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7 octobre 2010 4 07 /10 /octobre /2010 21:00

trailer iodo

 

Grands sentimentaux que nous sommes, on ne pouvait pas en rester là avec Kim Ki-young. Après une tendre soirée d'été devant la version originale de  The Housemaid, on a décidé de prendre notre téléphone et notre courage pour rappeler son oeuvre et lui proposer un deuxième rendez-vous. L'oeuvre accepta, nous convia à visionner Iodo, partie d'elle même qu'elle expose en ce moment publiquement sur Youtube.

 

Les puristes se mangeront la langue en lisant ces lignes : voir un film sur youtube, un truc d'impies? Tant pis. Le vrai problème du jour c'est qu'il n'y a pas de trailer disponible sur internet Le temps n'est pas remonté jusqu'à nous, aucune connection directe avec 1977, il y a encore des choses que l'on ne trouve pas sur internet. Dingue.

 

Petit exercice de style pratiqué très "critique de cinéma" : parler d'un film que l'on n'a pas encore vu. Avant de commencer petite liste des éléments entre nos mains : c'est 17 ans après The Housemaid, c'est en couleur, ça a toujours l'air de flirter avec un thriller d'horreur psychologique (chose qui ne veut pas dire grand chose). Et hop c'est parti.

 

17 ans après The Housemaid, Kim-ki Young nous livrait Iodo, ou Ieodo, ou Io Island, comme cela vous arrange. Entre temps, il a réalisé 13 films, un bon rythme dans le cinéma. Il est passé à la couleur et même à la nuit américaine, un grand garçon. Il tire toujours sur les mêmes ficelles mais avec une habileté certaine : pressions psychologiques multiples sur les personnages, un huis-clos qui ne l'est pas tant que ça (une île), une disparition mystérieuse en mer.  Un classique, que l'on retrouve dans de nombreux classements "top 100 du cinéma coréen" (vous verrez ça parle de nous, "ceux qui pensent à tort que le cinéma coréen a commencé avec Oldboy)" une valeur sûre. Un investissement raisonnable pour le portefeuille de petits rentiers que nous sommes. Je m'égare mais fallait que je sorte de ce paragraphe...

 

Sinon ce petit texte en anglais sur le film est pas mal, ça vient de TimeOut's, une autre inconnue dans l'équation.

 

“More sex and death from iconoclast Kim Ki-Young in this bizarre and beautifully shot ‘Scope drama. It takes the form of an investigation by a resort promoter and a newspaper editor of the strange death of an Iodo islander turned ecology reporter, who disappears overboard on a trip back to the island. Unfolding in flashback, it relates in mock mythological terms the fate of the island, populated almost entirely by Amazon-like female deep sea divers and their shamans. Atmospheric, ghostly and oneiric, it’s a Freudian mind-boggler, filled with male sexual anxiety, culminating in one of the most shocking copulatory denouements in the movies.”

 

Donc apparemment c'est bien un thriller. Niveau tempo, on reste dans l'harmonique: ça touchera encore un peu de pollution (Land of Scarecrows), ça mène une investigation spéléo-elliptique (mais nous laisseront Carter et John dans leur univers parallèle windstruckien). Bref, ça l'air très sympa.

 

Le lien vers le film :

 

 

 

 

 

 

La PLayLiST !

 

 Los indios del sol - El condor pasa


 
Air - Sexy Boy

 

L5 - Toutes les femmes de ta vie

 

Wolfgang Rihm - Jagden und Formen

 

Renaud - Dès que le vent soufflera

 

Renaud - Mistral Gagnant (allez !)

 



Et un petit poème de Baudelaire en prime : Lesbos

Lesbos

Mère des jeux latins et des voluptés grecques,
Lesbos, où les baisers, languissants ou joyeux, 
Chauds comme les soleils, frais comme les pastèques, 
Font l'ornement des nuits et des jours glorieux, 
Mère des jeux latins et des voluptés grecques, 

Lesbos, où les baisers sont comme les cascades 
Qui se jettent sans peur dans les gouffres sans fonds, 
Et courent, sanglotant et gloussant par saccades, 
Orageux et secrets, fourmillants et profonds; 
Lesbos, où les baisers sont comme les cascades! 

Lesbos, où les Phrynés l'une l'autre s'attirent, 
Où jamais un soupir ne resta sans écho, 
À l'égal de Paphos les étoiles t'admirent, 
Et Vénus à bon droit peut jalouser Sapho!
Lesbos où les Phrynés l'une l'autre s'attirent, 

Lesbos, terre des nuits chaudes et langoureuses, 
Qui font qu'à leurs miroirs, stérile volupté! 
Les filles aux yeux creux, de leur corps amoureuses, 
Caressent les fruits mûrs de leur nubilité; 
Lesbos, terre des nuits chaudes et langoureuses, 

Laisse du vieux Platon se froncer l'oeil austère; 
Tu tires ton pardon de l'excès des baisers, 
Reine du doux empire, aimable et noble terre, 
Et des raffinements toujours inépuisés. 
Laisse du vieux Platon se froncer l'oeil austère. 

Tu tires ton pardon de l'éternel martyre, 
Infligé sans relâche aux coeurs ambitieux, 
Qu'attire loin de nous le radieux sourire 
Entrevu vaguement au bord des autres cieux! 
Tu tires ton pardon de l'éternel martyre! 

Qui des Dieux osera, Lesbos, être ton juge 
Et condamner ton front pâli dans les travaux, 
Si ses balances d'or n'ont pesé le déluge 
De larmes qu'à la mer ont versé tes ruisseaux? 
Qui des Dieux osera, Lesbos, être ton juge? 

Que nous veulent les lois du juste et de l'injuste ? 
Vierges au coeur sublime, honneur de l'archipel, 
Votre religion comme une autre est auguste, 
Et l'amour se rira de l'Enfer et du Ciel! 
Que nous veulent les lois du juste et de l'injuste? 

Car Lesbos entre tous m'a choisi sur la terre 
Pour chanter le secret de ses vierges en fleurs, 
Et je fus dès l'enfance admis au noir mystère 
Des rires effrénés mêlés aux sombres pleurs; 
Car Lesbos entre tous m'a choisi sur la terre. 

Et depuis lors je veille au sommet de Leucate, 
Comme une sentinelle à l'oeil perçant et sûr, 
Qui guette nuit et jour brick, tartane ou frégate, 
Dont les formes au loin frissonnent dans l'azur; 
Et depuis lors je veille au sommet de Leucate, 

Pour savoir si la mer est indulgente et bonne, 
Et parmi les sanglots dont le roc retentit 
Un soir ramènera vers Lesbos, qui pardonne, 
Le cadavre adoré de Sapho, qui partit 
Pour savoir si la mer est indulgente et bonne! 

De la mâle Sapho, l'amante et le poète, 
Plus belle que Vénus par ses mornes pâleurs! 
— L'oeil d'azur est vaincu par l'oeil noir que tachète 
Le cercle ténébreux tracé par les douleurs 
De la mâle Sapho, l'amante et le poète! 

— Plus belle que Vénus se dressant sur le monde 
Et versant les trésors de sa sérénité 
Et le rayonnement de sa jeunesse blonde 
Sur le vieil Océan de sa fille enchanté; 
Plus belle que Vénus se dressant sur le monde! 

— De Sapho qui mourut le jour de son blasphème, 
Quand, insultant le rite et le culte inventé, 
Elle fit son beau corps la pâture suprême 
D'un brutal dont l'orgueil punit l'impiété 
De celle qui mourut le jour de son blasphème. 

Et c'est depuis ce temps que Lesbos se lamente, 
Et, malgré les honneurs que lui rend l'univers, 
S'enivre chaque nuit du cri de la tourmente 
Que poussent vers les cieux ses rivages déserts. 
Et c'est depuis ce temps que Lesbos se lamente!

 

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Published by Kim Bong Park - dans Trailers
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