l'hypocrisie des classes dirigeantes. Et cela il le fait à travers trois tableaux intitulés Coackroch, Up the Alleys et The Night of Pain.

 

De toute manière qui refuserait de voir sur grand écran un film étudiant (en 1994 il avait quand même 26 ans Bong) de celui qui a ensuite enchainé Barking Dog Never Byte, Memories of Murder, The Host et Mother?

 

« S’il existe des gens qui lisent ce blog de manière régulière, ils doivent familier de notre code de conduite : on ne parlera pas de nos trois maitres, Kim Ki-Duk, Bong Joon-ho et Park Chan-wook, avant d’être parfaitement prêts, documentés et entrainés. Du coup, tenons nous en aux faits : le film est découpé en quatre parties, trois épisodes de comédie et un épilogue (ce qui est bien plus malin que l’inévitable chute) qui les lie, leur donne du sens et un goût aigre doux. Bong Joon-ho avait déjà compris beaucoup de choses en matière de cinéma et sans si je n’avais juré sur la tête de Choi Min-sik de ne pas m’écarter du Code, je lui enverrai bien quelques fleurs ».

 

Comme tout le monde ne pourra pas venir au festival, y a une séance de rattrapage sur youtube (pour les autres ce serait vraiment trop bête de rater l'occasion de les voir en salle) :

 

 


 

 

 

 

 

Influenza, Bong joon-ho, 30 min.

  influenza

 

 

"Le trajet d'un homme ordinaire filmé par plusieurs caméras de surveillance qui le pousse progressivement à la violence" (FFCF). Bong Joon-ho + Corée + Progression vers la violence = Intérêt certain pour nous. Léger bémol : 30 minutes d'images de vidéo surveillance... c'est dangereux.

 

Un mot tout de même sur la naissance du film, en 2004. Chaque année, le Jeonju International Film Festival donne 50 000 dollars à trois réalisateurs pour qu'ils réalisent un "court" (30 minutes quand même) métrage en vidéo. Bong Joon-ho n'est pas le seul nom prestigieux à s'être prêté au jeu, on retrouve aussi Hong Sang-soo (cf Lost in the Mountain, spéciale 2), Apichatpong Weerasethakul, Park Kwang-su ou Jia Zhangke.

 

« Et voilà la dernier ou plutôt le premier si l’on s’en tient à l’ordre de programmation. On ne peut toujours pas parler de la qualité du film (en même temps c’est marqué dessus « Bong Joon-ho ») mais signalons tout de même que le film a été tourné avec de véritables caméras de surveillance dont les bandes ont ensuite été récupérées ! De manière plutôt étonnante pour un court métrage l’intrigue se déroule sur plusieurs années, de manière fort réjouissante elle commence par un sketch dans des toilettes publiques. Mais je sens déjà le haut comité de surveillance qui bouillonne, juste le temps de glisser aux éventuels spectateurs de prêter une attention particulière au traitement sonore du film ».

 

Lien - Le site du Festival de Jeonju

 

Pour aller plus loin dans l'utilisation des caméras de surveillance au cinéma : Filatures, de Yau Nai Hoi, produit par Johnnie To, Hong-Kong.

 

 

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3 novembre 2010 3 03 /11 /novembre /2010 22:15

Du mardi 9 au mardi 16 novembre, se déroule à Paris le Festival du Film Coréen pour lequel nous aurons le titre honorifique (et intéressant) de "Daily Bloggers". On vous propose un premier passage en revue du programme avant d'y revenir durant le festival afin de comparer avis a priori et a posteriori.

 

Dans cet article, un gros plan sur la Section Spéciale : 3 séances et 10 courts métrages consacrés à 5 réalisateurs qui ont le vent en poupe.

 

LE SITE DU FFCF : http://www.ffcf-cinema.com

 

 

 

SPECIALE 1

 

Mercredi 10 novembre - 18h - Action Christine Salle 2

Vendredi 12 novembre - 16h30 - Action Christine Salle 2

 

Quatre courts métrages, deux de Na Hong-jin, deux de Bong Joon-ho.

 

 

A Perfect Red Snapper Dish, Na Hong-jin, 2005, 9 min.

 

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Na Hong-jin (deux ans avant d'attaquer The Chaser) filme un cuisinier dénué de talent qui s'échinne sur une recette de cuisine avec pour slogan "practice makes perfect". Tout ce qui s'attaque au "divino artista" bénéficie d'un a priori positif pour moi ("l'oeuvre d'art est une somme de procédés" Viktor Chklovski, l'un des chefs de file du formalisme russe des années 1920), alors si en plus il s'agit de Na Hong-jin...

 

PS : Red Snapper = Vivaneau Rouge, du poisson donc.

 

Liens :

- Viktor Chkloski sur Wikipedia

- Une autre façon de cuisiné ce poisson, filmée de mnaière plus utilitaire.

- Article sur The Chaser

 

 

 

Sweat, Na Hong-jin, 2007,  12 min.

 

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"Une destinée faite de moments de vie, sombres ou lumineux, qu’à travers la métaphore de l’eau et ses variations (sueur, vapeur, sang).". (site du FFCF). Difficile d'obtenir plus de renseignement sur ce second court métrage de Na Hong-jin, mais c'est suffisant pour mettre l'eau à la bouche.

 

Remarque : Na Hong-jin n'a pas de page wikipedia en anglais !

 

Cadeau, la bande annonce du prochain de film de Na Hong-jin, Yellow Sea. O U L A L A.

 

 

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Incoherence, Bong joon-ho, 31 min.

incohérence

Du film de fin d'études de Bong Joon-ho à la KAFA (Korean Academy of Film Art) on peut lire ici ou là qu'il "dénonce" le comportement des puissants ou "critique" la société coréenne. Un film qui dénonce ou critique, ça me semble toujours problématique, parce que ce n'est pas forcément dans la nature d'un film d'agir. Enfin bon, le FFCF a mieux choisi ses mots en disant qu'il "dévoile" l'hypocrisie des classes dirigeantes. Et cela il le fait à travers trois tableaux intitulés Coackroch, Up the Alleys et The Night of Pain.

De toute manière qui refuserait de voir sur grand écran un film étudiant (en 2005 il avait quand même 26 ans Bong) de celui qui a ensuite enchainé Barking Dog Never Byte, Memories of Murder, The Host et Mother?

Personne. Mais comme tout le monde ne pourra pas venir au festival, y a une séance de rattrapage sur youtube :

 

 

 

 

Influenza, Bong joon-ho, 30 min.

 

influenza

 

"Le trajet d'un homme ordinaire filmé par plusieurs caméras de surveillance qui le pousse progressivement à la violence" (FFCF). Bong Joon-ho + Corée + Progression vers la violence = Intérêt certain pour nous. Léger bémol : 30 minutes d'images de vidéo surveillance... c'est dangereux.

 

Un mot tout de même sur la naissance du film, en 2004. Chaque année, le Jeonju International Film Festival donne 50 000 dollars à trois réalisateurs pour qu'ils réalisent un "court" (30 minutes quand même) métrage en vidéo. Bong Joon-ho n'est pas le seul nom prestigieux à s'être prêté au jeu, on retrouve aussi Hong Sang-soo (cf Lost in the Mountain, spéciale 2), Apichatpong Weerasethakul, Park Kwang-su ou Jia Zhangke.

 

Lien - Le site du Festival de Jeonju

 

 

 

 

SPECIALE 2

 

Mercredi 22 novembre - 22h - Action Christine Salle 

Vendredi 12 novembre - 22h - Action Christine Salle 2

 

La seconde unité spéciale du festival 2010 est composée de deux courts de Park Chan-wook et, puisqu'il en faut pour tous les goûts, un de Hong Sang-soo.

 

 

Judgment, Park Chan-Wook, 26 min.


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Bong Joon-ho n'a pas de page wikipedia en anglais, ce court de Park Chan-wook en a une pour lui tout seul, et longue en plus. Très loin de nous l'idée qu'il y a là une sorte de justice céleste, bien au contraire. Mais disons que c'est le genre de détails qui en dit long sur la popularité du réalisateur d'Oldboy. Le film devrait être à la hauteur,  jusqu'ici Maitre Park ne nous a jamais déçu. Et non nous ne sommes pas aveuglés par les éclats de verre projetés hors de nos téléviseurs par les coups de marteaux de Choi Min-sik.

 

"Une histoire qui s’inspire d’un événement dramatique mémorable survenu à Seocho-dong (Séoul) le 29 juin 1995 : l’effondrement soudain du grand magasin Sampung, composé de 5 étages, qui fit selon un bilan officiel, 501 morts et 937 blessés." (FFCF)

 

Liens:

Page wikipedia en anglais très détaillée.

Site de Park Chan-wook (ouhou)

 

Là encore un lien pour voir le film sur youtube pour les malheureux qui ne pourront pas voir le film au festival.

 

   

 

 

 

N.E.P.A.L., Park Chan-wook, 26 min.


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N.E.P.A.L. ou Never Ending Peace and Love est à l'origine le dernier segment du film omnibus (comprendre qu'ils s'y sont mis à plusieurs et que le film nous montre les différentes pièces détachées : 6 courts métrages ici) If You Were Me qui avait pour thème la discrimination. Nous avons déjà parlé du film mais notre culte pour PCW nous interdit de parler de son oeuvre. Nous passerons donc notre tour cette fois encore en vous laissant le lien vers notre article (ICI ICI) et en rappelant quand même que le producteur de NEPAL aurait dit qu'il s'agissait du film favori de PCW, entre tous. Poum.

Pourquoi s'arrêter en si bon chemin? Allez hop le lien youtube pour ceux qui vivront le festival par procuration.

 

 

 

 

Lost in the Mountain, Hong Sang-soo, 30 min.

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Alors, là Hong Sang-soo... Un sujet qu'on évite délicatement depuis la création de ce blog. Commençons quand même pour vous donner le synopsis du site du FFCF, histoire de faire les choses dans l'ordre :

"Une écrivain part de Séoul pour voir son amie à Jeonju. Elle appelle son ancien professeur et amant pour passer la journée avec lui. Elle découvre alors que son amie voit également cet homme. Troublée par cette révélation, elle invite son ex petit-ami, ancien élève également à se joindre à eux. Une nuit alcoolisée suivies de relations plus intimes vont conduire ces quatre personnes à se rencontrer par hasard le lendemain."

Et puis finissons le travail : on a déjà parlé du Jeonju International Film Festival pour le court de Bong Joon-ho (Influenza), ici rebelotte, 50000 dollars (la somme est à vérifier) et une commande pour Hong Sang-soo. Il faut de tout dans un porte feuille d'investissements.

Hong Sang-soo donc, on en a parle pas parce qu'on ne sait pas trop quoi en penser. Perso (JMS), j'avais plutôt bien aimé Conte de Cinéma mais je me suis arrêté après La Femme est l'Avenir de l'Homme avec cette pensée : pas besoin d'aller jusqu'en Corée pour voir du cinéma pseudo intello bavard et visuellement pauvre. Voilà, on va se faire des ennemis, c'est un peu fait exprès. Mais comme le mec divise et possède une solide base de fans (surtout hors de Corée, un peu comme Woody Allen) 30 minutes c'est surement le bon format pour se faire un avis. Et puis vu ce qu'annonce le synopsis, on ne vous trompe pas sur la marchandise : "une écrivain" (règle numéro 1 du film intello, il s'auto-met en scène, pas d'inspecteur des impots ou de controleur de bus ici), "ancien professeur et amant" (parce que l'intello aime bien réveiller sa virilité au contact de fraiches pousses) ou encore "une nuit alcoolisée suivie de relations plus intimes" (ça c'est plus la touche perso HSS).

Le film sur youtube.

SPECIALE 3

Samedi 13 novembre - 16h - Action Christine Salle 2
Mardi 16 novembre - 16h - Action Christine Salle 2
   .
Cette fois-ci, c'est le tir groupé : 3 courts métrages de Yang Ik-june, le réalisateur de Breathless.
 
Et là on est un peu pris de court, parce que Yang Ik-june... et bien on ne le connait pas. Oh bien sûr on a entendu parler de Breathless (qu'il a écrit, réalisé et interprété) et en très bien, mais à notre plus grand regret, trop occupés à sauver des bébés phoques sur la banquise, nous n'avons pas pu le voir. Et c'est quand même super embêtant quand on tient un blog sur le cinéma coréen. Nous allons donc nous en tenir au strict minimum et si jamais vous cherchez ici une quelconque recommandation vous dire qu'on fera tout pour voir ses courts métrages devrait suffire.
 
Dans l'ordre j'appelle donc :
 
Always Behind You, Yang Ik-june, 2005, 43 min.

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"Joon-ho aime la photographie. Seong-hee aussi. A la demande d’un ami réalisateur qui lui a appris la photo, Joon-ho en vient au tournage de son film avec Seong-hee. S’installe alors un triangle amoureux…" (FFCF)

Chiottes ! les triangles amoureux et les mises en abîme du cinéma ça commence à bien faire. Mais bon, Breathless quoi... faut voir comment le type en est arrivé là.


Just Leave Me Alone, Yang Ik-june, 2006, 5 min.

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"Scène de séparation d’un couple… Rupture et puis…"

En 5 minutes ça promet d'être plein d'énergie. Intéressant.


Speechless, Yang Ik-june, 2007, 25 min.

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"Ils pleurent, puis se taisent.
Ils s’aiment, mais l’amour fait mal.
Leur amour secret et leur souffrance."

De Speechless à Breathless il n'y a qu'un pas, qu'un an. Et pourtant... avec un tel synopsis, on va tout miser sur la crédibilité obtenue a priori par le Yang Ik-june... "ils s'aiment mais l'amour fait mal" ça fait quand même peur.

PS: Yang Ik-june est aussi acteur (on risque de le voir dans ses courts) et il notamment joué dans Aharan de Ryu Seung-wan, cinéaste à l'honneur cette année au FFCF (mais Aharan ne sera pas diffusé).

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Published by Kim Bong Park - dans Courts Métrages
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13 juillet 2010 2 13 /07 /juillet /2010 01:34

 If you were me est un film collectif (ou omnibus) ou se côtoient et se succèdent une série de 6 courts métrages pour une durée totale de 1h50, génériques inclus. Liberté totale et thème social, les clés refourguées aux plus belles pousses du cinéma coréen de l’époque (2003), de quoi faire saliver. Après, c’est sûr, c’est technique et pas vraiment destiné à ceux qui n’y connaissent rien en cinéma coréen. Pour nous c’est l’occasion de voir en une fois le travail de 6 réalisateurs différents, de découvrir et de comparer leurs approches ou leurs façons de répondre à ce bel exercice de style : faire un court métrage sur la discrimination sachant qu’il sera inclus dans une boite de 6 en mode chicken mac nuggets. Et dans la boite, y a juste Park Chan-wook... Après Paris je t’aime, Tokyo (aka Bong Joon-ho je te kiffe) et New-York I love you, voici la Corée et la discrimination.

 


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Round 1 : The “weight” of her (Yim Soon-rye) - La discrimination chez les moches. 


Premier segment, pitch assez simple, assez stylé : la discrimination envers les moches, et les filles en particulier. Droit au but, pas beaucoup de nuances : on a une grosse pas très jolie au milieu d’un lycée de filles. Des jupes et des uniformes qui se divisent en deux groupes, les jolies et les autres. 75% d’entre elles ne cherchent qu’à devenir plus belles et plus minces, bien encouragées en cela par leurs professeurs. C’est la clé pour trouver job et mari, alpha et omega, Saint-Pierre et Miquelon. Un schéma assez sommaire pour un film radical dans son propos mais pas si fou au niveau de la forme. La mère de l’héroïne refuse de lui payer une chirurgie des paupières, sans parler du camp d’amincissement que fréquente avec « succès » de nombreuses filles de sa classe. Du coup elle cherche du boulot, mais comme lui avait annoncé ses profs, quand on est moche… En même temps quand le film jette un coup d’œil du côté de la vie des belles, on peut se poser des questions. C’est d’ailleurs là le but du film : poser des questions. On y parle de la femme, de la beauté et de la façon dont on les considère et associe. Objectif atteint mais vu d’ici (Europe vs Corée, 2003 vs 2010) les questions posées semblent un peu faciles. 20 minutes sobres et efficaces. Plat du pied sécurité, jusqu'au titre: "Weight" est entre guillemets pour que l'on comprenne bien que la jeune fille traine son embonpoint comme un poids sur son chemin.

 

 

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Round 2 : The Man with an Affair (Jeong Jae-eun) – 1, 2, 3, nous irons au bois...


« Changement de style, changement de thème / Changement de rimes, calmes saines et sereines  / Ainsi le rythme imite les rites du septième ciel / Comme dans un film de Marc Dorcel » (MC Solaar, A la claire fontaine). Après un premier segment sobre et réaliste avec des filles parfois hystériques, bienvenue dans le paradis aseptisé imaginé par Jeong Jae-eun. L’opposition de style est totale, on passe d’une chronique du quotidien à de la science fiction, d’une photo réaliste à une image désaturée, du bruit au silence. Les premiers plans de ce segment sont sûrement les plus intéressants. On nous les donne sans nous les expliquer, dans une suite dont la logique nous échappe. Pourtant on prend, on regarde, on se laisse guider. Parce que c’est bien fait, parce que ça reprend parfaitement les codes des classiques de la SF, parce si on ne distingue pas encore les liens entre les différentes parties on peut néanmoins les sentir. Une sorte d’intro puzzle, on ne possède qu’une partie des pièces et on les place dans notre mémoire sans trop savoir quoi en faire. Puis elles commencent à s’assembler et la trame se dessine. Les codes graphiques nous avaient déjà donné la piste d’une orientation futuriste, elle se confirme. Le lieu semble quant à lui être une sorte d’immense complexe résidentiel dont les murs sont ornés de messages appelant à surveiller tout et tout le monde. Bon délire quoi. Dans cet univers quasi-clinique, évoluent deux personnages mis au ban par les autres, c'est-à-dire la norme. Un petit garçon qui fait encore pipi au lit et un homme dont tout le monde sait qu’il a un passé criminel, une sombre histoire sexuelle. Un grand méchant loup qui parait bien moins méchant que tous ceux qui se moquent du jeune incontinent puni et forcé de demander aux voisins de remplir son seau de sel. Jeong Jae-eun fait évoluer ces deux personnages dans un même univers vide et silencieux et, loi de la gravité oblige, ils finissent par se rencontrer. Une fois, deux fois, trois fois... Par contre la dernière pièce du puzzle ce sera à vous de la dessiner.

 

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Round 3 : Crossing (Yeo Kyun-dong) – Tableaux naturalistes.


On ne pourra pas reprocher à Yeo Kyun-dong d’avoir fait un hors-sujet, ah ça non. Les thèmes du handicap et de la discrimination sont abordés frontalement à travers une série de tableaux mettant en scène de vrais handicapés dans leur quotidien. En fait, on en suit un en particulier, dont on nous dit qu’il sort pour la première fois de chez lui depuis 18 ans (mais il se peut que la traduction des sous-titres soit trompeuse à ce sujet là). L’auteur nous sert donc une petite dizaine de tableaux, très sobres, tout dans la retenu. Prises individuellement les parties sont inégales, les plus simples étant les plus réussies, notamment la montée de l’escalier et la sortie du métro avec des plans fixes qui correspondent parfaitement à l’idée de tableaux. Quand ça parle, c’est un peu moins efficace, même si l’acteur s’en sort vraiment pas mal avec un jeu d’une sincérité troublante. Normal quand on joue son propre rôle me direz-vous, mais quand même. Le truc, c’est qu’au bout du compte, la somme de ces parties bien distinctes parvient à créer un tout cohérent. On passe 20 minutes avec un type duquel on aurait détourné les yeux dans la rue et on commence à le comprendre, si bien que, quand arrive la scène finale et son défi symbolique et insensé, on partage sa frustration et ses cris de désespoir face à cette réalité pseudo-bienveillante qui le rattrape.

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Round 4 Tongue Tie (Park Jin-pyo) – Le petit prince et la carotte.


Soir de Noël 1999, papa et maman filment fièrement leur enfant chanter dans la chorale de l’école privée qu’ils lui ont payé. Filmée comme une vidéo amateur, la scène dure le temps de quelques bouts de chansons, le temps que l’on comprenne que les deux parents placent beaucoup (trop) d’attentes sur leur enfant. Ecran titre, Tongue Tie, et on se retrouve dans le cabinet d’un chirurgien pour enfant avec une assistante déguisée en lapin. Dans ce décor coloré, on ne comprend pas tout de suite de quoi il s’agit, on peut même penser qu’on va juste lui arracher une dent et que c’est quand même beaucoup pour pas grand-chose. Mais la scène et les plans durent et on commence à comprendre que ce n’est pas une simple opération dentaire. La feinte c’est qu’il ne s’agit pas vraiment de handicap ou de discrimination et, à moins d’avoir une solide culture coréenne, difficile de comprendre dès le titre qu’il s’agit d’opérer la langue du petit bout de chou. Le but, lui faire mieux prononcer les R en anglais. On notera surtout la belle mais lente progression vers la douleur, ponctuée par de très rare changement de plans au début puis alternant plans larges colorées et gros plans sanguinolents digne d’un manuel de SVT par la suite. Sinon le petit martyre envoie valser les cadeaux que lui apporte le lapin pour son courage, ça fait plaisir, perso j’ai toujours trouvé que les bonbons des dentistes avait un goût de carotte.

 

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Round 5 : Face Value (Park Kwang-su) – Passe-passe et tours de manège.


“The Face value is the value of a coin, stamp or paper money, as printed on the coin, stamp or bill itself by the minting authority”  (Wikipedia). Le segment de Park Kwang-su utilise le concept éponyme à tous les niveaux. D’abord sur la forme : photo, mouvement de caméra, musique, acteurs, tout est beau, tout est propre. Le concept de discrimination est pris à l’envers et c’est culotté de nous parler de la difficulté d’être beau après 4 segments sur des handicaps autrement plus douloureux. En même temps être culotté au cinéma c’est plutôt bon signe. On se retrouve ainsi avec Ken qui se réveille dans sa voiture encore légèrement saoul. En sortant du parking il tombe sur Barbie, à qui il doit régler son ticket. Petite précision, Barbie ayant taf pourri, c'est une sorte de Cendrillon, l'innoncence en moins, on reste donc sur Barbie. Comme toutes les filles trop jolies (c’est Ken qui le dit), elle se montre hautaine et désagréable. Lui, il renvoie bien la balle, sec et aggressif, un peu donneur de leçons. Bref Ken et Barbie se chamaillent, manifestation d’une séduction réciproque comme les garçons qui tapent les filles au collège. C’est mignon et ce n’est pas si con, le jeu attraction/opposition entre les deux est plutôt bien mené, la mise en scène semble volontairement proche d’un clip publicitaire et on se laisse embarquer dans ce manège qui redémarre à chaque fois que Ken retourne dans le parking. Par contre, la fin un peu fantastique… pas compris.

 

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Final Round - N.E.P.A.L. Never Ending Peace And Love (Park Chan-wook)


Cerise sur le gateau, 23 minutes de Park Chan-wook cloturent If You Were Me. Notre religion nous interdit de parler de son travail pour l'instant, le temps viendra, on ne badine pas avec ces choses là. Et puis Park en dernier round c'est pas fair-play. On ne fera donc que citer, notamment le producteur de NEPAL qui nous apprend que maitre Park considèrerait ce segmant comme son film favori, entre tous. Rien que ça. Quand on voit la liberté qu'il a pris au niveau de la réalisation, on peut le comprendre.

 

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Gong final, on enlève le protège dents et crâche tout notre sang. Mais pourquoi Park Chan-wook a-t-il droit au marteau même sur un ring...



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