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27 novembre 2011 7 27 /11 /novembre /2011 11:33

Lee Sung-je

 

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Cette fois-ci, en introduction, on ne parlera pas d'Hong Sang-so. D'ailleurs on va la faire courte, au programme de la semaine nous avons le chef opérateur attitré de Na Hong-jin : Lee Sung-je, et Hong Kying-po, plus ou moins indirectement qualifié de drogué pour son travail sur M de Lee Myung-se par Epikt dans une de ses listes sur SensCritique. Mais pour Hong Kying-po, c'est juste du teasing. Ici on va parler de Lee Sung-je.

 

On l'a dit, c'est le chef opérateur de Na Hong-jin, un type qui a donc beaucoup filmé Seoul, de nuit, avec généralement deux mecs qui courent à bal' l'un derrière l'autre, avec une furieuse envie de faire la peau. Un type qui a aussi vu défiler tout un arsenal improbable sous ses objectifs : chaise, marteau, club de golf, fémur de boeuf ou couteau à sushi... (pour aller plus loin c'est ICI) et qui doit avoir quelques litres d'hémoglobine sous les semelles. Et entre deux films de Na Hong-jin, il explore d'autres univers, avec généralement une lumière plus affirmée, moins glauque, on aurait même envie de dire moins stylée.

 

Last Present, Kim Young-jun, 2008

 

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Last Present 2

Last Present 3

 

Premier film recensé sur le profil Imdb de Young-jun, le fond semble correspondre à la lumière et vis et versa. L'histoire d'un type emprisonné qui obtient une permission de 10 jours histoire de filer un rein à la fille d'un pote et qui découvre à cette occasion que... (tous les synopsis sur internet spoilent méchamment). Mélodrame avec tout plein de sentiment dedans, on l'a pas vu, les gens on l'air d'aimer, perso rien qu'avec les screenshots je sens qu'on essaie de m'arracher une larmichette et c'est une sensation que j'ai toujours trouvée désagréable. Lumière diffuse, tons sépias désaturés, niveau lumière ça a l'air de marcher en tout cas. Mais ce serait surprenant que ce soit pour cela que Na Hong-jin a choisi de bosser avec lui.

 

The Chaser, Na Hong-jin, 2008

 

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The Chaser, c'est l'un de nos premiers articles, les plumes étaient encore un peu tendres à l'époque, tout l'inverse du film. Par contre c'est aussi nos premiers clashs pour ceux qui pousseraient jusqu'à lire les commentaires. Na Hong-jin a fait le choix de défoncer la grande porte du cinéma à coups de marteau pour son entrée dans le game, Lee Sing-je a donné un véritable cachet aux rues de cette colline de Séoul. Des intérieurs verdatres, néons (en fait fluos) et ampoules à nu, des nuits légèrement bleues avec éclairages publics et feux de bagnoles dans le fond et dans le flou, avec quelques scènes de jour un peu surexposées pour contraster et nous piquer les yeux. Un monde hostile en somme.

 

Secret, Yun Je-gu, 2009

 

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Un thriller sud-co qui nous serait passer sous le nez? Et un bon si on en croit les quelques critiques lues de ci de là sur internet? Chiottes mec ! Bon en tout cas la lumière à l'air moins subtile que cette de The Chaser et on sait que dans le milieu du polar noir, la forme et l'emballage font quand même beaucoup pour le fond. Lee Sung-je devait en avoir marre des couleurs froides et désaturées, il a la joue fort contrastes et couleurs bien comme il faut. C'est joli, mais il faut souvent se méfier des belles images. Le pitch vite fait : un détective ne peut expliquer les circonstances de la mort de leur fils à sa femme, parce qu'il était en train de la tromper avec la coquine d'un collègue. Du coup madame se barre, et quand nombre d'indices la désignent comme suspecte dans un enquête de monsieur, une enquête de meurtre en plus, ça met le feu au poudre. Voilà il ne manque plus qu'un maitre chanteur et le refus de madame de donner la moindre explication à monsieur pour que le film et les ennuis commencent.

 

The Murderer, Na Hong-jin, 2011

 

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Les distributeurs français ne s'y sont pas trompés, entre le premier et le second film de Na Hong-jin il y a une filiation évidente, une esthétique et des schémas communs, avec peut-être pour The Murderer une ambition plus grande, au moyen au niveau de l'action et des thèmes politiques, avec les moyens qui vont avec. Il a déjà déployer ses ailes, il s'agit maintenant de prendre de l'envergure. Pour revenir aux distributeurs, subtils comme pas deux, ils ont rebaptisé le film The Murderer, au lieu de The Yellow Sea, titre international d'usage, histoire que le passant dans le métro voit bien le lien entre ce nouvel opus et le précédent qui l'avait laissé tendu comme un arc deux ou trois auparavant. On retrouve les mêmes acteurs, des courses poursuites, plein d'armes qui n'en sont pas, mais aussi une photographie assez proche de The Chaser : tons froids, éclairages assez crus, des nuits un peu plus bleutées mais toujours le jeu sur les lumières en arrrière plan et même parfois un peu de fumée par ci par là pour structurer la profondeur de l'image, et à côté de ça des jours très aggressifs, puissants mais froids. Et quand même, pour le kiff, une scène d'amour plus ou moins rêvée pour laquelle il lâche la cavalerie : gros effets de diffusion, filtres à gogo (on imagine hein), noir et... "blanc rosé"... le tout monté en fondus enchainés assez lents; au moins on ne peut dire que ce ne soit pas assumé.

 

 

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Published by Joy Means Sick & Sans Congo - dans Articles transversaux
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