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16 octobre 2011 7 16 /10 /octobre /2011 20:55

 

CHEONGGYECHEON-MEDLEY-청계천-메들리

 

Vendredi 14 septembre 2011. Ambiance décontractée pour Sans Congo qui a pris un jour de congé ; ça sent bon le week-end toute cette histoire. En attendant de voir Cheonggyecheon Medley (prononcer « tcheung-guié-cheune médeli » pour faire classe) et Grandmother’s Flower, la discussion s’engage avec  Jun Hui-jin qui a présenté la veille le film Possessed. L’échange fut très agréable et instructif. Où il a notamment été appris que : la Corée du sud se répartit à 50-50 entre chrétiens et bouddhistes ; Lee Myung-bak, l’actuel Président de la République, issu de la droite dure, est catholique ; un parti politique se revendiquant comme chrétien s’est récemment créé en Corée, ce qui est un fait inédit dans l’histoire du pays. Une remise en perspective très judicieuse pour comprendre le contexte dans lequel a été réalisé Possessed. La Corée du sud, comme la planète entière semble-t-il, est également prise d’un coup de chaud religieux. Mais ça c’est une autre histoire.

 

Creepy speedo guy with guns

Jésus Gangsta Rock

 

Bon ce petit compte-rendu des documentaires du FFCF 2011 aurait pu être une gageure. L’année dernière, on avait découvert à quoi pouvait bien ressembler un documentaire sudco. C’était particulièrement dépaysant, pour le dire sobrement, tant sur le fond que la forme. On avait notamment été estomaqués, c’est encore une litote, par Earth’s Women et Before The Full Moon. Si on pouvait mettre notre indignation à propos d’Earth’s Women sur le compte de la misogynie notoire qui anime nos plumes, Before The Full Moon, qui racontait une grève importante impliquant le blocus d’une usine, s’est avéré être un catastrophique meli-mélo inconscient qui mettait en scène le réalisateur et qui traitait l’évènement sur le mode de la Star Academy (« oh non, un gréviste qui craque et qui doit quitter l’enceinte, allez applaudissez-le bien fort ! Bravo ! »). En gros, le dossier du juge d’instruction s’était gonflé des éléments suivants : la musique omniprésente ; l’intrusion du réalisateur ; la volonté de faire spectacle.

 

 

earth women before the full moon



Viens t’indigner avec nous sur les liens ci-dessous

 

Earth's Women

 

Before the full moon

 

 

Si ce n’était les hasards de la programmation, vous pensez bien que je n’aurais pas traîné une seconde dans une salle passant un documentaire issu du pays du matin calme, et certainement pas dans celle qui passerait le documentaire sur la communauté gay de Séoul, injustement identifié comme le plus propice aux abus révélés l’année dernière. Cette année, la section documentaire du FFCF proposait : Cheonggyecheon Medley de Kelvin Kyung Kun Park (2010), Grandmother’s Flower de Mun Jeong-hyun (2007) et Miracle on Jongno street de Lee Hyuk-sang (2010).

 

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Cheonggyecheon Medley. Ce documentaire est une lettre que le réalisateur, Kelvin Kyung Kun Park, écrit à son grand-père.  Ce dernier a dirigé une usine de ferraille à Tokyo pendant la Seconde Guerre Mondiale, avant de s’installer dans le quartier de Cheonggyecheon à Séoul, qui était le quartier des petits ateliers de métallurgistes (quelques uns y subsistent encore), avant d’être profondément rénové pour accueillir un nouveau type de population, modèle bobo j’imagine, friande d’authenticité, mais avec un certain niveau de vie. Dans cette lettre visuelle, le réalisateur retrace l’histoire de sa propre famille, tout en explorant ses rêves et les mythes. Le métal apparaît comme le fil conducteur du documentaire.

 

Cheonggyecheon est une petite rivière dans Séoul (que l’on peut voir dans Café noir, un autre film programmé au festival), et le quartier des métallurgistes se trouve aux alentours. Si le documentaire se situe dans le quartier autour de cette rivière, il n’en tire pas l’essentiel de sa substance. En effet, vous auriez très bien pu voir Cheonggyecheon Medley dans une exposition au Centre Georges Pompidou. Le documentaire est très conceptuel et abstrait, même s’il ne se limite pas à l’association d’images et formes géométriques sous une tonalité monocorde. L’idée peut-être la plus forte qui s’est dégagée de ce documentaire, c’est l’aspect « Google du métal ».

 

Google du métal parce qu’au travers de la lettre du réalisateur, c’est en fait une succession de sujets tournant autour du métal qui sont évoqués. Il y a d’abord les éléments historiques qui sont retranscrits grâce à des images d’archives. Ceux-ci sont personnels lorsqu’ils évoquent l’histoire du grand-père du réalisateur, ou nationaux lorsqu’ils reprennent des images de l’industrialisation à marche forcée de la Corée du sud à partir des années 1960. Il y a ensuite les aspects proprement abstraits, qui donnent au réalisateur l’occasion de transcender le matériau et les outils afin d’en tirer les vecteurs et points de force. La « dématérialisation » du métal s’exprime notamment par les actionnements réguliers des machines. Le rythme semble être un point important de cette œuvre. En effet, on voit les artisans effectuer des gestes répétitifs de manière relativement calme, ce qui procure une sensation très relaxante. Le métal est également étudié sous l’angle économique en nous montrant différents métiers en lien avec ce matériau, depuis l’artisan qui s’est transformé en entrepreneur à succès au designer qui produit des objets d’arts. Enfin, le réalisateur insère un extrait du Pulgasari de Shin Sang-ok, qui raconte l’histoire d’un monstre qui s’alimente de fer.

 

Le passage le plus intéressant du documentaire est peut-être celui qui attrait le moins au documentaire justement. Il s’agit d’une série d’interrogations de la part du réalisateur, qui a pour fondement le métal, sans s’y cantonner. Le réalisateur exprime son « impatience d’objets » et la nécessité pour lui d’accorder toute son attention aux petits objets. Il se pose la question de la relation de la conscience aux objets et celle de la manière avec laquelle ils interagissent. Il souhaite trouver un point permettant de montrer l’intérieur et l’extérieur des choses. Il faut dire que le métal est propice à ce genre de question : d’aspect compact et dense, il est fascinant, et par là même, semble occulter un monde de secrets. A noter une phrase qu’il dit, très évocatrice de l’ensemble du documentaire : « si j’erre sans objectifs, je vais peut-être à l’essentiel ». Rien que pour cette phrase, j’achète.

 

Vers la fin du documentaire, on voit un atelier être détruit et une machine-outil qui est déplacée à l’aide d’une petite grue. A voir cette machine si lourde se balancer au bout du câble, on sent une certaine légèreté mêlée à de la gravité. Comme ça, d’un coup, on se demande si finalement ce n’est pas cette machine qui est l’œil, ou la caméra du réalisateur.

 

GrandmothersFlower

 

Grandmother’s Flower est un documentaire qui se fonde sur l’histoire familiale du réalisateur Mun Jeong-hyun. Il avoue d’ailleurs lui-même que ce documentaire constitue un « film documentaire personnel ». En enquêtant sur la vie de sa grand-mère, celui-ci redécouvre l’histoire de la Corée à travers ses périodes les plus difficiles : le colonialisme japonais et l’affrontement idéologique entre le Nord et le Sud dans le cadre de la guerre de Corée. Il réalise également que ces plaies n’appartiennent pas seulement au passé, mais sont toujours douloureuses dans le présent. Ce documentaire a été préparé pendant quatre ans (de 2003 à 2007). Il a d’abord réalisé plusieurs versions différentes sans trop savoir comment les relier entre elles. La mort de sa grand-mère, au cours du tournage, lui a donné l’idée de rassembler toutes ces versions pour mettre l’histoire de celle-ci au milieu de son documentaire.

 

Cho Kyung-hee, qui présentait le film, insistait sur l’évolution du traitement des documentaires vers l’histoire subjective. Elle y voyait le signe d’une démocratisation. En effet, le réalisateur Mun Jeong-hyun, membre du collectif « DocuPurn » qui se donne pour but d’analyser les problèmes sociaux, utilise essentiellement les témoignages des personnes ayant vécu les évènements qu’il relate, pour reconstituer une histoire de la Corée.

 

Du coup, ce documentaire ressemble beaucoup à une enquête historique. C’est de l’Histoire Do-It-Yourself, du Wikipédia oral. Le réalisateur va puiser l’information à la source. Il explique ainsi le contexte dans lequel l’histoire de sa famille s’est inscrite, entre trois villages pris dans le conflit entre les communistes et leurs adversaires. La configuration intellectuelle est assez paradoxales puisque les villages de Songdae et Jungdae, habité par des nobles, sont pro-communistes, tandis que le village de Pungdong, celui des roturiers, était à droite. Le réalisateur effectue des interviews croisées des vieux de chaque village pour mettre au jour les rancœurs respectives. C’est un partage pour le moins inattendu et on aurait pu raisonnablement envisager le contraire. Des politologues français ont pu s’intéresser aux clivages politiques entre des villages très proches géographiquement, et à défaut de trouver des raisons idéologiques, ils se sont finalement rabattus sur des considérations structurelles et économiques. Ainsi la fameuse phrase d’André Siegfried, « le granit vote à droite et le calcaire vote à gauche ». Mais là on s’égare.

 

Tout ça pour dire que l’épisode où chaque village se renvoie la responsabilité des horreurs de la guerre de Corée fait un penser à un épisode de Sans aucun doute avec Julien Courbet pour arbitre. Heureusement que ça ne dure pas trop longtemps et qu’on nous évoque un autre phénomène, relativement peu connu, à l’immigration des Coréens pro-nord au Japon. Il semble, d’après ce qu’on peut comprendre du documentaire, qu’ils aient eu pendant plusieurs années une certaine latitude pour l’action politique pro-nord, ce qui est encore une fois une information assez précieuse.

 

Ce qui ressort fortement du documentaire, c’est l’idée d’un « passé qui ne passe pas », qu’on pourrait mettre en relation avec la lente agonie de la grand-mère durant le documentaire. La famille du réalisateur a été durement touchée par les évènements (chacun des grands-oncles à une histoire qui pourrait faire l’objet d’un film à elle toute seule). Le documentaire n’échappe d’ailleurs pas à la glorification hagiographique de cette femme à qui la vie a asséné plusieurs coups bas et qui a résisté en élevant seule neuf enfants. Du point de vue de la diversité des visions offertes par cette large famille, le documentaire est extrêmement intéressant.

 

Maintenant, il y aurait quelques bémols à apporter. Comme le documentaire précédent, Grandmother’s Flower ne ressemble pas vraiment à ce qu’on pourrait s’attendre à voir d’un documentaire (attention, cela ne signifie pas que c’est un mauvais travail). Plusieurs choses me chiffonnent concernant le traitement : le réalisateur apparaît (même si c’est discret) deux fois à l’écran ; il entrecoupe certains passages de dessins animés ; il ajoute de la musique pour renforcer l’intensité dramatique de quelques passages. Au-delà, deux éléments méritent un gros carton rouge. Tout d’abord, il insiste auprès de sa famille pour qu’ils entrent en contact avec la famille de l’assassin de son grand-oncle, laquelle famille ignore cette histoire alors qu’elle a des relations cordiales avec celle du réalisateur. A ce niveau, on peut se demander si l’intervention appuyée du réalisateur n’est pas du genre à dénaturer la portée du documentaire. L’autre élément, très gênant (mais je conçois que ce soit personnel), réside dans les plans qu’il filme de sa grand-mère mourante. Je ne suis pas sûr que ce soit le genre de choses qu’il est judicieux de montrer dans la mesure où ça n’a rien de fictif et que la personne concernée n’est pas en mesure de s’y opposer. J’imagine qu’il y a la volonté de retransmettre de l’émotion, ce qui est à mon sens fortement condamnable du point de vue d’un documentaire.

 

Finalement, l’introduction de Cho Kyung-hee était très utile. Mais ce paragraphe pourrait être l’occasion d’apporter quelques critiques à ce phénomène de « démocratisation ». L’histoire subjective est effectivement intéressante, mais elle fait courir le risque de remplacer l’Histoire par les souvenirs, et le travail de l’historien par les cortèges de commémoration. En outre, elle fait courir le risque de diluer le destin commun en une kyrielle de particularismes hétérogènes. Si cette inclinaison prenait trop d’importance, elle pourrait nous condamner à ruminer indéfiniment des évènements passés, en nous constituant comme témoins devant l’éternel. Or le fardeau du témoin est lourd, et l’oubli qu’implique un travail historique est parfois salvateur. Dans tous les cas, Grandmother’s Flower est une œuvre de qualité qui a le mérite d’être instructive et ouverte à la réflexion.

 

Pour l’anecdote, nos « XXXX » pour exprimer l’indétermination sont des « OOOO » en Coréen.

 

miracle

 

Miracle on Jongno street. Il s’agit d’un documentaire sur la communauté gay de Séoul qui, comme nous le rapporte le site du FFCF, est composé de « quatre épisodes autour du réalisateur Joon-moon, de l’activiste pour les droits de l’Homme Byung-kwon, du cuisinier Young-soo et du travailleur administratif Yol ». Injustement victime de mes préjugés, le documentaire s’est révélé tout à fait convenable. Il est avant tout celui des trois qui revêt la forme la plus classique de ce à quoi on pourrait s’attendre en allant voir un documentaire. Ensuite, il embrasse un panel relativement large de situations, ce qui permet quand même d’avoir une vue assez complète de la question de l’homosexualité : les champs d’action des différents protagonistes sont variés, les questions auxquels ils sont confrontés sont variées, leurs caractères leur sont propres. En plus, et c’est de cela que Miracle on Jongno street puise véritablement sa force, les personnes qui font l’objet du documentaire sont intéressantes. Elles ont des jugements mesurés, affichent une certaine distance par rapport à leur histoire et par rapport à la question de l’homosexualité au sein de la société sud-coréenne, malgré leur militantisme.

 

Le documentaire soulève pas mal de questions difficiles, que ce soit celle du lien entre la lutte sociale et la lutte pour les droits de homosexuels ou celle de la séropositivité. On y voit notamment Michel, un immigré philippin, femme devenue homme, qui raconte comment il est parvenu à la tête d’une association de défense de travailleurs immigrés, la contrainte étant qu’il nous souhaitait pas que son histoire porte préjudice aux combats de l’association. On parle aussi de la séropositivité dans ses implications en termes de politique sanitaire, mais aussi de relations sociales. En effet, un des intervenants explique que pour les homos, être séropositif signifie « la mort sociale ». C’est con, on y pense pas forcément de ce point de vue, mais quand on l’apprend, ça fait réfléchir.

 

SPOILER. Bon, maintenant il y a quand même quelque chose qui me gratouille. Il s’agit de ce qui arrive au père Yong-soo. C’est un homo qui vient de la campagne. Il est arrivé à Séoul sans relations, et il s’est progressivement introduit dans la communauté gay afin d’y nouer plusieurs contacts. Il explique durant son passage comment son arrivée dans la ville a été pour lui synonyme d’épanouissement, par rapport à sa vie provinciale où il n’avait pas vraiment les moyens de vivre sa différence. Donc on voit ce Young-soo, jovial et attachant, manifester sa joie de vivre pendant plusieurs minutes. Et puis en un plan, paf : on apprend qu’il a eu la méningite et qu’il en est mort durant le tournage. La transition est tellement brutale qu’on ne peut pas y rester indifférent. En plus, la bande de sous-titre qui l’expliquait était écrite en blanc sur fond blanc, c’est à peine si le « …ingite » était lisible. Alors, on est bien d’accord qu’il s’agit d’une mort réelle et que c’est fort regrettable, mais quand même les mecs… Franchement… si même dans les documentaires c’est poisseux comme dans un film de Lee Chang-dong, on ne va pas s’en sortir quoi. Ça donne du mélodrame à toutes les sauces. Finalement, on pourrait peut-être essayer d’ouvrir des pistes audacieuses, quelque chose qui tiendrait des traits profonds d’un peuple (j’écris sous l’autorité d’un certain nombre de connaisseurs, n’hésitez pas à censurer le propos s’il apparaît comme manifestement erroné). Y aurait-il une certaine affection du désespoir chez nos amis du pays du matin calme ? De la mélancolie qui affecte même les documentaires ? Who knows. En tous cas, en voyant la mort brutale de Young-soo dans ce documentaire, je n’ai pas pu m’empêcher de me demander si Dieu n’était pas un scénariste sud-coréen.  

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Published by Joy Means Sick & Sans Congo - dans Documentaire
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11 novembre 2010 4 11 /11 /novembre /2010 23:31

Grosse journée documentaire aujourd'hui. Nous présentons Earth's women et Taebaek, Land of Embers ensembles. Le jour et la nuit. Vous comprendrez pourquoi.

 

Earth's WomenKwon Woo-jung, 2010, 95 min.

 

earth women

 

Avant d'y aller on se disait: "Alors là mes salauds, c'est pas de la basse cotte. Petite mèche sur le côté, regard perdu, elle franchement mignonne la petite Woo-jung... Euh... ah oui le film ! Pardon. Ben c'est un docu sur des étudiantes hantées par un rêve vert qui décident de partir vivre à la campagne et de devenir "paysannes". Une sorte de nostalgie transgénérationnelle sûrement, toujours est-il qu'évidemment ce genre d'enthousiasme idéaliste étudiant plein d'hormones et de poésie bucolique tourne généralement au vinaigre et j'ai bien l'impression que c'est le genre de déception qui peut être pas mal cinégénique. Surtout que les trois femmes qu'elle a décidé de suivre n'ont pas l'air de vouloir se laisser faire et s'appliquent  à ajouter du sucre dans leur vinaigrette. En plus elle n'en est pas à son coup d'essai la gamine, elle a déjà réalisé quelques docus sur la communauté rurale. Et puis elle a remporté le grand prix du festival du film indépendant de Séoul." 

 

Réalisé en un an et demi, Earth’s women relate la vie de SOH Hee-joo, BYUN Eun-joo, KANG Seon-hee – deux anciennes étudiantes en agronomie et une ancienne étudiante de… littérature allemande-, qui à la fin de leurs études décident d’aller vivre parmi les paysans dans la campagne profonde. Le film est présenté par un membre du staff comme entièrement bio et féminin. Les augustes avis de l’assemblée des sages que forment exclusivement Sans Congo et Joy Means Sick furent unanimes : Earth’s women est sûrement bio, il est certainement fait maison ; mais ce n’est pas bon et ce n’est pas beau. Le problème est double : nous n’avons pas adhéré à la démarche de la réalisatrice et nous n’avons pas ressenti de sympathie envers ces trois femmes.

 

Pour ce qui est des « protagonistes », elles sont plus militantes que paysannes ; surtout, leur militantisme semble exogène et circonstancié. On ne voit pas ce qu’elles sont venues chercher dans cette campagne, si ce n’est une cause à défendre. Il y a un côté complètement fake. Seon-hee veut à tout prix rester avec les militants, alors qu’on lui dit qu’il n’y a pas de taf. Elle accepte des donner des cours de soutiens gratuitement. Une sorte de flou opaque entoure la question de leurs revenus. Au bout du compte, on ne comprend pas pourquoi elles se battent. Autour de ces femmes, les paysans ont l’air bien plus intéressants, notamment les anciens et les maris. Cela étant, le procès d’intention est une démarche malhonnête, et nous nous arrêterons là. Nous avons été extrêmement sceptiques face à leur démarche, mais c’est peut-être parce que nous sommes de vieux cons. Tout au plus accorderons-nous notre soutien à Eun-joo qui doit payer 2 000 000 de wons (1 500 €) pour passer l’examen d’assistante sociale : nous sommes avec toi cousine.

 

Jetons donc notre dévolu sur la réalisatrice, Kwon Woo-jung. Alors là, c’est catastrophiquement faible. Nous ferons donc une liste de tout ce qui ne va pas. L’idée de la communauté paysanne est vaguement exposée ; on ne la voit qu’à travers les cours de soutien aux enfants et les « classes de récréation pour senior ». La réalisatrice s’intéresse à des éléments de leur vie qui ne font que moyennement sens, mis à part deux ou trois épisodes, dont la mort du mari de Seon-hee. Le traitement de l’enterrement est révoltant : non seulement l’insertion de la réalisatrice dans ce moment de la vie de Seon-hee est absolument injustifiée ; mais encore, comme le malin n’arrive jamais seul, la réalisatrice rajoute de la musique (CARTON ROUGE). En parlant de musique, une séquence, inutile, filme l’intérieur d’une voiture dont l’autoradio crache du Carla Bruni (RE-CARTON ROUGE). Et tiens, puisque ça nous démange, les séquences de flashbacks sont dégueu, la photo est pâle et cramée, amateur et indigeste, comme si elles avaient été montées avec windows movie maker (RE-RE-CARTON ROUGE). Enfin, filmer un documentaire avec une seule caméra, cela implique des procédés barbares : on monte dans l’instant, sans couper, à l’aide de zooms in/out et des rotations brusques. Bref, un truc gerbant, même le dernier film de vacances de Sans Congo était mieux réalisé.

 

Earth’s women ressemble à un téléfilm un peu foireux. La réalité filmée n’est pas assez forte et signifiante pour s’y tenir ; et en l’état, pas assez propulsé pour faire une fiction. Est-ce qu’une approche indirecte n’aurait pas été pertinente ? C’est aussi ça l’intérêt du cinéma. La séquence de la journée de la femme paysanne montrait que la réalisatrice pouvait filmer de manière plus narrative et dynamique. C’était très agréable, malheureusement cela n’a duré que trente secondes. Mais au moins, ce documentaire a le mérite de nous amener à nous interroger sur ce qui fait le documentaire. Peut-on parler de « scènes » dans un documentaire ? Peut-on filmer un sujet ou cause qui nous est sympathique a priori ? Est-il moralement admissible d’employer de la musique et dans quelles circonstances ?

 

                Une brève discussion à la sortie de la séance, avec une personne fort sympathique d’ailleurs, nous a appris que « beaucoup » de spectateurs avait « beaucoup » aimé Earth’s women. Chiottes. Nous avons alors admis l’idée de refaire un examen approfondi de la situation : nous sommes arrivés à la même conclusion. C’est un film de merde. En entrant voir Taebaek, land of Embers, une autre personne, tout aussi sympathique, nous a dit qu’elle a aussi trouvé ça nul. Ouf. Et puisqu’on touche le fond, citons Johnny Halliday qui sournoisement résonne dans le cerveau de JMS lors d’une leçon de morale d’une militante à son mari : «  une femme, ça t’accepte comme tu es, mais pour mieux te changer ensuite ». Pour nous la conclusion de ce film c’est que la campagne et le bio, ça ne fait du bien : ni à la peau, ni à la ligne. 

 

 

  

 

Taebaek, Land of Embers, Kim Young-jo, 2008, 74 min

 

taebaek

 

Jeudi 11 novembre à 21h10

Dimanche 14 novembre à 13h

 

Avant d’y aller on se disait : " Un synopsis alléchant, mais qu'on ne s'y méprenne pas: il s'agit d'un documentaire. Et Yoo Dong-suk, directeur artistique du FFCF, de nous avertir que les documentaires sont à la mode en ce moment. Haha, c'est donc pour ça, merci pour la précision ! Taebaek est une ancienne région prospère en transition, sorte de bassin houiller qui s'est fait flingué par la tertiarisation de l'économie. Bref, une région en déclin, mais dans laquelle il y a un casino qui génère des bénéfices juteux. Donc du clash, de la profondeur, du contraste: on aime. Maintenant, vu que c'est un documentaire, on peut garder pour nous les machettes et autres exécutions. Le film est plutôt contenu d'après ce que je comprends. On nous annonce un petit objet précieux, je veux bien le croire. En revanche, vu la programmation, j'ai l'impression qu'à la fin du festival, on aura fait le plein de thématique socio-économique sudco, et on se sera acheté une crédibilité pour le futur. Pas mal. Sinon un mot du réalisateur, Kim Young-jo. Un gars qui est passé par l'Université Paris VIII. Il connaît donc le RER B. Very good indeed. Il y a moyen que ce documentaire soit une petite merveille"

 

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Depuis on l’a vu et on est passé par la case Earth’s Women, on a multiplié par deux notre culture « documentaire coréen », autant dire que nous sommes des hommes nouveaux. Comme sur internet, c’est Yoo Dong-suk qui nous présente le film. On a déjà eu l’occasion de signaler qu’il s’agissait d’un homme de goût et on lui accorde pour l’instant le prix de la meilleure présentation. Les conditions n’étaient pourtant pas simples : après une journée de festival les rangs de la salle 1 de l’action Christine étaient fatigués et presque vides. Nous, on a trouvé notre spot, 1er rang face à l'écran : de la place pour les jambes et de la lumière pour écrire. C’est juste un peu chiant pour les projections DVD, la qualité étant ce qu’elle est sur un grand écran, ça donne une impression de flou perpétuel. Dong-suk donc fait un petit point culture avec en amorce une question de Darcy Paquet, référence s’il en est du cinéma coréen. « Pourquoi n’y-t-il pas un Park Chan-wook ou un Hong Sang-soo du documentaire en Corée ? ». La question est posée, le directeur artistique du festival tente une réponse rapide.

 

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Il faut revenir au passé politique de la Corée. Sous la dictature, deux types de cinéma : militant et marginal (contestataire) ou conformiste. Depuis les années 90 et la fin du régime militaire, le cinéma de fiction a explosé jusqu’à nous imposer la création de ce blog. Le cinéma documentaire, lui, a eu beaucoup plus de mal à sortir de sa dichotomie partisan/conformiste et ce n’est que dernièrement que les membres du FFCF ont cru apercevoir un renouveau du genre au pays du matin calme. Voilà qui explique la bouldée (de « débouler » pourrait se traduire par « arrivée massive d’individus pas forcément désirés ») des docus rue Christine. Pour l’heure, il est tard, on a déjà eu quelques déceptions aujourd’hui et Dong-suk, beau joueur, tente de nous réconforter : « de toute la sélection des documentaires, c’est mon film préféré ». DSY ? Un homme de goût.

 

Le film commence dans un noir haché de rayons lumineux, parfaite abstraction de la vie souterraine des mineurs, leurs torches attachées au casque. Deux trois panneaux d’explications générales suivies de plans muets (mais pas silencieux) larges ou serrés de la ville et de ses fragments. C’est stylé, c’est subtil, c’est éloquent sans être bavard. Hop, on est rassurés, dans cette ville fantôme on ne croisera pas l’ectoplasme d’Earth’s Women. Bon ce n’est pas du 35mm, le son n’est pas toujours d’une grande qualité et ça fait un peu film d’étudiant, mais on sent là une réelle tentative, un angle d’attaque précis, tout du moins au niveau de la forme.

 

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En ce qui concerne le fond, on nous dit qu’au début des années 1980, le gouvernement décide de fermer progressivement les villes de la région de Taebaek. Du coup ce bout de terre autrefois peuplé de « héros industriels » dépérit sûrement mais lentement. Kim young-jo, en bon habitué du RER B, sait se faire oublier : il montre, photographie (« director & cinematographer » please), pointe du doigt et préfère généralement se taire. Certes il est difficile pour les autres de faire comme s’il n’était pas là. Un type avec une caméra, à plusieurs centaine de mètres sous terre dans des galeries étroites, ça se remarque. Il l’avoue et nous le rappelle gentiment en plaçant d’entrée une « scène » ou l’un des mineurs dit à l’autre « tu devrais être content d’être filmé ». Sa relation aves ses « sujets » est plus distante, plus virile peut-être, toujours est-il qu’elle semble correspondre avec l’ambiance de cette ville de mineurs et de veuves au foyer.

 

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Après les plans d’exposition, on est plongés dans la mine, le quotidien des quelques centaines de mineurs qui y travaillent encore. L’immersion est réussie, on a presque l’impression de respirer la poussière, cette poussière qui, on l’apprend plus tard, est un enjeu majeur dans la région. Pour le découvrir il faut sortir de la mine, des catacombes, explorer cette ville fantôme peuplée de spectre féminins et fatigués. Beaucoup de maris sont morts jeunes et aujourd’hui les survivants se battent pour que le gouvernement tienne ses promesses concernant une meilleure prise en compte de la pneumoconiose (allocations, soins de meilleure qualité, etc).  Et quand ils se battent, ils choisissent leurs slogans en conséquence : "Nous nous battrons jusqu'à la mort pour avoir le droit de vivre" ou plus direct , au sujet de leur grève de la faim : "nous n'avons pas peur de mourir". On ne va pas raconter tout le film parce qu’on a quand même envie que vous alliez le voir, après tout ça ne dure que 74 minutes. Et puis il reste à découvrir une longue marche guidée à travers la ville, un document d’archive pour la promotion de la mine à ses débuts, un sketch sous-terrain satirique et pas mal de jolies trouvailles… et quelques longueurs aussi, mais on était fatigués donc difficiles de faire la part des choses.

 

PS : Les trois dernières photos n'ont qu'un rapport lointain avec le film, elles proviennent du musée du charbon de Taebaek.

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Published by Kim Bong Park - dans Documentaire
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10 novembre 2010 3 10 /11 /novembre /2010 22:25

Before the full MoonSeo Seh-chin, 2009, 77 min.

 

 

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Quelques infos:

- le réalisteur est (était?) un journaliste plutôt de gauche (on s'en serait douté) donc si t'as ta carte des jeunesses de l'UMP tes cheveux risquent de se dresser sur ta tête. En même temps, sérieux, la raie au milieu ça t'allait pas.
- un petit article sur la grève sur le site de l'OCL. Là encore c'est forcément orienté mais au moins c'est assez complet : http://oclibertaire.free.fr/spip.php?breve165
.
Avant d'y aller, on se disait : "Alors là attention, faut se méfier de lui, ça sent le syndicaliste acharné, organisé, façon docker new-yorkais des années 1950. Seo Seh-chin est allé filmer les 15 dernières jours de la grève des ouvriers de Ssangyong Motors l'été dernier, sûrement un plan vacances qui a mal tourné. Toujours est-il qu'apparement la grève en question a fait du bruit et possède un petit potentiel dramatique intéressant (le malheur des uns...). L'usine a été occupée pendant 77 jours et comme les coréens ont un certain sens du spectacle ils ont fait les choses bien : le lieu a été encerclé de manière quasi continue et certains indices laissent à penser qu'il y aurait eu de la tape. On le sait, faut pas laisser des outils trainer à côté d'un coréen enervé. Du coup on se retrouve avec 3 bonnes raisons d'aller voir le film : 1/ c'est court (et ouais ça compte aussi en semaine de festival) - 2/ c'est l'occasion d'avoir un point de vue différent sur la vie en Corée (sans être la réalité pour autant, un documentaire ça se veut quand même plus réaliste qu'une fiction) - 3/ "l'histoire tragique et sanglante d'une usine en grève encerclée par une meute de policiers" ça aurait quand même fait un pitch sympa pour un film de Ryo Seung-wan".
Nous sommes donc allés voir ce documentaire pour voir de quoi qu'il en retournait. Sors les merguez Micheline.

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Une grève de 77 jours avec sit-in grandeur nature dans l’usine de Pyeongtaek de Ssangyong Motors : c’est la Loft story sociale que propose le réalisateur dans Before the full moon. En gros, l’enjeu de cette grève, qui n’est pas clairement évoqué dans le documentaire, consiste à contraindre la direction de renoncer à son plan de licenciement massif en vue de la restructuration de la société. A noter que cette grève est intervenue dans un contexte de fortes contestations à l’encontre de la politique du gouvernement de Lee Myung-bak, Président de la République sud-coréenne. L’affaire est plutôt compliquée et décousue, tandis que le documentaire ne synthétise pas réellement les données de la situation de manière problématique. Pour avoir une bonne vue d’ensemble du cadre dans lequel s’inscrit l’occupation de cette usine, nous vous conseillons de vous référer à ce (long) récit : bataille socialiste.

 

                Comme nous nous y attendions, une dizaine de personnes à tout péter dans la salle. C’est dommage parce que le fonctionnement de ce documentaire, par l’intrusion directe et furtive du réalisateur dans le lieu de la grève, n’est pas une démarche inédite. En 1990, le collectif marxiste Jangsangotmae, nébuleuse d’étudiants créatifs et engagés, réalisait La Veille de la grève. Il s’agissait déjà de s’introduire dans les locaux d’une usine pour participer à une grève. Toutefois, le film de ce collectif était une fiction ; si la frontière avec la réalité est évanescente, il n’en reste pas moins que l’équipe du tournage a donné des directives aux grévistes « réels » et qu’elle a utilisé l’agencement des éléments de la grève dans le but de discourir de manière normative selon un schéma idéologique correspondant à une certaine forme de lutte des classes. Ainsi, que la référence fût à l’esprit du réalisateur ou non, ce documentaire avait a priori de quoi embraser les consciences.

 

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                Rien de tout cela ne transparaît dans Before the full moon. La volonté transgressive de Seo Seh-chin est manifeste, mais le discours inexistant ; soyons plus mesurés : lorsque le réalisateur essaye d’exprimer une idée, c’est selon une perspective larmoyante qui enferme la collectivité des grévistes dans un carcan suspicieusement misérabiliste. Le documentaire montre pourtant les éléments positifs de cette situation de quasi insurrection - capacité des travailleurs à s’autogérer et à serrer les rangs malgré les défections légitimes. La lutte se déroule dans une forme de construction positive mais l’édifice s’écroule lamentablement sous les ors et matraques du trop classique « grand capital ». En revanche, Laurent Cantet peut ranger son plan de sauvegarde de l’emploi (Ressources humaines), la « grève héroïque » met les organismes à rudes épreuves. Des blessés graves, des morts, des conditions sanitaires exécrables (eau, gaz et électricité coupée par les forces de l’ordre entourant l’usine), des poches d’acides liquide larguées depuis des hélicoptères de la police, de l’harcèlement sonore, de la propagande brise-grève, etc. Si le combat de ce presque millier d’employés a été remarquable, la défaite sonne malheureusement comme la fin d’une « mini-Commune ». Et dieu sait que le socialisme français à mis plusieurs décennies à se remettre sur pied à la suite du désastre. D’ailleurs, une brève visite de la blogosphère du « Grand Soir » qui relate les évènements permet de constater que les spécialistes voient dans cet échec un signe annonciateur de vache maigre sur la planète revendications sociales.

 

 


 
  

                La contrainte du réalisateur pour ce documentaire est évidente : retracer les évènements avec la plus grande fidélité. Pourtant, il semble se libérer de certaines règles de bienséances du cadrage objectif et distant. Premièrement, il se met directement en scène en train d’entrer par effraction dans l’enceinte de l’usine. A ce stade, le documentaire est presque irrémédiablement vicié ; on entre dans le spectacle. Deuxièmement, il fait un emploi douteux, pour ne pas dire moralement répréhensible, de la musique. Celle-ci est clairement employée dans certaines scènes pour renforcer l’intensité dramatique de ce qui se déroule. Troisièmement, le réalisateur donne son avis, inintéressant, à la fin du film. En substance cela donne « je n’ai jamais connu le licenciement, mais à les voir pleurer, ça a l’air dur » (les sous-titres étaient souvent imprécis, il se peut que le propos en coréen soit différent).  

 

                A la lumière de ce faisceau d’indice, on peut clairement reprocher au réalisateur de ne pas tenir de discours. L’excuse de l’objectivité est inopérante dans la mesure où elle finit toujours par profiter au camp le mieux fouraillé. Le contexte dans lequel le réalisateur s’est délibérément installé ne lui permettait pas d’ergoter finement sur des considérations macroéconomiques. Il s’est trouvé en plein du cambouis : il devait donc assumer une position de combat. Un documentaire c’est comme une dissertation : on cherche une problématique, on trouve une thèse, on construit un plan et on formule une proposition. Before the full moon ne formule aucune proposition. Or il semble possible de tenir pour vrai que l’humanité, ainsi constituée, aime qu’on lui mâche le travail en formulant des pistes politiques sous forme de bullet points. Nous restons fermes dans nos convictions : si aucune œuvre cinématographique ne change le monde, le cinéma présente l’inestimable faculté de désigner immédiatement l’évidence d’un état de fait. Malgré cela, le montage de Before the full moon reste excessivement poli. L’ardente obligation de réalisme, préambule exigeant du nouveau cinéma sud-coréen, ne saurait être prétexte à se pâmer devant la ligne désespérément plate d’un électrocardiogramme clinquant neuf. Prendre pour sujet cette grève, point de cristallisation d’un lourd fardeau de polémiques, était éminemment ambitieux. Il eût donc été de bon ton d’ôter ses gants de golfs et de plonger ses bras « jusqu’aux coudes […] dans la merde et dans le sang ».

 

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Published by Kim Bong Park - dans Documentaire
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5 août 2010 4 05 /08 /août /2010 16:53

 

 

En 1995, Jang Sun-woo décide de faire une petite pause. Le réalisateur du classique A Petal et du torride Fantasmes, prend alors sa caméra pour aller interviewer quelques-uns des noms illustres de ce que l'on commence alors à nommer en France la "nouvelle vague coréenne". Dans le contingent, on rencontre notamment Im Kwon-taek, Chung Ji-young, Park Kwang-su, et Yeo Kyun-dong. Le film prend aussi les avis de la jeunesse d'alors à propos du cinéma coréen. 

 

Le résultat donne un petit documentaire sympa, avec des extraits intéressants de certains des films les plus importants de l'époque. Ce n'est absolument pas une étude magistrale sur le cinéma coréen mais plutôt un témoignage esquissé des motifs de ce cinéma durant les années 1980 et 1990.  La fin du film ressemble à une sorte de filmographie visuelle plutôt bien réussie.

 

Voici une interview complète du monsieur pour en connaître plus sur lui : cliquez ici.

 

Et le documentaire :

 

Partie 1 :

 

 

 

Partie 2 :

 

 

 

Partie 3 :

 

 

 

Partie 4 :

 

 

 

Partie 5 :

 

 

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