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1 novembre 2012 4 01 /11 /novembre /2012 23:55

Stateless Things, Kim Kyung-mook, 2012

stateless thinfs

 

 

Disclaimer : ces propos sortent de l'univers mental de Joy Means Sick à l'âge de 14 ans, survète Sergio Tacchini, 3310 et tout. Il écrit à son pote Sans Congo, envoyé en pensionnat il y a deux ans dans la région Centre après une tentative d'aggression sexuelle sur la CPE de son collège. On rappelle que Sans Congo est un élève taquin mais brillant et qu'il a même un an d'avance dans ses études. A l'époque agé de 11 ans, interrogé par la police, il déclara que c'était l'autre qui l'avait chauffée. Ces jeunes n'existent plus (ou presque) et la rédaction ne saurait étre tenue responsable de leurs propos.


 

stateless


 

"Salut gros pédé,


Alors, bien ou bien dans ton froid berruyer (ndlr : de Bourges) ? T’as eu de la grêle et t’as pensé que c’était Sandy qui mouillait jusqu’à toi ? Mon coquin va.

Bon moi j’ai vu Stateless Things hier, tu sais le film coréen là, avec des homos et tout, je t'en parlais devant la Cinémathèque Française l’autre fois

Mais si le truc par leur nouveau réal, Kim Kyung-mook tu sais, notre pote sur facebook.

Ben figure toi que j’ai grave kiffé. Et ouais y a bien deux trois plans dégueu qui ont failli me faire recracher mes pâtes bolo’ mais franchement bien le film. Genre ça commence sur un long travelling sa mère sur l’autoroute. On suit deux jeunes en scooters qui suivent un train, on navigue un peu autour d’eux façon « c’est des personnages importants » et puis ça dure suffisamment longtemps pour que tu te poses des questions tu vois ? Mais là quedal, le réal il te fait bien comprendre qu’il te dira pas tout tout de suite et que tu vas devoir te creuser les méninges. Dans la conférence qui suivait il disait un truc du genre j’ai mis le dernier plan du film au début mais franchement j’sais pas si c’est un problème de traduction ou quoi mais j’ai pas capté. Pour moi t’as vu y a moyen que ce soit le dernier plan de la première partie mais pas du film, bref c’est un peu un film façon art et essai ou de toute manière tu sais bien que tu vas pas tout capter parce que t’es pas assez éduqué ou quoi pour ça.

 

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En tout cas la Corée ça a l’air glauque sa mère, après être passé dans le train où on suit encore un perso qui doit être important (ptet le même), on arrive à une station service où les deux du scooters se font fouetter les seuf’ par un chef qui bave grave sur la gamine. Il a la quarantaine, une sale gueule et du bidon mais il lui fait du charme façon j’suis tout gentil alors qu’en fait c’est trop un tar-ba et quand elle veut pas lui faire des bisous ben il se vénère façon Mickey Rourke. Heureusement y a l’autre tit-pe il vient à la rescousse comme un furet genre j’avais oublié les clés mais si je te vois refaire ça à ma copine je défonce ta face rect-di. 

Après le truc c’est que les jeunes c’est des étrangers ou des immigrés je sais pas trop, mais en tout cas je crois qu’elle sa famille s’est barrée de Corée du Nord et l’a laissé là avant de se tailler en Chine. C’est le bas de l’ascenseur social quoi et comme disait Jamel ça pue la pisse vénèr. Ce qui est chaud dans le film c’est qu’il se passe pas de trucs de oufs façon gros film d’action mais tu rentres bien dans le délire. Le gars il tient sa caméra à l’épaule en mode reportage mais trop bien fait. Genre y a jamais de champ contre-champ ni rien, t’as l’impression de regarder un mélange entre strip-tease et du Jacques Audiard où chaque nouveau plan implique une ellipse et mon con ça fait tout chose. Un peu comme l’autre film là, avec le mec qui se fait buter au marteau… Ouais Breathless c’est ça. Putain de films de dingues ça aussi.

 

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Et puis là la ville elle trop bien rendue, t’as l’impression de trainer porte de Cli-cli aux heures de pointe, ça pue la rage et l’agressivité, y a du bruit tout le temps tu deviens ouf, surtout avec la caméra qui bouge sa maman et l’agitation du petit gars qui fait quinze boulots en même temps parce que c’est la merde et que faire pompiste (wallah y a pas de jeux de mots) ça suffit pas à gagner sa croûte. Alors il distribue des tracts, il s’embrouille avec un meuf parce qu’ils sont sur le même spot’, il fait des livraisons ou des conneries du genre. Bref pas le genre de délire où t’as le temps de t’arrêter deux secondes pour regarder des canards aux Tuileries. En plus franchement ça donne pas envie de s’arrêter, le tier-quar il est trop cheum, l’image elle toute désaturée c’est trop glauque mais le mec il reste fidèle à ses principe et y a pas une fois dans toute la première partie où il ne s’en tient pas à son style et sa ligne de conduite. Au passage les acteurs ils sont super chauds en plus c’est des amateurs qui tournaient leur premier film et franchement respect, ils sont passés en mode Tahar Rahim truc de ouf.

 

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Et puis le réal c’est un artiste en plus, il s’est fait plaisir au montage et il te fout des sortes de pornos amateur filmés avec v’là la caméra pétée en plein milieu du film, comme si tu trouvais un marque page chelou au moment de changer de chapitre. La première c’est une session fessées dans un motel, je crois que c’est la petite grosse qu’on suit depuis le départ mais je suis pas sûr t’as vu. Putain de délire chelou, mais ça fait une coupure avec le moment d’avant parce que j’ai oublié de te dire que l’histoire avec le patron ça a tourné chocolat, il a viré le tit-pe parce qu’il l’a empêché de kenne la meuf et en plus il veut pas le payer et il dit qu’il va le buter à coup de cric si jamais il ose pointer à nouveau sa gueule pleine de pustules dans le coin. Le gars forcément il encaisse ça pas bien, il revient chercher sa thune, ça part en baston, y a des tiroirs caisses et des pots de fleurs qui volent et au final les deux petits ils se font la malle et se barrent chez la fille pour prendre une soupe kimchi maison bien méritée. Sauf que là tu crois qu’ils sont kil-tran mais trop ap’, le patron il revient avec un pote à lui, il a toujours les boules gonflées et il veut pas lâcher la petite alors ça part en course poursuite de chiens errants dans les ruelles du ghetto. Finalement ils se retrouvent pour une tape finale avec masse de coup de putes style je te croque la main et tu me baises les genoux et finalement les deux petits jeunes ils sont plus vivaces et ils se font la malle pour de bon. Dans la mêlée la meuf elle a même récupérée son passeport alors franchement une petite séance de fessée en vidéo ça te permet de souffler un coup (je déconne !).

 

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Nan ce qui permet vraiment de souffler c’est la séquence suivante, comme ils ont gratté un peu de maille à l’insu du patron, ils vivent relax et profitent et peu du grand air de la ville et se tappent tous les lieux à voir façon guide du routard. C’est super moderne comme délire parce qu’on alterne entre des plans google-map et les lieux réels, le montage est hyper décousu mais ça rend bien, ça permet de souffler même et pourtant franchement je te jure leur ville c’est pas Paris, si tu veux voir des trucs façon Notre-Dame et le Sacré-Cœur tu peux te rhabiller c’est trop pas le délire. Au mieux t’as une combinaison pont-parc dans un quartier pas trop pété (genre la Défense) alors tu comprends que les deux là ils décident de se tailler de là vite aif tellement ça pue la merde.

 

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Et là bim, t’as un putain de changement de style de ouf, tu perds tous tes repères, et t’atterrit dans un appart super che-ri dans les hauteurs de la ville avec un cadre dynamique qui entretient un petit beau-gosse mais qui pourrait surtout être son gosse. D’ailleurs au début j’ai failli me faire feinter, je savais bien que le film était crado mais je suis dit que l’inceste ça aurait été carrément hardcore et qu’on avait pas besoin de ça et je crois que le réal était d’accord. Au niveau de la mise en scène c’est nouvelle donne, nouveau style, nouvelle école et ça fait pas dans la dentelle. T’as bouffé de la cam’ à l’épaule ? Paye ton travelling lent et léché (ouais là encore pas de jeux de mots foireux) dans les couloirs. On t’a asphyxié de bruit à défaut d’odeur ? Bim double vitrage au 32ème étage dans ta face. Costumes et décors pleins de misère ? Tout ça c’est plus que des jolies taches de lumière à l’horizon, ici c’est polo Giorgio Armani tonton. Et même si l’histoire elle a l’air chelou, au moins ça semble plus posé comme ambiance, t’en serais presqu’à enlever tes grolles pour t’installer quand le mec il te balance une vidéo trop hardcore mon pote. C’est encore cette pute de caméra DV pourave qui vient te faire recracher ton 4 heure mais là c’est méga-cheum, le petit de la première partie qu’on avait quitté plein d’espoir on le retrouve dans les toilettes avec deux gorilles qui lui reniflent les aisselles avant de … voilà quoi, le truc cheum, d’abord la bouche puis baisse ton pantalon fiston. On te montre tout même si y a moyen que ce soit truqué mais putain c’est trashos mon gars t’as pas idée, j’sais pas si t’as vu Mysterious Skin mais c’est un peu le même délire et t’as l’impression qu’on t’a souillé salement.

 

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Voilà après je sais pas si c’est le choc ou quoi mais y a un petit coup de mou (chiotte mec c’est trop sensible comme sujet faut trop de vocabulaire pour éviter les allusions foireuses) dans le milieu de la deuxième partie. L’histoire entre le gosse et son cadre dynamique elle est pas mal du tout mais je sais pas, à un moment comme ça tu t’ennuies un peu, peut-être que je cherchais des liens avec la première partie ou peut-être que j’étais sonné mais voilà je te dis ce que j’ai ressenti. En tout cas la relation de pouvoir entre les deux est vachement bien traitée, le petit il a pas de maille, pas d’appart ni rien mais il arrive encore à faire chialer le daron parce que l’autre fomblard il est trop en chien sur lui. Du coup il mène sa vie tranquille, à base de clopes, de clubs et de whisky, c’est pas la vie de rêve quand tu sais le loyer qu’il paie mais bon c’est pas les toilettes de l’autre pompiste là. 

 

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Du coup on végète un peu et après une dispute finale entre les deux amants le gars il te sort une feinte de frappe de tard-ba, il te fait un long travelling de ouf dans la rue où on voit le petit de la première séquence marcher (je crois qu’il y eu un retour sur les premiers personnages avec voix off et explications pour dire qu’ils s’étaient séparés et parti chacun faire leur vie de leur côté), ça dure méga longtemps parce que là il s’est dit que pour son premier film il allait coucher Carax (pour Mauvais Sang) et Steeve Mac Queen (pour Shame) direct’ avec guinness du plus long travelling dans la rue du monde. Il te met même le titre et la caméra finit par se faire dépasser par le petit et là tu te dis que t’as pas tout compris dans le film mais le gars il a posé sa signature en mode gros respect, genre tag sur le front la statue de la liberté et viens me chercher si tu peux. Mais comme je te disais c’est une putain de feinte et là y a moyen que je te spoile carrément plus le film que tout ce que j’ai déjà pu faire parce qu’en fait les deux petits des deux séquences c’est un seul et même gars mais les différentes facettes d’une même personnalité. Et ouais mon gars, lui c’est Ronaldo et toi tu fais ton Nesta, il t’a mis dans le zef et il court vers la fin de son film à l’aise. En gros les deux sont réunis petit à petit, d’abord dans l’appart, ensuite dans le même lit (où l’un bute l’autre mais ça c’est de la métaphore psychologique) et enfin par un effet de surimpression oldschool sous la douche. En tout cas même avec son penthouse le gars il se sent pas franchement de continuer à vivre alors il fait une tentative de suicide bien comme il faut. Il bouche tout et il ouvre le gaz, c’est un peu le bordel ensuite dans les faits parce que tu rentres trop bien dans la tête du personnage et tu sais plus où t’es ni ce que tu veux sauf qu’en fait t’as changé d’avis tu veux vivre et te barrer de là alors que comme un con t’as tout scotché et tout pour que l’air passe pas alors ça va être chaud de se faufiler. Mais t’sais l’animal blessé c’est le plus dangereux et même si c’est pas Van Damme il parvient quand même à forcer la porte. Après il se barre en slip et erre dans la rue en titubant mais vivant et même si ça va faire goleri ta sale tronche de pédé ben moi j’ai trouvé ça hyper fort et chanmé stylé comme fin.

 

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Putain je sais même pas pourquoi je te parle encore à toi sale bâtard, je suis sûr  tu comprends rien à ces trucs là, les gars ils sont trop dans la zère-mi et ils essaient de s’en sortir et franchement respect. Le réal après il nous a dit qu’il s’inspirait pas mal de son entourage et qu’ils faisaient ses films comme des thérapies dans les moments où sa va pas bien dans sa tête, le mec il était tout mignon et tout mais en fait il bad trip à mort, son prochain film ce sera un docu sur les prostituées ça sent pas la fleur bleu et le lol tout ça. Il nous a expliqué un truc aussi suite à une question de la patronne du cinoch qui était trop motivée, la signification du titre en coréen, j’ai noté « une expression chinoise qui désigne le moment avant l’éclosion de l’œuf où le poussin commence à chercher à sortir alors que la poule l’aide depuis l’extérieur ». Ca fait écho à un passage du film, une histoire avec deux frères jumeaux et une porte mais je sais pas trop si je peux développer mais en tout cas le film il est stylé bien fait pour un premier long et même un boloss comme toi y a moyen que tu kiffes si tu veux bien arrêter d’être con pendant deux heures.

Vas y à plus gros.

 

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PS : putain il parait que le court métrage du même réal qu'ils projettent ce week-end c'est un truc que même ta grand-mère elle a jamais vu, genre du porno gay scato tellement hardos que même sur internet il te mettrait un double avertissement genre "t'as plus de 18 ans?" "ok" "ouais mais est-ce que t'es un vrai bonhomme parce que là c'est pas pour les fillettes?". Et là franchement mon gars je sais pas si cliquerais. Le pire c'est qu'il joue dedans et qu'il sera là pour parler avec le public après le film, ça dure une heure en plus, et ça risque d'effacer à jamais le traumatisme de Ballad of a thin Man dans l'esprit des habitués cette affaire. Je parie 10 keuss' qu'y en a un qui vomit."

 

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Faceless Things, samedi 3 novembre 16h10 ou mardi 6 à 16h30.


En bonus je t'ai trouvé une vidéo d'un passage stylé et relax dans la deuxième partie, l'occasion aussi de faire une grosse cace-dédi aux musiciens. Franchement propre le taf.


 

 
 
Vas-y deuxième bonus mon gars, non contents d'organiser un festival de batards avec leurs petites mains, ils ont filmé les questions réponses les oufs :
 


 

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Published by Joy Means Sick & Sans Congo - dans Drame
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commentaires

Joy Means Sick 02/11/2012 12:18

Wesh cimer poto, mais t'as vu les vrais daron du style c'est quand même c'est mecs l à : http://bolossdesbelleslettres.tumblr.com. Gros respect à eux

I.D. 02/11/2012 11:26

Aïe ! Wesh roh ! Ça mère la pioute de comment tu chires-dé lorsqu'il s'agit de per-ta sec, rec-di comme ac. Franchement, c'est chant-mé man. Big up à la famille, tu m'as filé le kiffe, si, si...
'tain le réal' il doit avoir le seum sans déc'.

Sans Congo 02/11/2012 07:57

fraîche la musique, j'ai enlevé ma chemise, fermé les portes, grimpé sur mon bureau, et là, je danse
wallah
aye