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28 novembre 2012 3 28 /11 /novembre /2012 14:01

Natali 3D, Joo Kyung-jung, 2010

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LES CARNETS ROSES DE JOY MEANS SICK & SANS CONGO EPISODE 6

 

 

Ouais gros, bien ?


Truc de ouf mec la semaine dernière j’ai reçu une lettre du rouquin dont tu me parlais, le gars il doit avoir besoin de potes parce qu’il a pas laissé trainer ton invitation. Sa lettre elle parlait d’un film trop chelou qui se passe en Corée du Nord avec des histoires de fesses, un truc introuvable, il l’a maté avec les sous-titres japonais et a du faire des recherches auprès ses autres potes geeks pour trouver plus d’infos sur le film. En tout cas c’était goleri et bien documenté, je vais lui répondre, j’ai trouvé un truc qui peut lui plaire, j’ai appelé ça le kamasutra impossible d’Illitch Dillinger parce que je trouve que c’est goleri d’être un puceau et d’avoir un nom de star du porno des années 80. Par contre y avait des bouts de chips à l’oignon dans la lettre c’était glauque et puis je me dis que je changerais peut-être le nom du truc par respect pour sa famille, on verra.

 

playboy bunnies


En tout gars de mon côté j’ai pécho un stock de DVDs sud-coquins chez Cash Converters en revendant ma casio avec le bonhomme qui court la semaine dernière, mais fallait que je trouve le temps d’être seul pour pouvoir mater ça tranquilou et ce moment à la casba c’est un peu le bunker avec les cainris du fisc qui bombardent autour donc c’est collés-serrés c’est pas évident. Bref j’ai eu une première fenêtre de tir mais bon embarras du choix et bug du cerveau, j’ai reluqué les pochettes, pesé le pour et le contre, fait des listes de oui-non avec votes de mes GI Joe comme pour les playboy bunnies d’Apocalypse Now tellement longtemps que ma sœur est rentrée du catéchisme et j’ai tout foiré. Du coup hier je me suis lancé à l’aveugle, hop j’ai pécho Natali 3D (en plus c’est le nom d’une meuf que je kiffe bien en ce moment) et j’ai mis play direct parce que j’avais vu cette émission sur l’inconscient qui dit que parfois la meilleure solution c’est de choisir dans l’instant et d’y repenser après, sinon t’as la conscience et le subconscient qui commencent à se fritter et finalement tu deviens incapable de choisir. Parce qu’il faut pas croire que t’es libre mec je t’assure y a des études qui prouvent que sept secondes avant de te le laisser savoir ton subconscient a déjà choisi que t’allais appuyer sur le bouton jaune. Enfin un truc comme ça. Enfin voilà ça repasse donc je te file un bout du programme TV pour que tu puisses le regarder à l’occasion. C’est goleri je t’assure t’apprends même à péta des montres et des portefeuilles à Las Vegas, l’avenir. 

 

 


 

 

Bon le film dont je vais te parler aujourd’hui c’est Natali 3D, je pense bien que c’est le premier film érotique coréen en 3D (ndlr : 1er film coréen à être sorti au ciné en 3D, premier film érotique asiatique en 3D) même si moi je l’ai vu en 2D sur un écran pourrave. Franchement le retrait d’une dimension ça fait mal au yeux et tu comprends vite que la profondeur dans l'image est le seul gimmick récurrent de la mise en scène de Joo Kyung-jung, ça donne une répétition de plans avec un mec devant et un autre dans la profondeur, avec une profondeur de champ de malade pour que tout soit net et que le spectateur n’ait pas mal aux yeux en baladant son regard dans l’image. Ca c’est un autre bug du cerveau qu’on m’a expliqué, si tu présentes de la 3D à ton cerveau, ben lui il veut pouvoir faire le point où il veut dans cette image (on dit accomoder), sinon bonjour la migraine. Enfin je dis ça, le flou en 3D c’est pas nécessairement interdit, mais faut s’appliquer. En fait je suis un peu injuste, l’autre carte dans les mains du metteur en scène, c’est la stylisation des scènes hot, lumière un peu plus léchée, musique enveloppante pas chère, plongées provocantes et jeu avec la frontière du porno.

 

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Réccurence de mise en scène pour exploiter la 3D

 

Par exemple le générique de début, ben mon gars c’est direct une scène de cul. Mais pas le plan large fixe avec l’éclairage au néon (parait qu’il faut dire fluo) de ta grand-mère. Non là t’as du ralenti à foison, une lumière bien chaudasse, des corps bien maquillés et bien entretenus et le tout se déroule sur un fond noir. Une sorte de sexe magnifié par des images déréalisées et une musique édifiante. Ouais j’ai fait une checklist de mots à placer pour faire intelligent dans une critique, j’espère que ça veut dire quelque chose, parce que plus tard j’aimerais bien faire ça comme taf, c’est pépouze, tu vas au cinoch, tu parles avec les collègues et tu fais une rédaction pour Télérama en rentrant l’écharpe autour du cou. Belle vie quoi.

 

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Spéciale dédicace à Olrik


Bon sinon je t’explique le délire du film. Déjà Natali c’est une sculpture, une œuvre d’art, la seule que le sculpteur en question ne veut pas vendre parce qu’il la kiffe bien au delà des convenance entre un homme et du minerai. Bon la sculpture c’est dommage parce qu’honnêtement elle pas ouf je suis pas sur que t’arrives à en tirer dix keuss dans une brocante. Donc voilà il a fini son expo, Madame Park, la meuf qui s’occupe de bicrave son matos lui dit que tout s’est bien passé, tout est vendu sauf Natali évidemment. Au passage cette meuf là, d’une nature bien plus humaine à bien des sens que Natali (notamment sa poitrine j’y reviendrais), c’est le plan cul du sculpteur et celle qui permet à la prod’ d’avoir son quota de scènes de sexe pendant la première partie du film.

 

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De l'usage de la profondeur et des dialogues pour l'érotisme en 3D

 

Très tôt après avoir lancé le dvd, j’ai eu une super idée de film mêlée avec le 4ème de couverture à moitié oublié : et si en fait il s’agissait d’un mec qui cherche Natali pendant tout le film parce que c’est une œuvre d’art et nous, l’ayant maté mise en valeur en plein ébat, on se retrouverait au même niveau que le héros, comme si on chassait un fantasme avec lui. Une putain de manipulation du spectateur, un Où est Charlie de malade où tu te retournes sur toutes les meufs du film comme un ouvrier bouffant son sandwich à l’omelette avenue Montaigne. Et puis le gars il deviendrait aveugle donc on serait ses yeux et lui il devrait toucher les meufs pour savoir si c’est bien elle. Ca donnerait des scènes de ouf parce que le sexe pour le sexe ça raconte pas grand chose finalement mais si y un autre enjeu que le plaisir entre les lignes alors ça peut devenir intéressant et tout. Mais bon je m’égare, j’ai soumis l’idée à mon grand reuf pour son blog de hipster geek pédé je crois qu’il a bien aimé. En tout cas c’est pas du tout ça qu’il se passe dans le film.

 

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Demande plutôt des cours à Choi Min-sik baltringue.

 

En fait, alors que le sculpteur traine tranquilou dans sa galerie désormais vidée de toute sa foule d’admirateurs venue se rincer l’œil (son crédo de sculpteur c’est bien sûr les meufs à poil), y a un de ses anciens étudiants qui vient se présenter en disant qu’il veut racheter Natali. Le scultpeur il aime bien être pénard avec sa maitresse de granit mais l’autre il insiste, il dit qu’il veut faire un article sur son travail, puis en fait un article sur Natali et en fait rapidement on comprend qu’il veut tout savoir sur Natali parce que lui aussi la connait. En gros le film c’est une longue discussion entre les deux avec des aller-retours où ils échangent et comparent leurs souvenirs, je te fais qu’un demi spoil : Natali c’est une aussi ancienne élève du sculpteur qu’il a serré à l’époque. Ils étaient tous croques l’un de l’autre et niquaient comme des lapins mais ça a finit par affecter son art alors elle est partie en disant qu’elle reviendrait dans 10 ans pour se comparer avec la sculpture qu’il a fait d’elle. Comme ça c’est pas hyper alléchant mais ça passe tranquille, surtout grâce à quelques punchlines marrantes dans les dialogues, je te fais un petit florilège.

 

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Par contre à part les scènes avec des filles nues, l’image c’est vraiment pas ça. C’est un peu filmé comme une sitcom avec des filtres de couleurs dégueu à l’occasion pour faire riche. Ca doit être un de ses problèmes de la 3D fauchée : quand t’as pas d’argent pour te payer un éclairage et des décors à la Citizen Kane pour jouer sur la profondeur de champ, la solution c’est de prendre une caméra numérique pourrie avec un petit capteur et d’éclairer les plans larges comme un porc. Perso ma théorie c’est que le chef op avait mis un stagiaire aux commandes pour les scènes de dialogues et qu’il venait uniquement se rincer l’œil quand il voyait un sous-tif tomber par terre.

 

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En tout cas un truc que j’ai remarqué, c’est que c’est ouf comme ton cerveau est en alerte sur les premières minutes d’un film. On sait que c’est codifié et pourtant c’est un objet nouveau alors c’est alerte rouge dans les synapses, rien qu’elles ouvrent leurs cuisses et qu’elles sont pas regardantes les coquines. Par contre c’est un temps qui ne dure pas (sauf quand c’est Terrence Malick qui caresse, là tu restes sur tes gardes) et très vite on absorbe le système et on attend que la suite s’y conforme avec une marge de manœuvre réduite par la cohérence d’un cerveau humain. Par exemple y a un plan pourri sur des mouettes au début, ben je m’en souviens nickel, et à la fin quand on recroise une mouette, j’étais sur que la boucle était bouclée.

 

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Mouettes au début...

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... mouette à la fin.

 

En conclusion, comme dirait ma sœur dans ses dissertations, pour un film érotique coréen c’est pas si mal, l’histoire tient la route et le spectateur en éveil, c’est pas mal joué, y a des dialogues pas dégueu et surtout un sacré quota de tétons. Tiens d’ailleurs j’avais dit que j’y reviendrai : tout comme la sculpture nommée Natali qui est pas ouf, la meuf qui joue Natali c’est pas non plus une nymphe de mythe grec. On aurait pu passer outre la tête un peu cadavérique-mimi de Park Hyun-jin si elle n’avait pas jugé bon de se faire refaire les seins (et même gonflés c’est pas Pamela). Parce que franchement pour une meuf qui est censée transcender la nature de l’art et l’art et la nature ça fait tâche. Ou bien c’est l’art qui s’incruste dans la nature et là autant aller au bout et nous livrer la barbie humaine. Enfin bon dans le délire l’histoire deux types qui bavent sur une statue c’est pas mal non plus, et en 3D ça doit même être mieux.

 

Allez ciao poto, je t'ai glissé quelques photos sympas dans l'enveloppe tu verras !

 

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Joy Means Sick du XV3

 

 

BONUS

 

Les photos sympas :

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Madame Park...

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Versus Miran (aka Natali)

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Plongée sur le lit...

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Plongée dans l'escalier...

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Encore une plongée sur lit...

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Rien que ça plonge, normal d'être fatigués.

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Le plan qui résume toute l'histoire.

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A moins que ce ne soit celui-là.

 


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Published by Joy Means Sick & Sans Congo - dans Erotique
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commentaires

Joy Means Sick 01/12/2012 10:30

Haha, ravi que la dédicace ait atteint son but. On peut effectivement voir là une imitation de Lust Caution et je pense que plus largement les scènes d'ébats s'appuient sur des modèles déjà vu. On
trouve dans le catalogue du kamasutra d'autres liens avec ce même film, le réal devait être un fan d'Ang Lee.
Sinon je ne serai que te dire, on est très loin des pinkus japonais, c'est assez sage et à quelques détails (qui font l'intérêt du film) ça pourrait bien avoir été programmé sur M6 un dimanche soir
y a 10 ans. Parmi ces détails se trouve la 3D (avec le recul ce n'est d'ailleurs pas si inintéressant de voir le film en 2D en sachant qu'il est pensé pour la 3D, t'as l'impression du voir une
sorte de storyboard), les dialogues, et le côté "discussion illustrée" entre deux types qui n'ont pas le même rapport au sexe.
Pour un traitement intéressant de la violence et du sexe je conseillerais plutôt ce bon vieux Jang Sun-woo.

Olrik 30/11/2012 22:38

Une image dédicace qui me va droit au coeur, merci, même si je ne peux m'empêcher de penser que le plan a été pompé sur Lust Caution, avec cette chienne lubrique (en tout cas d'après la République
Populaire de Chine) de Tang Wei, tout tétons dressés sous les caresses de feu de Tony (même que j'avais eu le zizi tout dur à la vue de ce plan).
En tout cas ce film m'interpelle. Ça fait longtemps que les films coréens m'ont intéressé par leur traitement de la violence et du cul, comparativement à leurs homologues japonais. J'avais bien
aimé the Intimate et une série de téléfilms, the Temptation of Eve. Du coup ce "Natali", avec ou sans 3d, me tente assez.

I.D. 29/11/2012 09:31

De loin la muse, je la trouvais pas mal. Je lui trouvais même un air avec Maria Ozawa en mode loches refaites (là-dessus, la Corée du Sud c'est le Brésil de l'Asie sans déc', Son Ye-jin ne nous
dirait pas le contraire) mais en réalité de près... bof.
V'là les plongées à gogo sinon. Il aime prendre de la hauteur cet enfoiré de réal' qui prend son pied comme l'autre avec sa statue toute moche. Et en plus recouverte d'une couleur dorée peint à la
bombe pour nous faire croire que c'est une statue des Oscars.
Les mouettes c'est chouettes. Et la blondass en rose, elle me fait flipper sérieux.

ps : sympa le reportage avec le subconscient et tout et tout.