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15 octobre 2011 6 15 /10 /octobre /2011 10:31

 

affiche

 

End of Animal, de Jo Sung-hee (2010).

 

S’il y a eu un consensus à la sortie de la séance, c’est bien sur la perplexité qu’a suscité le film End of Animal parmi les petites gens qui butinaient aux alentours du cinéma Saint-andré-des-arts. En gros, si personne n’a vraiment compris ce qu’il s’y passait, certains n’ont pas du tout aimé tandis que d’autres se risquaient à avancer quelques arguments pour défendre l’œuvre. Alors que la communauté des ffcfiens avançait lentement mais sûrement vers une Saint-Barthélemy cinématographique entre les pros et les contres, Sans Congo, qui ne s’était toujours pas remis des quelques côtes fêlées que lui a infligé Jo Sung-hee, chercha le moyen de réconcilier les Guelfes et les Gibelins. Mais qu’est-ce qu’il a bien voulu dire le bougre ?

 

4-14-18-2 St-Barthelemy

Devant le cinéma, à la sortie de la séance de End of Animal

 

Voyant que l’on commençait les exécutions sommaires d’enfants et les viols à grande échelle, Sans Congo sentit qu’il était temps pour lui de prendre son courage à deux mains. Il se chercha un endroit en hauteur à partir duquel il pourrait haranguer les foules. Après avoir enfilé les habits de Camille Desmoulins, il entonna la Marseillaise d’une voix si émotive qu’il parvint à immobiliser tout un chacun. Profitant de ce moment de répit, il leur « tint à peu près ce langage » :

 

66517241

Sans Congo, le 14 octobre 1789, à Saint-Michel

 

« Mes amis, je comprends votre confusion et votre courroux. Mais si vous voulez bien m’écouter, je crois que je pourrais vous donner une clé de lecture qui vous réunira tous, comme vous l’étiez jusqu’à maintenant, autour de notre passion commune pour le cinéma sud-coréen. J’imagine que certains se sont endormis pendant la séance, je vous rafraichirai donc la mémoire.

 

Pour la petite histoire, End of Animal raconte l’histoire d’une jeune femme enceinte qui se nomme Sun-yeong. Alors qu’elle effectue un trajet en taxi, un nouveau client hèle le taxi pour partager le trajet avec elle. Cet homme, jeune et athlétique, casquette vissée sur le crâne, prétend tout connaitre de la vie du chauffeur et de Sun-yeong [pouvoir prémonitoire qui n’est pas sans rappeler celui de So-jin dans Possessedégalement au FFCF 2011 ; les liens entre les films sont intéressants cette année]. Par ailleurs, il fait état d’un mystérieux compte à rebours. Quand ce compte à rebours arrive à zéro, le taxi s’arrête et ils perdent connaissance. A son réveil, Sun-yeong se retrouve seule. Elle voit un mot du chauffeur de taxi lui indiquant qu’il est parti rechercher de l’aide. Elle réalise en outre qu’il n’y a plus d’électricité et qu’elle se trouve au beau milieu d’une cambrousse vide, même si le véhicule ne semble pas très loin de Séoul.

 

voiture

 

Pourquoi cette translation ? Comment comprendre l’intervention de l’homme à casquette en doudoune North Face ? Mon propos défendra l’idée que l’homme en doudoune, que l’on appellera communément Jack, c’est comme Dieu, qu’il s’ennuie profondément du haut de sa toute-puissance et qu’il est terriblement peiné de la faiblesse des créatures qu’il n’a même pas contribué à créer. Afin d’égayer la trop longue éternité sous laquelle il bronze, Jack s’amuse avec des adultes désespérément enfants à ses yeux. Lors d’une de ses expériences, il se rend compte qu’il est allé trop loin. Pour donner du sens à cette thèse, il va falloir remettre de l’ordre dans End of Animal. Ce discours ne suivra donc pas le film de manière linéaire, mais dialectique.

 

L’hypothèse Jack donc.

 

Jack is always connected

 

Pour comprendre Jack, il faut prendre le film par un épisode proche de la fin. Nous voyons Jack assis dans petit troquet. Il semble être en train de se demander comment améliorer la molécule d’oxygène pour rendre l’air plus respirable. « J’ai l’impression que tout le monde souffre » dit-il. La maîtresse de maison lui explique que les impôts augmentent, qu’il n’y a plus de travail : elle le prend pour Dieu. Que des préoccupations sommaires. Mais il faudrait avoir vraiment foi en Jack pour croire qu’il est enclin à résoudre le problème du chômage – Jack n’en veut pas de cette foi. Queneni, cette question ne l’intéresse pas parce que Jack est joueur. Bref, le voilà dans ce petit restaurant à chercher son prochain terrain de jeu. Pour être sûr de sélectionner une personne au hasard parmi celles-ci qui sont dans le lieu, il forge une procédure pour pouvoir véritablement tirer au sort. Eh oui, pensiez-vous que le hasard échappe à Jack ? S’adressant à son voisin, il lui demande d’effectuer une opération qui lui permettrait à lui, Jack, de choisir une personne avec une infinitésimale part d’indétermination qui lui échapperait (le Mac Fatum de Vladimir Nabokov). C’est d’ailleurs intéressant de voir ce qu’il lui dit : « tiens, mais des barreaux dans ces échelles au hasard, il y a des chances que certaines de tes intentions m’échappent ». Jack s’emmerde et sa drogue réside dans l’indétermination. Dans la mesure où il éprouve quand même un minimum de sympathie pour certaines personnes, il ne manque pas de donner quelques conseils, notamment pour prévenir d’un cancer à venir. Comme le disait Epicure, les Dieux s’ennuient, leurs querelles sont insignifiantes, ils sont inconscients de leurs actes et ils se moquent de nos malheurs. Nos élites nous ont trahis ! De l’épicurisme au populisme, il n’y a qu’un pas.

 

Au terme de cette procédure au hasard épsilonesque, Jack tombe sur… Sun-yeong. Il la rejoint un soir dans sa chambre. Celle-ci l’aperçoit devant la télévision en train de voir le match Chelsea-Barcelone (théâtre du fameux « it’s a fucking disgrace » de la part de Didier Drogba). Preuve de plus de l’immanence de Jack, il raconte, devant une Sun-yeong hagarde, son désespoir face à la perfection arrogante du jeu du FC Barcelone, qu’il oppose aux efforts guerriers des joueurs de Londres. C’est un peu comme si Jack reprochait au Barça d’appliquer scrupuleusement les règles de l’art au point d’en dénaturer la portée, tandis que Chelsea s’efforce d’en maintenir le sens. Il y a quelque chose de la théologie paulinienne dans cette position : « la Loi nous a maudits ; le Christ nous délivre de cette malédiction », ou encore Saint-Paul aux Philistins : « la Loi est maudite et vous serez maudits par la loi ». On reconnaît l’attraction de Jack pour les faibles, mais sans commisération. Jack est capitaliste : il ne respecte que l’effort et la persévérance, parce que Jack est pure persévérance dans son Être. Le cinéma sud-coréen est un cinéma qui a des idées.

 

En attendant, on comprend que Jack et Sun-yeong ont une relation sexuelle (eh oui… il y a comme un bug dans la matrice… on a déjà vu). D’ailleurs, pour ne point heurter les sensibilités, on voit juste le début et la fin supposée de l’acte. Il n’est d’ailleurs pas nécessaire pour Jack, immanence huilée comme une Ferrari, que l’acte soit effectivement consommé dans la mesure où Jack est pure volonté. Cherchait-il de l’amour auprès de Sun-yeong ? Dans le Hiéron de Xénophon, le tyran de Syracuse, Hiéron donc, explique au poète Simonide qu’il est malheureux de ne pas recevoir assez d’amour de la part de ses sujets et de la crainte permanente dans laquelle il vit de se voir la victime d’un complot. Simonide lui propose de devenir un roi bienveillant mais Hiéron objecte qu’un tel changement n’abolirait pas le souvenir de ses crimes. C’est ça la misère du pouvoir. Comme dirait Léo Strauss « la plus grande misère de la tyrannie est qu’on ne peut pas s’en défaire […] il vaudrait mieux renoncer à toute tyrannie avant même d’avoir essayé de l’instaurer ».

 

enfant

 

En partant, Jack conseille à Sun-yeong de ne pas sortir de chez elle, ce qu’elle ne fait pas bien évidemment, selon le syndrome traditionnel de la « chèvre de M. Seguin ». Si l’homme est à l’image de Dieu, il faudrait quand même un jour essayer de comprendre les conséquences sur les caractéristiques de ce dernier du fait pour l’homme de ne jamais prendre en compte les mises en garde et de foncer tête baissée vers la première interdiction qu’on lui pointe du doigt. Jack apparaît d’ailleurs comme poétique à certains moments. La poésie de la flemme de la toute-puissance. Il est presque désolé d’être si transcendant. Mais le problème, c’est que Jack est tellement Tout qu’il est difficile d’interpréter ses intentions. En effet, lorsqu’il dit à Sun-yeong qu’il la quittera si elle le lui demande, anticipe-t-il la réponse de celle-ci ? Quelle est la marge de mansuétude dans un tel cas de figure ? Jack est empêtré dans son piège à con qu’il a lui-même contribué à créer. D’ailleurs, cherche-t-il véritablement à se faire aimer ?

 

Jack est un gars simple. Il veut se faire aimer au-delà des apparences, comme le Solal de Belle du Seigneur. Mais Jack veut également donner une petite leçon à Sun-yeong (rappelez-vous que Jack s’ennuie). Dans le Coran, on apprend que le diable (Ibliss) était en fait l’ange préféré d’Allah. Ils finirent par se brouiller sur la question de la bonté des hommes. Ibliss était persuadé qu’il ne fallait pas leur faire confiance, qu’ils sont profondément mauvais, ce qu’Allah récuse. Ibliss propose alors à Dieu un pacte : il demande à Dieu l’autorisation de détourner les hommes du droit chemin, et de lui attribuer un domaine, l’Enfer, pour les y recueillir, ce que Dieu accepte. C’est toute la problématique du Bien et du Mal dans le Coran. Jack a peut-être été inspiré par Ibliss en se rendant compte qu’il est plus drôle de tourmenter que d’apaiser. Cela dit, voilà bien longtemps que Jack n’est plus en relation avec Dieu. Jack tient ses comptes personnels, qui n’ont rien à voir avec les comptes divins.

 

Sun-yeong se trouve donc transportée dans un univers que l’on qualifie très vite de « post-apocalyptique », ce terme s’entendant comme contenant pêle-mêle les éléments suivants : plus d’électricité, une trace de sang sur un frigo, l’eau coupée, le vide, l’hiver, l’ours, les rugissements. Pourquoi pas, mais ce serait contradictoire avec l’idée de Jack. En effet, il s’ennuierait encore plus dans la fin du monde. Le décor est plus un large terrain de jeu qu’autre chose. D’ailleurs, prenez la Creuse en hiver : vous n’avez pas d’électricité, c’est vide, les gens sont bizarres, et ce n’est pas pour autant qu’on dit que ce département est « post-apocalyptique ». Tout ça pour dire que l’hypothèse post-apocalyptique induit en erreur. Le cadre dans lequel se trouve Sun-yeong est un terrain de jeu pour donner une leçon. Mais comme Jack est plus puissant que la réunion de tous les ordinateurs de tous les univers possibles, il serait bien présomptueux de chercher une raison à son acte. On pourrait dire qu’il s’en prend à elle pour la renforcer, à cause de sa mollesse et de sa faiblesse. On pourrait également dire qu’il le fait par pur amusement. Si comme le disait Voltaire : « tout va pour le mieux dans le meilleur des mondes possibles », cette hypothèse ne tient qu’on concevant un Dieu Bon et Beau, calculateur leibnizien qui a sélectionné, parmi la totalité des mondes compossibles, celui qui se révèlerait véritablement optimal. Mais Jack c’est une chiquenaude que vous vous prenez dans une cour de récréation : il n’est pas sûr que l’univers s’en porte mieux après.

 

endofanimal

 

Dans ce décor vide, Sun-yeong, qui est toujours enceinte, possède un talkie-walkie qui est le seul objet électrique qui fonctionne. Devinez qui se trouve à l’autre bout ? Jack, évidemment. Ce dernier lui dit que ce talkie-walkie est « comme une sorte de prière entre [eux] ». Donc Jack se joue d’elle, mais il l’aide un peu, dans un mode qui ressemble au rôle de Takeshi Kitano dans Battle Royale. Je vous dis : ne cherchez pas à comprendre Jack, c’est juste une catastrophe qui vous arrive. Sun-yeong trouve un enfant qui se révèle être un perturbateur. Il a l’air vide, agit comme une pile électrique qui se répète et qui fait de la récitation mécanique. Dans le schéma, il fonctionne un peu comme de la mémoire cache qui surréagit temporairement au moindre stimulus. C’est au vrai sens du terme (ce sera au moins ce que finira par montrer le film), une variable d’ajustement. Il l’a met souvent face à des choix. C’est peut-être un piège tendu à Sun-yeong qui sait. En tous cas, le dostoïevskisme vieux jeu critiquant Dieu parce que rien ne justifie la souffrance d’un enfant est nulle et non avenue. En effet, Jack, ce n’est pas Dieu. Jack n’a signé aucun contrat, il n’est que la grammaire du droit.

 

Par ailleurs, Sun-yeong tombe sur un affreux jojo en bicyclette qui cherche à la violer. Alors qu’il lui explique qu’il veut l’aider, il finit par lui expliquer qu’il n’est toujours pas marié, qu’il n’a fait l’amour que quatre ou cinq fois dans sa vie, et qu’il s’occupe de sa mère (hitchcockienne). Entre un espace immense et suspendu, et cette affreuse teigne, on ne peut que se rappeler le film Bloody Aria de Won Shin-yun dans lequel un chanteur d’opéra et son élève, dont la Mercedes blanche immaculée tombait en rade au milieu d’une cambrousse paisible, mais à côté d’une bande de barjot particulièrement effrayants. 

 

fusil

 

On comprend donc que Sun-yeong passe par des épreuves intenses et finit à la limite du cadavérique. Et c’est au moment où l’Affreux est sur le point de tuer Sun-yeong qu’on assiste à un Jack ex machina. Pourquoi ? Encore une fois, difficile de le dire : pitié, ennui, etc. Jack arrive plein d’amour pour l’Affreux. Peut-être que l’Affreux l’a amusé. En effet, l’intervention de Jack n’a rien à voir avec l’intervention de Dieu avant le sacrifice du fils d’Abraham. Vous pensez bien qu’on se moque des sacrifices quand on mange des corn-flakes aux étoiles pour le petit-déjeuner. De la même manière, le calvaire de Sun-yeong n’est pas celui de Job. Si Jack cherchait de l’amour, il ne veut certainement pas de pots de colle.

 

Pourquoi pot de colle ? Hé hé, mais parce que figurez-vous que Jack a engrossé Sun-yeong ! Pas con Jack. Il s’est même laissé feindre l’ignorance en croyant pendant un temps qu’elle avorterait, ce qu’elle n’était pas disposée à faire. Jack a vaguement entendu parler de l’histoire de ce Dieu qui a aussi eu un enfant, Jésus de son prénom. Jack l’a vu venir la carotte : il perdrait le contrôle du marmot qui se mettrait à promettre des folies aux hommes. Hors de question pour Jack de ne partager ne serait-ce que le début d’une once d’un commencement d’immanence avec un chialeur. Donc Jack profite de l’épuisement de Sun-yeong, qui n’a pas accouché dans une crèche, pour récupérer la créature. Mais comme Jack est quand même un gars bien, il propose à Sun-yeong de lui envoyer une wishlist. Si on avait été dans un truc divin divinatoire, on aurait eu une fin de film sur le mode Mont des oliviers, couché de soleil et barbe biblique. A l’inverse, on voit à la fin de End of Animal, Sun-yeong composer une liste à base d’éléments triviaux (de l’électroménager, un appartement, etc.). Voilà la morale : Jack est un entrepreneur. Il accepte de réparer ses errements, mais il ne permet pas qu’on lui lèche les bottes. Point de religion en affaire. On se rappellera notamment la chanson de Jacques Brel, Au suivant, dans laquelle le Belge balance un clin d’œil à Jack : « je crois qu’il est plus humiliant d’être suivi que suivant ».

 


 

 

End of Animal, c’est donc l’histoire de Jack, qui ressemble à Dieu, mais qui ne l’est pas. Un gars aussi big que Dieu, mais avec moins de prétention. Juste pour info, Jo Sung-hee réalise là son premier film, qui a été financé par son école. Donc les étudiants, arrêtez de polluer Youtube avec vos bouses. Il suffit juste d’une bonne idée ; mais point trop n’en faut. »

 

Jack - Emergency

 

Jack is waiting

 

La prière de Jack.

 

Jack is afraid of the dark

Jack almost never sleeps

Jack is a dreamer

Jack has a lot of money

Jack is lazy

Jack is busy

Jack loves his mother

Jack has no kid

Jack has got a new toy

Jack is tired

Jack is always laughing

Jack has no time

Jack has seen Aladdin a hundred times

Jack knows important people

Jack is in love with another little girl

Jack go dancing every Saturday

Jack doesn’t want to go to school today

Jack wakes up at 6 and goes to work

Jack plays soccer with his friends

Jack has got a brand new car

Jack is a nice boy Jack drinks too much

Jack is waiting for his birthday

Jack hates modern art

Jack wants to be a fireman

Jack can’t stand poor people

Jack wants to go to the zoo

Jack is sad but keeps on living this way

Jack goes to bed at 21

Jack will try speed dating tonight

Jack likes happy-ending

Jack comes home at 22

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Published by Joy Means Sick & Sans Congo - dans Films Chelous
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commentaires

Sans Congo 16/10/2011 10:05


Non Jack c'est un personnage qu'on avait inventé il y a quelques années avec JMS. L'idée c'était de remplacer Dieu par quelqu'un d'un peu plus humain, mais tout aussi puissant; le genre de type
désabusé de sa puissance. Et quand j'ai vu le rôle du "Dieu" dans ce film et sa nonchalance, j'ai tout de suite pensé à lui


I.D. 16/10/2011 09:09


Magnifique ! J'adhère ! Du grand art ! Vous êtes sûr que Jack n'est pas le père de Jésus ? Ayant déjà perdu un fils, il est bien naturel qu'il en veuille un autre. Le passage footballistique, c'est
du bon comme la référence à Ibliss et le reste aussi. C'est qu'ils en ont de la culture G dans la caboche les pères Joy Means Sick et Sans Congo. J'aime bien la prière de Jack, sympa. Un côté
authentique, de notre Temps. Faut vraiment qu'on fasse un truc avec le réal' les mecs. Jack c'est quand même pas une référence à Lost qui était déjà barré d'un point de vue théologique ?