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5 septembre 2010 7 05 /09 /septembre /2010 18:11

 

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Cher Comte,

 

Ce que vous me racontez là me laisse dans une triste apathie. J’aurais dû vous suivre dans cet Etrange Festival. Nous nous y serions bien amusés, et j’aurais eu le loisir de rencontrer cette jeune femme dont vous me parlez. Cette pièce, Bedeviled, semble avoir quelque chose d’effrayant. Je trouverai bien un moyen, légal ou illégal, de me procurer cette œuvre. Il le faut.

 

Je suis aussi tout excité à l’idée de vous conter mon aventure à la Cinémathèque pour la séance de Cinéma Bis. Le bâtiment, voulu par le Roi, est très beau. L’endroit est espacé, lumineux ; autour, des pelouses s’étendent à perte de vue, et des troupes de badauds soupent gaiement dans des tavernes joliment alignées. Vraiment, l’endroit a de quoi réjouir.

 

 

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Je m’avançai donc vers le lieu que déjà, je constatai une première coutume étonnante. A l’entrée, des péripatéticiens avertis, noyés dans quelque sombre et funeste réflexion qui finirait assurément dans une énième Encyclopédie, faisaient les cent pas. Certains restaient immobiles. Je pus ainsi saisir nombre de soliloques à la volée avant de pénétrer l’enceinte. Est-ce une pratique répandue ? Je l’ignore. Toujours est-il qu’à l’intérieur, je confrontai aux deux premier tiers honorifiques du Royaume ; et je m’en délectais. Certains croisent volontiers les regards, dans un mouvement de bravoure similaire à celui avec lequel nous croisions les fers durant notre prime jeunesse ; d’autres les baissent, comme honteux, comme malheureux de ne pas être à la hauteur de l’idée qu’ils se font d’eux-mêmes. Ici, quelque poète en devenir lit un Traité de l’image ; on discute, on rigole bruyamment. La population s’étend largement sur le spectre des âges : quelques chevaliers à la toilette douteuse côtoient des aïeux, quand ce ne sont pas des bisaïeux à l’article de la végétation. Quelques nobles de l’Académie royale se trouvaient au centre de l’audience. Cette ribambelle joyeuse pesait ses mots dans sa manière de parler, réunie par l’intime conviction d’appartenir à une espèce humaine supérieure. Alors qu’autour l’atmosphère se lovait sous une bonhommie feutrée, ils s’invectivaient poliment à qui mieux mieux. J’avais la sensation d’être dans un confessionnal au centre duquel gisait une basse-cour d’habitués, interpelant à l’envie, se moquant allègrement, en somme : provoquant tout un tapage pour que l’on remarquât leur existence. J’entendais les diverses coteries, réunies ici et là selon des principes d’organisation allant de la taille à l’âge, en passant par l’hygiène capillaire, l’occupation favorite ou la difformité physique. On y pérorait de manière absconse sur les principes de la discipline. Ici, quelque héraut audacieux essayait de prouver que les prémisses du cinématographe résidaient en puissance dans l’Organon d’Aristote. Là, quelque prêtre, navigant sur un esquif par trop modeste pour les vastes océans de gloire auxquels son orgueil prétendait, crachait ses homélies vicieusement escarpées à tout crédule tendant l’oreille. On parlait de telle ou telle œuvre, sans rien en comprendre, juste pour le plaisir d’être parmi les heureux et rares fidèles à les avoir vues.

 

Cette vision, comme vous me connaissez mon cher ami, réveillait en moi le démon atrabilaire. Je me prenais à regretter d’avoir quitté mon domaine. Seule une idée réconfortait mon âme en colère. Si la Révolution venait à éclater, comme les Cassandre aliénées se plaisent à répéter, que les Dragons du Roi se rassurent : elle n’éclatera point dans l’enceinte de la Cinémathèque. Ici, on s’aime trop pour ces basses œuvres.

 

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Je commençai à m’assoupir lorsque le Chevalier de Beausavoir, maître de céans improvisé, et dont je tairai, par respect pour votre nom illustre, les mœurs singulières, se proposa d’introduire les artistes. Il fut applaudit chaudement par une audience aussi religieusement acquise que dut être celle qui assista au sacre de Charlemagne à Aix-la-Chapelle. Et on applaudit d’autant plus vigoureusement que le Chevalier insistait sur la faible publicité de ces œuvres. 

 

Le Chevalier devisa sur quelques plates considérations que l’amitié que je vous porte m’interdit de reproduire dans cette présente. Puis, professoral, il nous avertit de ce que les pièces que nous aurions le loisir de voir n’étaient pas significatives de l’œuvre des artistes invités. En un mot, il demandait de l’indulgence pour ces erreurs de jeunesse qui contrastaient infiniment avec les pièces par lesquelles ils furent connus plus tard. Pendant que le Chevalier, comme pour les excuser, récitait leurs œuvres d’auteurs, plus personnelles et donc plus méritoire, l’audience, tantôt maternellement attendrie, tantôt sévère paternellement, grondait et pardonnait, souffletait et caressait dans un même mouvement. Avec l’insistance du Chevalier, on leur pardonnait l’égarement dont ils se rendirent coupables. Paris a-t-il tant changé mon cher ami ? Que reste-t-il de l’éclat français ? Ô mon cher ami, que j’envie les tâches de rousseur qui parsèment vos joues ! Cette course effrénée à la jouissance sélective dans laquelle notre aristocratie se trouve engagée ne me laisse rien augurer de bon. Mais hélas ! Je m’emporte. Permettez-moi de clore cette apposition mélancolique et de poursuivre mon récit.

 

Im Kwon-taek, ouvrit les festivités. Nous eûmes La bataille du 38e parallèle, relatant le conflit fratricide qui trancha le sein de sa patrie. Le gentilhomme en fut, paraît-il, durablement affecté. Quant au second, le débonnaire Lee Doo-young, il nous présenta son Bruce Lee, le Tigre de Mandchourie, singulier objet appartenant à la catégorie des westerns mandchous. Les deux, d’après le Chevalier, avaient en commun de rejeter cette partie de leur œuvre, comédie ou drame populaire, ainsi qu’une curée artistique bonne à finir dans la panse des roturiers. Comme polissonne, l’audience se pâma jusqu’au malaise à l’idée de corrompre sa noble composition spirituelle au contact de ces œuvres ordurières indignes de son rang. Je me faisais pour ma part stoïque, me souvenant du De Beneficiis du grand Sénèque : « en toutes choses, le plaisir croît à raison du péril qui devrait nous en écarter ».  

 

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Enfin, les chandelles furent soufflées et le spectacle commença. Des acteurs de la troupe royale, présents sur la scène, doublaient en même temps que les images défilaient, la voix des acteurs extrême-orientaux. La réprobation de l’audience se manifesta pleine, totale, entière, intransigeante enfin. Le rejet fut d’une solennité telle qu’un témoin ignorant la scène aurait pu se les imaginer s’opposant à Jules César au moment de franchir le Rubicon. Pour ma part, je ne comprenais pas immédiatement l’objet de l’infraction, et feignis d’ordonner à quelque laquais de me servir une liqueur. Croyez-moi, je ne fus pas longtemps avant de mesurer l’étendue de l’ignorance dans laquelle ma vie de Province m’avait abandonné. Pourtant, après un premier mouvement d’effroi à la suite duquel mes tympans versèrent des larmes ensanglantées, je vous avoue que je fus pris dans une envoûtante rêvasserie. Je crois comprendre que le vent libéral qui n’a cessé de souffler sur le royaume de France ces dernières années ne permet plus de rire des peuplades barbares. Cette grêle universaliste, insolemment athée, gâte et ronge les fruits de notre sempiternelle culture. Car enfin mon cher ami, je vous en conjure, croyez-moi : rien, dans ma modeste vie, ne fut plus étonnant, plus plaisant que de me représenter les acteurs de cette péninsule s’exprimer dans un français aussi châtié que celui de Racine. Mon ami, j’en avais les larmes aux yeux ; et, je ne puis en douter, les chantres de cet humanisme lambrissé durent avoir moult peines à tenir debout la grandeur d’âme qu’enseignent les Lumières sous ce ridicule sonnant comme les trompettes de Jéricho.       

 

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En elles-mêmes, et pour ne point vous tromper, les pièces n’avaient rien de transcendantes ; surtout la première, La bataille du 38e parallèle. La mauvaise conservation de la bobine affecta les couleurs au point de donner l’impression que l’image avait trempé dans une substance oxydée. Je crois comprendre, dans cette guerre entre les partisans du nord et les partisans du sud, que le dernier camp eut la préférence d’Im Kwon-teak. Là où le sud est dépeint comme un havre de paix, - ordre, calme, vie rangé, pratique d’un sport que l’on nomme outre-Atlantique base-ball -, le nord a les traits délibérément grossis puis déformés – autodafé, exécution sommaire d’innocents, fourberie, trahison. Cette discipline et cet ordre parmi les habitants du sud me laissaient songeur et se situaient à mille lieues de l’engeance famélique qui pullulent les faubourgs et bas-fonds du Royaume de France. Aussi, je ne parvenais point à entendre la querelle entre le nord et le sud. Je dois ici vous faire part de mon ignorance des affaires politiques du monde. En dépit de ce que laisse entendre mon patronyme, hérité d’un ancêtre géographe qui offrit au Roi François Ier sa première carte du monde, je n’ai jamais quitté mon Royaume natal. Et, à la vision de cette guerre, de ces morts, de cette absurdité, j’essayais de me figurer qu’elle eût été la réaction pleine de bon sens de ma mère ; cela ne me fait aucun doute, elle se serait étonnée : « mais enfin, ce sont tous les mêmes au fond ». Je souhaite tout de même vous relater ici une scène de la pièce, dans laquelle j’ai vu tout un potentiel dramatique coréen s’ourdir. Celle-ci représente une population de réfugiés prise en étau entre les soldats du nord et les soldats du sud. Alors que les soldats du sud avaient miné le terrain pour ne pas laisser passer les chars de l’armée du nord, les soldats du nord obligèrent les réfugiés à avancer pour les utiliser, permettez-moi cette expression inédite et effroyable, comme « bouclier humain ». La scène est saisissante et pousse à son paroxysme la tragédie d’Abel et de Caïn.  

 

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  La seconde pièce fut autrement plaisante. Je crois que ce Lee Doo-young a de quoi défroquer Molière lui-même. Son Tigre de Mandchourie, si je devais l’associer à un légume, serait assurément un navet, grandiose, le plus gros de tous les mondes de l’univers. Comme ce fut drôle ! Et combien je regrettai, mon ami, que vous ne fussiez à mes côtés pour partager ma joie. La pièce, dit-on, est une reprise éhontée de Pour une poignée de dollars, de Sergio Leone. Connaissant votre appétence pour l’histoire du cinématographe, je crois que ce serait vous faire un affront que de vous conter le récit. Je vous apporterais seulement cette précision, si vous me le permettiez : les deux bandes de brigands qui s’opposent sont l’une chinoise, et l’autre japonaise. Entre les deux, le mercenaire est Coréen et cherche à récupérer de l’or qui a été volé par les brigands. D’ailleurs ce mercenaire m’évoquait fortement une connaissance commune que nous eûmes il y a quelques années de cela : le Gongzi K.-C., la moustache en moins. Pour faire bref, je me suis épanoui ; les chefs de ces deux jacqueries étaient d’un ridicule ineffable, à un point tel que l’audience applaudissait avec condescendance. Les dialogues étaient coupés pour concentrer au plus haut point les combats. Les bruitages semblaient sortir de l’imagination d’un enfant de six ans. Surtout – peut-être le meilleur -, on nous servit durant toute la pièce des sentences et maximes sur les races que je ne peux m’empêcher de reproduire dans cette lettre. Je crois que vous qualifiez cela de « fun » sur votre île ; dans notre Royaume, nous dirions « bon enfant ». Voici les meilleures citations :

 

 Un Japonais, que l’on torture, s’écrie :

« Je suis Japonais de sang impérial, et on ne nous tue pas ! »


Alors que la bande japonaise arrive complètement défaite, face au chef, un certain M. Sayazaki :

« C’est un expert en karaté qui nous a fait cela, de toute manière il est invincible ».


Le mercenaire pose ses jambes sur la table d’un restaurant, un employé vient :

« Monsieur, ce n’est pas une manière. – T’es le propriétaire ? – Non. – Alors ferme ta gueule ».

 

Un croque-mort rabote un cercueil :

« Quand je pense que je fais ça pour un Japonais ! »


Et dans le même mouvement, mélancolique :

« Oh j’en ai assez de gagner un grain de riz par cercueil ! ».


Ou encore, poète admirant son œuvre :

« Ah voilà une belle redingote en sapin ! ».


Le chef de gang chinois, M. Wang, essaye d’enrôler le mercenaire :

« Et si on discutait ? A vous l’honneur… ».


Alors qu’on cherche quelqu’un dans la ville, quelque part en Mandchourie :

« Vous savez j’ai fouillé tous les casinos, salles de jeux, bistrots, etc. »


Une femme fait son introspection, et établit la mesure de son autodétermination :

« J’étais au bord du suicide, puis j’ai retrouvé le courage ».


Toujours la même femme :

« Je dois restituer cet or à mon gouvernement, pour rétablir l’honneur de mon père, et puis de toutes façons, ils doivent payer ».


Le mercenaire, qui a maintenant offert ses services au gang japonais. M. Sayazaki s’adresse à lui :

« Et vous, comment allez-vous ? – Je m’ennuie à mourir. – Il va falloir vous trouver une occupation. – Je vous en prie. – Hé bien, je vous demande de supprimer M. Wang ».


Un idéaliste s’adresse au mercenaire, alors qu’il vient d’achever un combat :

« Mais vous l’avez laissé filer ! – Hin, je ne suis qu’un client. – Oh vraiment ? Alors vous n’avez qu’à aller vous faire foutre ! ».


Encore M. Sayazaki, le chef du gang japonais :

« Mais je ne me fie à personne, je suis un Japonais ! ».


Et, parlant erronément du mercenaire :

« Quel dommage que ce Chinois ait aussi peu d’esprit ».


Toujours l’idéaliste, parlant de l’or au mercenaire qui s’apprête à filer avec :

« N’y touche pas, c’est mon or, je l’aime plus que ma propre mère, tu te rends compte ! »


Avant de tempérer :

«  N’y touche pas, cet or est sacré, il appartient au fond militaire de libération ».


Enfin, moment ultime, last but not least comme vous dites, la rencontre finale des chefs de gangs en vue de l’ultime combat. Sayazaki se lance :

« - Mais donne moi cet or !

-          N’oublie pas à qui tu as à faire, je suis un Chinois.

-          Et moi, je suis Japonais !

-          Sale Jap !

-          Hin, je vais te trouer la peau sale Jaune ! »

 

Voilà mon ami, je ne puis vous écrire plus longtemps. Je réside, ainsi que vous le savez, chez mon cousin. Je lui ai promis de descendre me mêler à la société ce soir. Je dois quitter mon appartement. Nous nous verrons ce soir mon ami. Comme toujours, voyez en moi votre dévoué serviteur,

 

 

Eugène Aristide Bienaimé, Marquis de Saint-Congo

 

Paris, le 5 septembre 1782,

 

 

BONUS:

 

Comme le film de Lee Doo-young est vraiment génial, il a été décidé de faire des bonus autour de son film. Vraiment, on en rajoute une couche, si vous ne l'avez pas vu, c'est dommage, parce que le film est vraiment génial. En attendant, pour en savoir plus sur le réalisateur (parce que bon Im Kwon-taek, ça va), voici une page qui dresse une petite biographie et commente quelques-uns de ses films: cliquez ici.

 

Le Tigre de Mandchourie appartient à la catégorie des westerns mandchous. Cette famille de films ne respecte pas la règle selon laquelle, depuis les westerns spaghetti, on associe un nom d'aliment du pays d'où provient le western. Ainsi nous avons :

 

Le burrito-western: Once upon a time in Mexico, de Robert Rodriguez. Avec un grand Johnny Depp.

 

 


 

 

Le sauerkraut-western: historiquement, le western allemand est antérieur au western spaghetti. Le western allemand puise ses histoires dans les romans de Karl May et de son héros emblématique, l'Indien Winnetou, l'Apache le plus classe de l'outre-Rhin. Pour vous en assurer, vous pouvez visionner Winnetou und Shatterhand im Tal der Toten de Harald Reinl. Attention, un western en allemand, ça décoiffe, mais vous n'avez encore rien vu...

 

 


 

Le cod-western: cod en anglais, ça veut dire morue. Et non, il ne s'agit pas de western portugais. C'est en fait le western... islandais. Alors, l'Islande, pour bien situer la chose, c'est : 300 000 habitants à tout casser, un volcan qui a fait chier le monde, le groupe Aqua, Björk et Eidur Smari Gudjohnsen. Et surtout Hrafn Gunnlaugsson, peut-être le seul cinéaste islandais (avec celui qui a réalisé 101 Rejkjavik). Il a réalisé Hrafninn flygur, premier film d'une trilogie qui se déroule au IXe siècle, en le considérant comme un western (cliquez ici). La bande-son du film est ultra-chelou, et ceux qui se sont reconnus dans le Médée de Lars von Trier se reconnaîtront à coup sûr dans ce film. Et pour pousser le délire jusqu'au bout, nous vous invitons à voir le film avec les sous-titres en suédois. Effet garanti.

 

 

 

 

Enfin, séquence affiches. Dans les années soixante-dix, les distributeurs français n'hésitaient pas à rajouter impunément "Bruce Lee" devant les titres de films qu'ils importaient d'Asie, histoire de gonfler les fréquentations en attirant des pigeons. Le film de Lee Doo-young n'échappe pas à la règle, puisqu'il a été distribué en France sous le titre de Bruce Lee, Le tigre de Mandchourie. Du coup, on vous a mis quelques affiches de ce qu'il convient d'appeler la Bruceploitation pour le plaisir des yeux. 

 

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Published by Kim Bong Park - dans Comédie
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