Open City, Lee Sang-gi, 2008 Eté 2008. A l’heure de la France sarkozyste, de notre société franchouillarde de comptoir aux relents xénophobes latents à la Pernaut/Bardot et de notre système quasi-ultra-sécuritaire... A l’heure où la parano nous enferme à double tour, que la crise des « subprimes » sévit, que les rangs du FN grossissent et que les entreprises dégraissent… Oui à cette heure-ci, où les corps gisent au quatre coin du monde, que la famine est présente sur les cinq continents et que The Wire, meilleure série de tous les temps connait sa ponctuation (elle résume, à elle seule le monde tel qu’il tourne, tel que nous tournons « time after time »). A l’heure où… La peur du moment était toute trouvée. Elle était là à m’envahir alors que les reportages de TFOne et MSixe s’immisçaient en moi de façons insidieuses. J’avais besoin de parler, de me confier et […]
She’s on Duty, Park Gwang-choon, 2005 « T'as vu nos vies tournent en rond/A ton avis à cause de qui ici on tourne en rond ?/Et tu crois quoi, qu'j'vais dire que c'est à cause de l'Etat ?/Quand tu plantes ton frère, /Est-ce que c'est Jacques Chirac qui prête son bras ?» Mars 2006. 14 heures. Spliff de Willie Nelson, écouteurs du MD vissés dans les oreilles et doigts de pieds en éventail, disc jockey Illi’ Dilli’ se replonge dans Fabe, les années 90 et l’année 2000. Putain d’albums : Befa surprend ses frères, Le Fond et la Forme, Détournement de son et La Rage de dire. Fait chier tous ces artistes qui avaient encore des choses à dire et arrêtent, disons-le prématurément (six ans de carrière à tout casser). Ca fait partie de mon passé, Lettre au Président, Nuage sans fin et L’argent facile… autant de bonnes choses restées en l’état qui me ramènent au free fight se […]
Love Fiction, Jeon Kye-soo, 2012 Attendre Godot ou mourir, enchaîner deux comédies sud-coréennes en une aprem, il y a des jours où le destin porte le masque du défi roublard et absurde. Tout étourdi des litres de lol potache qui ont infusé dans la prunelle de ses yeux des heures durant, Joy Means Sick voyait la vie en rose. Oubliée la rudesse norvégienne, il voulait partager, il voulait aimer. Très vite, il attrapa son blackberry chromé or – toujours frappé de l’écusson d’Arsenal – et se mit en quête du numéro de téléphone de la responsable des accreds sur lespagesjaunes.fr, en vain. Déçu, mais pas abattu, il se creusa la cervelle et comme à l'haitude, l'idée jaillit en un clin d'oeil : son ami Sans Congo avait autrefois fait un stage à la Direction centrale du renseignement intérieur. Il lui expliqua qu’il cherchait ce numéro de portable : « tu peux pas […]
Penny Pinchers, Kim Jung-hwan, 2011 Première séance du FFCP pour KBP, quelques balbutiements, comme si le succès de la soirée d’ouverture (qu’on a snobé à défaut d’avoir des places réservées en nos noms propres et pour nos parents, troisième rang, bien au centre avec un petit coussin) avait laissé derrière lui une belle gueule de bois. Sur place, la responsable des accréditations n’est pas là « mais peut-être pour la prochaine séance » (ouais, dans deux heures, cool) donc changement de plan : ce sera la séance gratos de Penny Pinchers au lieu des courts métrages, tant pis pour l’éclectisme. Voilà pour l’intro, comme dans les films de l’après-midi tout est bien qui finit plus ou moins bien, l’accréditation est récupérée par la suite, les sièges sont confortables, les organisateurs sympas et on assiste à une séance surréaliste de redistribution des places […]
Late Autumn, Kim Tae-yong, 2011 Dimanche 16 octobre 2011, 21h20, Rue Saint André des Arts, Cinéma Saint André des Arts, Paris. Timing ric-rac, j'arrive sur place 1 minute avant la séance, y a une queue de bâtard devant le cinéma et c'est bien la première fois dans ma vie que ce genre de phénomène me fait plaisir. Le FFCF 2011 se porte bien, tant mieux pour lui. Moi j'ai la crève. J'entre dans la salle dans les derniers, y a encore la queue, pour les toilettes cette fois. Que des meufs, mais bon je dis ça comme ça. De mon côté je cherche un coin pour mourir et évite soigneusement de m'assoir à côté de quelqu'un que je pourrai trouver sympathique : je vais pourrir la séance à mes voisins, c'est évident, alors bien choisir ses victimes. Avec un peu de chance je pourrai même refiler ma maladie, mais bon voilà, je suis pas si méchant, j'ai trouvé une place sur le […]
Castaway on the moon, Lee Hae-joon. Parler à son banquier avant de se suicider, cheum comme soulagement de conscience. C’est pourtant ce que Kim Seung-Keun (Jung Jae-young, qu’on peut voir notamment dans Green Fish, Die Bad, Silmido, Welcome to Dongmakgol) se résout à faire avant de passer l’arme à gauche. Chronique classique d’un salaryman qui pète un plomb. Tu es né de la rivière Han et tu retourneras à la rivière Han. Encore un film qui commence autour de cette rivière diriez-vous. Triste époque. Problème: Seung-keun trouve le moyen d’échouer, même dans son suicide. C’est pas les gars de France Telecom qui se seraient ratés sur un truc aussi simple (propos que je retire si : (i) FT est sponsor du FFCF ; (ii) un péquenaud de FT s’amuse à lire nos billets), à croire que le guide du suicide japonais n’a pas trouvé son traducteur au pays du matin calme. Si […]
Sunny, de Kang Hyeong-cheol. Pour l'ouverture du FFCF 2011. 18h13. Pofpofpof. Sans Congo, après s’être passé une dernière fois le clip de Boney M, Sunny, sur Youtube, se dirige au pas de charge vers Saint-Michel. Arrivé devant le cinéma Saint-André-des-arts, manifestement trop tôt, Sans Congo salue Pascal Le Fur, collègue accrédité dont il avait plusieurs fois croisé la silhouette l’année précédente. Cette fois, Sans Congo est devenu un homme. Il faut dire que l’absence de Joy Means Sick, son fidèle acolyte, n’est pas étrangère à la discussion agréable qui s’engage avec Pascal Le Fur. Et puis paf, David Tredler, de l’Impossible blog ciné. Bon Dieu, salut David, Sans Congo, heureux de faire ta connaissance, comment vas-tu, nous avons enfin l’occasion de nous rencontrer, bon sang ! Tu ne m’en veux pas, j’ai oublié le Twix, sorry… En revanche, j’ai un super haut […]
The Foul King (2000), Kim Jee-woon. La bande annonce déjantée Sans Congo se connecte sur Facebook. Premier statut qu’il aperçoit : « Je vais casser du pd. Homophobe et fier de l'être bande de dégénérés qui font un truc pour legitimer leur maladie. TAFIOLE ». Ouaou : encore plus sec qu’un personnage de Dieudonné. Ahuri, Sans Congo se caresse l’épaule en regardant son poster de Mylène Farmer. Il retourne devant son écran. Tiens, un peu plus bas : « J hallucine ! L autre connasse fait une machine alors que j essaie de dormir ! Putin, jvais lui peter les dents ! ». Sympa pour les dents de la connasse, mais que se passe-t-il aujourd’hui, encore une sombre histoire de conjonction des astres ? Sans Congo regarde sa peluche préférée. Un autre « est toujours sur cette putain de liste d'attente de [ses] couilles maudites... ». C’en est trop pour sa sensibilité fragile […]
The Power of Kangwon Province, Hong Sang-soo. Le film sur youtube Round 1 Yann Kerloc’h nous avait prévenus : « formellement, c’est inouï et d’une rare exigence, mais pas facile d’accès ». C’est vrai. Tellement pas facile qu’on n’a pas trouvé la porte d’entrée, si tant est qu’il y en ait une. A l’heure de faire les comptes, perso, je retiens les plus beaux kicks distribués par ma prof de maths de cinquième : « on ne peut pas diviser par zéro, trou du cul ! ». Je souhaite aujourd’hui tirer ma révérence à cette femme d’une grande sagesse. HSS a manipulé le vide : le résultat est atroce. The Power of Kangwon Province est une coquille vide, transparente, de dimension nulle. Il n’y a strictement rien. Ou plutôt deux fois rien dans la mesure où le film d’H(S)S est composé de deux parties. Dans la première, trois jeunes femmes se retrouvent en week-end à Kangwon. Il […]
Ecrit et réalisé par Yun Je-Gyun en 2002, Sex is Zero est par définition un film d'auteur. LE FILM SUR YOUTUBE Pas de pom-pom girls mais des gymnastes tailles mannequins qui s’entrainent au rythme d’une musique entrainante et naïve, une sorte de rock pour campus américain à la différence près que l’on est en Corée (ou que l’Amérique a été recouverte d’une vague d’immigrants asiatiques). Le montage alterne « subtilement » entre nos fans de GRS et une séance de bizutage en bonne et due forme : les nouveaux doivent boire un étrange mélange où flottent mégots et autres immondices. Aucun contexte, aucune explication, aucune prise de recul, Sex is Zero a un cahier des charges à tenir et n’a pas le temps de faire semblant de s’arrêter sur ce genre de subtilités. L’efficacité et les ados coréens dans la ligne de mire, trois ans après American Pie, on sort le bazooka. […]