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3 octobre 2010 7 03 /10 /octobre /2010 23:04

Lien vers le résumé de l'épisode précédent.: le trailer / le début de l'enquête

 

Lien vers notre article sur My Sassy Girl, le coup précédent de Kwak Jae-young

 

 

Fiche technique : les suspects


- Kwak Jae-young : réalisateur et scenariste, se fait vraiment plaisir, au point de devenir fou et dangereux?

- Jun Ji-hyun : toujours aussi fan, peut-être un peu moins fraîche, et un début de double menton coupable.

- Jang Hyuk : méritait-il qu’on trahisse pour lui le grand Cha Tae-Hyeon ?

 

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Tout cela n’aurait dû être qu’une bête histoire de suicide, une belle pousse emportée par le vent du haut d’un gratte-ciel et de ses 20 ans. Une enquête sur un amant infidèle, quelques whiskys dans des bars pour teenagers et un dossier en bonne et due forme livré à la famille. Papa et Maman sauraient désormais qui blâmer et c’est de tristesse et de haine qu’ils fleuriraient la tombe de la gamine : l’expérience a montré que c’est un cocktail plus digeste qu’une culpabilité on the rock. Telles étaient les pensées de John O’Meanseek, le regard tourné vers le sommet de cette tour de verre et d’acier qui se dressait devant lui. Plusieurs spectateurs et témoins avaient confirmé les faits, la police locale n’avait aucune piste. Et toujours aucun corps. John se mis de dos au vent pour allumer une cigarette sous cette pluie battante et se remémora tous les éléments accumulés avec son vieux pote Carter San-Congo lors de ces dernières semaines.

 

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Tout avait commencé avec une banale erreur policière. Une de plus, certainement pas la dernière. Alors qu’elle était de repos, l’officier Kyung-jin se lança à la poursuite d’un voleur de sac à main et confondit le voleur avec un prof de lycée qui s’était lancé à sa poursuite (du voleur) dans un excès de zèle citoyen. Ce type, c’est Myung-woo, un genre de beau-gosse un peu fade qui sort parfois de sa torpeur pour jouer les psychopathes devant les parrains de la mafia. Kyung-jin, mi casse-coup mi casse-c*** s’était vite entichée du personnage, au point de se menotter à lui.

 

 

 


 L'Arnaque - Bande-son

(Alors les loulous, on s'amuse comme des petits fous à touche-pipi ?)

 

 

Une technique de drague aussi spéciale qu’efficace. Plusieurs étudiantes de la classe de Myung-woo rapportent que leur relation fût officialisée sous leurs yeux par Kyung-jin quelques jours plus tard. Les deux tourtereaux se mirent alors à voler en cercles concentriques autour du scenario de  My Sassy Girl. Jusqu’au jour où… surgissent balles perdues, bavure policière, drame et tentative de suicide. Et au dessus de l’affaire, l’ombre de Kwak Jae-young qui plane sans relâche. Un mot sur toutes les lèvres, une pilule dans le gosier de milliers de badauds : Windstruck.

 

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Windstruck, une saloperie de molécule de synthèse aux effets hallucinogènes extrêmement dangereux. Une came produite à Seoul et distribuée dans le monde entier. Une recette simple, prendre le meilleur du pire ou le pire du meilleur et condenser le tout sur un bout de pellicule. Hier soir encore une coréenne s’était jeté du haut de cet immeuble, et personne n’avait retrouvé son corps. Et ce n’était même pas la peine d’imaginer chercher à identifier Superwoman, allez reconnaitre une fille qui tombe à plus de 100 km/h avant de disparaitre au milieu de ballons de baudruche.

 

 

 


 Max Roméo - I Chase the devil

(Ah bon, lequel ? Gros foncedé va !)

 

 

C’est Carter qui avait eu l’idée d’enquêter sur Windstruck plutôt que sur ces effets secondaires. « Ce truc rend tout le monde complètement dingue. Impossible de distinguer les addicts de ceux qui sont cleans, autant se concentrer sur la matière première et la disséquer ». C’est vrai que toute la ville tenait désormais un discours incohérent et s’enfonçait progressivement dans un joyeux et larmoyant chaos.

 

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Carter arriva avec une bonne dizaine de minutes de retard en remontant sa braguette. John ne posa pas de question et le conduisit directement à l’intérieur du bâtiment. La pluie l’avait frigorifié, son esprit caustique en avait profité pour se faire la malle. Dans l’ascenseur Carter s’échinait encore sur sa braguette dans laquelle il avait coincé sa chemise en soie, il prit tout de même la parole.

- « J’ai testé la came ce matin bonhomme, laisse moi te dire que c’est puissant. Les hallucinations commencent par un enchaînement de plans aériens de télévision, du type Les Experts à Séoul. En haut d’un gratte-ciel, la fille est sur le point de se jeter dans le vide. Etant donné que c’est la nuit, on pense direct à The Housemaid 2010. Et pour cause, le rapprochement permet de les distinguer nettement : Windstruck présente un suicide enlevé, léger, solennel, glorieux ; The Housemaid nous la fait lourde, quotidienne, quelconque, vulgaire. Donc Kyung-jin saute, son histoire défile durant la chute, et là tout de suite : Matrix Reloaded. »

- « Pareil pour moi, avec une balle entre les deux yeux de Bob Dylan au passage, putain la bande-son quoi. J’avais aussi noté que les cheveux de la fille ondulent dans le vent alors qu’elle chute en accélération constante depuis une bonne dizaine d’étages. J’ai pensé un instant que la came était de mauvaise qualité. Ensuite j’ai compris : le vent. J’avais sauté à pieds joints dans le premier piège du film. ».

 

 

 


 Snatch

Bullet Tooth Tony

" You smell pussy "

 

 

L’ascenseur arriva au dernier étage, ils prirent les escaliers de service et montèrent sur toit. Ils n’y trouvèrent que du vent et de la pluie, mais en quantité. Un regard rapide sur ville et dans le vide. Impossible de survivre à une telle chute, les choses ne tournaient décidément pas rond de ce côté-là du globe.

 

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Deux heures plus tard ils poussaient l’épais rideau d’un night club branché du quartier chaud. A l’intérieur : que du beau monde. Entraineuses & macs, apprentis gangsters & lycéennes, dealers & drogués, les couples s’étaient mis sur leur 31. Carter était sûr de dénicher quelques flics corrompus dans les coins en cherchant bien. Ils s’installèrent à une table, commandèrent une bouteille de whisky et se mirent à l’aise. Sur la scène les participants se préparaient pour un concours de karaoké.

La première candidate devait sortir de l’émission « popstar » locale. Plutôt bien foutue, le regard vide, elle attaqua le premier couplet de Knocking on Heavens Door. Arrivée au refrain…

- « Putain mais on dirait qu’elle chante la mort de son canari cette salope !!! ».

John cherchait déjà un projectile quand Carter le saisit par le col et le plaqua contre son siège.

- « On n’est pas là pour se faire remarquer ducon, relax, des reprises pourris t’en connais des tonnes »

- « Merde, quand même, pas Bob, pas lui, pas cette chanson… »

- « Bois un coup »

John en but plusieurs et se calma progressivement. Sur la scène la bande son de Windstruck tournait à plein régime, l’occasion pour lui d’en dire un mot. Il alluma un cigare qu’il dédicaça à la loi Evin.

- « Cette saloperie de musique est vraiment omniprésente, du début à la fin…

- Avec des hauts et des bas…

- La scène du bouche-à-bouche et la musique qui annonce le miracle avant l’heure

- Dégueu

- Ba ram ee ra do joh ah

- Toi-même !

- Non Youme, la chanteuse, c’est le titre d’une de ses chansons

- Ah oui, dur. . Mais en même temps, tu vois, si c'était pas les conventions sociales, je mettrais bien ce son à fond pour faire n'golo-n'golo avec ma poupée. 

- Bob Dylan et Erik Satie

- Une compile top 50…

- MC Sniper et X Japan

- Pas mal le passage dans le parking avec l’instru de BK Love mixée avec des bouts de bande sonore du film d’ailleurs…

- J’ai vibré

- Merde moi aussi

- Et je me suis tapé des barres sur la poursuite d’une voiture qu’elle arrête à coup de gun, cheveux au vent (décidément) avant qu’elle n’explose derrière elle.

- Héhé ! A la tienne !

Deux superbes créatures choisirent cet instant de communion entre deux esprits malades pour s’assoir à leurs côtés et détourner leur ligne de mire pour la soirée. Assis dans un coin sombre avec ses acolytes, Kwak Jae-young fût prit d’un rire diabolique. « Mwouhahaha »

 

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« Elles arrivèrent dans la maison en Wondrebras / Vision irréelle, fracture nette de l'œil droit / On leur proposa de boire ou de manger un truc / Un cappuccino deux sucres roux, elles aimaient le luxe / Je leur ai dit "Excusez-moi, prenez-le bien certes / Vous êtes raffinées, mais vous avez l'air de deux filles ouvertes" / Dix secondes après c'était la cavalcade / Et comme Jackie Chan, on a fait nous-mêmes nos cascades / Au matin ce ne sont que les draps que j'ai senti / Les cascadeuses étaient parties / En m'habillant, je palpais mes poches : vides / Plus de chèque, plus de carte, plus de liquide / Le plan était simple et sans accroc / Si on rattrape les gazières, on les éclate à coup de marteau ».

 

 


 IAM - Elle donne son corps avant son nom

Dans, le genre l’officier Kyung-jin a plutôt tendance à ne donner que son nom, et encore. Du coup, un Hall of Fame des emmerdeuses-frigides de la littérature mondiale s'impose (liste non exhautive) : 

                Zinaïda, Premier amour de Tourguenïev

          Nastassia Philippovna, L’Idiot de Dostoïevski

          Mlle de la Mole, Le Rouge et le Noir de Stendhal

          La petite Valentine, Promesse de l’aube de Romain Gary

 

         

O’Meanseek envoya valdinguer le vieux radio-cassette de son appartement. Le seul objet de « valeur » qu’il ait retrouvé à son réveil avec à l’intérieur sa blague de mauvais goût : une reprise coréenne de la chanson d’IAM. Les reprises, les remakes, les clins d’oeils. Kwak aurait aussi bien fait de tagger les murs du salon avec son blaze. Sa tête tourna dangereusement et il du se rassoir pour ne pas vomir. Argh les plans qui tournent autour des personnages, un premier relent. Et puis un deuxième, un troisième, des spasmes, il ferma les yeux et fut assailli par des hallucinations Windstruck. La crise dura quelques minutes. Cette fois il fallait en finir. Il décrocha son téléphone et composa le seul numéro qu’il n’ait jamais connu par cœur, celui de San-Congo. La ligne occupée, il décida donc de se rendre directement chez son collègue.

 

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Sur la route, encore sujet aux effets de la drogue, il lui sembla parfois qu’il avançait par « coupes » ou « sauts » façon A Bout de Souffle. Il retrouva un peu le sourire. Windstruck avait quand même pas mal de bons côtés : une première partie de scenario parfaitement décousue, des excès plutôt généreux, une actrice mignonnette et quelques scènes stylées, souvent dans des genres très différents d’ailleurs. L’espace de quelques secondes il s’envisagea comme un empêcheur de tourner en rond : au fond les clients de Kwak étaient heureux et ne faisaient de mal à personne. Du moins personne n’en avait encore la preuve formelle. Arrivé à destination, il emprunta la porte de derrière et grimpa les marches quatre à quatre.

 

John avait souvent comparé l’appartement de San-Congo à une porcherie, il s’était préparé au choc, en vain. La scène était terrifiante. Marmonnant comme un dingue Carter décrivait des ronds frénétiques autour du chaos qui autrefois ressemblait vaguement à un salon, un vent puissant s’engouffrait avec hardiesse par les fenêtres grandes ouverte de la pièce et il ne remarqua même pas la présence d’O’Meanseek.

 

 

 

Gala - Freed from desire

      (Tu veux recracher ton Macdo dans l’ordre décroissant ? – pour le coup, tu seras vraiment freed from desire)

 

 

- « Il tourne autour d’elle en voiture : Green Fish… ils se retrouvent au milieu d’une transaction entre deux bandes avec, pour une fois, des Russes :  Attack the gas station Le hangar dans lequel a lieu la fusillade, et le chemin qui y mène : la dernière mission de GTA IV… il dit qu’il aimerait être le vent. Il se rend présent par le vent ; rendre présent l’être aimé : Il Mare… Elle a un nouveau partenaire, elle enfile un blouson cuir : My Wife is a Gangster Lettre sur piano : The Housemaid – 1960… Le landeau : Le Cuirassé Potemkine et les escaliers d’Odessa… Ils suivent un dealer et ont du mal à franchir le muret : My Sassy Girl… le métro : My Sassy Girl… la copine autoritaire : My Sassy Girl… la question du deuil : My Sassy Girl… le suicide, putain, le suicide… »

 

 

 

Dernière mission de GTA IV

(A partir de 4’20 – Au passage, la fin de GTA IV est scandaleusement nulle // San Andreas To Death, CJ For Ever) 

 

 

John terminait de fermer les fenêtres quand il remarqua que la voix de son ami se brisait progressivement. C’est alors qu’il entendit les cris. Dans la rue, sous les fenêtres de l’appartement de Carter, la foule commençait à se rassembler autour d’une marre de sang dans laquelle baignait le corps de l’une des jeunes filles d’hier soir. Il fallait agir vite. Nul doute que la poulette avait pris trop de Windstruck et avait voulu se laisser porter par le vent à son tour. Depuis qu’il avait accidentellement tiré sur un bœuf au Vietnam San-Congo avait juré de ne plus jamais utilisé d’arme à feu. Alors tuer une poupée gonflable, impossible. Il connaissait cette réaction, le cerveau de son ami essayait à tout prix d’assembler les pièces du puzzle mais il était trop tard, il fallait foutre le camp le plus vite possible. Il le poussa hors de chez lui, ils prirent le premier taxi et se dirigèrent sur les docks. Il avait toujours su que son container aménagé et tout confort lui servirait un jour. L’Europe n’était qu’à quelques jours de mer et bientôt son ami serait en sécurité. Il l’enferma donc à l’intérieur du container 1875jk8 et jeta un dernier coup d’œil à Carter désormais prostré dans le silence. Il ferma le verrou à double tour : il savait pouvoir s’arranger avec un armateur de sa connaissance il le retrouverait à Paris.

 

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Dans l’avion pour l'Europe, O’Meanseek se demanda comment ils avaient pu en arriver là. Putain, elle est forte cette came. Carter avait dû péter un plomb, façon des Souris et des Hommes. Il est gentil, mais dans sa joie : carrément agressif. John eut presque de la peine pour la petite pépée ; il se demandait s’il avait eu le courage de passer Youme pour leur sauterie. « Sauterie, putain, je fais de l’humour sans le vouloir ».

 

En attendant, Kwak Jae-young s’était bien amusé d’eux. La nouvelle criminalité, le monde évolue, John se sentit vieux tout d’un coup. En d’autres temps, il y serait allé avec sa hargne et ses ongles, il lui aurait arraché la trachée avec les dents. Mais ce petit chef de gang, c’était pas un gars à l’ancienne, il n’y avait pas moyen de la jouer soldatesque.

 

La journée que Carter et John passèrent à Paris fut agréable. Ils ne se dirent presque rien. John ne voulait pas lui parler de ce soir-là. Il s’imaginait que Carter avait bien dû se trouver une raison pour se dédouaner. Ou alors, peut-être pas. Peut-être était-il en train de mourir sous le poids de la culpabilité. Mais il ne se sentait pas le courage de lui en parler. Qu’allait-il lui dire, qu’ils s’étaient défoncés comme des puceaux, qu’ils sont tombés sur quelque chose de trop fort pour eux, de trop grand. John ne voulait pas admettre quelque chose qui lui tournait autour depuis quelques temps déjà : ils sont dépassés.

 

Pourtant, au moment de se saluer, Carter et John se retrouvèrent au plus profond de leurs regards respectifs : la prochaine fois qu’ils se reverraient, ce serait à l’enterrement de Kwak Jae-young.

 

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BONUS INTELLO:

 

 

Dans le genre je fais un film avec le vent comme acteur (en fait un film avec un mec qui fait un film avec le vent comme seul acteur), let us introduce you to Hakuchi de Makoto Tezuka. Légèrement plus stylé. Voici la séquence d'intro.


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Published by Kim Bong Park - dans Comédie
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