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24 septembre 2010 5 24 /09 /septembre /2010 19:22

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Si vous tapez Memento Mori sur Google, vous allez tomber sur la page Wikipedia non pas du film mais du genre artistique associé à l’expression latine. « Souviens-toi que tu mourras » : piqure de rappel  qui va droit au but : on va tous crever, pas la peine de se prendre trop au sérieux. Et dans le domaine de l’art certains tympans feraient bien de se faire percuter rapidement par cet écho antique.

 

Pour nous, Memento Mori, ce sera le film de Kim Tae-yong et Min Kyu-dong. Un film qu’il est difficile de détacher totalement de son titre et de ses résonnances mais qui évidemment n’y est pas menotté. Donc voilà, ça se passe dans un lycée de jeunes filles coréennes, l’une d’entre elles tombe sur un journal intime tenu par deux de ses camarades qui vivent une passion homosexuelle. Mais bon, quand l’une d’elle se suicide, l’autre ne semble pas plus affectée que cela. Etrange ? Faut voir la suite... Pour lundi vous réviserez donc le thème du fantôme dans le cinéma asiatique.

 

Voici l'extrait d'un interview du réalisateur sur le site orient-extreme (dont vous pouvez lire l'intégralité en : cliquant ici), et qui est une bonne manière de présenter le film dont nous parlerons lundi. Inutile donc d'aller plus loin. Sinon comme d'hab : trailer + film + playlist. 

 

Orient-Extrême : Nous nous empresserons nous aussi de le soutenir à sa sortie DVD.Revenons par là-même à Memento Mori. Quelle a été la genèse du film ? Comment s’est déroulée votre collaboration, de l’écriture du scénario au tournage même ?


Min Kyu-Dong : 
Kim et moi, quand on était élèves de Korean Academy of Film Arts (N.B. Equivalent coréen de la Fémis), on a fait un court-métrage ensemble, intitulé Seventeen, sur les ados. Un producteur nous a contacté après l’avoir vu pour nous proposer de faire la suite de Whispering Corridor. Nous avons refusé, nous nous étions trop orgueilleux pour accepter la suite d’un médiocre film d’angoisse. Quelques temps après, on s’est aperçus qu'aucun de nous deux n'était prêt à devenir un réalisateur commercial. On s’est posé des questions sur notre carrière. On s’est moqué l’un de l’autre : « tu veux faire de ton premier long métrage un film comme Sacrifice de Tarkovski ? ». Après une semaine de débat virulent, on s’est mis d’accord : la bouteille est affreuse, mais le vin sera bon ! On n’a retenu que le titre : « Deuxième épisode de Whispering Corridor ». A part le titre, tout était à refaire !

Orient-Extrême :
 justement, question suprême... un de vous deux est-il plus « responsable » que l’autre de cette ambiance formidable, de ce traitement totalement onirique, bref de la qualité du cru ?

Min Kyu-Dong : Le producteur, tout en nous laissant la liberté du scénario, à condition de respecter le titre de « Whispering Corridor », n’aurait jamais imaginé un tel résultat. Il s'attendait à un film d’angoisse tout conventionnel... ce qui a provoqué pas mal de problèmes. Comme le montre bien mon court-métrage Pale blue dot, j’ai toujours été enclin aux atmosphères oniriques. Kim Tae-Yong (qui aime plutôt le réalisme) ne l’a pas vraiment apprécié mais enfin est arrivé à reconnaître son intérêt. Cependant, ni Kim ni moi n’étions fan de films d’horreurs. Mais la marge de la liberté qu’autorise le terme générique de film d’horreur m’a permis de développer l’ambiance unique de Memento mori

Orient-Extrême : La « polémique » autour de la nature fantastique du film a alimenté de nombreux débats de cinéphiles jusqu’en France. Personnellement, je n’y ai vu que de l’onirisme ; le spectre de la fille suicidée ne m’est jamais apparu comme un artifice de film d’angoisse, mais clairement comme une traduction visuelle et démesurée de l’état psychologique des « survivantes ». On sait que le producteur voulait une histoire de fantômes pour de basses raisons mercantiles, mais qu’en est-il vraiment, in fine ?

Min Kyu-Dong : 
Notre producteur était sûr que le gros succès commercial de Whispering Corridor tenait à son ambiance d’horreur terrifiante. Sur ce point, je n’étais pas d’accord avec lui. Pour moi, l’essentiel de ce film n’était pas dans les effets-surprise. Je pensais que le film plaisait aux spectateurs à cause du désir de la vengeance contre les professeurs violents (Chaque coréen a rencontré des professeurs violents dans ses années scolaires). Ce film avait donc un sujet sérieux et fort. Je voulais faire une suite avec un autre sujet, aussi signifiant. Dans Memento mori, c’est le sentiment de culpabilité niée et oubliée des agresseurs anonymes qui crée un fantôme horrible. Mais ce fantôme ne fait pas seulement peur, il entraîne un sentiment de grande tristesse chez ceux qui le comprennent. Toutefois pour le producteur, ce qui comptait, ce n’était pas le sujet, c’était le cri des spectateurs dans la salle. En réalité, Memento mori a à peine dépassé le seuil de rentabilité. Le producteur m’a reproché cet échec financier, mais pour moi c’était sa faute. C’est lui qui avait fait la campagne de promotion sur le thème : « Memento mori, LA suite plus terrifiante que l'original. ». Pour ma part, j’aurais préféré : « L’horreur, c’est cette situation où l’amour de deux filles aboutit nécessairement à un mélodrame tragique ».

 

 

LE TRAILER

 

 


 

 

LE FILM

 

 


 

 

 

 

LA PLAYLIST DU FILM

 

Tchaïkosky, Juin (Barcarolle)

 

 


 

 

 

Crystal Castles, Crimewave

 

 


 

 

 

Mecano, Une femme avec une femme

 

 


 

 

 

t.A.T.u, All the things she said 

 

 

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Published by Kim Bong Park - dans Trailers
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