Kagemusha, 1980, Akira Kurosawa, « AK », aussi dit « AK le Mac », Palme d'or, à égalité avec Que le Spectacle Commence, de Bob Fosse ; la mode était au partage, l'année d'avant c'était F.F.Coppola qui partageait sa récompense avec Volker Schlöndorff et, en 1982, Yol se retrouvait ex-æquo avec Porté Disparu. A l'époque on n’était pas solide sur ses appuis du côté de Cannes, pourtant l'histoire a fait ses choix et ce n'est que pour briller en soirée qu'on rappelle qu’Apocalypse Now et Kagemusha ont dû partager leur récompense. « Celui qui ne comprend pas, celui qui s'empresse d'agir parce qu'il croit tenir les données de la situation, et s'en contente, celui-là périra, d'une mort misérable ». Gilles Deleuze, L'Image-mouvement Kagemusha démarre arrêté avec un plan fixe et statique de six minutes où AK, ou Sensei pour les intimes, donne le la d'une fresque […]
Analyse de la première scène de Dead Man de Jim Jarmush L’ultime en attente « Un long métrage est un bout à bout de plusieurs petites histoires. Lorsque tu tournes une séquence, tu dois oublier tout ce qui va avant et après. » Jim Jarmush « Il est préférable de ne pas voyager avec un mort.» Henry Michaux Le film commence avec cet exergue. Dans la même phrase, les mots « voyager » et « mort ». La séquence qui suit est la première du film. Elle dure 10 minutes. Elle pose la situation, les personnages, les enjeux, la quête de William Blake, le comptable-poète. SEQUENCE Le film s’ouvre par un plan sur les roues d’un train. Assez serré. Le bruit du mécanisme est central. Bande son et image ne font qu’un. La caméra est placée à l’extérieur, au niveau de la locomotive ; on distingue aussi les rails et le sol blanc. L’inclinaison du plan permet de comprendre que le […]
Analyse de séquence : Goodfellas de Martin Scorsese Le pouvoir de la confiance en soi LA SEQUENCE EN QUESTION Le plan séquence ressemble dans sa facture à une pièce de théâtre. La distance par rapport à la scène ne varie pas et l’angle de vision non plus. Aucun mouvement de caméra, ou presque, ne vient modifier la perception de l’action. Tandis qu’un découpage guide la vision du spectateur, le plan séquence laisse la liberté à chacun de suivre ce qu’il désire. Il s’agit là d’une règle. Martin Scorsese est là pour les transgresser. Il guide à travers l’œil de la caméra suivant deux personnages, Henry Hill, interprété par Ray Liotta, et Karen (pas encore Hill), interprété par Lorraine Bracco, dans un restaurant décomposé en quatre parties : son extérieur, son couloir de service, ses cuisines et sa salle principale. Pour se faire, Martin Scorsese joue avec au jeu […]
La direction du blog souhaite informer ses lecteurs de l'accord trouvé avec le jeune Grease Lee qui se voit confier une rubrique hebdomadaire sous forme d'analyse de séquence de films du monde entier (nos informateurs nous rapportent qu'il se passe et s'est passé des choses hors de Corée au 20ème siècle). Pour ces débuts, nous lui avons proposé un extrait de The Last Picture Show de Peter Bogdanovich dont le nom doit être familier aux lecteurs du Nouvel Hollywood de Peter Biskind (assez recommandable). Avant de lui laisser la parole, voici l'extrait en question : Annonce d’une mort certaine Analyse d’une séquence de The Last Picture Show de Peter Bogdanovich Avant de commencer, je souhaite mettre en garde tout lecteur qui voudrait s’amuser à lire ce commentaire. Il n’est pas fait pour se marrer, tout autant que la scène en question. La séquence nous propose une […]