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12 novembre 2010 5 12 /11 /novembre /2010 23:18

Joy Means Sick à Sans Congo : « Cher collègue, il y a quelques jours, nous présentions la sélection de la section spéciale du festival du film coréen sous le titre « les courts des grands ». Ce soir, conformément à notre feuille de route, je suis allé voir le premier de ces programmes, la « spéciale 1 ». Deux courts de Bong Joon-ho, deux de Na Hong-jin, une conclusion : les mecs ne nous ont pas attendus pour être doués. Ca m’a secoué, bousculé dans toutes mes ambitions… faut qu’on parle ».

 


SPECIALE 1 

 

Mercredi 10 novembre - 18h - Action Christine Salle 2

Vendredi 12 novembre - 16h30 - Action Christine Salle 2

 

A Perfect Red Snapper Dish, Na Hong-jin, 2005, 9 min.

 

a perfect red snapper dish 

 

Notre a priori : « Na Hong-jin (deux ans avant d'attaquer The Chaser) filme un cuisinier dénué de talent qui s'échine sur une recette de cuisine avec pour slogan "practice makes perfect". Tout ce qui s'attaque au "divino artista" bénéficie d'un a priori positif pour moi ("l'œuvre d'art est une somme de procédés" Viktor Chklovski, l'un des chefs de file du formalisme russe des années 1920), alors si en plus il s'agit de Na Hong-jin... »

 

PS : Red Snapper = Vivaneau Rouge, du poisson donc.

 

Et depuis… « Je relis mes modestes notes sur le film et cuve mon vin. Sans Congo, j’ai craqué. J’ai failli, physiquement et moralement. Physiquement, avec cinq heures de sommeil dans les pattes et une journée bien remplie, je n’ai pas pu assister à la séance suivante Die Bad, que je mourrais d’envie de voir il y a quelques jours. Moralement, j’ai été roué de coups par quatre courts métrages qui possèdent peut-être quelques défauts mais tellement de qualités… J’ai vacillé comme un apprenti footballeur qui regarderait les premières roulettes de Zidane à son époque cannoise (la double, tu t’en souviens hein ?). Ce n'est pas encore France Portugal de l'euro 2000 mais tout est là. Red Snapper Dish est d’ailleurs le dernier de la séance, un uppercut en plein menton que j’ai encaissé le sourire aux lèvres : on ne se refait pas.

 

Dans une cuisine aux allures de laboratoires pour savant fou, Na Hong-jin met en scène un cuisinier qui tente l’impossible et de satisfaire sa commande : réussir un plat parfait. Pas besoin d’aller chercher bien loin la référence au cinéma, à l’art ou à la vie en général, pas besoin non plus de révéler la chute, c’est le traitement qui est ahurissant de maitrise et de talent. « Petit un », la musique. Alors on peut s’amuser sur de la K-pop, mais en matière de courts métrage les coréens peuvent se montrer d’un sérieux redoutable. A vrai dire je me souviens que c’est rythmé, que ça colle aux images sans les dénaturer et que j’ai noté trois fois en gros sur mon petit cahier (à côté des petits cœurs rouges dédiés à Na Hong-jin) qu’elle était trop stylée. A part ça, rien à redire, entre les Danaïdes et Sisyphe, le scenario est habile et ponctué d’un humour cruellement efficace. Les images sont nickelles, la mise en scène impressionnante, le montage ultra stylé… 9 minutes de bonheur, un rail de coke puis une descente douloureuse pour tout apprenti cinéaste. »

 

Liens :

- Viktor Chkloski sur Wikipedia

- Une autre façon de cuisiné ce poisson, filmée de mnaière plus utilitaire.

- Article sur The Chaser

 

 

 

Sweat, Na Hong-jin, 2007,  12 min.

 

sweat

 

 

"Une destinée faite de moments de vie, sombres ou lumineux, qu’à travers la métaphore de l’eau et ses variations (sueur, vapeur, sang)." (site du FFCF). Difficile d'obtenir plus de renseignement sur ce second court métrage de Na Hong-jin, mais c'est suffisant pour mettre l'eau à la bouche.

 

« Comme on dit chez moi, OULALA. Il est fort possible que ce soit mon film préféré de la soirée et pourtant… difficile de dire quoi ça parle. Surement parce que ça ne parle pas d’ailleurs et qu’il y a une raison si Na Hong-jin a préféré aux mots les images, les sons et le mouvement pour s’exprimer. J’ai noté « abstraction sur une sécrétion pleine de sens : la sueur ». C’est tourné en noir et blanc avec beaucoup de gros plans et de ralentis, on pourrait appeler ça de la poésie mais c’est bien plus que cela. Le film est composé de plusieurs tableaux, on parlait d’une destinée sur le site du FFCF, perso je n’ai même pas reconnu le personnage d’une scène à l’autre. Masseur, mécano, armé d’un fer à repassé dans un pressing, ouvrier sur un chantier, cuistot dans un boui-boui, boxeur, amant (c’est peut-être une feinte d’ailleurs, mais tellement réussie que j’accepte d’y plonger trois heures après), il y a peut-être l’idée qu’il dégouline sur ceux pour qui il travaille, les marquants ainsi du labeur dont ils détournent les yeux, et il y sûrement beaucoup plus. Et si jamais quelqu’un met la main sur le compositeur de ce film (d’étudiant ? ce serait flippant), notez son nom, son adresse, son numéro de téléphone : j’ai une déclaration d’amour à lui faire. »

 

Remarque : Na Hong-jin n'a pas de page wikipedia en anglais, quel scandale !

 

Cadeau, la bande annonce du prochain de film de Na Hong-jin, Yellow Sea. Ce serait une idée pour le film d’ouverture du FFCF 2011 ça non ?

 

 


 

 


-

Incoherence, Bong joon-ho, 31 min.

 

incohérence

 

Du film de fin d'études de Bong Joon-ho à la KAFA (Korean Academy of Film Art) on peut lire ici ou là qu'il "dénonce" le comportement des puissants ou "critique" la société coréenne. Un film qui dénonce ou critique, ça me semble toujours problématique, parce que ce n'est pas forcément dans la nature d'un film d'agir. Enfin bon, le FFCF a mieux choisi ses mots en disant qu'il "dévoile" l'hypocrisie des classes dirigeantes. Et cela il le fait à travers trois tableaux intitulés Coackroch, Up the Alleys et The Night of Pain.

 

De toute manière qui refuserait de voir sur grand écran un film étudiant (en 1994 il avait quand même 26 ans Bong) de celui qui a ensuite enchainé Barking Dog Never Byte, Memories of Murder, The Host et Mother?

 

« S’il existe des gens qui lisent ce blog de manière régulière, ils doivent familier de notre code de conduite : on ne parlera pas de nos trois maitres, Kim Ki-Duk, Bong Joon-ho et Park Chan-wook, avant d’être parfaitement prêts, documentés et entrainés. Du coup, tenons nous en aux faits : le film est découpé en quatre parties, trois épisodes de comédie et un épilogue (ce qui est bien plus malin que l’inévitable chute) qui les lie, leur donne du sens et un goût aigre doux. Bong Joon-ho avait déjà compris beaucoup de choses en matière de cinéma et sans si je n’avais juré sur la tête de Choi Min-sik de ne pas m’écarter du Code, je lui enverrai bien quelques fleurs ».

 

Comme tout le monde ne pourra pas venir au festival, y a une séance de rattrapage sur youtube (pour les autres ce serait vraiment trop bête de rater l'occasion de les voir en salle) :

 

 


 

 

 

 

 

Influenza, Bong joon-ho, 30 min.

  influenza

 

 

"Le trajet d'un homme ordinaire filmé par plusieurs caméras de surveillance qui le pousse progressivement à la violence" (FFCF). Bong Joon-ho + Corée + Progression vers la violence = Intérêt certain pour nous. Léger bémol : 30 minutes d'images de vidéo surveillance... c'est dangereux.

 

Un mot tout de même sur la naissance du film, en 2004. Chaque année, le Jeonju International Film Festival donne 50 000 dollars à trois réalisateurs pour qu'ils réalisent un "court" (30 minutes quand même) métrage en vidéo. Bong Joon-ho n'est pas le seul nom prestigieux à s'être prêté au jeu, on retrouve aussi Hong Sang-soo (cf Lost in the Mountain, spéciale 2), Apichatpong Weerasethakul, Park Kwang-su ou Jia Zhangke.

 

« Et voilà la dernier ou plutôt le premier si l’on s’en tient à l’ordre de programmation. On ne peut toujours pas parler de la qualité du film (en même temps c’est marqué dessus « Bong Joon-ho ») mais signalons tout de même que le film a été tourné avec de véritables caméras de surveillance dont les bandes ont ensuite été récupérées ! De manière plutôt étonnante pour un court métrage l’intrigue se déroule sur plusieurs années, de manière fort réjouissante elle commence par un sketch dans des toilettes publiques. Mais je sens déjà le haut comité de surveillance qui bouillonne, juste le temps de glisser aux éventuels spectateurs de prêter une attention particulière au traitement sonore du film ».

 

Lien - Le site du Festival de Jeonju

 

Pour aller plus loin dans l'utilisation des caméras de surveillance au cinéma : Filatures, de Yau Nai Hoi, produit par Johnnie To, Hong-Kong.

 

 

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Published by Kim Bong Park - dans Courts Métrages
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commentaires

Epikt 15/11/2010 20:16


Hum... en fait non.
Je t'avais dit que j'avais téléchargé "des" courts de Na Hong-Jin, en fait c'était "un". Pour te dire tellement je suis au courant de tout (et je télécharge n'imp') quand j'ai vu 'Sweat' j'ai pas
percuté que c'était de lui, j'étais donc persuadé de ne pas les avoir encore vu, ces fameux courts de Na Hong-Jin...


Pierre 15/11/2010 10:42


L'insecte nuisible m'a dit que les 2 étaient trouvables, demandez-lui (je viens de chercher et j'ai trouvé que Sweat).


Joy Means Sick 14/11/2010 15:37


Merci Pierre, je viens de finir ma lettre d'amour, il ne me manque plus que l'adresse de ce monsieur et je l'envoie.

PS : impossible de mettre la main sur les courts métrages de Na Hong-jin nan? Faudrait que je les revois.


Sans Congo 14/11/2010 14:32


je n'arrive pas à trouver de trace de lui (d'elle ?) sur youtube. En revanche, je suis tombé sur deux extraits d'I saw the Devil avec de la bonne musique, c'est donc de bonne augure

et sinon Pierre, Crazy Lee c'est génial, avec peut-être notre vanne préférée du film
"Ma femme avait une sale gueule ce matin, je me disais bien que j'allais rencontrer un Coréen aujourd'hui" :-)))


Pierre 14/11/2010 12:44


Après petite recherche, on dirait que la musique de Sweat est signée par cette personne : http://movie.naver.com/movie/bi/pi/basic.nhn?code=149003 (Kim Aram), qui aurait en plus signé celle de I
Saw The Devil :)