Lundi 14 juin 2010 1 14 /06 /Juin /2010 02:18

 

De l’alcoolisme dans l’éducation nationale


Liste technique : la rédaction s’interdit de citer tout nom dans cette affaire.

 

 

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Puisqu’il faut en parler, autant faire court : 2009 Lost Memories est un film raté à d’innombrables points du vue. 2h10 d’endurance cinématographique avec au menu un scénario ultra bavard et explicatif, des clichés à prix discount, de l’héroïsme lourdingue, une rhétorique pathétique… Bref un massacre à oublier rapidement. Le genre de film qui pourrait vous dégouter du cinéma coréen et de science-fiction en même temps. D’ailleurs, le plus grand péché du film,  c’est bien de ne correspondre en rien à ce que l’on aime dans le cinéma du pays du matin calme : la photo est dégueulasse, fade comme un remake franchouillard des experts façon TF1. Pas de contrastes, pas d’extrêmes non plus, et des scènes de baston foireuses qui seront inévitablement traitées au ralenti durant toute la seconde moitié du film. Mieux encore, ces longues scènes de fusillade, leur musique tapageuse et niaise, leur façon abjecte de traiter la mort, leurs longs ralentis sur les regards des personnages qui regardent les autres mourir au ralenti pendant qu’une goutte tombe au ralenti de leur œil désormais rageur tandis qu'autour d'eux sifflent des balles qui ne les toucheront pas tant qu’on ne l’aura pas décidé parce qu’on a encore besoin d’eux pour la suite. Que celui qui me parle d’un quelconque rapport avec John Woo retourne se palucher devant Julie Lescaut.


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En gros, 2009 Lost Memories, c’est un peu comme lire une rédaction d’un gosse de CE2 qui vous raconte son film préféré mais qui les mélange tous et qui pourtant essaie de donner une cohérence à l’ensemble en soulignant bien les articulations par de longs dialogues. Le tout rempli de fautes de grammaires et d’orthographes et pendant plus de deux heures. Surtout que les parents doivent être limite fascistes vus les propos ultra nationalistes du gamin. Remarquez, en augmentant son humour et le contenu de son verre de quelques degrés, y a peut-être moyen de se marrer. 

 

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Et pourtant le concept était sympa et au fond c’est sûrement ça le plus rageant. Un (très) bref rappel historique s'impose à ce stade. Tu n'es pas sans savoir, cher lecteur, que la péninsule coréenne est soumise à un protectorat japonais dès 1905. En 1910, ce protectorat se transforme en annexion pure et dure suite à l'assassinat du gouverneur japonais par un résistant coréen manifestement mécontent du sort réservé à son pays. Le film revient sur cet évènement. Il part du principe que l'assassinat du gouverneur a échoué. Il en tire plusieurs conclusions (attention il faut suivre): la Corée est restée un protectorat japonais, le Japon s'est engagé dans la Seconde guerre mondiale aux côtés des Alliées, Berlin a reçu les deux bombes atomiques, Le Japon est devenu un pays ultra fat et très puissant, des terroristes et/ou résistants (that is the question...) réclament l'indépendance au sein du Japon. Ainsi commence le film. Un groupe terroriste coréen, le Hureiseijin, attaque un bâtiment officiel. C'est là qu'intervient le JBI (lol - Japanese Bureau of Investigation). Deux supercops déjouent le plan du groupe terroriste. Bien évidemment, un des deux supercops est d'origine coréenne. Bien entendu, il sera progressivement victime d'un cas de conscience. Effectivement, la hiérarchie du JBI, passablement raciste, lui fera payer un excès de zèle en le renvoyant. Tout à fait, il finira au Hureiseijin. Ensuite, ça part en couille. Inutile d'essayer de vous raconter. Vaguement, à la manière des pointillistes les plus illustres, on se bornera à évoquer : une pierre qui permet de remonter dans le temps, une histoire d'amour foireuse, une histoire d'amitié foirée, un mec qui se promène en 1910 avec un beau blouson en cuir et du gel sur les cheveux, une explosion qui manque de détruire la moitié de Séoul, un rêve bizarre, beaucoup (trop) de gunfights, un combat des Nations, un bateau, une gare, des ralentis, des ralentis, des ralentis, etc.


Allez on enfile nos blouses blanches. Les professeurs Joy Means Sick et Sans Congo sortent le stylo rouge, ça va gicler sur les marges. Façon expéditif :

  •  Le sort accordé à l'Histoire: comme il a été dit, le film par du principe que l'assassinat du gouverneur japonais en 1910 a échoué. Il en tire une suite d'évènements qui, bien que séduisante pour le scénario, nous semble extrêmement tirée par les cheveux. De plus, à moins d'être doctorant en histoire de la Corée ou passionné par la colonisation japonaise, il faut s'accrocher pour suivre le début excessivement bavard du film où on nous explique en quelques secondes comment l'histoire a changé. A partir du moment où on a besoin d'expliquer narrativement son film, c'est perdu. Le film ne tient pas debout tout seul, il faut lui mettre des béquilles. Non 2009 : tu ne voleras point de tes propres ailes. 

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  • Les ralentis: trop, trop, trop, trop, beaucoup trop de ralentis. C'est insupportable, ils sont le plus souvent (voire tout le temps) inutiles. Ils n'ajoutent rien au sens de l'histoire. Ils sont complètement superficiels. Tiens, ça me rappelle les expressions idiomatiques qu'on squatte dans les devoirs d'anglais (perso, j'ai saigné As far as I am concerned) parce qu'au fond, on a rien à dire. 

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  • La bande sonore: horrible. C'est de la dance des années 90. Le Hit machine. Pour un oui ou pour un non, ça dégaine les boums boums. En fait, à l'ère de la musique minimaliste, ce film résonne comme un éléphant dans un magasin de porcelaine.

 

  • Les regards: grosse faiblesse. Le scénario n'est pas naturel. On s'explique: à aucun moment les personnages se croisent parce qu'il fallait qu'ils se croisent. Au contraire, il y a toujours une introduction: le regard. En gros, à chaque fois que des personnages ne se connaissent pas encore et que l'histoire veut qu'ils se rencontrent, ils se regardent dans les yeux de loin, puis comme par hasard, ils interagissent. Bref, c'est un film de " pose ". Là pour le coup ça fait vraiment histoire racontée par un enfant en moyenne section (et après ils sont arrivés... et après il est parti... et après ils ont couru... et après... et après).

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  • Les personnages: fades, prévisibles, stéréotypés. 

 

  • On s'arrête là mais putain...: un dernier point vite fait. La morale de l'histoire est plus que douteuse. Elle est fascisante. On est pas Coréens, c'est pour ça qu'on se permet de juger. Cette manière de construire et définir l'identité coréenne uniquement par référence à un agresseur, en grossissant unilatéralement le trait, c'est pénible. Mais bon vous comprenez, les Japonais tuent des enfants, ce sont forcément des monstres.

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Allez ouste, on ne t'invitera plus à nos soirées.

 

Joy Means Sick & Sans Congo.

 

 

PS: Des confrères n'ont manifestement pas vu le même film que nous. Ce qu'ils ont vu, vous pouvez le trouver ici (ici là ! Allez clique moi dessus !). Le pluralisme des médias étant, depuis la révision constitutionnelle de 2008, directement inscrit dans le texte de la Constitution, nous nous refusons à tout commentaire.

 

BONUS : La citation du professeur au moment de rendre la copie : 0/20.

 

 

 

Par Kim Bong Park - Publié dans : Science-Fiction / Fantasy - Communauté : Cinéma
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