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5 février 2012 7 05 /02 /février /2012 19:04

Une fois n'est pas coutume, c'est un film sud-co qui emporte le gros lot à Clermont. Guest, de Ga Eun Yoon, grand prix de la séection internationale, est un bon court métrage, franchement pas fou non plus, mais dont le succès montre encore une chose : ce qui semble classique aux amateurs de films coréens possède encore un goût d'exotisme agréable pour le reste du monde. Halyu, Drama, K-pop, K-horror, Park Chan-wook et Kim Jee-won aux US, Samsung et j'en passe, la Corée s'exporte en masse en temps de crise et, même à Clermont, le pays du matin calme avait deux films en compétition dans chaque catégorie, même et sûrement très indirectement, dans la sélection française. Un petit tour d'horizon pour ceux qui n'avait ni le temps ni le courage d'aller affronter la neige et le froid pendant une semaine au milieu des montagnes d'Auvergne.

 

Festival-international-du-court-metrage-de-Clermont-Ferrand

 

 

Guest, Ga Eun Yoon, 20', sélection internationale.

guest-Ga-Eun-yoon.jpg

 

Le pitch officiel : Un jour de canicule, Ja-gyung, une fille de seize ans, s'emporte à cause des infidélités de son père. Elle fait irruption dans la maison de sa maitresse, dont elle croise les deux jeunes enfants.

 

En fait, rien ni personne ne nous dit que c'est la canicule, ni pourquoi au début du film la jeune fille marche d'un pas super vener en direction d'une maison. Elle sonne, « je sais que t'es là », elle se fait accueillir par deux bambins tous mimis mais elle n'en a rien à battre. Alors elle rentre en mode « sors de ta cachette, t'as pourri la vie de ma mère », et c'est que là la piste de l'infidélité paternelle commence. Un début sur les chapeaux de roues donc, une image pas super léchée et des fautes techniques mais ça marche pas mal, comme quoi c'est surtout l'énergie qui porte un film, pas sa plastique. En même temps c'est le thème de l'année à Clermont, le grand prix de la sélection française ayant été décerné à Ce qu'il restera de nous, un (très bon) film de 40 minutes, réalisé pour 2000 euros, filmé en 4/3 avec une caméra DV old-school et ça, à l'époque du 5D, ça fait distingué. Bref, la cible de sa colère étant au boulot, notre héroïne se retrouve obligée de l'attendre en compagnie des enfants sur lesquels elle se défoule un peu avant de se calmer petit à petit, comprenant qu'évidemment dans cette histoire elle n'est pas la seule malheureuse. Et puis un homme entre dans la maison... En gros Guest c'est avant tout un bon scénario, classique mais efficace, sur un ton bien coréen (ça crie à mort, ça s'insulte et ça bouscule un peu les habitudes auvergnates) mais un peu surjoué (en même temps c'est joué par des enfants). Même pour des fans de ciné sud-co, ou surtout pour des fans de ciné sud-co, le grand prix à un peu des allures de hold-up, mais au moins c'est un beau braquage, dans les règles de l'art.

 

 

Hello, So Jun-beum, 34', sélection internationale

hello-jun-beom-so.jpg

 

 

Le pitch officiel : Un jour, Lyman, qui a été adopté en Allemagne à l'âge d'un an, rend visite à Tae-jun, 71 ans, qui habite dans une petite maison coréenne traditionnelle à Insa-dong.

 

Euh... pas vu celui-là.

 

 

Night Fishing, Park Chan-wook & Park Chan-kyong, 33', sélection labo

Paranmanjang-Night-Fishing-film-photo-02-580x298.png

 

 

Le pitch officiel : tout le monde a entendu parler du film que PCW a tourné avec un i-phone 4 non ? Sinon c'est précisé au début du film "tourné avec un iphone 4". C'est pour toi Samsung.

 

On va faire court pour ne pas trahir nos vœux mais on peut globalement décomposer le film en trois parties, une sorte de clip avec des musiciens traditionnels dans la campagne, une partie de pêche de nuit et une séance d'exorcisme funéraire. Le clip est franchement barré, complètement stylé, totalement décomplexé. L'iphone 4 prend un intérêt lors de la scène comico-horrifique de la partie pêche nocturne avec une nuit en noir et blanc très sympa. Par contre dans le dernier segment, plus sage et filmé de façon plus classique, tandis que PCW & PCK bouclent leur film, l'iphone peine à tenir ses promesses. Ben non on ne parle pas du film de PCW, seulement du iphone, parce que PCW, c'est la sainte trinité.


Par contre c'est cadeau, le film est sur youtube et ça à tout l'air d'un truc officiel, pas d'un méchant pirate. En même temps c'est un peu de la pub pour Apple donc c'est normal. 

 

Bon j'avoue c'est en coréen et sans sous-titres.

 

 

et le making of :

 

 

 

Dérivation, Seo Hyun-suk, 6', sélection labo

derivation-seo-hyun-suk.jpg

 

Le pitch officiel : Un collage de séquences tirées de films d'horreurs coréens des années 2000, mises en boucle pour former des motifs musicaux.

 

Concept très sympa qui s'applique bien sur une durée aussi courte, à chaque fois c'est le même système : on a un premier extrait de film, puis Seo Jyun-suk, lui trouve un pote, commence à redécouper dans le premier, en ajoute un troisième et ainsi de suite jusqu'à qu'il ait sa boucle de sons de coréennes effrayées. A ce moment là le rythme s'accélère et les différentes parties forme un rythme qui passe en boucle pendant une bonne dizaine de secondes. Puis rebelote, nouvelles scènes, nouvelle séance de découpage, assemblage, accélération et boucle. Bon concept et puis on peut s'amuser à reconnaître les scènes de K-horror, ludique quoi.

 

Conte de faits, Jumi Yoon, 4', sélection française

conte-de-faits-jumi-yoon.jpg

 

Le pitch officiel : En 1960, en Corée, une petite fille de cinq ans, vivant dans une maison close, réinvente son quotidien.

 

Pour les connaisseurs, c'est le film qui ouvrait la programmation F4, un moment difficile à passer, notamment le très subtile Fuir, qui porte bien son nom. Et pourtant, il se trouve que Conte de Faits est peut-être l'une des meilleures animations du festival, avec sa texture peinture et son personnage de 5 ans qui explore le monde et le rêve à sa façon (qui d'autre verrait des forêts dans une maison close?), j'ai retrouvé les sensations d'un enfant qui tourne les pages illustrées des livres alors immenses d'une école maternelle.

 

 

Manque de preuves, Hayon Kwon, 9', sélection française

Manque-de-preuves-Hayon-Kwon.jpg

 

Le pitch officiel : Oscar est le fils d'un grand prêtre du culte Eremwin, que son père a tenté de sacrifié lors d'une fête rituelle. Il parvient à s'enfuir et demande l'asile en France. Par manque de preuves, sa demande est rejetée.

 

Bon là seul nom et prénom de l'auteur font le lien avec la Corée, finalement pas grand chose, mais on ne sait jamais. Le film, une exploration 3D du lieu du drame à partir d'un dessin d'Oscar alors qu'est lue en voix off sa lettre de demande d'asile, aurait aussi pu se placer dans la catégorie labo. Classé documentaire animé, une espèce intéressante.

 

Et un grand chapeau à Ga Eun Yoon !

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Published by Joy Means Sick & Sans Congo - dans Festivals - Actu - ITW
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